RAR :

anan : Je suis ravie que Yelena te plaise ! Elle va disparaître un moment car il ne s'agit que d'un personnage secondaire, mais on la reverra dans quelques temps. J'espère qu'en attendant, le reste te plaira aussi.

Alba Cullen-Granger : J'ai eu beaucoup de mal avec les premières apparitions de Seth et la mise au point de son comportement par rapport à Andrea ... Encore un chapitre problématique pour moi, puis ça ira tout seul ! Je te souhaite beaucoup de plaisir avec cette petite suite.

Rabbit Titi : Et bien la voici, la suite ! Et je te promets qu'un jour, tu pourras en effet la lire jusqu'au bout car je ne l'ai pas oubliée, cette fic. Continue à me donner tes avis, je n'en ai jamais assez.

VampNinis : J'espère que tu as survécu à ton manque de cette fic :-) en tout cas, voici avec certitude le chapitre suivant !

Chapitre quatrième : Chez les Blake

Edward et Rosalie étaient les deux membres de la famille dont j'étais le moins proche. Je ne fus donc pas choquée qu'ils prétextent avoir des devoirs en retard pour ne pas voir un film dans leur salon-ciné avec moi, comme Alice me l'avait proposé.

Edward en particulier semblait voir cette invitation comme l'annonce de l'apocalypse, à moins que ma vision fusse altérée par la dispute que j'avais surprise à la dernière pause entre Alice et lui. Il arguait que je ne pouvais que leur apporter des ennuis, et qu'elle était folle de se fier à la vision d'un simple visage, flou en plus, juste un visage en dehors de tout contexte et sans lien ni explicite ni implicite avec rien ni personne. Il disait qu'on ne pouvait s'y fier car il était possible d'en tirer du bon comme du mauvais, ou du très mauvais, que ç'aurait pu être Victoria par exemple; ce à quoi elle avait simplement répondu qu'il serait toujours possible de me maîtriser à temps, si le mauvais survenait, mais qu'elle ne pouvait ignorer son intuition. Il s'était contenté de dire qu'il ne voulait pas avoir à en arriver et avait brusquement changé de sujet. Je le soupçonne d'avoir découvert je ne sais comment que j'étais à proximité. Je ne le savais pas aussi hostile à mon égard, et cela me troublait profondément. De toute évidence, deux semaines de cours et de fréquentation intensive ne l'avait pas convaincu sur mon compte. J'étais d'autant plus blessée qu'ils n'avaient parlé que de moi, et non de Yelena. Égoïstement, je n'avais pas envie que ma meilleure amie soit acceptée là où on me rejetait.

J'étais bien placée pour savoir que si Edward avait eu des devoirs en retard, j'aurais dépassé le stade de la procrastination scolaire, mais je ne cherchai pas à détruire son excuse pour le plaisir de le savoir mal à l'aise et le forcer à m'avouer qu'il voyait en moi une ennemie.

- Quel film veux-tu voir, ou revoir, Andy ? m'interrogea Alice, aussitôt Edward et Rosalie partis.

Je réfléchis un instant … J'avais très envie d'une histoire d'amour impossible qui ne baignait pas dans l'excès de romantisme. Un drame. Mais pas un classique genre Rom&Juju, une histoire qui justifie vraiment la raison pour laquelle les amoureux ne peuvent pas se fréquenter.

- Rencontre avec Joe Black, décidai-je sans me soucier que la raison de la séparation soit rationnelle ni plausible

- Super ! Je ne l'ai jamais vu ! Ça parle de quoi ? me demanda alors Alice, visiblement enchantée

- Hum … c'est l'histoire de l'Ange de la Mort qui tombe amoureux. Mais je n'arrive pas à croire que tu n'aies jamais vu ce film ! Il est culte ! Et l'Ange de la Mort … Tu n'avais jamais vu l'Ange de la Mort ? C'est incroyable, surtout vu le nombre de films que vous avez. Aucun de vous ne l'a vu ?

Seule Bella semblait savoir de quoi je parlais : à son sourire, je la devinais en train de revisionner la scène de la première apparition de l'Ange de la Mort.

- Oui, j'ai du le voir … finit par dire Alice, mais l'Ange de la Mort et moi, c'est une rencontre qui date … Je ne crois pas que nous ayons ce film, il va falloir passer au vidéo-club.

- Tu as une carte ? Il faut absolument que tu vois ce film, ou le revois car le fait que tu ne t'en souviennes pas est un outrage à la culture.

- Oui c'est bon j'ai une carte. Mais je l'ai prêtée à Leah la semaine dernière … On va passer chez elle la récupérer. Rentrez préparer les boissons et les pop-corns, on ne va faire qu'un détour de quelques minutes, ajouta-t-elle à l'attention des autres.

C'était la première fois que j'entendais ce prénom, Leah, mais comme elle proposait de lui rendre visite sans même penser à lui passer un coup de film, j'en déduisis que ce devait être un autre membre de la « famille » Cullen-Swan, car c'était ainsi que je les considérai tous maintenant : étonnement proches pour une simple série de beau-frère de la belle-soeur de ... Jasper décida de nous accompagner, tandis que Bella et Emmett rentraient. Rosalie serait peut-être tentée par le film après tout, et il était probable que le professeur Blake nous rejoigne, car j'avais déjà remarqué qu'elle faisait beaucoup de choses avec les adolescents.

Jasper, Alice et moi prîmes le chemin du centre-ville et j'appris sur le trajet toute l'histoire familiale des Blake : à la mort de leurs parents, Jacob, Seth et Leah Blake avaient été placés sous la tutelle de leur tante. Jacob était ensuite devenu policier et Leah médecin, obstétricienne précisa Alice, mais étaient toujours restés très proches, si proches que lorsque Jacob, qui vivait depuis quelques temps avec Renesmée – le professeur Blake – décida de déménager et de la suivre, Leah demanda la tutelle de son petit frère et toute la fratrie suivit les Cullen-Swan. Les Blake – professeur Blake y compris, chose qui me surpris car elle était si souvent chez les Cullen-Swan que je pensais qu'elle y vivait – possédaient un duplex en ville, non loin de l'appartement d'amis garagistes chez qui Seth passait beaucoup de temps. Jasper me laissa d'ailleurs entendre que Leah, le docteur Blake, sortait avec l'un d'eux.

Le temps que j'assimile cette masse d'informations, nous étions arrivés devant l'immeuble où vivaient les Blake. C'était une ancienne maison de ville découpée en plusieurs appartements avec un petit jardin à l'arrière. Alice m'expliqua que le duplex des Blake était accessible depuis le 2e, mais qu'on pouvait aussi passer par derrière et le jardin, qui leur appartenait totalement en vérité, pour entrer au rez-de-chaussée chez eux, ce que nous fîmes.

Le jardin était entretenu avec soin et présentait d'innombrables variétés de fleurs et d'arbustes, dont certains m'évoquaient des odeurs d'épices et d'herbes aromatiques. Il s'en dégageai une atmosphère de paix et de protection, c'était un lieu d'harmonie et de recueillement, où notre âme était mise à nue, où le mensonge n'avait pas de sens, un lieu de repos physique et spirituel qui m'évoquait le jardin secret que nous avons tous en nous, celui qui nourrit notre individualité et permet à notre esprit de se retirer momentanément des troubles qui le malmènent au quotidien et de guérir à travers les rêves. C'était du moins ma façon de voir poétiquement les choses et je découvrais dans un doux apaisement sa matérialisation dans la réalité, et sous mes pieds.

Quand je quittai ma propre rêverie éveillée, je réalisais qu'Alice et Jasper étaient déjà entrés et qu'ils m'observaient avec un étrange sourire. Quant-à moi, je me trouvais sous une arche de fleurs dont les entrelacements ressemblaient à ceux de l'attrape-rêve que Yelena m'avait ramené de ses dernières vacances dans les Rocheuses. Alice et Jasper attendaient toujours, patiemment, sans dire un mot que mon émerveillement se ternisse et que je les rejoigne, ce que je finis par faire, non sans une légère frustration avec l'impression qu'il valait mieux cela que de mourir de contemplation dans ce jardin, tel Narcisse devant son reflet, et je me promis de sortir par la porte qui se trouvait au 2e étage et de passer par l'escalier et le hall d'entrée. L'intérieur était moins envoûtant mais tout aussi peu commun entre meubles sculptés, gravés, décorés à la main selon des motifs floraux ou présentant de vraies fresques de scènes de vies animales, tableaux impressionnistes et merveilles technologiques en acier poli noir. L'impression que me donnait la pièce à vivre dans laquelle nous étions entrés présageait pour l'habitation tout entière. Ça et là dans la cuisine aux murs crème et dont la moitié des meubles étaient encastrés dans un escalier et dans le salon immense aux dégradés prune dans lequel nous nous tenions sur lequel elle donnait se côtoyaient des objets résolument modernes et d'autres aussi anciens que … que l'âge des mythes et traditions, si tant est que cette expression qui me vint aussitôt à l'esprit ait du sens.

Tandis qu'une fois de plus j'étais perdue dans une admiration sans fin, Alice et Jasper retournaient déjà méticuleusement la pièce à la recherche de la carte du vidéo club prêtée à la dénommée Leah. J'hésitais à leur prêter main forte, de peur de commettre quelque sacrilège dans cette maison où je pénétrais pour la première fois sans d'ailleurs avoir même été invitée par l'un de ses résidents. Au moment même où je me faisais cette remarque en pensées, je vis un jeune homme à la carrure imposante descendre l'escalier. Il masquait partiellement la lumière venant de l'étage et cela donnait l'impression qu'il était auréolé et brillait de mille feux. Il devait facilement atteindre les deux mètres et sous ses vêtements se devinait un corps tout en musculature mais ses cheveux longs châtains clair laissés libres sur sa peau mate, et son regard légèrement en amande pétillant tel celui d'un enfant adoucissaient considérablement son apparence de prédateur. Il n'avait pas l'air de 'avoir vu et s'adressait uniquement à Alice et Jasper tandis qu'il changeait d'étage.

- Salut ! Ça va ? Vous faîtes quoi, vous cherchez quelque chose ? Hum … vous êtes seuls ? Y a comme ...

- Hey ! Salut ! On cherche la carte du vidéo-club que j'ai prêté à Leah la semaine dernière pour louer Rencontre avec Joe Black. Andy est avec nous, mais je crois qu'elle ose pas trop fouiller.

L'inconnu que je ne cessais de fixer me chercha alors du regard et me trouva en moins d'une seconde alors que je me tenais en retrait à moitié dissimulée par un meuble. Lorsque ses yeux se posèrent sur moi, j'eus l'étrange sensation d'être magnétisée, comme si nous étions deux aimants chargés de façon opposée et qu'il ne lui avait fallu que l'information de ma présence pour river ses yeux sombres sur moi. J'avais la sensation que l'air crépitait dans toute la pièce et que la lumière venait de l'escalier qu'il avait quitté pulsait derrière lui. Désorientée, j'avais cessé de le fixer et quand je croisais à nouveau son regard, je compris l'origine de mon malaise : on aurait dit qu'il venait d'assister à une apparition divine, que le temps s'était arrêté pour lui et qu'il n'aspirait qu'à se rapprocher de moi sans oser. Je ne voulais pas qu'il vienne plus près, sa réaction m'effrayait un peu. Je n'avais jamais vu autant d'adoration exprimée par un visage, même sur les statues et vitraux des églises. C'était … magique … il exprimait chaleur, tendresse, protection … et était de toute évidence monothéiste … Totalement soufflée par cette scène de contes de fées, bien meilleure que dans mes rêves les plus fous, je mis un moment à me ressaisir, détourner les yeux et avoir de nouveau les pieds sur terre. On ne vivait pas dans un conte de fées. La réalité était bien différente des rêves d'une petite fille. En réalité, dans la vraie vie, le coup de foudre n'existait pas, et surtout l'amour n'était ni éternel ni inconditionnel, ni si total … sauf si on se l'imaginait, qu'on s'illusionnait ou qu'on était fou. Dans les deux premiers cas, il n'en était pas moins éphémère et nécessitait constamment de renouveler la passion. Ce jeune homme, qui qu'il fut, ne pouvait qu'être fou, et ce que ses yeux avaient exprimé excessivement dangereux car sans aucun compromis.

Qui était-il ? Que faisait-il là ? Pourquoi … pourquoi moi ? Je me sentais désormais comme une proie mais craignais que ma fuite signalât le début de la traque. Que devais-je faire ? En quête d'une aide, je vis Jasper sur le point de défaillir et Alice tenter de le soutenir. L'inconnu vint lui prêter main forte. Il s'était totalement désintéressé de moi et ressemblait désormais à un adolescent banal, ou peut-être un peu plus craquant que juste banal, mais je n'oubliais rien de mon impression première. Alice et le jeune homme aidèrent Jasper à atteindre le canapé où il s'assit.

- Andy ? Ça va ?

Je remarquai alors que je n'avais toujours pas bougé, ni parlé.

- Euh … oui … ça va … ça va aller … Jasper, qu'a-t-il ?

- Rien, un léger malaise, il a juste besoin d'eau. Tu rapportes un verre ?

Je n'avais absolument pas envie de me rapprocher de l'inconnu, mais il n'y avait plus rien ni de menaçant, ni de fou, dans son attitude. Après le jardin et l'appartement, m'étais-je aussi laissée porter par me sensations et mon imagination à son sujet ? Je pris un verre sur l'égouttoir, le remplis et l'apportai à Jasper en essayant de ne pas regarder le jeune homme à la peau mate. Le petit-ami d'Alice avait l'air encore plus pâle que d'habitude, ce qui était assez peu imaginable, mais il tendit néanmoins la main.

- Merci

Le contact avec sa peau glaciale quand il me prit le verre me choqua tant que mes émotions un peu trop vives furent apaisées.

- Il me semble que Seth ne s'était encore jamais joint à nous … et donc que vous ne vous connaissiez pas. Vous voulez bien aller jeter un œil dans la chambre de Leah puisque ça n'a pas l'air d'être avec les DVDs ? T'inquiète, Andrea, il sort rarement de sa chambre mais il ne mord pas. Tiens puisque j'y pense, Seth, pourquoi tu ne viendrais pas voir le film avec nous, ça te changerait un peu de ton terrier !

Je me résignais à la proposition d'Alice qui osait me laisser seule avec Seth alors qu'il avait tout d'un asocial. Mais peut-être était-ce justement ça, son problème, et peut-être que de la compagnie, et qui plus est la compagnie d'une personne qui ne soit pas de sa famille lui ferait le plus grand bien. Il n'avait vraiment pas l'air d'un mauvais bougre. Quel âge avait-il déjà ? 15 ans, comme Jasper ? C'est sur qu'en paraître presque cinq de plus ne devait pas aider à se faire de nouveaux amis. Jasper récupérais peu à peu sa pâleur normale quand le dénommé Seth, le petit-frère de l'époux de madame Blake, répondit à Alice :

- Je ne sais pas … je ne voudrais pas déranger, tu sais …

Il avait l'air hésitant et indécis, comme s'il avait peur de s'affirmer, et je tranchais pour lui :

- En tout cas, moi, je serais ravie que tu viennes. Et si on repartait en quête de cette carte ?

- Je crois que Jasper et moi allons vous laisser chercher le film et on va rentrer pour être plus en forme quand il débutera. Et puis j'ai comme l'intuition qu'une victoire par échec et mat sur Edward m'attend à la maison et je ne voudrais rater ça pour rien au monde.

- Mais vous allez rentrer comment ?

- Seth, on peut emprunter une voiture ?

- Bien sûr. Tu viens Andrea ? C'est par là.

Je laissais Alice avec son sourire malicieux, ses idées farfelues, ses phrases étranges et son Jasper qui avait déjà l'air d'être mieux pour suivre le jeune Seth qui avait beau faire une fois et demi ma taille, tentait de trouver comment se comporter avec moi.