CHAPITRE QUATRE : Milieu de semaine.

Erik eut du mal à suivre ses cours aujourd'hui. Il s'était réveillé du mauvais pied. L'ambiance avait été plus tendue que d'habitude avec Sebastian. Le silence était pesant et Erik s'était dépêché de finir son petit-déjeuner et partir de la chambre pour marcher dans le campus alors presque vide.

Il était vraiment tombé sur le mauvais mec. Charles devait être un des rares étudiants à avoir un petit ami aussi possessif. Charles était un des seuls étudiants à approcher Erik sans avoir peur de se faire découper en morceaux. Charles était un des seuls à l'intéresser autant. Charles était le seul à avoir son petit ami dans sa chambre. Charles était le seul à lui faire ressentir de telles choses. Mais il n'était vraiment pas tombé sur le bon mec.

D'ailleurs, c'était toujours comme ça quand on tombait amoureux. C'était toujours comme ça qu'on décide de ne plus jamais tomber amoureux. C'est toujours comme ça qu'on retombe amoureux.

Le jeune homme s'était installé le plus loin possible de Sebastian. Il pouvait le prendre pour de la lâcheté, Erik savait bien qu'il se retenait simplement d'allonger son rival par un coup de poing bien placé avant d'aller secourir Charles sans être un prince et sans avoir de cheval blanc. Mais de toutes manières, il voyait très mal Charles en princesse.

Il se contenta de suivre ses cours de façon plus concentrée possible en essayant d'oublier la sortie qui l'attendait avec Charles quelques heures après.

Quand vint enfin la fin de ses cours, il restait encore une heure à tuer à Erik. Il alla s'installer à la bibliothèque pour travailler et avancer le plus possible dans ses devoirs afin de pouvoir prolonger sa fin d'après-midi avec Charles.

OoOoO

Hank ne put s'empêcher d'observer la jeune femme brune qui portait la jupe de l'uniforme qui était très seyante. Elle était assez petite mais vraiment très jolie...

- Hank ? s'exclama Raven.

- Euh, oui ? Quoi ?

- Je te parle de vaches marines depuis dix minutes, pourrais-tu au moins avoir l'obligeance de m'écouter au lieu de mater les filles ? On est censé travailler ensemble !

Le jeune homme n'osa même pas démentir les paroles de la jeune femme. Raven avait toujours été très franche avec lui et il essayait de faire de même avec elle.

- Ecoute, Raven, je suis désolé...

- Laisse tomber, fit la jeune femme blonde énervée en rassemblant ses affaires. Travaille de ton côté comme tu peux et on mettra tout en commun après.

- Mais, Raven... tenta Hank.

Mais c'était trop tard, la soeur de Charles, extrêmement jalouse venait de se lever, serrant ses affaires rangées à l'arrache contre elle et, passant à côté d'Hank sans même lui jeter un regard.

Elle croisa Erik qui venait juste d'entrer et le bouscula sans même s'excuser. Le jeune homme la regarda déconcerté. C'était l'amie de Charles : que lui arrivait-il ?

Avant même d'y réfléchir, il la saisit par le bras, l'arrêtant sur ses pas. Elle le regarda et il put voir ses yeux brillants de larmes qui refusaient de couler. Derrière elle, Hank les regardaient comme s'ils venaient de la Lune. Erik fit un signe à Raven de le suivre hors de la bibliothèque et elle hocha la tête.

Une fois qu'ils furent dans les couloirs, la jeune femme se débrouilla tant bien que mal pour sortir de son sac des mouchoirs en papier sans laisser tomber tous ses papiers, encore serrés contre elle. Erik attendit patiemment jusqu'à ce qu'elle aille un peu mieux :

- Désolée de vous avoir bousculé, je ne regardais pas où j'allais...fit-elle d'une petite voix.

- Ce n'est pas grave du tout, j'ai vu que vous alliez mal et les amis de Charles sont mes amis, répondit-il galamment.

- Je ne suis pas vraiment son amie, je suis sa soeur, lui répondit-elle.

- Ah, alors c'est vous ? fit-il assez surpris.

- Oui, vous vous attendiez à autre chose ?

- Il m'a beaucoup parlé de vous.

- Je vois... Vous vous attendiez donc à la fille parfaite... Charles exagère toujours.

- Si peu.

Agréablement surprise par ce compliment à la fois très subtil et direct, la jeune femme sourit à Erik. Celui-ci fut surpris par la ressemblance avec Charles. Ils avaient le même sourire. Il répondit lui-même par un petit sourire :

- Quelque chose ne va pas ? l'incita-t-il à parler.

- Est-ce que c'est normal pour un mec de draguer une fille tout en regardant les autres ?

- Vous regardez bien tous les vêtements avant de choisir, non ?

Raven ne put s'empêcher de rire tout en continuant à marcher.

- C'est exact. Mais sommes-nous des vêtements ?

- Non, vraiment pas, non. Les vêtements sont sensés nous appartenir, pas les humains.

- Vous avez sans doute raison...

- Le savoir et l'appliquer, ce sont deux choses différentes, n'est-ce pas ?

- Tout à fait. J'ai cru que... Enfin que... Que je l'intéressais, mais je ne suis sans doute pas assez bien...

- Vous êtes très bien, répliqua Erik.

- Vous n'êtes pas obligé de me dire ça, vous savez...

- Et vous, vous devriez prendre confiance en vous.

Ils se regardèrent à nouveau, droit dans les yeux. C'était une manie dans la famille de Charles. Sans doute la politesse extérieure avait du les entraîner à lire à travers les gens.

- Je vous aime bien, chuchota Raven. Normalement, je n'aime pas beaucoup les amis de Charles...

- Pourquoi ?

- Ils profitent trop souvent de lui et de sa gentillesse.

- Et son petit ami ?

- Sebastian ? Je vois que vous ne l'aimez pas beaucoup. Si, ça s'entend dans votre voix. J'avoue qu'il me semble très... étrange. En fait, on dirait qu'il joue un double-jeu. Charles a beau essayer de me rassurer, tout le monde sait que Sebastian ne se présente pas aux galas et aux fêtes avec Charles mais avec Emma...

- Je trouve ça lâche !

- Et ça l'est ! Mais Charles aime Sebastian alors il lui passe tout... Enfin, la dernière fois qu'il m'a parlé, il était moins... joyeux. Mais, pourquoi je vous raconte ça, de toutes manières ?

- Ça m'intéresse. Vous n'aimez pas Sebastian non plus, si ?

- Au début, si. Il me semblait vraiment charmant. Il était gentil avec moi et avec Charles. Il lui apportait même des fleurs, voyez-vous ? Mais, quand Charles a finit par lui céder (il était très froid à l'idée d'être avec un autre homme au début) il est devenu plus arrogant. En fait, il avait eu ce qu'il voulait, voilà tout.

- Quel avantage a-t-il à être avec Charles ?

- Oh... Il ne vous a pas dit ?

- Que ne m'a-t-il pas dit ?

- Nous sommes les enfants du proviseur.

OoOoO

Charles avait passé une journée bien agréable. Il n'avait pas tellement pensé à la rencontre avec Erik, sauf en histoire de génétique, cours pendant lequel il s'ennuyait souvent, mais sinon, ses études l'absorbaient, comme d'habitude. Il était véritablement passionné ! Il ne pouvait d'ailleurs pas comprendre comment Sebastian faisait pour s'ennuyer à tous ses cours.

Il avait croisé Hank qui ne semblait pas au mieux de sa forme mais avait refusé de lui parlé devant tout le monde. Mais à part ce petit incident, ça avait été une journée comme les autres.

Le jeune homme sortit de sa salle, insouciant, prêt à retrouver Erik. Intérieurement, il avait hâte, mais il avait véritablement honte de cette hâte. Il avait promis de ne pas briser le coeur de Sebastian et voilà qu'il allait passer l'après-midi avec un homme qu'il n'aimait vraiment pas. Homme duquel il avait rêvé d'une manière... qui lui semblait immonde.

Charles sortit de sa salle et chercha des yeux la silhouette d'Erik, reconnaissable d'entre toutes. Il sembla l'apercevoir et il se mit sur la pointe des pieds pour mieux observer celui qu'il soupçonnait être son compagnon d'après-midi. La silhouette sembla disparaitre au tournant d'un couloir rapidement quand soudain, deux bras vinrent l'enlacer par derrière.

Charles sursauta mais se détendit légèrement quand il entendit une voix chuchoter à son oreille :

- Bonjour, mon amour, lui fit tendrement Sebastian.

- Salut Seb', répondit Charles. Comment s'est passée ta journée ?

Charles se retourna, faisant face à son petit ami. Intérieurement, il se demandait s'il allait rester avec lui longtemps et donc l'empêcher de profiter d'une après-midi avec Erik. Il tenta du mieux qu'il pouvait de cacher sa contrariété pour aller chercher un baiser rapide sur les lèvres de Sebastian.

- Assez ennuyeuse, mais pas déplaisante. Tu as prévu quelque chose ce soir ? lui répondit Sebastian.

Charles baissa les yeux, cherchant rapidement une réponse acceptable. Mais on s'en chargea à sa place : un groupe de troisième année en uniforme débraillés et airs de jeunes riches arriva et vint taquiner Sebastian sur son petit ami. C'était le groupe d'amis du petit ami de Charles, celui avec qui il passait la plupart de ses soirées entre jeunes gens de pseudo bonne famille qui se voient obligés de se rebeller en buvant du Champagne jusqu'à pas d'heure et de casser les Lamborgini de leurs parents lors de soirées pas si chic que ça. Charles avait énormément du mal à fréquenter les amis de Sebastian... Mais pour une fois, il leur dut une sacrée chandelle.

Il savait bien que, devant eux, Sebastian avait plutôt honte de sortir avec un homme et il le laissait tomber très souvent pour sortir officiellement avec Emma lors de ce genre de soirées. Or, il venait tout juste d'être invité à l'une d'elles. Ou plutôt à une après-midi désoeuvrée avant une fête bien arrosée. Il ne pouvait pas refuser et d'ailleurs, ne refusa pas. Il laissa Charles avec une petite tape sur l'épaule avant de le planter là pour partir avec ses amis.

Si seulement il savait les efforts qu'il faisait pour faire accepter à son entourage le fait qu'il ait un petit ami...

Mais sa journée fut à nouveau illuminée par l'apparition d'Erik qui venait juste de voir Sebastian passer et donc de sortir de son couloir. Il avança tout de suite vers Charles et se rendit compte de son air triste. Décidément, le frère et la soeur (qu'il venait juste de quitter devant sa salle de cours) vivaient tout simultanément.

- Allons nous installer à un endroit plus tranquille, d'accord ? proposa Charles.

Erik hocha la tête et ils se mirent en marche.

Quelques minutes après, ils s'installaient sous un arbre sur la pelouse du campus gigantesque. Charles rattrapa son déjeuner qu'il n'avait pas eu le temps de prendre à cause de ses horaires trop strictes. Erik essaya de ne pas le dévisager en train de manger, mais il semblait tout simplement atrocement sensuel dans chaque chose qu'il faisait, même les plus simples.

Il devait rendre fou n'importe quelle femme. Ou quel homme. Et pourtant, il était là, sous cet arbre en train de manger devant lui. Lui sur les centaines de personnes de l'université. Il ne s'était jamais senti aussi unique.

Quand Charles eut finit son sandwich, ils commencèrent à discuter. Charles semblait avoir une mémoire grandiose : il se souvenait de tout ce qu'Erik lui avait dit la dernière fois. Ce dernier ne mentionna pas la fonction de son père et en fait, il était très content de parler de Charles un peu plus et non pas de sa famille.

Lors de leur dernière discussion, ils avaient surtout parlé d'Erik et un peu de la famille de Charles, mais il y avait de nombreux points sur lesquels Charles restait encore un mystère. Au final, il suffit seulement à Erik de poser les bonnes questions : Charles n'hésitait pas à répondre. Il était très franc avec lui, même s'il pouvait deviner qu'il était assez gêné par ses réponses grâce aux rougeurs qui teintaient ses joues.

Il lui raconta la manière dont il avait rencontré Sebastian alors qu'ils étaient dans la même chambre, comment Sebastian l'avait séduit, comment ça avait été dur d'accepter son désir pour les hommes, pour Sebastian. Il lui avait même confié comment leur première nuit s'était passée.

Et, confidence pour confidence, Erik lui raconta sa première fois avec un homme. Les yeux de Charles brillaient quand Erik avoua qu'il pouvait aussi être intéressé par les hommes. Ils étaient magnifiques comme cela, ses deux grands yeux bleus brillant d'espoir à moitié confessé. Il avait atrocement envie de l'embrasser...

OoOoO

- Je dois avouer que ce Erik m'inquiète, confia Sebastian à Emma.

- Moi je ne vois pas pourquoi tu t'acharnes sur ce Charles. Qu'a-t-il d'exceptionnel ?

- C'est l'homme le plus sexy de la planète, Emma.

- Parce qu'il n'y pas pas d'autres beaux mecs ? Ou belles filles d'ailleurs aussi...

- Je sais ce que tu veux dire, mais je n'ai pas envie que ce péteux vienne marcher sur mes plates bandes. Question d'honneur.

- Oh, je vois... Tu devrais commencer à surveiller Charles plus souvent alors, non ?

- Oui, en effet... mais on est plus dans la même chambre, par où commencer ?

- Eh bien, déjà, est-ce que tu sais où il est en ce moment-même et avec qui ?

Sebastian reposa son verre de whisky sur la table basse et dévisagea Emma qui lui jeta un petit sourire évident. Le jeune homme se leva et sortit précipitamment.

OoOoO

Charles était à moitié allongé sur l'herbe, dans l'ombre de l'arbre, soutenant son buste grâce à ses coudes, regardant Erik qui était assis contre l'arbre, le dos droit et les jambes étendues.

Après un autre silence intime, Charles se lança d'un ton très naturel :

- Ah, mon ami, que peut demander l'Homme de plus qu'un abri pour le corps, fit-il en désignant l'ombre de l'arbre, et un abri pour l'esprit, c'est-à-dire un ami ?

Erik sourit à la comparaison et, devant le pas en avant de Charles, décida de faire son propre pas en avant :

- Je pourrais penser à quelque chose d'autre...

- Ah oui ? demanda Charles en haussant un sourcil, montrant son intérêt pour ce quelque chose.

Très doucement, Erik se déporta de sa place pour se rapporter vers celle de Charles. Ils étaient très proches et le campus était quasiment désert, sauf deux couples profitant de l'ombre ou du soleil et quelques groupes d'étudiants qui étaient installés sur les bancs un peu plus loin. Mais déjà, les deux hommes ne pouvaient plus se rendre compte du monde qui les entouraient sinon de la présence de l'autre.

Leurs yeux se rencontrèrent et Charles comprit tout de suite. L'horreur et le bonheur attaquèrent son coeur simultanément quand il comprit ce qu'allait faire Erik. Mais il se laissa faire.

Les lèvres d'Erik tombèrent sur celles de Charles. Le début du baiser fut très doux, presque hésitant. Erik hésitait à prolonger l'expérience, il ne savait pas du tout ce que Charles pouvait en penser. Leurs lèvres ne firent que se caresser pendant un moment, puis Charles appuya un peu plus sur celles d'Erik. Alors, il fut fixé et appuya lui-même, pressant leurs lèvres ensemble en un baiser un peu plus passionné.

Très vite, la langue d'Erik passa sur les lèvres tant convoitées de Charles pour demander l'entrée. Charles entrouvrit la bouche, permettant à Erik d'explorer sa cavité buccale avec fougue. Il ferma ses yeux bleus pour ne pas rencontrer ceux d'Erik qui brûlaient de passion. La sensation était si délicieuse, si sensuelle pour un geste aussi simple qu'il eut immédiatement envie de connaître plus d'ès vite, une des mains de ce dernier vint se prendre dans ses cheveux tout en approfondissant leur baiser.

- Charles ! surgit une voix bien trop connue.

Tout de suite, l'appelé repoussa Erik, brisant leur si doux baiser. Sebastian vint se poster sous l'arbre, juste devant Charles qui se redressa immédiatement, s'interposant entre son petit ami et l'homme qu'il venait d'embrasser. Erik lui aussi s'était relevé et ils se livraient à un concours de regards noirs.

Quelques étudiants, alertés par le cri de Sebastian s'étaient tournés vers eux.

- Je t'interdis de t'approcher à nouveau de Charles ! lança Sebastian. Il est à moi !

- Il semble qu'il ait fait son choix ! rétorqua Erik.

- Ecoutez ! s'écria Charles. Je...

- Pousse-toi, Charles, fit Sebastian, joignant le geste à la parole avant de se lancer sur Erik qui l'attendait déjà.

Charles eut du mal à voir clairement, mais il sembla à tout le monde aux alentours que les coups échangés ne furent pas tendres. Le jeune homme inspira un grand coup et s'élança pour les séparer. Ils étaient tous les deux bien amochés. Ils avaient des bleus et saignaient. Demain, ils auraient l'air d'être passés sous un camion.

Charles eut d'ailleurs du mal à les séparer et se prit un des coups de poing qui était destiné à l'adversaire dans la pommette. Autant vous dire que, même pour un habitué, le coup était destiné à faire très mal, alors pour Charles qui était un homme de diplomatie, le coup fit deux fois plus mal.

Mais il décida de ne pas en prendre note. Il s'était interposé, c'était donc normal. Ce qui était moins normal, c'était la cause de la dispute. Sans élever le ton, mais étant anormalement froid et sec, il prit la parole :

- J'ai l'impression d'être un gardien de maternelle ! Qui de vous ou de moi est plus âgé, hein ? Vous vous battez comme ça, comme des boxers qui doivent recevoir un prix ! Mais pour qui est-ce que vous me prenez ? Une jolie coupe ? N'ais-je pas, accessoirement, le droit de choisir qui j'embrasse ?

- Tu avais promis... commença Sebastian.

- Et toi, tu avais promis de m'aimer : je ne suis pas le seul à avoir trahit ma promesse.

- Charles, tu dois comprendre... fit Erik.

- Non ! J'en ai assez de devoir comprendre ! Voilà où ça m'a mené ! Je dois vous empêcher de vous taper dessus comme des gamins ! J'aurais du vous laisser vous battre et m'en aller ! Vous essayez de me faire croire que vous m'aimez alors que vous voulez juste faire chier l'autre ! J'en ai assez de vos petites disputes de collégiens ! Vous ne pouvez pas vous entendre comme des hommes de 23 ans, non ? Je m'en vais rejoindre des gens plus matures et appelez-moi quand vous aurez grandi... Tous les deux.

Il leur lança à chacun un regard autoritaire et menaçant qu'aucun des deux n'avait cru pouvoir voir un jour sur les délicieux yeux bleus de Charles. Puis, il s'en alla, quittant la pelouse à grands pas.

Les deux essayèrent de le rappeler, mais voyant l'autre faire, tous les deux s'arrêtèrent. Ça ne servait à rien de toutes manières. Ils l'avaient perdu tous les deux. Ils se firent face :

- Bravo, fit ironiquement Sebastian.

- Je te retourne le compliment, rétorqua Erik avant de prendre son sac et de s'en aller.

OoOoO

Hank était en train de regarder une série télévisée débile à la télé, affalé dans le canapé, un pot de Nutella à la main. Ça ne lui était plus arrivé depuis son premier râteau, au collège. Maintenant, il était à l'université et il venait de voir la fille de ses rêves sortir, en colère contre lui, au bras d'un homme bien plus beau et charmeur que lui. Mine de rien, on ne changeait jamais.

Il entendit la porte s'ouvrir sur Charles. Lui, au moins, il avait de la chance : un petit ami aimant, de superbes notes, une superbe soeur, un physique avantageux et une facilité à comprendre les gens...

Son colocataire vint s'asseoir à ses côtés aussi mollement que lui. Hank tourna la tête et vit un énorme bleu s'étaler sur la joue gonflée de Charles. Il semblait que sa vie n'était pas aussi rose que ce qu'il avait put deviner quelques minutes auparavant.

Comme pour couper à toute question indiscrète, Charles saisit la cuiller qui était retombée dans le pot et avala une bouchée de pâte à tartiner au chocolat. Hank comprit et revint à sa série à la con en silence.

L'amour peut faire de beaux dégâts dès fois.

Petit blabla de l'auteur : Enfin le chapitre 4 ! Merci à tous pour vos reviews ! En espérant que vous apprécierez ce chapitre autant que les autres ! Les prochains sont en court d'écriture et devraient arriver assez vite.