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Chapitre 4
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Février. Il faisait un froid glacial et tout était humide, aussi bien dehors que dedans. Et pourtant, la seconde tâche du Tournoi des Trois Sorciers se profilait. Personne ne savait en quoi elle allait consister mais c'est avec intérêt et étonnement que les élèves avaient regardé des ouvriers installer quatre immenses plates-formes hautes de dix mètres, au milieu du Lac Noir.
- À ton avis, ça va servir à quoi ?
Hermione regarda passer les deux filles qui discutaient de la seconde tâche. Harry s'approcha alors et s'assit près d'elle dans l'escalier de marbre.
- À quoi tu penses ? lui demanda-t-il.
- À rien de spécial, et toi ? Tu as résolu l'énigme de l'œuf ?
Harry secoua la tête.
- Ça disait quoi déjà ? demanda la brunette.
Harry leva les yeux au plafond et agita ensuite l'index.
- Descends nous visiter et entends nos paroles, nous devons pour chanter être au-dessous du sol. À présent, réfléchis, exerce ton esprit, ce qui t'est le plus cher, nous te l'avons ravi. Pendant une heure entière il te faudra chercher si tu veux trouver ce qu'on t'a arraché. Après l'heure écoulée, renonce à tout espoir tes efforts seront vains car il sera trop tard, récita-t-il.
- Tu le connais par cœur ? s'étonna la brunette.
- Oui, mais ce n'est pas pour autant que je sais ce que ça veut dire… soupira Harry.
- Tu devrais, la troisième tâche est à la fin du mois…
Le Gryffondor haussa les épaules. Il regarda alors autour de lui et agita soudain le menton.
- C'est fini entre vous ? demanda-t-il.
- Qui et quoi ? demanda Hermione sans regarder ce qu'il lui montrait, de retour dans son livre.
- Malefoy et toi…
Hermione haussa un sourcil puis regarda devant elle et haussa une épaule.
- Il n'y avait rien, entre nous deux, d'une, dit-elle. Et deux, ce n'est qu'un égoïste arrogant et méprisable. Donc oui, c'est fini, je ne veux plus rien avoir à faire avec lui.
Harry prit un air choqué.
- Ah ouais, à ce point-là ? dit-il, amusé. Qu'est-ce qu'il a bien pu faire pour que tu passes de la cavalière énamourée à sa pire ennemie en quelques semaines ?
Hermione ronfla.
- Nos éducations ne sont simplement pas compatibles, répondit-elle. Il a des idées bien arrêtées sur certaines choses, pas moi. Et vice-versa.
- Ok… Et la dernière fois que tu lui as parlé, ça remonte à quand ?
- Tu parles de la dernière fois où on s'est égueulés ou bien celle où on a discuté ?
Le ton d'Hermione était acide et Harry décida de ne pas insister. Il regarda vers Malefoy, qui était assis par terre, non loin de l'entrée supposée de Serpentard, en train de discuter avec ses amis en se passant une flasque de Xeres qu'ils avaient bien du mal à dissimuler malgré de gros efforts.
- Tu devrais retenter, dit soudain Harry.
- Quoi donc ?
- Lui parler…
- Ok, et pourquoi ça te préoccupe comme ça, tout d'un coup ?
Harry haussa les épaules.
- Je n'en sais rien… répondit-il. Je ne sais pas, il y a quelque chose qui me dérange quand je le regarde…
- Bah arrête, alors.
Harry ferma les yeux une seconde puis se tourna vers sa meilleure amie.
- Je ne sais pas ce qu'il a pu faire, Mione, pour te mettre en pétard comme ça contre lui, mais je te connais, et je sais que la colère et toi, ça fait deux. Je sais que d'ordinaire, tu ne restes pas fâchée plus de deux ou trois jours, alors…
Hermione serra les mâchoires puis souffla par le nez, agacée par les questions d'Harry.
- Ok, lâcha-t-elle alors. Je ne lui ai pas reparlé depuis la rentrée, ça te va ?
- Ouais… Mais pas tout à fait. Dis-moi ce qui s'est passé et si besoin, j'irais lui régler son compte…
Pinçant les lèvres, la brunette regarda Malefoy. Il était toujours avec ses amis et buvait à la flasque en souriant. Quand il baissa le bras, il tourna les yeux et son regard croisa celui d'Hermione qui baissa aussitôt le sien.
- Mione, je vois bien que tu te fais du mal… dit alors Harry. Tu essayes de te persuader que tu es furieuse contre lui et que vous n'avez plus rien à vous dire mais moi je vous regarde, toi, et lui, et je me dis que c'est faux.
- Faux ? répéta Hermione, surprise, en regardant son meilleur ami. Si tu savais ce qu'il a dit, le jour de la rentrée, tu lui aurais collé ton poing dans la figure sans même discuter, Harry !
- Oh, il m'en faut moins que ça, tu le sais bien, mais sérieusement, prend sur toi et va le voir… Mettez les choses à plat, discutez tranquillement et si vous ne trouvez pas un terrain d'entente, tant pis, mais au moins, les choses seront claires…
Harry haussa les épaules et se mordit la lèvre. Elle regarda de nouveau Malefoy et celui-ci rigolait avec Blaise en imitant quelqu'un.
- Pourquoi tu me dis ça ? demanda alors la Gryffondor en regardant les deux pages ouvertes de son livre posé sur ses genoux. Malefoy est ton pire ennemi, Harry, pourquoi est-ce que tu voudrais que je reprenne le semblant d'amitié que j'avais avec lui pendant les vacances de Noël ? Il n'est pas quelqu'un de fiable, dès qu'il trouvera une autre « amie » avec un potentiel plus important que le mien, il partira comme si de rien n'était…
Harry secoua la tête.
- Je n'en suis pas certain, tu vois ?
- Comment ça ?
- Je ne sais pas, une sorte de pressentiment. Quand je t'ai vue avec lui, pendant le bal, je me suis dit, ça y est, Hermione est perdue, elle est devenue folle, et puis je t'ai vue danser avec lui, j'ai vu comment il s'est comporté avec toi après… Il y a quelque chose qui se passe chez Malefoy, il ne te regarde plus comme avant… C'est dur à admettre pour moi mais quand je vous ai vus danser, je me suis dit « qu'est-ce qu'ils sont beaux tous les deux… ».
- Si tu me dis qu'il est tombé amoureux…
- Non, pas amoureux, mais je pense que le petit tour que tu lui as joué en lui piquant son cadeau de Noël, ça l'a fait réfléchir un peu.
- Tu crois ?
- Oui, j'en suis même sûr. Il a peut-être bien compris que vivre en regardant tout le monde de haut, en les considérant tous comme des moins-que-riens, on finissait seul et sans amis. Ce que tu as raconté, sur Greengrass et lui, et sur la lettre de son père, c'est tout à fait ça. En ayant un esprit aussi étroit, on finit par aliéner toutes les personnes qui avaient un peu d'estime pour soi…
Hermione regarda de nouveau Malefoy et leurs regards se croisèrent une fois de plus. Le blond détourna la tête en pinçant la bouche et Hermione passa sa langue sur ses lèvres.
- Je ne sais pas ce que tu as mangé aujourd'hui, mais je te trouve très philosophe, dit-elle en fermant son livre.
- Où tu vas ? lui demanda Harry la regardant se lever.
- Lui parler. Tu as raison. Ça fait plus d'un mois maintenant, et plus je le regarde, et plus je me dis que je devrais avoir honte d'avoir réagi comme je l'ai fait alors que ce n'est pas de sa faute s'il est comme ça.
- Ouais bon, il y met beaucoup du sien quand même, hein ! dit Harry en se levant à son tour.
- C'est évident, mais son éducation, il ne l'a pas choisie. Tu aurais été élevé par Lucius Malefoy, et lui par les Dursley, ce serait le même scénario.
- Donc, si je comprends bien, c'est la faute de nos parents ?
Hermione opina.
- Tu as le cœur sur la main, tu viens en aide à tout le monde, tu es généreux et un ami fidèle, et c'est grâce aux Dursley que tu es comme ça, parce qu'ils t'ont maltraité quand tu étais enfant, dit Hermione. Malefoy, lui, il est égoïste, arrogant, méprisable, avide, parce que son père est comme ça et qu'il a pris exemple sur lui. On lui a dit de détester les Moldus, il les déteste. On lui a dit que le mariage arrangé était une bonne chose et que l'amour n'y avait pas sa place, il le croit. Mais Daphné, elle, n'est pas de cet avis, comme moi, et je suis contente qu'elle ait pu trouver des prétendants. Il y en a un dans le lot qui est pas mal, d'ailleurs.
Harry haussa un sourcil étonné.
- Tu corresponds avec une Serpentarde ? demanda-t-il.
- Oui. Daphné pense comme moi, on se ressemble bien plus qu'on pourrait le croire, tu sais ? Ça me fait plaisir d'avoir une amie, parce que je n'avais que Ginny, jusqu'à maintenant.
- Et Lavande et Parvati ?
- Ce n'est pas pareil, elles sont accros à la mode, au shopping, au maquillage et bavent sur tout ce qui a la voix un peu rauque, alors que ça ne m'intéresse pas. Je vais avoir quinze ans, Harry, je me contre-fiche de tout ça.
Harry opina et Hermione lui indiqua qu'ils se retrouvaient pour le dîner. C'était samedi et Ron et Harry avaient prévu d'aller à Pré-au-Lard, mais Hermione avait décliné l'offre. Elle n'avait cependant pas prévu de devoir parler à Malefoy…
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Assise en tailleur sur un large balcon qui donnait du côté du stade de Quidditch, Hermione était anxieuse. Après avoir quitté Harry, elle était venue se réfugier ici, où le passage était quasiment inexistant et, après de longues minutes, elle avait fini par envoyer un mot à Malefoy. Elle avait donc fait le premier pas, à lui de faire le second…
Un coup d'œil sur sa montre indiqua à la jeune femme que cela faisait maintenant vingt minutes qu'elle avait envoyé le Baron Sanglant avec le message pour Malefoy. Un fantôme ne mettant que quelques secondes pour traverser le château d'est en ouest, cette attente venait du Serpentard lui-même. À moins que le Baron ne se soit égaré en chemin ou ait oublié de délivrer le message.
Les minutes s'égrenèrent alors, trente, quarante, cinquante, une heure… et toujours pas de Malefoy en vue. Il était trois heures de l'après-midi et Hermione commençait à s'ennuyer et à avoir des fourmis dans les jambes. Elle regrettait de ne pas avoir pris un livre.
Étendant ses jambes, elle se frotta les cuisses et soupira longuement par le nez. Un frisson lui parcouru soudain la nuque et elle releva les yeux. Malefoy était là, devant elle, les mains dans les poches, indécis.
- Salut…
Déglutissant, la Gryffondor se leva lors lentement et s'approcha de lui. Il sortit ses mains de ses poches et ils se firent face l'espace d'une seconde avant que la brunette ne lance ses bras sur sa nuque et qu'il l'entoure de ses bras avec force.
- Pardon… souffla-t-il dans son cou. Je suis désolé, Granger…
Hermione resserra sa prise et Malefoy posa ses mains sur ses hanches et la repoussa. Elle se détacha de lui et la regarda droit dans les yeux. Hermione sourit légèrement puis posa son front contre le sien et le blond soupira profondément.
Hermione recula ensuite et fit asseoir Malefoy au bord du balcon. Ils observèrent un moment de silence et quand Hermione voulu prendre la parole, il la coupa en levant la main.
- Tout est de ma faute, dit-il. Tu as raison, je n'ai pas été élevé correctement. Enfin si mais pas pour le monde moderne. Comme McGonagall l'a dit, l'éducation que j'ai reçue de mon père aurait pu passer il y a un siècle, mais pour notre époque, elle est totalement démodée.
- Malefoy, je ne…
- Attend, laisse-moi finir. Tu m'as ignoré pendant un mois entier, Granger, reprit-il. Et pendant tous ces longs jours, je n'ai pas arrêté de me dire que j'aurais jamais dû dire tout ce que je t'ai dit dans la salle de classe de McGonagall. J'ai foiré sur toute la ligne… et en particulier avec Daphné. Elle a raison, tu as raison, le mariage arrangé c'est bien pour les deux familles, mais les concernés doivent s'apprécier et avoir envie de faire ce geste pour leurs familles respectives avant de se marier.
Hermione opina lentement et Malefoy lui prit alors la main.
- J'ai demandé à mon père de rompre les fiançailles avec Daphné, dit-il. Tu as raison, encore une fois, si elle m'épouse de force, elle sera malheureuse toute sa vie et… elle ne le mérite pas. Daphné est une gentille fille, elle est jolie et ouverte aux nouvelles choses et je m'en serais sans doute voulu de l'enfermer dans une cage dorée en la transformant en poule pondeuse.
Hermione plissa légèrement le nez. À son grand étonnement, la présence de Malefoy lui avait manqué. Elle regarda sa main prise dans celle du blond. Elle était brûlante, il devait avoir chaud, sans doute à cause de sa tirade et des émotions que cela provoquait en lui, et surtout, de l'effort que cela lui demandait.
- Qu'est-ce que ton père a dit ? demanda alors Hermione.
- Rien. Il n'a pas répondu.
- Tu lui as envoyé la lettre quand ?
- Il y a plus de quinze jours maintenant. Je l'imagine tempêter en froissant et défroissant ma lettre, en menaçant de la jeter au feu avant de renoncer, en hésitant à s'emparer de sa canne pour venir me faire passer l'envie de le défier…
Malefoy secoua la tête. Il caressa le dos de la main d'Hermione de son pouce et celle-ci récupéra alors sa main et la posa sur la joue du Serpentard.
- Tu es quelque de bien, Malefoy, je le sais, dit-elle doucement. Et je regrette d'en être arrivée là pour que tu t'en rendes compte…
- Tu m'as obligé à changer ma façon de penser et ça a commencé par le set d'écriture, dit Malefoy en lui reprenant la main dans les siennes. Petit à petit, je me suis rendu compte qu'en faisant un peu le bien autour de moi, les gens me regardaient différemment… et je me suis rendu compte que c'était cool en fait de voir les gens me sourire et non plus baisser la tête et filer à toute allure en espérant que je ne les avais pas vus.
Hermione sourit. Elle sentit soudain ses poumons se vider de leur air et un frisson glacé lui descendit dans le dos. Elle leva les yeux et déglutit.
- Granger ? Qu'est-ce que tu as ? demanda Malefoy. Eh…
Hermione inspira et tendit l'index vers ce qui se trouvait dans le dos du Serpentard qui se retourna.
- P-Père ? dit-il, surpris. Mais qu'est-ce que vous faites à Poudlard, vous ne…
Lucius Malefoy se tenait là, au milieu du couloir, dans toute sa majesté hautaine, canne à la main et cape repliée sur le bras droit.
- Debout, fils, dit-il sèchement. Tu vas te contaminer auprès de cette… créature.
Hermione serra aussitôt les mâchoires et voulu se lever mais Malefoy l'en empêcha.
- Avisez-vous une seule fois de l'insulter, Père, et vous aurez à faire à moi, dit-il en se levant lentement.
- Voyez-vous cela… Depuis quand te dresses-tu devant ton propre père pour défendre une… une créature du bas-peuple ?
Le ton de Lucius était tellement dédaigneux, tellement irritant, qu'Hermione décida de rester fière. Elle se leva, rassembla ses affaires et posa une main sur l'épaule de Malefoy. Il tourna la tête vers elle sans quitter son père des yeux et elle l'embrassa sur la joue, sans quitter Lucius des yeux non plus. Elle vit le regard bleu exploser de rage mais il se retint.
- On se voit plus tard, dit-elle au Serpentard. Monsieur Malefoy…
Elle tourna dignement les talons et s'en alla, sans se presser, détendue, du moins en apparence car une fois hors de portée, elle se permit de trembler de tous ses membres et elle s'agrippa au bras d'une statue qui le tendit dans sa direction. De son autre main, la statue, une nymphe, lui caressa délicatement les cheveux.
Hermione mit plusieurs secondes à se calmer. Elle avait éprouvé une fureur sans nom, mais aussi une terreur immense face à Lucius Malefoy. Elle savait pertinemment qu'il la détestait, elle et tous les sorciers qui avaient des inclusions Moldues dans leur sang, mais surtout elle parce qu'elle était l'exemple type de la sorcière élevée par des Moldus et qui pourtant, s'en sort haut la main.
La Gryffondor songea alors à Malefoy. Allait-il s'en prendre à lui ? Le blond lui assurait que son père ne le battait pas mais avec un homme pareil, il faut s'attendre à tout…
Remise de ses émotions, Hermione décida de quitter le château. Elle descendit à Pré-au-Lard et retrouva Ron et Harry. Ce dernier s'étonna de la voir et alors que Ron alla se servir en bonbons chez Honeydukes, elle entraîna le brun un peu plus loin et lui raconta ses courtes retrouvailles avec Malefoy. Quand elle en vint à l'arrivée de Lucius, Harry tiqua. L'Homme le détestait lui aussi, mais pour la simple et unique raison qu'il avait défait le mage noir le plus puissant de monde sans rien faire, juste en existant…
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À la nuit, les jeunes sorciers vidèrent Pré-au-Lard pour rentrer au château et Ron et Harry, lesté de plusieurs kilos de bonbons, remontèrent immédiatement à Gryffondor pour aller mettre leur butin en lieu sûr. Hermione, elle, se rendit à la bibliothèque pour réviser. Ils avaient un contrôle en Sortilèges lundi matin à la première heure et elle voulait s'assurer de tout connaître sur le bout des doigts.
Alors qu'elle agitait un crayon, faisant office de baguette magique, pour réviser des mouvements, on s'approcha de sa table et elle reconnut Blaise Zabini, le meilleur ami de Malefoy.
- Granger, je te trouve ! dit-il, un peu essoufflé.
- Qu'est-ce qui se passe ? s'étonna la jeune femme.
Elle regarda autour d'elle et Zabini claqua des doigts pour attirer son attention.
- Tu as vu Drago depuis tout à l'heure ? lui demanda-t-il. Il était bien avec toi cet après-midi, non ?
- Euh oui mais… Je ne sais pas ce qu'il a fait quand je l'ai laissé avec son père… C'était, quoi, trois heures et demi, quatre heures peut-être ? Pourquoi tu demandes ça ?
- Je ne sais pas où il est, je le cherche partout depuis tout à l'heure… Son père, tu as dit ? Merde…
- T'as l'air inquiet, Zabini… dit alors Hermione en fronçant les sourcils.
- C'est rien, t'inquiète. Bon, t'es sûre, tu n'as pas revu Drago ?
Hermione secoua la tête et Zabini tourna les talons et disparu en maugréant. La Gryffondor le regarda quitter la Bibliothèque puis elle haussa les épaules et retourna à ses révisions.
À l'heure du dîner, cependant, pas de Malefoy en vue et, croisant le regard de Zabini, inquiet, Hermione sentit quelque chose lui pincer l'estomac. Malefoy n'avait jamais manqué un seul repas depuis qu'ils se connaissaient, et elle le savait pertinemment car il était tellement bruyant avec ses copains qu'il était difficile de le louper…
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Après le repas, Hermione retourna à la bibliothèque en déclinant l'invitation d'Harry et Ron à une partie de Bav'boules dans la salle de Sortilèges. Elle avait besoin de calme, sachant Lavande et Parvati dans leur dortoir en train d'essayer les vêtements qu'elle leur avait vu s'acheter durant l'après-midi…
Assise sur une banquette près de la fenêtre, Hermione feuilletait un magazine. Une vilaine impression de déjà-vu la prit quand elle vit Blaise entrer dans la bibliothèque et se diriger vers elle aussitôt après avoir l'avoir repérée.
- Pas vu Drago ? demanda-t-il.
- Non, Zabini, je ne l'ai pas vu, enfin… On ne sort pas ensemble que je sache, pourquoi est-ce que je saurais où il est ?
Zabini regarda autour de lui. La bibliothèque était quasiment vide et le silence était roi. Le Serpentard à la peau noire se tourna alors vers Hermione et s'assit au bord de la banquette d'un air empressé.
- Qu'est-ce que tu as, Zabini ? lui demanda la brunette en se redressant. Tu as l'air complètement paniqué…
Blaise serra les mâchoires.
- Écoute, je sais que Lucius Malefoy était au château cet aprèm, d'accord ? Et je sais qu'il vous a vus, toi et Drago, ensemble. Je sais aussi que vous l'avez provoqué…
Hermione plissa les yeux.
- Qui t'en a parlé ? Malefoy ?
- Non, non… C'est le Baron, il… il garde un œil sur Drago depuis Noël…
- Pourquoi ?
- Sur ordre de Narcissa…
Hermione haussa les sourcils et secoua la tête. Elle n'y comprenait plus rien.
- Explique-moi toute l'histoire depuis le début, je suis complétement larguée, dit-elle. Pourquoi est-ce que le fantôme de Serpentard garderait l'un de ses résidents à l'œil ?
Blaise se mordit la lèvre. Il hésita et regarda Hermione fixement pendant un couple de secondes avant de se décider à lui raconter l'histoire qui prenait son début le soir du Bal du Noël.
- Les ennuis ont commencé à ce moment-là, quand Drago t'a invitée au bal, dit-il. Le lendemain, sa mère s'est rendue compte qu'il lui manquait une robe et elle l'a cherchée partout pendant un moment avant de demander à son fils s'il ne l'avait pas vue. Elle pensait l'avoir oubliée au Pressing mais quand Drake lui avoua la lui avoir empruntée pour la prêter à sa cavalière de bal, Narcissa a commencé à se poser des questions. Quelques jours avant, elle avait reçu une lettre de Mrs Greengrass qui lui demandait de rompre les fiançailles de leurs enfants…. Elle n'a pas été longue à comprendre et elle a cuisiné Drago par courrier interposé en lui demandant pourquoi Daphné voulait annuler les fiançailles et pourquoi il lui avait emprunté une de ses plus belles robes, etc…
- Il lui a parlé de moi ?
Blaise secoua la tête.
- Jamais. Il savait très bien que s'il disait qu'il était allé au bal avec toi, son père aurait immédiatement été mis au courant et aurait déboulé au château pour punir son fils d'être aussi peu… regardant.
Hermione grimaça et Blaise s'excusa d'un haussement d'épaule.
- Continue ?
- Ouais donc, Narcissa a fini par le laisser tranquille, comprenant qu'il ne lui dirait rien, et elle s'est occupée de Daphné, reprit Blaise. Elle lui a demandé pourquoi elle voulait rompre les fiançailles, etc, et je sais que tu connais Daphné aussi bien que moi maintenant, alors je te laisse imaginer ses réponses.
- Ça n'a pas dû plaire à Mrs Malefoy.
- C'est le moins qu'on puisse dire… Écoute, je ne sais pas comment elle l'a su, personne n'a cafté, mais Narcissa a fini par savoir que son fils était allé au bal de noël avec toi, et pis encore, que vous étiez devenus amis depuis. Je te cache pas que moi j'ai du mal à savoir ce que Drake peut te trouver, mais je ne te connais pas suffisamment, sans doute. Toujours est-il que la venue de Lucius aujourd'hui n'est pas une coïncidence.
- Pourquoi ? J'ai boudé Malefoy pendant un mois entier avant de me décider à aller lui parler, pourquoi Monsieur Malefoy débarque aujourd'hui précisément ? Il a un espion quelque part ?
- Je ne sais pas mais ça ne m'étonnerait pas trop venant de lui, tu vois… Ce qui m'inquiète c'est de ne pas avoir revu Drake depuis…
- On a passé quoi, dix minutes ensemble avant que son père ne se pointe, dit Hermione. Il m'a délicatement insultée avec son flegme et son élégance habituel, mais j'ai décidé de rester digne, je me suis levée, j'ai dit à Malefoy qu'on se verrait plus tard et je suis partie.
- Et c'est tout ? Je veux dire, tu n'as rien fait qui aurait pu mettre Lucius en rage ?
- Du genre ?
- Ben, je ne sais pas… Je ne sais pas à quel stade en est votre relation avec je peux pas dire mais…
- Malefoy et moi, on n'a pas de relation, Zabini, soupira Hermione. On tente juste d'être amis et comme tu as pu aisément t'en rendre compte, ce n'est pas une tâche facile.
Blaise pencha brièvement la tête sur le côté pour confirmer puis il soupira. Hermione pinça alors la bouche.
- Maintenant que j'y repense, dit-elle. J'ai peut-être fait quelque chose qui aurait pu provoquer la colère de Mr Malefoy mais si c'est le cas, alors le pauvre, il est irrécupérable…
Zabini fronça les sourcils. Hermione le regarda puis lui expliqua.
- Vous, je veux dire, tu l'as embrassé sur la joue en fixant Lucius du regard ?
- Oui. Et Malefoy aussi… Il ne l'a pas lâché du regard, comme s'il le mettait au défi de nous séparer… Tu crois que c'est à cause de ça que tu ne le trouve pas ? Est-ce qu'il a quitté le château ?
Zabini secoua vivement la tête.
- J'ai demandé à Dumbledore, Lucius est reparti sans son fils, il n'en a pas le droit, répondit-il. Drago est quelque part dans le château, je le sais, mais je ne sais pas où…
- Est-ce qu'il se cache ?
- Ce serait possible… Si son père l'a suffisamment humilié, alors oui, il se cache en attendant de retrouver un semblant de calme… Pourquoi, tu as pensé à quelque chose ?
- Possible… Mais c'est trop tard pour y aller maintenant…
- Ce n'est pas dans le château ?
Hermione secoua la tête. Elle sembla réfléchir puis elle se leva et fit signe à Zabini de la suivre. Il lui emboîta le pas jusqu'à un couloir dérobé et en avisant une statue de sorcière bossue, Blaise comprit aussitôt.
- On va enfreindre le règlement ?
Hermione lui jeta un regard puis hocha la tête.
- Hermione Granger qui enfreint le règlement, on aura tout vu…
Hermione roula des yeux.
- Si tu savais, dit-elle en sortant sa baguette magique.
- Oh… Voyez-vous ça, la Miss Je-sais-tout n'en est pas à son coup d'essai ? Et après ça se fait passer pour la petite fille sage…
- Mais je suis une petite fille sage, Zabini, va pas croire… répondit Hermione. Quand j'enfreint le règlement, c'est uniquement parce que c'est vraiment important…
Blaise ronfla. Il observa ensuite la Gryffondor agiter sa baguette magique vers la statue en murmurant la formule, et la bosse de la statue coulissa sur le côté pour laisser apparaître une ouverture suffisante pour qu'ils s'y glissent en se contorsionnant un peu.
- Ça va où ? demanda Blaise en allumant sa baguette, une fois dans le tunnel.
- Honeydukes.
- Donc, Drake est au village ? Comment tu le sais ?
- Sans doute parce que je le connais un peu mieux que toi… Ou du moins, pas de la même façon…
Blaise leva les yeux au plafond puis ils se mirent en marche. Vingt minutes plus tard, ils soulevaient la lourde dalle de la cave de Honeydukes et, sans un bruit, ils se faufilèrent hors de la boutique. Hermione entraîna ensuite Zabini à travers le village silencieux, jusqu'à la boutique d'encres et de parchemins.
- Mon meilleur pote se planque ici ? dit Blaise en regardant l'enseigne. Tu te moques de moi, Granger ?
- Non, Zabini. Et tu sais pourquoi ?
- Non, mais tu vas me le dire…
- Parce que c'est ici que tout a commencé.
Hermione regarda l'enseigne puis contourna le bâtiment au pas de course et se retrouva dans une arrière-cour aux relents de poubelles. Une lampe était allumée au-dessus d'un porche tout fleuri, et quand Hermione s'approcha, la porte s'ouvrit sans un bruit.
- Bonsoir, Mrs James, dit Hermione à la femme un peu rondouillarde devant elle.
- Bonsoir, Miss Granger… Qui est-ce ? demanda la femme en regardant Zabini.
- Blaise Zabini, son meilleur ami…
- Très bien, entrez.
Hermione et Blaise ne se firent pas prier, d'une parce qu'il faisait un froid de canard et qu'ils n'avaient même pas leurs capes, et de deux parce qu'ils étaient tous les deux très mal à l'aide…
- Depuis combien de temps est-il ici ? demanda Blaise quand Mrs James eut refermé la porte.
- Depuis la fin de l'après-midi… répondit la femme. Je vais vous chercher du thé. Il est dans le bureau avec mon mari…
Hermione hocha la tête et regarda ensuite Blaise. Ils traversèrent le salon et toquèrent à la porte indiquée par Mrs James. Ce fut Mr James qui vint leur ouvrir.
- Ah, Miss Granger… Vous voilà enfin… Qui êtes-vous, jeune homme ?
- Son meilleur ami, répondit Blaise. On peut le voir ?
- Elle seulement, répondit Mr James.
- Il ne sait pas que tu es venu avec moi, expliqua Hermione.
Blaise hésita un instant puis hocha la tête et Mr James l'entraîna dans le salon. Hermione les regarda prendre place dans des fauteuils en cuir brun, puis elle se tourna vers la porte et l'ouvrit doucement. Elle se faufila dans l'entrebâillement et referma le panneau derrière elle.
- Malefoy ? demanda-t-elle.
Il y eut un froissement de vêtements et Hermione tourna la tête vers la droite. Elle trouva le Serpentard près de la fenêtre aux rideaux tirés, simplement vêtu de sa chemise d'uniforme, sortie de son pantalon. Sa cravate était dénouée et pendait tristement sur son torse. Il avait le visage tiré, et Hermione se mordit la lèvre. Elle s'approcha alors et lui prit les mains. Il tremblait et il avait visiblement du mal à se tenir droit.
- Je suis désolée… dit-elle. C'est de ma faute, je n'aurais pas dû le provoquer…
Elle leva une main et la posa sur la joue du blond.
- Montre-moi… dit-elle doucement. Montre-moi ce qu'il t'a fait…
Malefoy secoua la tête. Hermione sentit une larme couler sur sa joue et elle renifla.
- C'est de ma faute, dit-elle en s'asseyant sur un petit canapé. Je ne pensais pas… Comment ton père a-t-il su… ?
- Il a un espion. Un élève de Serpentard, répondit Malefoy.
Il s'assit près d'elle et Hermione se mordit la lèvre en le voyant raide comme un piquet, grimaçant de douleur.
- Tu m'avais dit qu'il ne t'avait jamais frappé… dit-elle.
- C'était la vérité… jusqu'à aujourd'hui.
Hermione déglutit.
- Montre-moi, redemanda-t-elle. Tu sais que je peux te soigner tout de suite…
Malefoy secoua la tête.
- Pourquoi ? demanda la Gryffondor. Tu ne me fais plus confiance ?
- Si…
- Alors pourquoi ?
Malefoy serra les mâchoires et baissa le nez.
- Mon père sait, Granger, dit-il. Il sait qu'après sa correction, quelqu'un va te prévenir et que tu feras tout pour m'aider. Si j'accepte que tu soignes mes plaies, il le saura et il reviendra.
Hermione secoua la tête frénétiquement en marmonnant.
- Arrête, dit alors Malefoy. C'est mon père, il fait ce qu'il veut de moi…
- Non, justement ! répliqua la brunette. Cet homme n'est pas ton père, Malefoy, c'est un monstre ! Comment est-ce qu'on peut s'abaisser à ce point, hein ? Et tout ça pour quoi ? Parce que si tu n'épouses pas Daphné, il va perdre quelques milliers de Galions ? Pauvre de lui, dis voir ! Les Mangemorts n'auront pas de salaire pendant un mois ! Malheur !
- Tu es hystérique et insolente, arrête ! s'exclama Malefoy.
Hermione se figea et se leva brusquement. Elle plongea ses mains dans ses épais cheveux et serra ensuite ses doigts sur sa nuque et resta face à la grande bibliothèque qui ornait tout un pan de mur du bureau, dos à Malefoy. Elle appuya ensuite ses mains contre les rayonnages, se mordant la lèvre pour s'empêcher de pleurer et surtout, de partir comme une furie pour le Wiltshire et aller faire sa fête à Lucius.
Un mouvement dans son dos la fit soupirer et Malefoy l'entoura de ses bras. Elle se laissa faire et il posa son menton sur son épaule.
- Je sais que tu veux bien faire… dit-il doucement. Je sais que tu veux que je voie les choses autrement, mais il y a certaines choses que tu ne pourras jamais changer…
La jeune femme se retourna entre ses bras et lui toucha le visage du bout des doigts. Elle posa son front contre le sien et soupira.
- Laisse-moi au moins voir tes plaies, si je peux t'aider à les guérir… dit-elle en reculant la tête. Pas de magie, tu as ma promesse.
Malefoy se détacha d'elle et l'observa un moment. Il regarda vers la porte fermée du bureau et fronça les sourcils. Des voix leur parvenaient du salon.
- Blaise est avec toi ? demanda-t-il.
- Oui… Il s'est inquiété pour toi, il t'a cherché tout l'après-midi et en désespoir de cause, il est venu me voir…
- Comment tu savais que je m'étais réfugié ici ?
Hermione esquissa un sourire.
- Parce que c'est dans cette boutique que tout a commencé, dit-elle. Même si c'était très mal parti, Malefoy, au final, toi et moi, on a tissé quelque chose. Je ne sais pas où ça va nous mener, si c'est à notre perte ou pas, mais je sais au fond de moi que tu n'es pas le fils à papa si terrible que tu montres depuis quatre ans.
Elle lui prit la main et il serra les doigts. Il hocha alors la tête et lui tourna le dos. Hermione comprit et leva les mains pour attraper le col amidonné de la chemise blanche. Quand le Serpentard s'en délesta, la jeune femme inspira profondément en voyant les zébrures rouges en travers du large dos blanc.
- Ceinture… dit-elle en approchant sa main d'une des marques où on pouvait distinguer la marque de la couture du cuir. Ça n'a pas entamé la peau, c'est une bonne chose. Ce ne sont que des ecchymoses… Ça mettra moins de temps à partir et tu n'auras pas de cicatrices.
Malefoy la regarda du coin de l'œil et la jeune femme tira sa baguette magique. Elle s'approcha du bureau de Mr James, avisa une cruche d'eau et chercha un récipient. Elle dénicha un cendrier vide sur le rebord de la fenêtre.
- Ça ira très bien, dit-elle.
- Tu comptes faire quoi ? demanda Malefoy. Tu avais dit pas de magie…
- Ce n'est pas de la magie, c'est juste pour faire une pommade.
- Mais tu vas utiliser la magie quand même…
- Pour invoquer ce dont j'ai besoin, c'est tout. Déstresse, Malefoy, sourit la jeune femme.
Le blond grommela. Il remit sa chemise sans la boutonner et alla s'asseoir sur le canapé. Pendant les quelques minutes qui suivirent, il observa Hermione préparer son baume et l'air du bureau s'emplit bientôt d'une délicate odeur de plantes.
- Voilà, j'ai terminé, dit soudain la jeune femme.
Elle souleva le lourd cendrier en cristal et s'approcha de Malefoy. Elle s'assit dans son dos et il baissa sa chemise.
- Ça risque de chauffer un peu…
- Pourquoi ?
- Les plantes que j'ai utilisées font circuler le sang, ça aide à dissiper les hématomes, expliqua Hermione. Tu en mettras jusqu'à ce que les bleus aient disparu.
- Ça va prendre combien de temps ?
- Je dirais une à deux semaines si tu ne t'agites pas trop… Évite de dormir sur le dos aussi, mais ça je pense que les bleus te le rappelleront eux-mêmes. Et aussi…
- Évite les coups de ceinture ? grimaça Malefoy.
Hermione esquissa un sourire. Elle passa ensuite délicatement, du bout des doigts, la pommade aux odeurs fortes, sur chaque marque sombre sur le dos du Serpentard. Quand elle eut terminé, elle avait dénombré onze bleus de dix à trente centimètres de long et d'environ cinq centimètres de large.
- C'est inhumain, soupira-t-elle en remontant doucement la chemise de Malefoy sur son dos pour ne pas essuyer la pommade. Comment peut-on faire ça à son propre fils… Et surtout pour quelque chose d'aussi insignifiant que l'argent…
- L'argent rend la vie plus confortable, Granger…
- Sans doute, mais je n'ai jamais été riche, Malefoy, et je n'ai manqué de rien, répliqua Hermione en allant déposer le cendrier sur le bureau.
Elle récupéra le reste de la pommade et l'enveloppa dans une feuille de papier qu'elle referma soigneusement avec un élastique.
- Mes parents sont dentistes, ça ne paie pas si bien que ça parce qu'ils ont chacun leur propre cabinet et qu'ils doivent payer les frais qui sont inhérents à tout ça. Ma mère à une assistante, et mon père, deux plus une secrétaire. Alors même si la personne qui vient se faire soigner les dents ressort en laissant la moitié de son chéquier sur le comptoir, seule une infime partie de l'argent servira à payer le salaire des employés et de mes parents. Et malgré ça, Malefoy, j'ai toujours des cadeaux à mes anniversaires, à Noël, et parfois même d'autres fois dans l'année. Alors oui, on n'est pas partis en vacances toutes les années ou à toutes les vacances avant que j'entre à Poudlard ; oui, je suis allée dans une école publique gratuite ; oui, je ne faisais partie d'aucun club, mais en contrepartie, si j'avais besoin d'un peu d'argent de poche, ma mère me la donnait volontiers, et si j'avais besoin de quelque chose en particulier, ils me le payaient.
Malefoy l'observa un moment s'affairer puis il se leva. Il reboutonna sa chemise et la rentra lentement dans son pantalon en évitant de trop remuer les épaules mais ce n'était pas simple. La porte du bureau s'ouvrit au même moment et Blaise apparut, suivi de Mr James.
- Drake ! Alors vieux, ça va ?
- Oui, ça va aller, ce n'est pas grand-chose…
Blaise grimaça et Hermione soupira par le nez. Elle tendit au Serpentard à la peau noire, un paquet odorant fixé par un élastique.
- Tiens, c'est de la pommade, dit-elle. Je crois que le meilleur ami va s'y coller, Malefoy…
- Ça ne sera pas la première fois, grommela Blaise. Tu te souviens quand tu t'es vautré en balai ? J'ai passé une semaine à nettoyer l'écorchure que tu avais sur l'omoplate…
Malefoy eut un léger rire puis Mr James tendit une cape à Hermione qui la jeta sur le dos du Serpentard.
- Rentrez à Poudlard aussi vite que possible, dit-elle à Blaise.
- Et toi ? demanda Malefoy.
- Je m'occupe de son alibi, répondit Mr James avec un sourire amusé. Ce ne sera pas la première fois que Miss Granger dîne avec ma femme et moi.
- Voyiez-vous ça ? s'étonna Malefoy.
- Oh, tais-toi et partez tout de suite. Prenez le passage secret. Le mot de passe de la sorcière, c'est Dissendium, dit Hermione en plissant le nez.
Blaise hocha la tête puis Mrs James conduisit tout le monde jusque chez Honeydukes. Quand elle revint, Hermione était attablée avec Mr James et ils discutaient avec bonne humeur.
