Titre: Les rayures du tigre
Disclaimer: Les personnages appartiennent à J. Davis
Note de l'auteure: MERCI À TOUTES! Vraiment, les filles merci, pour vos review, pour vos demandes express de suite que voici. Bon elle fait 10 pages world mais je n'ai pas vraiment conscience de ce que ça vaut sur ce site. Donc dîtes-moi, est-ce assez long? Trop? Pas assez? En tout cas, ce chapitre est celui des retrouvailles, donc c'est son titre! Oui, ok aucune originalité... Enfin bon voilà! Bonne lecture les chouchous, on se retrouve en bas!
La meute s'était réunie au lycée, trois-quarts d'heure avant le début des examens. Leur présence n'était requise que quinze minutes avant d'entrer en classe, mais les jeunes gens avaient décidé de tendre une embuscade au disparu. Ils patientèrent quelques dizaines de minutes dans un silence profond, chacun se faisant des idées sur le nouveau Stiles. A force du temps s'écoulant, la tension grandissait dans le groupe. Ils voyaient les lycéens arriver à tour de rôle, se regrouper, se séparer, avancer vers les portes de l'établissement. Pas de Stiles. Personne ne s'attendait à voir arriver de Jeep bleue. Et ils avaient bien raison. Une demi-heure de silence et d'attente tendue plus tard, Danny consulta sa montre. Il ouvrit enfin la bouche, brisant la dureté du moment :
« -Peut-être qu'il ne viendra pas…
-Cette tapette en serait parfaitement capable, s'exclama Jackson, amer. S'enfuir comme ça après s'être fait baiser par l'alpha-en-chef, quelle lâcheté.
-Arrête Jack, réplica Isaac, ces derniers mois ne t'ont pas suffit ?!
-Laisse tomber 'saac, ce crétin n'a aucune mémoire !
-Qui tu traites de crétin McCall ?! »
Le ton commençait à monter entre les deux loups. Erica se glissa entre eux, se collant au torse de Jackson.
« Tout doux mon lapin, et si on allait réussir notre année plutôt ? »
Jackson grogna lourdement au surnom, jetant un regard noir au tout jeune alpha.
« T'as raison la blonde, viendra, viendra pas, Jack-Jack verra bien sur place il est dans la même salle que lui ! » dit Lydia en riant amèrement.
Stiles Stilinski lui avait beaucoup manqué. Elle n'avait jamais montré combien elle appréciait le jeune homme pour son intelligence émotionnelle. Il savait toujours comment utiliser les points forts de chacun pour qu'ils forment un tout cohérent et redoutablement efficace. Oh bien sûr, elle aussi était monstrueusement douée dans toutes les matières, elle visait les plus grandes universités, sachant pertinemment qu'on se battrait pour elle. Mais le regard brun intelligent, plein d'amour et de respect lui avait manqué. La rousse pulpeuse priait de toutes ses forces pour revoir à nouveau le brun, et ne plus être la seule à devoir gérer intelligemment cinq loups immatures.
Le groupe s'approcha du lycée et entra dans le bâtiment, sans voir le 4x4 noir qui se garait tranquillement au bout du parking.
Derek s'approcha encore du disparu, visiblement de retour. Il avait affreusement changé, physiquement, mentalement, même sa voix, son odeur, sa taille, sa corpulence… Tout avait changé, jusqu'au regard sombre qui se porta à nouveau sur le loup aux yeux rouges.
Derek avait la bouche entre ouverte, ses paupières exorbitées. Stiles Stilinski se tenait à ses côtés, le regardant platement. Son loup intérieur rageait, griffait les barreaux de la cage que Derek s'était imaginé pour le maintenir sous contrôle. Il rêvait de sortir, de fourrer son museau dans le cou gracile, de lécher la peau de son torse, ronronnant contre les battements rapides du cœur sous ses crocs. Derek le maintenait comme il pouvait mais Stiles se tourna face à lui, et une brise légère lui apporta l'odeur du jeune homme. Et son loup brisa ses chaînes.
Jackson contemplait la porte de sa salle de cours. Tout le monde était arrivé et il restait deux minutes avant le début officiel de l'épreuve. Une seule chaise était vacante, celle de celui que toute sa meute attendait. Alors Jackson fixait la porte, sachant pertinemment que cet idiot d'intellectuel bavard arrivait systématiquement en retard. Une minute. Il tendit l'oreille. Un bruit de pas léger feutré, bien loin de la marche maladroite de Stiles. Pourtant, une silhouette passa la porte. Légèrement plus petit que lui, mais plus grand que ce dont il se souvenait du fils du shérif, des chaussures en semelle de crêpes, un jean foncé droit qui moulait des cuisses musclées, hanches larges qui s'évasaient sur un torse puissant moulé dans un T-shirt noir. Sur ses épaules carrées, une veste de cuir cachait un sweat shirt bleu marine. Une bouche pleine, un nez revanchard, une chevelure striée, brun à la racine et blonde aux pointes. Et plus que tout, deux yeux sombres auréolés de fines cicatrices en arc de cercle.
Stiles Stilinski s'assit à sa place, surprenant toute la classe. Les filles se mirent à chuchoter entre elles, vantant sans discrétion aucune le charisme du nouvel arrivant. Jackson quant à lui s'était remis de son choc et envoyait un message à la meute. Stiles, qui regardait autour de lui, ancra son regard dans le sien. Avisant son portable, le balafré fit un clin d'œil au co-capitaine de l'équipe de cross avant de se plonger dans la copie qui venait de lui être distribuée.
Dans les autres classes du couloir, sept adolescents consultaient leur portable avec soulagement.
'Le crétin est de retour !'
Stiles évita facilement le loup-garou qui se ruait vers lui. Il se décala sur le côté, abattit sa main sur le crâne de l'alpha, pas réellement pour le blesser, juste pour le taquiner. Il se maudit d'apprécier la caresse de ces cheveux sombres sur sa peau. Derek se retourna vers lui, ses yeux avaient virés au rouge profond, et un grognement sorti de ses lèvres. Stiles eut un frisson de plaisir, qu'il tenta tant bien que mal de cacher sous un sourire goguenard.
« Alors Grand Méchant Loup, on se laisse avoir par le gamin faible et pathétique ? »
Cette voix plus rauque que neuf mois auparavant fit réagir le loup, qui essaya à nouveau de sauter sur le jeune homme. Une fois de plus, Stiles l'évita, mais de moins près et son corps frôla le sien. Des milliers de brises semblaient s'engouffrer sous la veste de l'humain, et autant de frissons le parcoururent. D'un geste réflexe, il lança sa main vers la nuque offerte. Le loup-garou fit quelques pas, puis s'arrêta, portant la main à son cou. Alors qu'il regardait ses doigts couverts de son propre sang, son loup reflua à toute vitesse, bénissant son humain de tenter à tout prix de le garder enfermer. Ses yeux bleu-vert se portèrent sur le jeune homme derrière lui.
Stiles léchait le sang sur ses ongles aiguisés. Il adorait vraiment les associations d'idées, plus loufoques les unes que les autres qu'avaient Dan et lui. Derek le regarda faire, sentant une partie bien précise et bien inappropriée de son anatomie réagir assez durement. Sa voix trembla alors qu'il osait demander :
« Qu'es-tu devenu Stiles ? Qu'est-ce que tu es ?
-Oh, répondit-il en baissant les yeux. Je ne pensais pas que neuf fois te suffiraient à oublier. J'avais visiblement tord…
Sa voix se voila. Son cœur s'accéléra, il ne pensait pas que cette indifférence lui ferait si mal. Mais son esprit contra ses sentiments et il se reprit, relevant son regard noir pour le plonger dans l'océan des yeux de Derek.
« Mais je suis un tigre, Méchant Loup, et j'ai des griffes ! »
Un sourire mesquin s'étala sur ses lèvres. Il laissa tomber sa main contre son corps, regardant Derek se redresser et lui faire face. Enfin ! Ce qu'il attendait depuis près de six mois arrivait. L'ancien lui aurait préparé tout un discours, et l'aurait balancé de travers avec plus de mots, en finissant ses phrases dans un gargouillis incompréhensible. Mais ce Stiles ci n'existait plus. Celui qui se tenait à présent debout devant Derek n'avait rien préparé, il s'était simplement baladé dans la forêt, et ses pas l'avaient mené ici. Là où tout avait changé.
Il avait longtemps contemplé la bâtisse claire, se souvenant de ses derniers moments en ces murs. Certains étaient presque heureux, d'autres douloureux, tous inoubliables. Il avait patienté, ne sachant pas vraiment ce qu'il faisait là. La maison semblait abandonnée depuis plusieurs mois, des plantes grimpantes cachaient les marches du perron, et s'enroulaient autour de la poignée comme si l'entrée était gardée. Cette image le fit sourire, puis il avait entendu des pas sur des branches mortes. Et Derek était apparu.
L'alpha s'approcha prudemment du jeune homme qui le fixait toujours. Il se permit de le détailler un peu plus. Et ce qu'il vit lui plut. Ses épaules plus épaisses, son torse plus développé faisait paraître ses hanches encore plus étroites. Stiles Stilinski était devenu foutrement canon ! Son loup apprécia aussi puisqu'il poussa un léger râle du fond de sa cage. Sans s'en rendre vraiment compte, le loup-garou s'était trop approché du jeune homme, et ils se tenaient trop près l'un de l'autre. Le souffle de Stiles caressa ses lèvres, et les yeux du jeune homme s'assombrirent encore.
Stiles ne pouvait plus bouger. Il aurait dû écouter Dan. Le jeune chasseur l'avait prévenu que ce n'était pas une bonne idée de retrouver son ancien amant aussi tôt, il n'était pas prêt. Mais Stiles n'en avait fait qu'à sa tête. Et il se retrouvait maintenant beaucoup trop proche de l'alpha. Le souffle de Derek, qui était toujours légèrement plus grand que lui, chatouillait ses paupières. S'il écoutait son instinct, l'apprenti chasseur enroulerait ses bras autour du cou de l'alpha, poserait fougueusement ses lèvres sur la bouche ouverte et laisserait sa libido parler pour lui. Mais ses résolutions l'en empêchait, alors il se battait contre son corps, tentant plus que tout de rester immobile. Il ne voulait pas faire d'impair, ne pas replonger. Pas tout de suite en tous cas, car il se doutait que ce lien étrange contre lequel il s'était battu ces onze derniers mois aurait le dessus sur sa raison.
Derek décida que onze mois étaient suffisamment longs sans l'humain. Ses yeux virèrent au rouge et son loup éventra les barreaux de sa cage. Alors, aucun des deux vis-à-vis ne put rien faire d'autre que se laisser emporter par le flot de leurs instincts.
« Ceux qui ont terminé peuvent partir, bien qu'il serait préférable qu'ils relisent leurs copies. Si vous avez déjà terminé les jeunes c'est que vous êtes vraiment des génies mais comme je sais qu'aucun de vous n'en est un… »
M. Harris ne finit pas sa phrase, Stiles s'était levé, et s'approchait de lui. Le professeur sourit. Sa tête de turc préférée lui avait manqué. Il avait remarqué que le jeune homme avait changé, mais n'y avait pas prêté plus d'attention que cela. Alors que le petit prodige marchait vers sa table, il reprit sa vindicte.
« M. Stilinski, êtes-vous sûr de vous ? Votre imbécilité chronique n'a pas disparu avec vous malheureu… »
Un fois de plus, le chimiste se tut. Stiles avait déposé sa copie, et le professeur avait enfin levé les yeux, et regardait son ancien élève. Ses balafres l'avaient fait taire. Mais plus que tout, ce regard noir et ce sourire moqueur.
« J'ai déjà relu ma copie M. Harris. » murmura-t-il.
Le chimiste resta la bouche entre ouverte à l'ouïe de cette voix rocailleuse. Stiles tourna les talons, laissant ici la salle de classe choquée par ce jeune homme, le seul qui n'ait jamais réussi à faire taire l'insupportable professeur.
Jackson avait suivi la scène avec attention, exacerbant ses sens avec ceux de son loup. Stiles n'avait pas la même odeur, bien qu'elle soit reconnaissable, quelque chose avait changé. Une odeur ne change jamais, lui avait un jour expliqué le Dr Deaton, elle peut varier légèrement mais l'odeur d'un corps est son essence la plus pure, elle correspond à la personne même. Lorsqu'il avait été transformé en kanima, puis en loup, les odeurs s'étaient succédées sous son odorat surdéveloppé, alors il avait posé la question. Bien que son odeur ait légèrement variée, la base restait la même et le changement était si ténu que personne d'autre que lui ne s'en était rendu compte.
Stiles avait donc changé à un point tel que son odeur en était presque méconnaissable. Qu'était-il devenu ?!
« Et bien M. Whittemore, votre ami vous a-t-il à ce point manqué que vous ne puissiez lâchez des yeux la porte par laquelle il est sorti ? Comme c'est touchant. »
La classe pouffa doucement tandis que le jeune loup grognait. Ils auraient de nouvelles épreuves cet après-midi, et il pourrait coincer ce crétin imbécile et lui faire payer cet affront dont il était responsable. Comme le reste de la classe, il se pencha sur son examen.
Stiles traversa le couloir tranquillement, se rendant sur le parking. Il vit d'abord des cheveux roux, puis une forme assise sur les marches de l'entrée. Il chercha du regard un nouvel endroit où passer pour l'éviter, mais il dut se résoudre. Quand bien même ses nouvelles capacités, il ne pouvait pas encore se téléporter. Il se résigna, et choisit l'indifférence. Il passa près de Lydia sans la regarder. Une main agrippa son mollet, et il se maudit. Soupirant, il s'arrêta et tourna son regard la jeune femme qu'il avait tant aimé, pendant tant d'années.
« Lâche-moi, dit-il de sa voix rauque. »
Lydia en sursauta, lâchant sa prise par réflexe. Stiles lui sourit, mesquin. Son cœur ne manqua pas un battement. Il avait cessé d'aimer.
« Gentille fille. »
Il s'éloigna un peu, mais fut retenu par une main et un cri.
« Stiles ! »
Il soupira mais décida d'en finir vite, il savait qu'il y serait confronté tôt ou tard, mais si peu de temps après sa rencontre avec l'alpha, il aurait préféré être mieux préparé. Il se tourna vers la jeune femme, qui trébucha de surprise.
« Lydia ?
-… »
Stiles soupira encore, et se retourna pour partir, mais avant qu'il ne fasse plus de pas, Lydia lui parla :
« Attends Stiles ! Attends !
-Quoi ? dit-il sans se retourner.
-Je euh… Comment tu vas ? »
La question était si incongrue, si éloignée de tout ce qu'elle aurait pu dire, que Stiles ne put s'empêcher d'exploser de rire. Un rire si rocailleux que Lydia recula de peur.
« Ah ! Alors ça ! Si on m'avait dit un jour, que je vivrai assez pour entendre Lydia Martin me demander simplement comment je vais après neuf mois de disparition ! Ahahah ! »
Stiles finit par remarquer le mouvement de recul de la jeune femme. Son rire redoubla.
« Et qu'elle aurait peur de moi ! Ah quelle folie ! »
Quelques larmes coulèrent de ses yeux, et Lydia remarqua combien il avait changé, la nouvelle cicatrice qui barrait l'autre côté de son visage. Son rire se calma. Il essuya ses pleurs, et se racla la gorge.
« Bon c'est pas tout mais tu voulais quelque chose ?
-Et bien oui, en fait euh…
-Bon abrège là j'ai autre chose à foutre que t'écouter hésiter.
Lydia rougit furieusement. Ce gamin osait… Elle redressa ses épaules et hautaine, réplica :
-On a besoin de toi.
Cette affirmation étonna le jeune chasseur.
-En quoi ma faible et pathétique petite personne peut-elle venir en aide à ta redoutable meute de loup-garous adoré?
-On verra ça plus tard. En tous cas tu nous le dois bien ! »
Le jeune homme était choqué par cette phrase. Il sentit une colère sourde monter en lui, mais il savait qu'il devait se calmer. Faire un esclandre dans un endroit public, même désert était fortement déconseillé dans sa condition. Il ouvrit la bouche pour répliquer, mais une voiture noire débarqua sur le parking où ils étaient. La voiture de sport s'arrêta devant eux, et la vitre passager se bassa. Une voix sortit de l'habitacle tandis que Stiles tournait la tête en soupirant de soulagement.
« -Gamin ?
Lydia se bassa, et aperçut un homme, la trentaine assit place conducteur.
-Mais c'est la petite Lydia. Tu m'avais prévenu qu'elle était douée mais je ne pensais pas que ce serait au point de finir ses examens en même temps que toi !
Lydia se redressa et regarda Stiles en haussant un sourcil. Ce dernier lui rendit un regard placide tout en répliquant :
-Tu veux quoi Dan ?
-On a du nouveau sur… Euh sur tu sais quoi de mystique et de mystérieux.
-Et… ?
-Et comme je suis un crétin incapable et immature, j'ai besoin de ton tendre petit cul pour réfléchir !
-Parce que mon cul t'aide à réfléchir peut-être ? Depuis quand ?
Lydia observait l'échange, silencieuse et abasourdie.
-J'avoue, qu'il me fait plutôt arrêter toute réflexion. Surtout quand tu…
-Dan ! »
Stiles avait furieusement rougi en lançant de petits coups d'œil à son ancien amour. Cette dernière commençait à glousser. À nouveau, elle se moquait de lui, après tous ses changements elle le trouvait toujours aussi pathétique. Ses souvenir lui revinrent en mémoire, tout ce qu'il avait tenté d'oublier se rappelait à lui avec la force d'une balle. Il regarda Lydia de ce regard si sombre, si noir. Elle cessa de sourire. Stiles s'approcha d'elle et elle recula précipitamment. Tirant la poignée vers lui, Stiles poussa la jeune fille de la main et monta dans la voiture. La sportive démarra, et Dan fit vrombir le moteur. La petite rousse lui plaisait bien. Il se pencha vers Stiles, regardant la lycéenne à travers la fenêtre ouverte et lui fit un clin d'œil. Stiles lui tapa sur la tête en levant les yeux au ciel alors qu'il s'engageait sur la sortie du parking.
Lydia était choquée. Une voix la fit sursauter.
« C'était quoi ça exactement ? dit Danny dans son dos.
Lydia se tourna vers lui, les yeux toujours écarquillés. Danny et Jackson l'avaient rejointe sur le parking. La jeune rousse se blotti contre son ami, baissant les yeux. Son ex-petit-ami la regardait avec insistance.
-Stiles est parti en voiture avec un autre mec. Dan si j'ai bien entendu. Je crois qu'ils sont ensemble –Lydia ne put s'empêcher de taquiner Jackson- dommage pour toi Tiloup, tu pourras pas l'enfiler celui-là, il est déjà pris !
Jackson grogna en détournant les yeux. Il s'arrêta en avisant quelque chose sur le T-shirt de la lycéenne.
-Tu lui as dit quoi ? demanda Danny, gardant son amie dans ses bras.
-Qu'on avait besoin de lui, dit-elle en le regardant, et qu'il nous devait bien ça.
Danny soupira. Il n'appréciait pas particulièrement l'ancien disparu, mais il répugnait la façon dont les autres membres s'étaient comportés avec lui.
-Mouais, je ne pense pas que ce soit vraiment la bonne technique.
Lydia haussa les épaules.
-C'est quoi ça ? demanda soudainement Jackson.
-Quoi ?
-Ca. »
Il s'approcha de Lydia, tirant légèrement en bas de son t-shirt. Elle poussa un cri d'horreur et écarquilla les yeux.
« -Mon t-shirt !
-Comment il a fait ça ?! demanda Danny.
Lydia détourna les yeux de son vêtement, réfléchissant à toute vitesse. Elle blanchit.
«- Il m'a juste repoussé de la main… »
Les trois membres se regardèrent, puis baissèrent les yeux sur le T-shirt abîmé.
« Eh bien, lança Danny, il a de sacrés griffes le tigre ! »
Sous leurs regards, quatre petites déchirures transperçaient le vêtement de Lydia.
Il était au sol, une pierre lui rentrait dans les reins. Il ne savait pas comment il s'était retrouvé allongé, ni pourquoi il ne se relevait. Tout ce qu'il savait était qu'il aimait que Derek le plaque contre la terre dure, il aimait l'avoir entre ses cuisses. Une langue parcourait la cicatrice de son épaule, un souffle caressait son omoplate et des mains couraient ses flancs. Ses propres mains n'étaient pas en reste, elles parcouraient son large dos sous sa veste. Ses griffes déchirèrent le tissu, et entrèrent enfin en contact avec la peau brûlante de l'alpha. Une décharge les parcourut alors que chacun touchait la peau de l'autre. Derek cessa ses coups de langues, et se redressant, plongea son regard rouge dans le noir de son amant. Les quatre mains continuaient leur manège, imaginant des arabesques flamboyantes sur la peau. Stiles déplaça ses mains, les glissant sur les hanches du loup, suivant le contour du V proéminents de ses abdominaux. Derek frissonna, et ses griffes remontèrent le long du torse du jeune homme, coinçant un téton entre ses doigts. Le garçon gémit, ferma les yeux, mordit sa lèvre inférieure. Ses mains continuaient leur chemin, caressant la peau tendre d'un ventre, grattant la ceinture de cuir gênante. Ce fut au tour du loup de grogner, contre l'oreille du jeune homme. Chacun sentait le souffle de l'autre contre sa peau, brûlant.
Stiles défit enfin la ceinture de Derek, s'insinuant dans le jean du plus âgé. Ce dernier retint sa respiration. Il sentait le désir du jeune homme rouler sur sa peau comme une caresse, se glisser sur sa langue sucré comme une friandise interdite. Le retrouvé touchait enfin le sexe de son amant, à travers son boxer. Ses mains glissèrent le long des côtes du jeune, griffant légèrement la peau. Le sang coula. Sous ses griffes, de petites boursouflures synonymes de cicatrices. Mais le loup s'en foutait. Le loup en voulait plus, encore et toujours plus. Et le tigre semblait d'accord. Le canin passa à son tour la barrière de la ceinture, le félin passa celle du sous-vêtement. Le canin lécha un lobe, le félin mordilla un coin de mâchoire. Le canin grogna, le félin le retourna.
Stiles, les doigts autour de la virilité de Derek, était à présent à califourchon sur le loup. Il le dominait, serrait ses hanches de ses cuisses. Et il le masturba. Derek n'était pas en reste. Les yeux toujours rouges, il imprima un mouvement de va et viens rapide et étroit sur le membre du jeune homme. Ils se frottaient l'un contre l'autre, les yeux dans les yeux. Derek senti son loup, pour la première fois depuis longtemps, en harmonie avec lui. Ils voulaient la même chose. Ils étaient en accord l'un avec l'autre. Ils gémirent de concert.
Stiles senti les griffures sur ses flancs saigner, il sentit le liquide carmin couler, dégouliner le long de ses hanches et se mêler aux griffes de l'alpha. Il quitta un instant le regard de son amant et observa les quatre mains, les sexes pulser l'un contre l'autre, et le sang se mêler à leur danse. Leurs griffes se mélangèrent, ils entrecroisèrent leurs doigts et de leurs mains jointes, rejoignirent les deux chibres lourds et durs. Ils se mouvaient d'un même rythme, le sang battant à la même fréquence sur le sexe de l'autre.
De sa position dominante, Stiles se sentit venir et sous ses doigts, il sentit que Derek allait jouir aussi. Alors, d'un effort ultime pendant son orgasme torrentiel, il se pencha. Collant leurs deux torses, écrasant mains et virilité entre leurs corps enlacés, il cella leurs lèvres, étouffa leur hurlements de plaisir.
L'un comme l'autre garda les yeux entre ouverts. Les yeux noirs brunirent, le rouge s'effaça. La Terre rejoignit l'Océan. Marron contre bleu-vert. Canin contre félin.
Leur baiser se termina comme un combat. Les langues se battaient pour la domination. Les griffes quittèrent les sexes pour se mêler aux cheveux, les salissant de sperme et de sang. L'air commença à manquer. Stiles se releva enfin, marquant la lèvre inférieure de Derek d'une morsure. Il contempla le loup sous lui. Les joues légèrement rougies sous sa barbe, les yeux bleus voilés de plaisir. Et le sang perlant sur sa lèvre. Leurs pénis lourd l'un contre l'autre tremblaient.
Stiles se maudit. Il avait failli à ses résolutions. Il mordit sa lèvre à son tour, si fort qu'il la perça à son tour.
Derek vit les yeux de son amant se voiler, une ombre de tristesse passa dans le regard sombre. Alors que le jeune se redressait, les mains du loup, dépourvues de griffes, glissèrent le long de ses flancs, se posèrent sur ses cuisses. Stiles frissonna, puis détourna les yeux. Il ne devait pas être ici. Mais son corps n'écoutait pas ses résolutions, ses instincts le poussait à se recoller contre le brun. À déchirer encore plus son t-shirt, jusqu'à exposer la peau nue. À lécher, mordiller, chaque recoin de son corps, chaque parcelle de sa peau. Il voulait plonger ses yeux dans les siens, tandis que Derek plongeait en lui.
Il se fit peur. Son cerveau d'hyperactif prit le dessus sur son corps, sur ses instincts. Il se reprit. Il se leva à toute vitesse.
Derek ne bougea pas. Il avait vu le combat dans les yeux de son amant. Ce combat que lui-même livrait à l'intérieur de son propre esprit. Il devait remettre le loup en cage.
Stiles se rhabilla rapidement, cachant de son t-shirt déchiré les fruits de son forfait. Il jeta un regard à l'homme à ses pieds. Derek s'était rhabillé à toute vitesse, et se relevait sur les coudes. Le loup leva la tête vers lui, et à nouveau la Terre affronta l'Océan. Mais le brun s'effaça, laissant la place au noir profond. Et Stiles se mit à courir.
Stiles se battait dans le hangar. Il avait passé les heures, les jours précédents au même endroit. Il se battait, se musclait encore encore et encore. Il était sorti de l'hôpital trois mois plus tôt. Et depuis, il n'avait jamais cessé de se battre. Il dormait peu, ne pensait pas du tout.
« Gamin, arrête. »
Il n'écouta pas. Il continua de frapper son sac, comme on le lui avait montré. Son corps changeait, sa façon de se battre, de se défendre était plus fluide, plus contrôlée. Au contraire de Dan, Harry et Jamie, il venait de s'inscrire dans un club de sport de combat mixte, d'art martial et de musculation. Les trois frères l'avaient accueilli dans leur foyer, Dan l'avait aidé avec ses cauchemars, l'avaient fait manger, parler. Harry lui avait appris à se battre, et lui avait enseigné ce qu'il savait sur les monstres qui peuplaient le monde. Jamie s'occupait des armes. Fan inconditionnel du Seigneur Des Anneaux, il connaissait le maniement de toutes les épées communes, et était passionné des armes moyenâgeuses, qui, comme il le disait lui-même : « font de gros trous et de gros bobos aux gros méchants pas beaux. »
Sachant que Jamie était le plus grand et le plus lourd des trois frères. Environ 1m90, les cheveux châtain clair et des yeux bleus si foncés qu'ils paraissent violet. La taille de ses biceps correspondait à quelque chose près à la circonférence des cuisses d'un footballer. Mais il adorait faire croire à l'ennemi qu'il n'était qu'un tas de muscles complètement neuneu. Alors qu'il possédait un esprit de stratège très militaire.
« Gen', s'il te plaît… »
Stiles cogna et cogna encore contre le sac. Il ne voulait pas écouter, ne pas entendre Harry qui lui parlait. La voix de la raison, comme l'appelaient ses frères. Lui était blond, grand et très sec. Du haut de son mètre soixante-treize, Stiles faisait une petite tête de moins que lui. Il savait le raisonner, refaire fonctionner ses neurones qu'il endormait volontairement en frappant toujours plus fort. Lorsque son poing rencontra le sac une fois encore, une résistance le fit grincer des dents. Harry se tenait contre le sac. Stiles soupira, et arrêta le vain combat contre l'objet inanimé.
« Bien. Allez Gen', je t'emmène. »
Stiles s'était détourné du sac, et de son ami pour retirer ses gants et les bandages qui entouraient ses poings. Tâchés de sang, il les lança dans une poubelle qui traînait avant de s'asseoir sur un banc.
Le hangar était grand comme un stade –de football-, plusieurs rangées de sacs pendaient du haut plafond au-dessus de plusieurs tatamis. Dans un coin, une petite pièce avait été créée, les murs de placoplâtre n'atteignaient pas le plafond et renfermaient leur arsenal. Stiles ne contribuait que peu encore à remplir l'espace vide de la petite pièce. Espace vide particulièrement réduit d'ailleurs. Assis sur un banc face à la porte ouverte, à droite de l'arsenal, Stiles regardait ses doigts dépourvus d'ongles. Depuis que cette alpha foldingue lui avait arraché chaque ongle de chaque doigt, aucun n'avait repoussé. Chaque fois qu'il se battait, le sang coulait de ses extrémités sans protection, et il avait mal.
Dan et lui avaient alors eut une idée, une de ses idées qui faisaient briller leurs yeux, rendant au regard de Stiles sa candeur d'antan. Dan voulait lui refaire des ongles en fer, ce qui avait beaucoup plus à Jamie qui avait ajouté : « Oh oui ! Des ongles tout durs tout brillants qui brillent ! ». Alors Stiles s'était souvenu de la fourche, et de son premier combat contre un alpha. Et il avait proposé quelque chose.
Le jeune homme regarda son mentor spirituel :
« Jamie a terminé ?
-Oui, Tigrou, tes griffes en argent sont fins prêtes à orner tes jolis doigts. »
Bon, voilà voilà... Il y a beaucoup moins de suspens dans ce chapitre, et j'avoue, j'ai eu beaucoup de mal à le construire et je crois que cela se voit un peu... Donc désolée... Voilà un petit indice des neuf mois de cavale de notre chère Tigre.
Je vous donne aussi un petit indice sur ma devinette du dernier chapitre. Vous savez maintenant que Jackson est célibataire, homosexuel (et il ne peut pas enfiler Stiles, le pauvre... ^^) et que son surnom est 'lapin'. À votre avis, c'est lui qui porte les oreilles rose? Mais avec qui? ;)
Bien à vous, D.O.T.M.
