Ch 3 – Faire face à la vérité

Harry se réveilla désespéré ce matin là. Pour lui, la vie avait toujours été difficile. Il s'était réjoui trop vite de sa nouvelle vie à Privet Drive avec les Dursley. Cela ne pourrait pas durer. Voldemort allait attaquer après le 4 août, il en était sûr. Cela n'était pas un rêve. Il se rappelait que l'année dernière, il s'était fait bêtement avoir par Voldemort qui lui montrait des images fausses. Mais cette fois-ci, il était sûr que c'était la vérité. Depuis qu'il avait progressé en Occlumency, il était plus à même de faire la différence entre songe et réalité.

Où pourrait-il aller ? Harry se leva, cherchant dans sa tête ce qu'il convenait de faire. Il alla prendre son petit déjeuner. Les Dursley étaient déjà là, Vernon s'apprêtait à aller au travail :

- Tu te lèves tard aujourd'hui ... grommela Vernon

- Oui je sais mais j'ai été réveillé cette nuit par du courrier.

- Tout va bien ? se hasarda à demander Pétunia sous un œil
critique de Vernon

- Oui, oui , finit-il par dire à voix basse en baillant.

Pétunia était dans le couloir pour dire au revoir à son époux qui partait travailler. Harry réfléchissait toujours, il n'avait pas d'autres choix, il devait parler à Pétunia. Il faudrait le lui dire tôt ou tard... Aussi, dès qu'elle fut revenue dans la cuisine, Harry lui demanda :

- Tante Pétunia, il faudrait que je te parle...

Devant le regard intrigué de Dudley, il ajouta :

- Seul à seul, s'il te plait.

Pétunia regarda Harry d'un air étrange. Harry avait un visage impassible, pas celui d'un enfant qui doit avouer une bêtise, mais plutôt celui d'un médecin qui allait annoncer une mauvaise nouvelle. Pétunia chancela.

- bien, très bien , dit-elle, allons dans le salon. Dudley,
restes ici, tu veux bien ?

Dudley acquiesça bien entendu, même s'il avait bien l'intention d'espionner pour savoir ce que Harry avait l'intention de dire à sa mère.

- ce que j'ai à te raconter est assez long, mais il faut
absolument que tu m'écoutes attentivement.

- Qu'est-ce que .... Commença Pétunia

Harry leva un bras pour la faire taire.

- Tout à commencer il y a de cela quinze ans lorsque Voldemort
tenta de me tuer après avoir tuer mes parents. Le sort mortel
qu'il lança sur moi n'eut pas simplement comme effet de me
donner cette horrible cicatrice, Voldemort me transmis une
partie de ses capacités et de ses pouvoirs.

Pétunia tressaillit, elle avait la bouche grande ouverte et écoutait attentivement.

- Par exemple, je suis probablement la seule personne au monde
avec Voldemort à pouvoir parler à des serpents. C'est un des
dons qu'il m'a transmis. Mais malheureusement (ou heureusement
!) pour moi, il n'a pas fait que me transmettre des dons, il
nous a lié tous les deux. C'est un peu compliqué à dire, mais
disons simplement que par moment, je peux voir à travers ses
yeux comme si j'étais lui.

Pétunia semblait complètement horrifiée par tout ce qu'elle entendait.

- Oui, comme tu peux l'imaginer, ça n'a rien de très
réjouissant. Il m'arrive souvent de le voir commettre des crimes
ou de torturer des gens qui ne font pas les choses exactement
comme il le voudrait. C'est aussi la raison pour laquelle j'ai
fait tant de cauchemars les années précédentes.

- Mais c'est horrible ..., finit enfin par prononcer Pétunia dans
un murmure

- Oui, mais heureusement, j'ai trouvé le moyen de bloquer le
lien. Maintenant, je peux dormir tranquille. Mais il m'arrive
certaines nuits de laisser le lien ouvert pour voir ce qu'il
prépare.

- Et c'est ce que tu as fais cette nuit ? Quelque chose de grave
va arriver, c'est ça ? Petunia tremblait, elle semblait
comprendre où Harry voulait en venir.

- Ne t'inquiète pas, Voldemort ne surgira pas ici comme ça.

Il entreprit alors de lui expliquer le rêve. Pétunia sanglotait désormais :

- le 4 août ! nous devons partir au plus le 4, mais pour aller
où ? gémit Pétunia, ce n'est pas la tante Marge qui pourra nous
protéger avec ses chiens...

- Ne t'inquiète pas, nous pourrons toujours aller auprès de mon
directeur. Il a proposé déjà de me prendre cet été. Donc, il n'y
aura pas de problème. Tu sais, Dumbledore est le seul que
Voldemort ait jamais craint. Nous serons protégé auprès de lui.
Toutefois, si je peux trouver un autre endroit, alors nous irons
peut-être ailleurs...

- Pourquoi ?

- Depuis cette histoire de la prophétie, j'ai réalisé que je
devais apprendre à me débrouiller par moi même... mentit Harry ,
il ne voulait pas parler de son différent avec le directeur de
Poudlard. En tout cas, ne t'inquiète pas, reprit-il et il
sourit, je n'ai pas décidé de mourir cette année et vous non
plus. Je crois par contre que pour le moment il serait sage de
ne pas parler de tout ceci à Dudley et oncle Vernon, pas encore
en tout cas...

Mais à peine Harry avait-il dit ça qu'il remarqua que Dudley se trouvait dans l'embrasure de la porte, la bouche grande ouverte. Il tremblait... Harry avait réussi finalement à calmer Dudley et il lui fit promettre de garder le secret. Pétunia était effondrée sur le canapé du salon. Elle pleurait. "C'est injuste, si seulement je pouvais défendre ma famille comme ma pauvre sœur l'a fait. Si seulement je pouvais être une sorcière..." Des larmes coulaient de plus en plus sur son visage tandis qu'elle repassait sans cesse dans sa tête ses paroles. Tout d'un coup, quelque chose d'inusité se produisit, on entendit des cris et un grand fracas. Harry et Dudley descendirent dans le salon pour voir ce qui se passait non sans crainte...

Pendant ce temps, à Grimmauld Place :

Ils étaient sous le choc. Tous se battaient pour lire et relire la lettre de Harry, vérifier si c'était bien son écriture. Mais, aucun doute n'était possible. C'était bien Harry qui avait répondu à leur courrier.

Hermione ne comprenait pas, elle cherchait une explication rationnelle à tout cela. Peut-être y avait-il un message codé ? Peut-être que l'oncle de Harry lisait le courrier et que Harry ne souhaitait pas prendre le risque de lui déplaire. Non, ça n'avait pas de sens. Des idées tourbillonnaient dans sa tête alors qu'elle regardait attentivement la lettre. Ce qui intriguait le plus Hermione, c'était la phrase sur Dumbledore :" Peut-être osera-t-il vous avouer pourquoi..."

Ron, lui, était en colère, comme beaucoup d'autres d'ailleurs. Il venait de perdre un frère et s'était attendu de la part de son meilleur ami à un peu plus de compassion. Mais, au lieu de cela, Harry écrivait qu'il ne désirait pas leur compagnie pour tout l'été !

"Il peut bien mourir, je ne veux plus en entendre parler" s'emporta Ron en remontant dans sa chambre ce qui eut pour effet de provoquer l'ire du portrait de la mère de Sirius dans le hall IMMONDE BATARD, CHIENS, BOUSE DE TROLLS, SORTEZ DE MA DEMEURE...

Après que Tonks et Lupin ait réussi à ramener le silence dans le hall d'entrée, ils revinrent dans la cuisine où étaient les parents Weasley, Fred et George, Ginny et Hermione.

- Quelque chose ne va pas avec Harry, c'est certain ! dit Me
Weasley qui commençait à sangloter. Depuis la mort de son fils,
dès qu'elle ouvrait la bouche pour dire un mot, cela finissait
toujours en pleurs.

- Vous ne pensez pas que Vous-Savez-Qui le possède à nouveau ?
dit soudain Fred d'un ton grave

- Non, dit catégoriquement Hermione. Je crois, enfin j'en suis
presque sûr, que c'est un problème entre Dumbledore et Harry.
Elle pointa la phrase en question de l'index et la relut à haute
voix pour ceux qui n'y avaient pas particulièrement prêtée
attention puissent y décerner le fond du problème.

Tous regardèrent Hermione perplexe. Décidément, rien ne lui échappait ! Mais à présent, il n'y avait qu'un seul moyen de savoir, attendre Dumbledore qui devait de toute façon arriver d'une minute à l'autre pour une réunion de l'ordre.

La réunion de l'ordre devait avoir bientôt lieu. Rogue, Fletcher, Mc Gonagall, Flitwick était déjà arrivés. Ils attendaient patiemment Dumbledore dans la cuisine en ce début d'après-midi. L'atmosphère était tendue. Il y avait plusieurs raisons à cela. Charlie Weasley était mort lors d'une mission importante pour Dumbledore : cela concernait les dragons. Il y avait eu beaucoup d'attaques de mangemorts et le ministère était débordé. Fudge ne savait pas comment s'y prendre pour débarrasser le monde de la magie de Voldemort. Bien qu'il ne pouvait nier son retour, il n'en était pas moins vrai qu'il ne pouvait nier sa rancœur envers Dumbledore. Fudge était toujours persuadé que Dumbledore voulait sa place. Il évitait donc de l'impliquer dans les affaires du ministère et de lui donner des informations sur les attaques du seigneur des ténèbres. Beaucoup de sorciers réclamaient à présent la démission de Fudge, qui lui, était persuadé que c'était Dumbledore qui manigançait pour obtenir le poste de ministre. Fudge était maintenant plus occupé à essayer de sauver son poste de ministre de la magie qu'à réellement essayer de se débarrasser une fois pour toute de Voldemort.

On entendit des bruits de pas dans le hall. Tonks accompagnée de Rémus alla voir qui était arrivé, baguette levée. C'était Dumbledore.

- Bonjour vous deux, tout le monde est arrivé ? demanda
immédiatement le directeur.

- Oui Albus, on n'attendait plus que vous, répondit Rémus

- Bien, dans ce cas, la réunion peut commencer.

Ils se dirigèrent tous les trois vers la cuisine. Me Weasley fit sortirent tous les enfants, sauf Fred et George qui étaient maintenant en âge et qui, après insistance, avait pu intégrer l'ordre du phénix. Même s'ils s'étaient souvent fait remarqués pour leurs pitreries, ils étaient en fin de compte de très bons magiciens. Ils avaient leur place dans l'ordre malgré les réticences de Me Weasley.

La réunion commença. Les dernières attaques de mangemorts étaient commentées. Puis, ils en arrivèrent aux attaques que Voldemort était sûrement en train de préparer :

- Severus, As-tu des informations intéressantes à nous
communiquer ?

Le professeur Rogue prit la parole :

- Oui et non. Tout ce que je sais, c'est qu'un gros coup se
prépare. Vous-savez-qui est d'excellente humeur en ce moment.
Malheureusement, seule Bellatrix Lestrange est au courant des
plans de Vous-savez-qui. Tout ce que je peux vous dire est qu'on
m'a demandé de chercher des ingrédients assez rares pour ce qui
semble être une potion. Mais je ne connais pas la liste de tous
les ingrédients, je ne suis même pas sûr de ce qu'elle pourrait
être.

- Des idées sur son utilité ? S'enquit Dumbledore.

- Je vous l'ai dit, personne à part Lestrange ne peut répondre à
cette question.Je me demandais, enfin je ne suis pas sûr, s'il
n'essaie pas de trouver le lieu où ont été enfermés les
mangemorts capturés au ministère afin de les libérer.

- C'est bien possible en effet, reprit Dumbledore. Il serait
étonnant que Voldemort laisse tomber autant de mangemorts aussi
importants, en particulier Lucius. Mais les Français les gardent
bien. Toutefois, j'irai leur recommander d'ouvrir l'œil.

- Quelque chose d'autre ?

Tonks s'éclaircit la voix en toussant :

- Oui Albus, c'est... (elle se tut un instant), c'est au sujet de Harry.

A ce nom, le visage du directeur se crispa. Il semblait rempli d'une profonde tristesse.

- Quelque chose ne va pas avec Harry ? demanda Dumbledore

Elle lui tendit la lettre. Dumbledore la lisait attentivement sous les regards inquisiteurs des autres membres de l'ordre. Finalement, il s'assit et reprit la parole :

- Je vois. Est-ce tout ? Il avait prononcé ces quelques mots en
soupirant

- Est-ce tout ? Mais enfin, qu'est-ce qui se passe avec Harry ?
S'emporta Me Weasley qui considérait Harry comme son propre
fils. Pourquoi ne veut-il pas venir ici ? Expliquez nous ! La
lettre nous laisse penser que vous en savez quelque chose...

- Molly, je t'en prie, calme toi. C'était Arthur Weasley qui
était visiblement choqué par les paroles de sa femme envers
Dumbledore. Tu sais bien qu'Albus a toujours fait ce qui était
le mieux pour Harry.

Dumbledore soupira une seconde fois, regarda tristement Arthur et lui dit d'une voix emplie de chagrin :

- Oh Arthur, je crains que vous ayez malheureusement tord.

Tous les membres de l'ordre le dévisageaient à présent. Mais, au moment même où Dumbledore allait reprendre la parole, Hedwige entra dans la pièce. Le courrier était adressé au directeur :

M le directeur,
Je ne suis pas en danger mais il faut que vous veniez
immédiatement me voir.
Quelque chose d' extrêmement étrange s'est produit. C'est urgent.
Je ne peux vous en dire plus par courrier.
Harry.

PS: Venez en personne, je crains que personne d'autres ne puisse m'expliquer
ce qui s'est passé. Je vous en prie, faites vite !

Albus ne comprenait pas. Cependant, il savait pertinemment une chose, c'est que Harry ne venait jamais le déranger lorsqu'il était à l'école si ce n'était pas important. Il devait donc se rendre à Privet Drive immédiatement.

- Je dois partir à l'instant.

- Qu'est-ce qui ...

Maugrey n'avait pas eu le temps de poser sa question qu'Albus était déjà parti en transplanant, laissant comme un courant d'air sur son passage. Les membres de l'ordre restèrent un long moment en silence dans la cuisine, somme s'ils avaient été stupéfiés. Ce fut Tonks qui brisa le silence :

- Quel formidable magicien ! Mais tout de même, y a des fois où il
exagère !!