Tetsuya
Qu'arrivait-il à Momoi-san. Je savais qu'il lui arrivait assez souvent d'avoir des petites crises, mais là son anxiété était bien visible. Et puis toutes ces questions, où voulait-elle en venir ? J'avais du mal à la suivre par moment. Je pouvais lire sur l'expression de Kise, qu'il était dans la même position que moi. Notre amie se mit soudainement à réfléchir. Quelque chose n'allait vraiment pas, et ça m'inquiétait... Regardant la piste de glace par la fenêtre du café, je pus constater avec bonheur qu'il y avait de moins en moins de monde sur la patinoire. Sortant mon porte-feuille, je demandai à mes amis de rester ici quelques minutes.
-Kurokochi ? Interpella Kise, surpris.
Je lui fis un clin, et indiquai la piste de mon menton. Il eut un geste de recule, puis souris comprenant ce que j'allais faire. Me trouvant face au guichet, je payai trois tickets et revins en trottinant, au bar-café.
-Tu vas tomber malade, à faire l'idiot sous la neige, Tetsu-kun. S'inquiéta mon amie en m'enroulant le cou de son écharpe.
Elle me retira quelques flocons de neige de mes cheveux, pendant que je sortais les billets de ma poche, en donnant un à Kise. Elle fixe la sien, un peu perdue, puis me sauta au cou et me remerciant.
-Idiot, me dit-elle en riant, tu vas finir congelé si on part faire de la patinoire maintenant.
-Aller, te fais pas prier. Je sais que tu aimes patiner. Terminai-je avec un clin d'œil.
On se prit le main, et sortîmes ensemble du bar. Kise voulu me rembourser, mais je refusai. J'attendis que la demoiselle parte chercher ses patins, pour ensuite reprendre :
-Prends ces tickets comme un petit cadeau d'excuse de ma part.
-Tu parles de samedi ?
J'opinai.
-Allons, t'as pas à être désolé, je me rends compte que c'est toi qui a raison. Je songeai aussi à être absent pour être franc...
-Vraiment ? M'étonnai-je.
-Oui, mon manager m'a bien tiré les oreilles en voyant mes notes du dernier semestre, si je suis pas d'attaque pour les examens qui arrivent, j'ai peur de me faire renvoyer. Il est assez à cheval là dessus. J'ai beau être mannequin, si je ne fais pas un minimum d'efforts pour mes études, il peu m'arriver n'importe quoi plus tard. Je me retrouverais sans aptitudes scolaires dans les poches !
Je grimaçai. Il était vrai que Kise n'en avait pas l'air, mais c'était une personne facilement anxieuse bien que très déterminée. S'il avait choisi de se reprendre en main. J'avais confiance en lui et ne pouvais que l'encourager.
-Cependant tu vois...Je ne suis pas comme toi, Kurokochi. S'attristait-il d'un coup. De quoi parlait-il ?
-Comment-ça ?
Il ouvrit la bouche pour sortir un mot, mais se mit soudainement à réfléchir. Mal à l'aise. Je ne préférai pas chercher plus, et lui adressait un sourire entendu, lui affirmant que ce n'était pas grave.
-On en parlera une autre fois. Fis-je, en rejoignant Momoi-san.
Une main me retint.
-Je ne me sens pas capable d'avancer sans vous !
Je restai figé.
-Tetsu-kun ! Appela notre amie au loin.
Me retournant amèrement vers Kise. Je lui souris, peu sûr de moi et avoua finalement :
-Je n'ai jamais dit que j'en étais capable également...
Nos mains se frôlèrent une dernière fois, se séparant, puis je partis rejoindre Momoi-san qui m'accueillit par un grand sourire.
Ryouta :
Après ces mots. Je me sentis presque, apaisé...de savoir que je n'étais pas le seul à être angoissé par tous ces changements. Le futur inquiétait bon nombre de personne dans leur vie, c'était certain. Mais d'autres arrivaient facilement à avancer au jour le jour. Mais pas moi. J'étais comme un enfant, seul et peureux d'avancer dans le noir de sa chambre, pour regagner le simple confort de son lit. J'étais le genre d'enfant à rester sur le palier pendant des heures, avant d'atteindre mon but. Trop effrayé par ce que je pouvais y trouver au bout. Et Kurokochi semblait pareil. Non...il était bien pareil. Lui aussi avait peur de voir ce qui allait se trouver au bout du chemin qu'il avait pris. Cependant, il n'avait pas peur d'avancer. Très contradictoire, c'était vrai. Cependant la différence était bien là. Car sur son chemin il était sûr d'une chose.
-Il est certain de faire des rencontres incroyables et de vivre des expériences riches en émotions.
Fermant les yeux un instant. Je pensai à Yukio-san.
Tetsuya :
Toujours avec l'écharpe de Momoi-san autour de mon coup, je vis cette dernière frissonner un peu, resserrant son manteau autour d'elle. Notre tour allait bientôt arriver. Cependant attendre à l'extérieur ainsi
ne devait pas être confortable pour elle. Je déroulai un bout de l'écharpe, et l'enroulait autour de son coup, nous reprochant l'un de l'autre. Elle fixa avec de grand, puis se colla tout contre moi en me remerciant. Au même moment, Kise qui était devant nous, se retourna et prit une photo avec son portable. Je pestai.
-Ahah ! Vous êtes tellement mignons tous les deux. Rit-il.
Notre amie le frappa, d'un air gêné. Elle était tellement mignonne dans ces moments là. Soudain l'alerte signalant la fin d'un tour, et le début d'un autre pour les patineurs, retentit sur toute la place. Nous nous empressâmes de faire nos premiers pas sur la glace, un peu déséquilibrés au début, mais Momoi-san partit vite faire un grand tour de piste pour s'échauffer.
-T-tu veux bien m'apprendre ! Beugla Kise, comiquement agrippé au bord telle une moule à son rocher.
Momoi-san revint vers nous, tandis que je trouvais doucement mon équilibre. Je n'étais pas un grand patineur mais je savais en faire, c'était déjà bien ! Cependant notre ami mannequin semblait moins doué. Je souris en l'aidant à se tenir sur ses patins. Il serra mes mains, regardant autour de lui, paniquant horriblement. Je ne pouvais cacher mon amusement, pensant qu'il était bien plus doué avec un ballon de basket. J'eus alors une idée.
-Kise-kun. Tu copies très bien les gens lorsqu'il s'agit des autres sport, dans ce cas, fait pareil sur Momoi-san et moi. On va patiner devant toi et tu n'auras qu'à faire la même chose.
-O-Ok ! Nous fit-il s'asseyant, peu sûr de lui, sur le rebord de la piste en bois.
Momoi-san ne perdit pas le nord en tout cas. Elle s'agrippa vite à mon bras, me tirant sur la piste. Elle nous fit virevolter doucement sur la glace. Puis, je fus tellement pris pas l'ambiance que je la fis tirer de mon côté en riant aux éclats, entamant une valse improvisée avec mon amie qui se moquait, amusée, de mes talents de danseur.
Ses longs cheveux se dégagèrent de son manteau, flottant dans l'air gracieusement. Et son sourire fut plus radieux que les rayons de la lune qui pointait le bout de son nez. Elle était vraiment belle. Je ne pouvais pas le nier. Elle posa un regard rieur sur moi, puis se tourna vers Kise, pour lui donner des conseils. Elle se sépara de moi un instant. Je restai là. A la regarder patiner vers notre ami. Sa beauté rivalisant avec ce paysage enneigé si romantique. « Si seulement j'avais pu tomber amoureux d'elle »pensai-je en souriant, amer.
Mon cœur rata alors un battement... Pourquoi avais-je pensé ça? Si je n'étais pas amoureux de Momoi-san. Pour qui mon cœur se permettait de ressentir une vive émotion d'amertume, en cachant mes vrais sentiments ?
Soudainement perdu...je n'entendis pas mon téléphone sonner tout de suite. Les pleurs d'une petite fille m'alerta, et regardant à mes pieds, je la vis sur la glace, peinant à se relever. Je m'accroupis pour la relever. Me remerciant, elle patina rejoindre son père qui me remercia aussi. Reprenant mes esprits, je sorti mon portable qui affichait un message vocale en attente. J'appelai le numéro pour écouter. « Pourquoi tu décroches pas Kuroko, tu es parti en oubliant ton livre d'histoire. Ça va être difficile pour toi de réviser ce soir. Bon, en tout cas je suis sur la route de chez toi. »
-Mince !
Taiga :
J'avais réussi à choper l'adresse de Kuroko dans la salle des profs, quand la prof d'anglais me convoqua pour me délivrer ses sermons à l'encontre de mon attitude de ce midi. Le temps de l'écouter, de récupérer mes affaires et de trouver l'adresse, j'ai du rester une bonne heure de plus au lycée. La nuit tomba rapidement quand j'eus l'initiative d'appeler mon ami.
-Décroche... Murmurai-je, le froid mordant mes joues. Je remontais le col de mon manteau jusqu'à mon nez. « Kuroko n'en porte pas en ce moment », pensai-je, me demandant alors s'il n'avait juste pas de manteau, ou juste s'il était fou.
Je tombai sur sa boite vocale. Que faisait-il ? Soupirant, je laissai un message puis, décidai de partir chez mon ami. Arrivé à la station de métro, je couru en constatant que le départ était imminent. Je reteins la porte dans sa fermeture, et me glissai rapidement. Je percutai quelqu'un au passage.
-Attention ! Râlait l'homme.
Me détournant vers lui, je m'excusai platement.
-Tiens, mais c'est toi ? Fis l'homme de façon plus posé. Levant mon visage vers lui, je fis la rencontre de Aomine qui m'adressa un sourire amusé. Yo !
-S-salut... Je lui serrai la main. Il regarda derrière lui, et d'un geste de la tête, m'invita à lui suivre jusqu'à un siège.
Il y avait peu de monde à cette heure. Nous eûmes beaucoup de choix au niveau des places. Pourtant nous nous assîmes près de la prochaine sortie, l'un à côté de l'autre.
-Tu rentres bien tard. Me fit-il. Je ne te croise jamais d'habitude.
-Un prof m'a retenu...
Il rit. Je grognai dans ma barbe, légèrement agacé, avant de reprendre :
-Tu rentres tous les soirs à cette heure-ci ?
-Pratiquement, je traîne en ville d'habitude mais là Satsuki m'a demandé de lui acheté un bouquin pour ses cours. Elle m'a vraiment prise pour son larbin je crois...
-Pourquoi t'as t-elle demandé ça ? Vous ne rentrez pas ensemble ?
-La plupart du temps si, mais là elle était pressée. Un rendez-vous avec des amies certainement. Les filles... Maugréait-il.
Je le sentis de mauvaise humeur. Pas qu'il soit bien chatoyant en temps normal, mais quelque chose le tracassait, et je pus le lire sur son visage.
-Si tu fronces les sourcils, tu vas choper des rides, jeune ! Me moquai-je. Il rougis, écarquillant les yeux de surprise.
-De quoi j'me mêle !? Beugla t-il comiquement.
Il se recala dans son siège, pensif. Puis me demanda :
-Tetsu allait bien ce midi ?
Je le fixai, un peu perdu, puis repris :
-Comment ça ?
-Eh bien, disons que je l'ai appelé ce midi, pour discuter un peu, et il avait l'air morose...
Je repensai alors à ce midi, et à la proposition que je lui avais faite de partir en week-end tous les deux. Mais avant cela, je n'avais pas fait plus attention que ça à son humeur en arrivant en cours. Mais peut-être avait-il quelque chose qui le tracassait effectivement... Comment savoir, je pourrai toujours lui demander en arrivant chez lui. Et si c'était ça qui l'avait empêché de répondre au téléphone... ? L'inquiétude me prit. Aomine réédita sa question, plus sérieusement, et sortant de ma transe que je répondis simplement que je n'en savais rien.
-Il est parti plus tôt que moi de cours, et honnêtement je n'ai rien remarqué.
-Je vois...
Son regard se fit lointain. Et même j'avais un drôle de pressentiment en faisant ça, je ne pouvais m'empêcher de lui demander ce qui n'allait pas. Dès que cela concernait Kuroko... c'était plus fort que moi, il fallait que je sache.
-Quelque chose a l'air de te tracasser. Il y a eu un problème avec Kuroko ?
Il y eu comme une pause. Il joignit ses mains sous son menton, puis inclina la tête pour me regarder. Son regard semblait...me défier ? Rien d'agressif. Mais cela ressemblait clairement à un défie. Me redressant, je fus suspicieux puis l'atmosphère ce fit moins tendue. Il avoua alors :
-Oui, quelque chose me perturbe mais je préfère voir directement ça avec Tetsu, samedi quand je le verrai.
Ce fut à mon tour d'être tracassé.
-Ce n'est pas possible, ou bien tu parles d'un autre samedi.
Il arqua un sourcil, ne comprenant pas. Il reprit :
-N-non, je suis loin d'être sénile, je parle bien de ce samedi qui vient.
-Mais enfin, ce week-end je pars avec lui à Kyoto.
-D-de quoi ?!
Il se dressa d'un coup, me faisant face...
Daiki :
Mais de quoi parlait Kagami ?! Tetsu ne pouvais pas partir en week-end, puisque samedi il avait rendez-vous avec nous, les autres membres de la génération miracle. N'aimant guère cette situation, je me levais afin de faire clairement face à Kagami qui levait la tête pour me fixer. Mais vu son expression, lui aussi était totalement perdu.
Il ne fallait pas que je m'emporte, ça ne rimait à rien si lui n'avait pas été mis au courant pour le rassemblement. Je soupirai. Clairement agacé par la situation. Mais à quoi pouvait bien penser Tetsuya ?!
-Mec... Me fit soudainement Kagami. Je le fixai un moment, attendant la suite.
-Tu ne serais pas am-... Sa voix fut camouflée par la voix électronique du métro signalant l'arrivé en quais.
Quand bien-même, je pus lire sur ses lèvres... Et mon regard trompa tous mes sentiments. Et le voyant se mordre les lèvres, et baisser son regard agacé. Je compris alors... Oui, je compris que j'étais loin d'être le seul à aimer Tetsuya. Car toi aussi tu l'aimes, n'est-ce pas Kagami ?
Tetsuya :
Un taxi me ramena jusqu'à chez moi. Ayant complètement raté l'heure de mon train. Arrivé devant ma rue. Je payai le chauffeur, m'empressant alors de rejoindre Kagami qui devait attendre sous la neige devant chez moi. Vivant seul avec mes grands parents, et ces derniers partant souvent en voyage, personne ne put l'accueillir. Et ce fut à quelques mètres de chez moi que je vis mon erreur. Il n'y avait pas une personne, mais deux...qui attendaient sous le froid, devant mon portail.
-Kagami-kun...
Je fis un pas. Le regard totalement perdu.
-Aomine-kun...
Mon cœur s'emballa à tout allure, et je courus vers eux, me mettant entre eux, tout en serrant un de leurs bras. Ils restèrent silencieux, se penchant un peu sur moi.
-Tu nous invites à passer la nuit chez toi, Tetsu... ? Chuchota Aomine, en caressant mes cheveux.
-Après tout le chemin qu'on vient de faire, tu nous dois bien ça...Renchérit Kagami en m'adressant un sourire.
Je repris mes esprits, et les invitai à entrer chez moi. Nigo nous fit la fête, heureux de voir enfin du monde.
-Tu passes tes journées tout seul en ce moment mon pauvre. Je le pris dans mes bras, puis examinai mes invitais de la tête aux pieds. Je crois qu'un bain ne vous fera pas de mal. La salle de bain est à l'étage, en face des escaliers, je vais essayer de trouver des vêtements à votre taille.
-C'est vrai que vous êtes assez petits dans la famille... se moqua Aomine en retirant ses chaussures. Kagami l'observa, interloqué et ne sachant quoi faire. Je ris.
-Tu peux entrer Kagami-kun, personne ne va te manger.
-E-euh, oui !
Il semblait mal à l'aise. A l'inverse, Aomine retirait déjà ses vêtements en montant les marches. J'entrai dans la cuisine, lorsqu'une main me retint. Kagami m'adressa une moue bien penaude.
-Pardon pour l'intrusion... Murmurait-il.
Il est vrai que c'était la première fois qu'il venait chez moi. Pour Aomine, c'était différent. Il était déjà venu, et avait fait la connaissance des mes grands parents. Bien que ces venues n'étaient pas si nombreuses que ça.
-Il n'y a pas de problèmes. Mes grands-parents ne sont presque jamais là. Tu ne déranges personne. Et merci, de ta venue...C'est à moi de m'excuser, j'ai traîné en ville.
Il m'adressa un sourire plus serein. Puis fila à l'étage.
Seul dans la cuisine, je pris appuie sur l'encadré d'une main, posant ma tempe par dessus. Je sentis mes joues brûler. Mon cœur, battant toujours d'un rythme affolé et incessant. C'est dans un tel moment, que je me sentis aussi peureux que Kise, de connaître la suite des événements...
A suivre...
