Rating : K+
Pairing : Léger Yaoi
A/N : Bon, j'ai foiré ma Physique-Chimie mais j'ai eu une bonne note en Allemand donc ça s'équilibre, mouahahahah ! Bon, celui-là il est pour toi Crim, et t'inquiète pas il est beaucoup moins sombre que le dernier (x
Dark
Flottant seul au milieu de l'obscurité la plus totale, Vanitas ouvre lentement les yeux. Il ne sait pas où il se trouve, ni pourquoi il est là, mais a tout de même une certitude profondément ancrée en lui : il a dormi pendant très longtemps.
Il lui faut cependant quelques instants encore pour sentir que son réveil est tout sauf naturel et se mettre à en chercher la cause avec attention.
Il sent soudain une présence écrasante tout près de lui, une aura pourrie par les Ténèbres qu'il aurait voulu ne plus jamais sentir de toute son existence. Il se place par automatisme dans une position défensive, scrutant l'horizon avec attention. Un rire glacial envahit soudain les lieux.
« Où est-ce que tu te caches ?! Montre-toi ! ordonne alors l'adolescent.
— Ah, ah, ah. Toujours aussi impatient à ce que je vois, Vanitas. »
Les Ténèbres commencent à se condenser à environ deux mètres de lui et il en sort bientôt le vieux Maître de la Keyblade, son éternel sourire moqueur encore plus insupportable que dans ses souvenirs.
« Qu'est-ce que tu veux ?! crache Vanitas avec agressivité.
— Ce que je veux ? Mais je veux juste aider mon meilleur élève à s'échapper de cet horrible endroit, rien de plus. répond Xehanort d'un ton mielleux.
— Ben voyons. Et je peux savoir ce que j'aurai à donner en échange ?
— Oh, trois fois rien rassure-toi. Ta contribution à mon grand retour parmi les Mondes sera amplement suffisante. »
Vanitas fronce aussitôt les sourcils. Il sait de quoi le vieux fou parle pour l'avoir entendu l'évoquer avec l'autre borgne peu avant que Xehanort ne s'empare du corps de Terra, et même si la perspective de pouvoir sortir d'ici est plus qu'alléchante, il refuse d'aider son ancien Maître de quelque manière que ce soit. En particulier si cela impliquait de le laisser manipuler son corps à sa guise.
« Merci bien, mais c'est hors de question. Je préfère encore rester moisir ici. »
Xehanort rit à nouveau, avec amusement cette fois-ci, et contemple l'adolescent comme l'on regarderait un enfant qui vient de dire une adorable idiotie.
« Mais je ne prévoyais absolument pas de te laisser le choix. Vois-tu, il ne manque plus qu'un réceptacle pour parfaire mon plan, et je ne compte pas laisser s'échapper un candidat aussi idéal. »
Avant que Vanitas ait pu rétorquer quoi que ce soit, l'adulte se matérialise subitement devant lui et le saisit à la gorge, le regard dément.
Les Ténèbres émanant de Xehanort commencent alors à l'envelopper, s'insinuant vicieusement dans son esprit. Un sommeil aussi peu naturel que le précédent le gagne petit à petit, annihilant ses dernières défenses.
Non.
Il ne veut pas finir comme ça, le pantin d'un vieux fou qu'il hait de toutes ses forces, il ne veut pas d'une fin d'existence aussi pitoyable, il ne veut pas...
« Qu'est-ce que ?! »
Xehanort se recule abruptement, fuyant la Lumière aveuglante qui vient de se matérialiser entre lui et Vanitas. Ce dernier ferme les yeux, momentanément ébloui.
Lorsqu'il les rouvre, une boule lumineuse de la taille d'un poing flotte à moins d'un mètre de lui, semblant mettre au défi le vieux Maître d'essayer de s'en prendre au brun.
Après plusieurs autres tentatives infructueuses de sa part pour se rapprocher à nouveau, Xehanort émet un reniflement dédaigneux, avant d'ouvrir un couloir obscur et de déclarer :
« Tu ne t'en sortiras pas aussi facilement la prochaine fois, sois-en certain. »
L'instant d'après, il avait disparu.
Une fois sûr que son ancien Maître ne reviendra pas pour le moment, Vanitas focalise son attention sur son ''sauveur'', une ombre de sourire sarcastique sur le visage.
« Il faut toujours que tu joues au grand héros au cœur pur hein, Ventus ?
— Je n'en avais pas l'intention. »
La voix résonne à l'intérieur de son esprit, aussi limpide que de l'eau de source.
« Ben voyons. Tu as toujours agi comme ça depuis qu'on a été séparés. Enfin, c'est la ''bonne influence'' des trois autres rigolos je suppose.
— Ne parle pas d'eux comme ça, tu ne les connais même pas.
— C'est pourtant pour eux que tu n'as pas hésité à détruire la moitié de ce que tu es. »
Oh, comme il aurait voulu être capable de mettre de la rancœur dans sa voix, et non d'énoncer ça avec autant de calme. Il déteste Ventus, car tout est de sa faute, n'est-ce pas ?
« Pour ça... J'aurai vraiment voulu que les choses se passent autrement.
— De bien belles paroles. se moque Vanitas.
— Tu sais que je suis sincère. »
Oh oui il le sait putain, d'autant plus qu'il sent la culpabilité qui ronge le cœur dénué de Ténèbres de l'Autre.
« Et alors quoi, c'est le moment où on est sensés se jeter dans les bras l'un de l'autre comme deux imbéciles heureux en se disant à quel point on s'aime ? Très peu pour moi. »
Ventus rit doucement.
« Non, mais je peux peut-être faire quelque chose pour toi. »
La boule lumineuse vient se stationner au niveau de son visage et, instinctivement, Vanitas tend la main. Lorsque ses doigts entrent en contact avec la Lumière, le brun a l'espace d'un instant l'impression qu'une main douce s'est emparée de la sienne pour l'entraîner loin d'ici.
Il ne se rappelle pas avoir fermé les yeux, mais lorsqu'il les ouvre à nouveau, il ne se trouve plus dans sa ''prison'' mais sur une plage plongée dans la pénombre, seulement éclairée par ce qui ressemble vaguement à une lune.
« Le Domaine des Ténèbres. » pense-t-il aussitôt.
Un sourire apparaît lentement sur son visage. Il n'aurait absolument aucun mal à sortir d'ici, ce n'était qu'une simple question de temps, et ensuite, ensuite...
Vanitas réalise soudain que ''Ventus'' a disparu, même s'il sent toujours sa présence dans un petit coin de son cœur.
Il porte la main à sa poitrine.
Ensuite... Ensuite il partirait à la recherche de l'Autre, puisque celui-ci avait tant l'air de vouloir s'excuser.
Vanitas commence alors à marcher tranquillement et, tout en quittant la plage, pense de toutes ses forces :
« Je ne sais même pas si tu peux m'entendre, crétin mais... Merci. »
Loin, très loin au cœur de l'énigmatique Manoir Oblivion, un sourire éclatant illumine un long moment le visage endormi d'un être qui attend patiemment.
