Elle aurait pu rentrer chez elle ce soir-là. Elle ne savait pas vraiment pourquoi elle était restée. Ginny lui avait proposé de rester avec elle, mais elle avait insisté pour qu'elle retourne auprès de Draco. Elle savait qu'elle aurait voulu parler de pourquoi elle ne s'était pas confiée à elle. Mais elle n'avait pas la force de parler de tout ça maintenant. Il était 3h du matin et le sommeil n'était pas décidé à venir la border. Elle se leva, prit un livre à Ginny, descendit les marches, se dirigea dans la cuisine se prépara un thé. Elle commença à se diriger vers le canapé, lorsqu'elle l'aperçut. Il était assis dans le canapé avec une tasse qui fumé encore.
- Toi aussi, tu ne trouves pas le sommeil. Dit-il tout en approchant ses lèvres de sa tasse.
Elle s'assit sur le même canapé non loin de lui tout en lui adressant un sourire un peu timide. Elle n'osait pas lui répondre. Que pouvait-elle bien dire. Elle était complétement perdue, mais lui que ressentait-il ?
- Je vais te laisser lire ton livre, je vais remonter. Dit-il tout en commençant à se relever.
- Non reste. Laissa-t-elle échapper. Je veux dire il faut qu'on parle …
- Tu es sûre que tu veux qu'on ait cette discussion maintenant.
- Oui... murmura-t-elle.
Il se réinstalla dans le canapé, et se mirent tout deux face à face chacun à un bout du canapé. ils posèrent leur tasse sur la table basse.
- J'aimerais d'abord m'excuser pour tout Ron, je sais pas pourquoi j'ai laissé la situation s'envenimer à ce point.
- Pourquoi Hermione, pourquoi tu m'as mentit ? Je ne te reconnais pas.
- Je ne sais pas moi-même qui je suis. Quand j'ai appris ma grossesse, j'avais tellement envie de te le dire. J'étais dans cette euphorie un peu malsaine, c'était à la fois la plus belle nouvelle de ma vie et la pire. Tu allais partir quelques jours plus tard et j'étais littéralement morte de trouille. Ne sachant quoi faire j'en ai parlé à personne. Je me disais que j'avais le temps de décider.
- Et pourtant Harry était au courant ?
- Oui j'ai dû lui dire. C'est lui qui m'a découvert dans mon bureau le jour où j'ai dû être emmené à St Mangouste.
En entendant cela Ron qui était avachi sur l'accoudoir, se redressa d'un coup comme s'il avait été piqué à vif. Il avait ignoré tellement de choses. Il s'en voulait tant.
- Ron ce n'est pas ta faute. C'est simplement la vie, les choses devaient arriver ainsi. Ce bonheur-là n'était pas pour nous. Et puis tu le connaitras d'une autre manière avec Pénélope.
- Je ne sais plus Hermione, je ne sais pas si je le mérite.
- On y a tous droit.
- J'ai besoin d'en savoir plus Hermione.
- Je sais… ça faisait un mois que tu étais partie quand j'ai pris ma décision. Toujours assise dans le canapé elle s'approcha de lui, son regard plongé dans le sien, elle déposa sa main sur sa joue. Je voulais le garder. Elle enleva sa main, puis baissa les yeux. Il avait attrapé sa main.
- Et qu'est ce qui s'est passé ?
- J'ai continué à en faire qu'à ma tête. Tu te rappel tu me disais que je me marierais avec mon ministère tellement j'y passais du temps. On va dire qu'au lieu de lever le pied et de prendre soin de moi, j'ai continué à travailler plus qu'à la raisonnable. Et je l'ai perdu. Elle avait les larmes aux yeux. Elle était si petite et je n'ai pas su veiller sur elle.
- Elle ? Une petite fille ?
Elle hocha la tête et murmura un timide oui. Il n'avait pas relâché sa main. Il voulait trouver son regard, il voulait qu'elle relève la tête. Mais elle avait si peur de l'affronter ce regard bleu azur qui lui transperce le cœur à chaque fois. Elle sentait bien qu'il n'attendait que ça.
- Pourquoi t'avoir infligé ça toute seule ? J'aurais pu être là pour toi, pour qu'on vive ça ensemble comme on l'a toujours fait.
- J'avais envie, Harry m'a supplié de te le dire, de ne pas vivre sa seule, mais je n'arrivais pas à me dire qu'en plus de t'avoir tant déçu, d'avoir provoqué notre rupture, j'avais tué notre enfant. Comment j'aurais pu te regarder en face et te dire que tu avais raison de me quitter. Que tout ce que tu me reprochais été vrai.
Elle lâcha ses mains et les porta à ses yeux et s'effondra en larmes, tout en se confondant en excuse.
Il n'avait rien à ajouter. Il l'a pris dans ses bras, et lui murmurait des « chut », « ça va aller », « je suis là ». Ils le savaient, plus rien ne serait comme avant, d'une certaine manière la page était tournée. Ils restèrent ainsi un long moment. Puis dans le silence ils s'éloignèrent l'un de l'autre. Personne n'aurait pu dire en les voyant, si ces confidences les avaient rapprochés ou au contraire éloignés un peu plus. Ils se regardèrent sans dire un mot, elle s'essuya les dernières traces de larmes. Il se levèrent, montèrent les marches et se dirigèrent chacun devant la porte de leur chambre. Et dans un dernier regard échangé, entrèrent dans leur chambre respective. Plus aucun mot n'aurait eu de sens. Ils se connaissaient que trop bien pour comprendre par le silence ce qu'ils avaient à se dire.
Ron n'avait pas dormi de la nuit. Il n'arrivait pas à s'enlever les images d'Hermione et lui quand ils étaient ensemble. Il se rejouait le scénario de leur vie encore et encore. Il espérait pouvoir trouver le petit quelque chose qu'il aurait pu modifier pour tout recommencer. Il se revoyait après la guerre, quand très rapidement ils avaient eu leur premier rendez-vous. Il l'avait emmené dans un restaurant il se rappelait exactement de ce qu'il avait ressenti en allant la chercher chez elle. Elle avait mis une robe bleue toute simple, à son image mais qui la rendait tellement magnifique. Il se souvient de chaque fois où il était tombé encore plus amoureux d'elle. Ils avaient très rapidement pris un appartement ensemble Ron avait décidé d'aider Georges au magasin. Quand à Hermione elle continuait ses études tout en assurant des stages au ministère. Ils avaient tout pour être heureux. Il se rappelait quand ils avaient emménagé et qu'ils n'avaient qu'un pauvre canapé pour habiller leur appartement, mais ils étaient tellement heureux d'être simplement ensemble. Ils avaient passé leur première nuit à rigoler devant la cheminée à faire l'amour, à se chamailler, à discuter de tout et de rien, à manger des chocogrenouilles sur la peau de l'autre. Il se souvint de leur première fois, de cette sensation d'union plus que parfaite. Il se souvint de toutes les autres, dans la douche, dans la cuisine au Terrier, à Poudlard ou bien encore sur le lit où il se trouvait en ce moment. Il se rappelait de ses courbes, des caresses échangés, des frissons. Il repensait à leur premier baiser, puis il repensa au dernier. Et ça le frappa, il ne s'en rappelait pas. Etait-ce à ce moment-là qu'ils s'étaient perdu. Chaque personne qu'on s'autorise à aimer, est quelqu'un qu'on prend le risque de perdre. A quel moment son cœur s'était fait la malle ? Pourtant après la soirée, la nuit, qu'il venait de passer il savait qu'il l'avait aimé comme un fou. Quand il avait compris que c'était une petite fille qu'elle avait attendu, il l'avait imaginé et c'était son portrait craché. Il n'imaginait pas sa fille autrement.
Il fut sorti de ses pensées par un hibou qui était à la fenêtre. En lisant le parchemin qui lui était adressé il reprit ses esprits.
- Pénélope.
Elle non plus n'avait pas dormit de la nuit. Elle était dans la cuisine en train de boire un café. Elle était prête à partir au travail. Il la rejoignit dans la cuisine.
- Bonjour Hermione. Dit-il en esquissant un sourire
- Bonjour Ron. Répondit-elle elle aussi un léger sourire aux lèvres.
- Comment vas-tu ? bien dormi ?
- Nuit blanche. Et toi ?
- Pareil. Du coup un peu difficile d'émerger.
- Tu es bien matinal, je croyais que le Quiddich était terminé pour l'instant.
- Oui, oui mais j'ai des rendez-vous avec des sponsors et on a une remise de prix mercredi prochain j'avais complétement oublié, il faut que je me trouve un costume.
- D'accord je comprends mieux.
- Et puis j'ai reçu un hibou de la part de Pénélope, elle ne sera pas là cette semaine.
- C'était prévue ?
- Non. Mais ils ont eu besoin d'elle pour une formation, je pense qu'elle a sauté sur l'occasion après ce qu'il s'est passé hier soir.
- Je suis désolée.
- Ne le soit pas, rien à changer, elle sera là pour le mariage c'est tout ce qu'il compte.
- Tant mieux.
- Mais j'aurais besoin de te demander un petit service.
- Dit moi tout Ron Weasley?
- Comme je te disais mercredi j'ai une remise de prix.
- Et tu veux que je te rédige ton discours de remerciement.
- Je ne pensais pas à ça, mais maintenant que tu en parles. (Elle lui tapa l'épaule.) Ouche ton petit poing fait mal. (Tout en souriant). Non plus sérieusement j'aimerais si tu le veux bien que tu m'accompagnes.
Elle faillit s'étouffer avec son café lorsqu'il prononça sa phrase.
- Moi ?
- Oui toi Hermione. Je sais qu'on pourra pas revenir en arrière mais on peut essayer de construire quelque chose de nouveau.
- Rien que pour te voir parler en public je vais accepter ta proposition.
- Il faudrait d'abord que je gagne si tu veux me voir sur scène.
- J'en ai aucun doute.
- Ah oui j'oubliais que tu avais vu tous mes matchs.
- Oui. dit-elle en avalant de travers. (Elle sentit le terrain glissant et la bonne humeur naissante était trop fragile pour être gâcher tout de suite) Plus sérieusement je vais devoir aller travailler.
- On se voit mercredi à 20h, tu préfères que je vienne te chercher chez toi ou on se rejoint là-bas ?
- A 20h chez moi c'est parfait. Bonne journée Ron.
- Bonne journée Hermione. Il ne sait pas vraiment ce qui lui avait pris mais il s'était approché d'elle pour lui faire la bise.
