Roswell : épisode 4.

Le jour de l'indépendance.

(Home sweet home)

Liz s'était isolée dans son ancienne maison, sur son ancien balcon. Elle avait l'habitude de s'y réfugier avant. Mais depuis la mort de ses parents, tout avait changé. Elle retrouvait dès qu'elle pouvait le calme de sa demeure. Pourquoi n'habiterait-elle plus dans la maison qui légalement lui appartenait toujours. Le crashdown avait été racheté mais les habitations étaient toujours à Liz. Perdue dans ses pensées, elle regardait le ciel noir parsemé de mille et une étoiles. Son esprit vagabonda alors vers Max Evans. D'où venait-il ? Combien de temps tiendrait-elle encore avant de se jeter sur lui ? Elle saisit son journal et commença à écrire.

« Liz Parker, 2 novembre.

Ma vie sera-t-elle à nouveau normale ? Depuis que Max Evans m'a sauvé, plus rien n'est normal. Je ne m'en plains pas mais je me demande s'il a bien fait. J'aurais rejoint mes parents et je n'aurais pas souffert de l'entendre me dire : ' soyons amis'. Je raconte n'importe quoi ! Ma vie n'est pas parfaite et je ne suis pas toujours bien, mais Max est là !

-Liz, lança une voix.

-Max ? appela la jeune fille, intriguée.

Elle se leva de sa chaise pliante où elle s'était assise pour écrire et regarda par dessus son balcon. Au dessous d'elle, elle aperçu Max. Il était debout dans la rue déjà noire.

-Monte, lui lança-t-elle.

S'en suivit son plus magnifique sourire –un de ceux qu'elle réservait spécialement pour Max. Il saisit l'échelle de secours et y grimpa. Il arriva alors face à elle.

-Je savais que je te trouverais ici. Quand tu es mélancolique, tu te réfugies là où tu te sens en sécurité.

-Tu voulais me parler, rougit-elle.

-Je voulais juste m'assurer que tu allais bien. Ces derniers temps tu m'as semblé… loin.

Elle acquiesça et soupira. Il avait raison. Max était ce genre de garçon qui savait lire en elle. À vrai dire, il était le seul à savoir déchiffrer chaque geste qu'elle faisait.

-Ma maison me manque beaucoup.

Elle baissa les yeux. Elle sentit Max se crisper. Elle habitait chez lui et ça lui faisait sans doute de la peine qu'elle ne se sente pas bien là bas.

-Ce n'est pas que je n'aime pas vivre chez toi, se justifia-t-elle. C'est juste que, c'est chez moi ici.

-Je te comprends tu sais. Si on me forçait à retourner… là-bas, dit il en levant le doigt, ce ne serait pas chez moi. Ma maison est ici.

-Et puis ce n'est pas pour ça qu'on ne sera plus… amis, lui sourit-elle.

-Des amis…, murmura-t-il.

Elle se retourna pour déposer son journal intime sur la table de nuit. Il la suivit d'un regard aimant. Elle repassa devant lui et le frôla. Ce fut trop pour qu'il puisse le supporter. Il lui attrapa le bras et l'attira contre lui…

« Liz… » Murmura-t-il.

Et doucement, il déposa sur ses lèvres un langoureux baiser auquel elle répondit. Elle passa le bras autour du cou de son alien préféré. Leur étreinte était passionnée. Ils avaient tout deux attendu tellement longtemps avant de succomber à cette attraction. Ils savourèrent tous les deux le moment, profitant de chaque seconde de bonheur.

Le lendemain au lycée, Liz rayonnait. Elle ne s'était jamais sentie aussi heureuse. Elle ne pouvait pas s'empêcher de sourire. La vie était merveilleuse depuis que Max était apparu ; mais depuis qu'ils s'étaient embrassés, elle l'était encore plus. Elle avait oublié sa petite déprime pour se passionner à une étude approfondie de la relation humano extra-terrestre. Maria vivait comme cela depuis qu'elle sortait avec Michael. Même s'il était bien loin d'être le stéréotype du garçon romantique, la jeune fille l'aimait. Elle était heureuse avec lui. Et c'est ce qui comptait le plus à ses yeux. Peu importait de savoir qui il était et d'où il venait, elle l'aimait pour lui, et uniquement pour ça.

-Liz, appela Maria. Liz Parker, votre meilleure amie officielle vous appelle sur terre.

-Oh, Maria, fit Liz descendant de son nuage. Je ne t'avais pas entendue…

-je n'ai peut-être pas crié assez fort, dit-elle ironiquement.

Liz rougit. En effet, Maria avait crié pour tout le lycée –habitude plutôt fâcheuse qu'elle n'avait pas perdue au fil des ans. Même l'élève de troisième année qui était paisiblement installé la bibliothèque de l'autre côté du campus avait du l'entendre.

-Je suis juste… perdue dans mes pensées.

-laisse moi deviner : pensées extra-terrestres.

-Exact, admit Liz.

Maria lui sourit. Elle sentait bien que ce n'était pas tout. Liz lui cachait quelque chose de merveilleusement important. Ce sont des genres de chose que les meilleures amies sentent.

-Quoi ? Qu'est ce qu'il y a ? Je sens que tu ne me dis pas tout.

Démasquée, Liz lança un regard malicieux à Maria. Elle voulait la faire languir un maximum, Maria détestant ça…

-Max m'a embrassé hier soir !

Maria ce retint de justesse de pousser un hurlement tonitruant. Elle agita un moment les bras dans tous les sens.

-C'est super. Bien que je ne sois pas sure que cette perspective plaise à tout le monde. La blondinette ne va pas aimer ça du tout.

-Maria…

Liz lui frappa sur le bras. Elle n'avait pas besoin d'entendre parler d'elle alors qu'elle se sentait aussi bien.

-Je m'égare. Alors c'était comment ?

-C'était magique, comme si j'allais exploser. Mon cœur battait si fort que j'ai cru mourir. C'était… extra-terrestre !

Maria sourit. Elle connaissait bien cette sensation. C'est ce qu'elle ressentait à chaque fois qu'elle embrassait Michael

-C'est l'amour. Il n'y a rien d'extra terrestre dans là dedans.

-Maria, quand j'embrassais Max j'ai eu … des visions…

-Que veux-tu dire par « des visions », lui demanda Max entrant dans une classe vide.

Il entraîna Liz avec lui. Il ne pu s'empêcher de résister à la tentation de lui caresser les cheveux au passage. Il sentait si bon, ils étaient si attirants. Tout comme ses lèvres qui étaient prêtes à s'offrir à lui. Mais il devait se contenir le temps qu'elle lui explique ce qu'il se passait. Pourrait-il encore attendre plus de temps ?

-Je ne sais pas lui répondit la jeune fille. C'est comme des flashes. Je te vois avec moi ou parfois aussi avec Michael ou Isabel. C'est comme si tu établissais une connexion en m'embrassant. En as-tu eu aussi ?

-Tu veux dire, est ce que j'ai vu des choses en t'embrassant ?

-Oui c'est ça.

Max tourna la tête, gêné. Il ne savait pas comment interprété ce qu'il avait vu. Mais maintenant que Liz lui parlait de ses flashes, il était fort possible que quelque chose se soit créé entre eux, un lien invisible peut-être mais indestructible.

-J'ignore si cela venait de toi ou de mon subconscient, lui expliqua Max. Mais je t'ai vue, avec moi, main dans la main, juste devant un autel. nous allions nous marier dans une petite chapelle. Il y avait du blanc partout. Mais je n'ai pas fait que voir, j'ai aussi ressentit tout cet amour. Mais j'ignore si j'ai tout inventé ou non.

Liz sourit, et rougit en même temps. Elle se souvenait parfaitement du moment où elle avait songé à cette scène.

-Tu n'as rien inventé Max. Tout vient de moi. J'ai imaginé cette scène il y a quelques jours alors que je regardais un film d'amour, blottie dans tes bras.

Max esquissa un sourire. Lui aussi se souvenait parfaitement bien. Elle pouvait resitué chaque moment d'intimité qu'il avait eu avec Liz ces trois dernière année.

-Cela veut dire que lorsqu'on s'embrasse, on voit et ressent ce qu'il y a au plus profond du cœur de l'autre, songea-t-il.

Liz pencha la tête sur le coté. Elle leva les yeux au ciel. Elle ne savait pas trop comment prendre cette révélation.

-Et c'est une mauvaise chose, demanda-t-elle soucieuse de sa réponse.

-Au contraire, sourit-il. Je crois que c'est une très bonne chose et que ces visions pourraient nous montrer le chemin. Cela ne peut être que le résultat d'un lien très fort. Et puis, les visions ne sont peut-être que temporaire.

Il s'approcha doucement de sa nouvelle petite amie et l'embrassa passionnément. Il passe par ses lèvres et termina par un léger baiser dans le cou qui fit sourire Liz. Il lui murmura « je t'aime » à l'oreille. Il lui prit la main et sortit du local. Ils allaient à présent affirmer leur toute nouvelle relation.

Isabel et Tess étaient assises à une table à l'extérieur du lycée. Elles ignoraient tout de Max en Liz. Alors que la jeune fille l'avait déjà dit à tous ses amis, lui avait préféré rester discret. Il n'avait absolument pas envie d'avoir Tess dans les pieds. Quant à sa sœur, Max ne voyait pas l'intérêt de lui apprendre. Étant très populaire, Isabel allait très vite en entendre parler- si ce n'était pas déjà fait. Pourtant Isabel semblait avoir bien d'autres préoccupations.

-Tu te rends compte, s'exaspéra Isabel.

Elle plaqua lourdement sa main sur la table où elle déjeunait. Elle fixa son amie tentant tant bien que mal de capter son intention.

-Il en pince pour Maria ! Je n'y crois pas. Aucun garçon ne m'a jamais résisté et ce n'est pas lui qui va commencer.

Tess mordit une bouchée de son sandwich. Pourquoi Isabel se préoccupait-elle d'un humain comme Alex.

-Calme toi Isabel, l'apaisa Tess. Ce n'est pas en criant que tu le feras craquer. Et puis Maria sort avec Michael. Il n'a aucune chance.

-Maria et Michael ? Je leur donne deux semaines tout au plus.

La mesquinerie d'une Isabel jalouse était sans pareille. Elle les maudissait tous.

-Tu pourrais lui faire oublier Maria avec tes pouvoirs. Oui mais si après il me repousse ? soupira Isabel.

-Tu te contenteras de Michael qui, je te le rappelle, est ton destin.

-Max t'a bien laissé tombé pour Liz, lança dédaigneusement Isabel à Tess. Pourquoi je suivrais ma destinée si mon frère n'en fait pas autant ?

La jeune fille faillit s'étrangler avec son repas. Vexée, elle lança un regard haineux à Isabel. « Max et Liz ne sont pas ensemble. » se répétait-elle mentalement.

-Notre rupture est temporaire, s'énerva Tess. Il n'est pas avec Liz.

-Ce n'est pas la rumeur qui court, précisa Isabel. Selon Pam Troy…

-Peut-on se fier à cette fille ?

-Ils sont rentrés tard du crashdown hier soir. Mais si tu préfères, vérifie par toi-même. S'ils sortent ensemble, ils doivent être à deux.

Tess se leva, furieuse, et partit, plus que probablement à la recherche de Max. Elle ne se résignait pas à l'abandonner. Voyant Tess s'éloigner, Maria osa aborder Isabel, restée seule.

-Qu'est ce qu'elle a ?

-Elle ne veut pas croire que Max et Liz sont ensemble. Tu sais quelque chose toi ? Mon frère ne m'en a même pas parlé.

-Je sais qu'ils se sont embrassés hier soir sur la terrasse de Liz et qu'elle a des visions. Résultantes de vos pouvoirs et du lien fort qui les unit.

Isabel sourit. Elle aurait voulu être là pour voir la tête de Tess quand elle le découvrirait.

-Et toi avec Michael, c'est du sérieux ? demanda alors Isabel.

-Je crois que oui. Je ne l'ai pas vu aujourd'hui…

Elle tourna encore la tête pour essayer de l'apercevoir dans les alentours. Mais Michael resta introuvable. Isabel haussa les épaules, aussi ignorante que Maria.

-Tu sais qu'Alex me parle beaucoup de toi, enchaîna-t-elle directement.

-Je sais oui, soupira Maria. Il m'a dit tout ce qu'il éprouvait. Alex est mon meilleur ami et pour rien au monde je ne voudrais perdre ça. Et puis j'aime Michael même s'il n'est pas parfait.

Elle soupira. Soudain, elle réalisa pourquoi Isabel avait si subtilement abordé le sujet « Alex ».

-Dis donc, c'est une impression ou toi, tu craques pour Alex.

-Moi ? nia Isabel. Qu'est ce que tu vas imaginer là ?

Maria regarda alors Isabel d'un regard qui voulait dire « en es-tu vraiment sure ». La jeune fille craqua.

-D'accord, avoua-t-elle. J'éprouve peut-être un peu plus que de la simple amitié pour Alex. Il n'a malheureusement d'yeux que pour toi.

-Je le savais, s'extasia Maria avec un cri de victoire.

Ses bras à nouveau dans tous les sens, Maria se tortilla de joie sur son siège. Elle était toujours très fière de découvrir ce genre de secret, surtout lorsqu'elle pouvait les colporter.

-Ne t'inquiète pas. Quand son petit fantasme sur ma personne sera passé et qu'il sera redescendu sur terre, il ne sera sûrement pas indifférent à ton charme.

-Si tu le dis.

Isabel se remit à manger. Dans ses pensées, elle ne sentit pas le regard de Maria se poser sur elle. Celle-ci l'observa attentivement quelques secondes.

-Et bien, sourit-elle. Je t'aurais plutôt vue craquer sur des garçons comme Doug Perry ou Jason Keaton, mais non. La belle Isabel en pince pour le petit Alex Withman.

-Tais toi… dit-elle.

-Ça ne va pas plaire à tes amies pom-pom girls.

-Tais toi ! Je ne suis plus pom-pom girl !

Isabel sourit. Maria adorait la taquiner. Même si elle s'en cachait assez bien Isabel appréciait beaucoup la compagnie de la jeune fille. Elle n'avait aucune raison de lui en vouloir au sujet d'Alex. Cette situation les ennuyait autant l'une que l'autre.

Michael ne s'était toujours pas montré aujourd'hui ce qui inquiétait énormément Max. Même si le jeune homme ne se montrait pas souvent en classe, il réapparaissait généralement lors de la pause. Celle-ci était à présent terminée et toujours aucune trace de Michael. Au cours de biologie, Max confia son inquiétude à Liz sous le regard inquisiteur de Tess. Elle ne les avait pas surpris main dans la main mais leur connivence ne lui disait rien qui vaille.

-Ce n'est pas dans ses habitudes, murmura-t-il.

-Il est peut-être malade, le rassura la jeune fille.

-Nous ne sommes jamais malade.

Liz posa sa main sur l'épaule de Max pour tenter de le rassurer. Il ne dit rien mais elle n'avait réussi qu'à l'électriser d'autant plus. Ce n'était pourtant pas pour lui déplaire.

-À la fin du cours, nous irons voir chez lui. Ça ne peut pas être si grave que ça. Ne t'en fait pas, Max. Tout ira bien. Je serai toujours là pour toi. Je te le promets.

-Merci.

Il lui prit la main et l'embrassa discrètement. Il mima ensuite un « je t'aime ». Scène que ne manqua pas Tess. Son cœur se déchira. Lui aussi, elle l'avait perdu. Nasedo avait raison : les humains n'auraient jamais du se mêler de ça.

À la sortie des cours, Max et Liz prirent immédiatement la direction de la sortie de la ville, là où se trouvait la caravane où Michael vivait avec Hank Whitmore, son père adoptif. Maria les avait rejoint alors qu'ils montaient dans la jeep de Max. Elle aussi s'inquiétait pour son petit ami. Ils arrivèrent dix minutes plus tard et frappèrent à la porte de la caravane. Hank ouvrit la porte. Il était toujours aussi négligé que la fois où Maria était venue cherché Michael.

-Bonjour, dit Maria. Vous vous souvenez de moi ? Je suis Maria De Luca, une amie de Michael.

-On n'oublie pas une minette comme vous, brailla-t-il en reniflant.

Il était complètement saoul- pour ne pas changer. Ses vêtements semblaient ne pas avoir changé depuis la dernière fois que Maria l'avait vu. Il se dégageait toujours de lui cette horrible puanteur.

-Michael est là ? demanda Max.

-Non, grogna-t-il. Mickey est sortis ce matin et je l'ai pas vu depuis.

-Merci.

Ils tournèrent les talons. Ils quittèrent Hank plus inquiets qu'auparavant. Où pouvait être passé Michael ?

-Maria, tu ferais mieux de rentrer, lui suggéra Liz.

-Je veux rester, s'enquit-elle. Je veux vous aider.

-Tu ne nous aideras pas dans cet état là, continua Liz. Rentre chez toi s'il te plait. On te préviendra dès qu'on aura du nouveau.

-Je te ramène, lui dit Max.

Ils partirent. Le jeune alien ramena son amie chez elle. La pluie s'était mise alors à tomber depuis un bon moment lorsqu'ils arrivèrent sur place. Maria se retrouva seule dans son appartement. Sa mère était à nouveau sortie. Elle dînait avec un homme d'age mur, avec une situation stable. Elle avait cru nécessaire d'en faire un portrait à sa fille le matin même. Comme si cette description pouvait l'intéresser. Tout ce qui comptait maintenant c'était Michael. La jeune fille ne supportait pas de se sentir si impuissante. Elle décida de regarder une vidéo pour se calmer et détendre l'atmosphère. Surtout pas un film d'horreur, ça lui rappelait son petit ami. Il n'était pas bon d'y penser dans cette situation. De plus, l'orage qui grondait dehors n'était pas pour la rassurer. Elle s'apprêtait à ouvrir la porte. Peut-être Michael était-il là ? Mais lorsqu'elle abaissa la poignée de la porte de sa chambre et qu'elle scruta l'obscurité, elle ne pu apercevoir que la pénombre d'une pièce vide. Malgré cela Maria ne se sentait pas seule. Il y avait quelqu'un dans l'appartement.

-Qui est là, articula difficilement Maria en regardant autour d'elle.

Elle se saisit d'un objet contendant qu'elle trouva sur une étagère dont elle s'arma fermement.

-Maria, murmura une ombre qui sortait de la cuisine.

-Michael ?

Le jeune homme se dévoila aux yeux de sa petite amie. Il était trempé. Dieu seul savait le temps qu'il était resté à l'extérieur.

-Michael, j'ai eu si peur. Où étais-tu ?

Elle couru vers lui, le serra dans ses bras et l'embrassa passionnément. Il était là. Elle pouvait le tenir réellement aux creux de ses bras. Elle se sentit soudain libérée d'un poids.

-Aie, se plaignit-il. Attention à mon œil.

-Michael, qu'est ce que tu as ?

-Rien du tout. Je suis tombé, se défendit-il en tournant le regard.

-Ne me mens pas ! Que se passe-t-il ? Qui t'a fait ça ?

Il ne répondit rien mais la regarda de ses yeux, si petits à cause des coups qu'il avait reçu. Comment pouvait-on être si violent ? Maria réfléchit aux différentes personnes capables de le blesser.

-Ton père ? réalisa soudain Maria devant le silence de Michael.

-Ce n'est pas mon père, cria-t-il. Ce n'est que l'homme chez qui je suis obligé de vivre.

-S'il te frappe il faut faire quelque chose.

-Que veux-tu que je fasse contre lui ?

-Le père de Max et Isabel est avocat. Je suis certaine qu'il trouverait une solution si tu leur en parlais.

Il s'assit nerveusement et frappa fortement sa main sur la table qu'il y avait devant lui.

-Écoute, je ne veux pas de leur pitié.

-Ce n'est pas de la pitié. Tu ne peux tout simplement pas rester chez Hank. Tu as besoin d'aide.

Il se releva et la toisa. Elle voulait tant faire quelque chose pour lui. Elle voulait tout partager avec lui. Aujourd'hui, il allait mal. Elle voulait partager cette épreuve là avec lui.

-En réalité j'espérais pouvoir passer la nuit chez toi.

-Quoi ?dit-elle étonnée.

-Oublie ça, lâcha-t-il.

Il se dirigea précipitamment vers la porte. Il l'ouvrit brutalement et s'apprêta à partir.

- Non attend, le retint Maria.

Il s'arrêta dans son élan et se retourna doucement vers Maria. ses yeux étaient doux et reflétaient son désir de lui apporter son aide. Même si sa situation n'était pas réjouissante, il n'aurait échangé sa place pour rien au monde.

-Pour cette nuit c'est d'accord, tenta-t-elle de sourire. Évite juste de te faire voir par ma mère demain matin.

Michael sourit. Maria sentit son teint rougir. Elle se mit à tordre ses doigts dans tous les sens.

-Mais c'est provisoire, lui affirma-t-elle. Tu devras trouver un autre endroit pour vivre. Et ce sera d'autant plus facile avec l'aide de Philip Evans.

-J'irai lui demander, se ravisa Michael.

Il aurait tout fait pour rendre maria heureuse. Et cette requête lui paraissait importante. Il y eut un court silence puis Michael déclara :

- Merci.

Maria fit un léger mouvement de tête. Elle sourit à son tour.

-Pas de quoi.

Son regard se fixa ensuite sur l'œil blessé de son petit ami. Elle se rapprocha de Michael et posa doucement sa main sur sa blessure. Le jeune homme grimaça à cause de la douleur.

-Tu veux quelque chose pour apaiser ça ?

-Max guérira ça demain, sourit-il.

Il la regarda profondément. Maria était vraiment une fille fantastique. Quand il était avec elle, il se sentait différent, plus humain. Tout ce qu'il avait toujours voulu refouler au fond de lui refaisait surface. Il n'avait jamais ressenti ça. Il était amoureux !

C'était plus que de la simple attirance, c'était de l'amour. Il la remercia encore une fois.

-Je vais prévenir Max et Liz que tu es ici, dit-elle en l'embrassant sur le front. Je te rejoins tout de suite.

Liz était chez elle avec Max quand elle reçu l'appel de Maria sur son portable. La nouvelle rassura tout le monde, en particulier Max et Isabel qui avait déjà plusieurs fois envisagé la possibilité d'évènements extra-terrestres. Maria raconta à son amie les ennuis de Michael avec Hank. Elle lui demanda d'en toucher un mot à Max. Ce qu'elle fit dès qu'elle eut raccroché. Elle en parla également à Philip Evans, qui accepta volontiers d'aider Michael Guérin. Mais où un enfant mineur allait-il vivre sans parents ? Michael n'accepterait jamais une famille d'accueil. Il allait falloir vite trouver une solution.

Dans son bureau, le shérif rangeait des dossiers. Il finit par n'en garder qu'un seul : « parmis nous ». Depuis la fusillade au crashdown, il y plaçait tout ce qu'il découvrait sur Max Evans : témoignages, photos etc. Il était à présent certain de ce qu'il était réellement. Mais comment le prouver ? Après ce que lui avait raconté Kyle, il n'avait plus aucun doute. Mais la réputation de son père le ferait passer pour un fou s'il en parlait. Entra alors son fils.

-Je t'amène ton déjeuner, dit-il en déposant le sachet sur le bureau.

-Il ne fallait pas.

Kyle baissa la tête et s'aperçu bien que son père travaillait encore sur ce dossier.

-Tu es encore avec ça, s'exaspéra-t-il.

Le shérif s'empara du dossier et le rangea rapidement dans un tiroir. Il regarda alors son fils.

-Kyle, après ce que tu m'as dit je ne peux pas abandonner.

-Je t'ai dit que Max et moi, on s'était battu et qu'il avait gagné. Pas qu'il venait d'ailleurs pour nous envahir ou je ne sais quoi d'autre.

Valenti se leva avec fureur.

-Tu as dit qu'il t'avait projeté ! Je suis sur de ce que j'avance.

-Tu vas perdre ta famille tout comme grand père a perdu la sienne…

Jim Valenti ne répondit pas. Il se rassit et tourna la tête. Kyle lui demanda alors :

-Tu seras là ce soir ?

-Non, ce soir j'ai rendez-vous. Je dois d'ailleurs y aller. Je suis en retard. Elle n'est pas du genre patiente.

-Qui ça elle ? s'étonna Kyle.

Il leva les bras dans l'incompréhension la plus complète. Depuis quand son père ressortait-il avec des femmes ? Jim Valenti n'était presque plus sorti depuis le départ de sa mère quand Kyle était plus jeune.

-Bon soir fiston, sourit-il en fermant la porte de son bureau.

-Papa, attend.

Kyle Valenti resta seul quelque instant. Il se tourna ensuite vers le bureau de son père. Il s'avança doucement vers le tiroir ou Valenti avait enfermé son dossier. Il tenta de l'ouvrir mais malheureusement son père l'avait verrouillé… Il trouva néanmoins une clé métallique laissé nonchalamment posée sur un coin du bureau. Il la fit tourner dans la serrure et sortit le fichier de son tiroir. Il fouilla donc le dossier « parmis nous ». Examinant avec soin chaque document il découvrit que non seulement des photos de Max y figurait mais également de ses proches dont des photos de Liz…

Le lendemain, Maria travaillait au crashdown et pour la première fois, c'était elle qui attendait Liz depuis près de dix minutes. Elle qui était toujours à l'heure. Cela ne lui ressemblait pas du tout. Maria commençait déjà à s'inquiéter. Michael le soir d'avant et puis maintenant Liz. Tout cela faisait beaucoup pour la jeune fille dont les nerfs étaient sur le point de craquer -spécialement depuis que sa mère avait presque trouvé Michael dans sa chambre le matin même. Je jeune homme s'était d'abord caché dans la penderie pour ensuite filer par la fenêtre. Elle avait échappé belle.

Une demie heure plus tard Liz franchit enfin la porte du restaurant.

-Maria je suis désolée, s'excusa-t-elle.

-Enfin ! cria cette dernière. Mais où étais-tu ?

Liz s'engouffra dans la porte qui menait à l'arrière salle dans restaurant. Elle détacha les boutons de sa veste qu'elle retira rapidement.

-Philip Evans m'a retenue. Nous avons trouvé une solution pour Michael, et également pour moi.

-Pour toi ? s'étonna Maria. Enfin Liz, expliques toi.

Liz ouvrit son casier et y engouffra ses affaires. Elle en sortit son uniforme qu'elle enfila.

-Les Evans n'utilisent que le crashdown mais pas le reste de la maison. Michael peut donc vivre ici, s'il est émancipé. Il n'aura aucun loyer à payer. Il devra juste en compensation travailler au restaurant en tant que cuisinier.

-C'est fantastique. Je ne mangerai jamais rien de sa préparation mais s'il peut vivre loin de Hank tout va bien.

-Maria, je vais vivre ici avec Michael.

Le visage de Maria avait soudain pâlit. Avait-elle bien entendu ? Liz allait vivre avec Michael. Liz retourna dans la salle du restaurant et s'installa au comptoir.

-Quoi ? T'es en train de me dire que tu vas habiter seule avec mon petit ami ? Et il le sait ? Max le sait ?

Maria agitait ses mains dans tous les sens -comme elle avait l'habitude faire le faire quand elle était sous le choc. Elle fouilla dans sa poche et y trouva sa petite fiole d'huile de cèdre qu'elle commença à inhaler.

-Non Maria personne ne sait rien. Ce n'est qu'un projet. Mais ma maison me manque. Je vais de toute façon revivre ici. C'est à Michael de voir s'il veut bien de moi comme colocataire. Je suis sure que Max ne dira rien. Il comprendra la situation.

Maria était toujours interloquée. Elle avait du mal à reprendre son souffle. Elle se mit à agiter sa main devant son visage.

-Tu vas habiter avec mon copain ?

-Tu préfères qu'il reste avec Hank ?

-Non bien sur.

Elle cessa de bouger dans tous les sens et croisa les bras. Cette idée ne lui plaisait pas du tout. Sa meilleure amie et son copain allaient habiter dans la même maison, à quelques chambres d'écart à peine.

-Alors ne t'inquiète pas, tout ira bien. Je te le promets.

-Tu ne le toucheras pas ? interrogea Maria.

-Aucune chance.

-Pas d'yeux indiscrets. Pas de câlins parce qu'on a peur dans le noir. Pas de berceuse, rien !

-Tu peux en être sure, assura Liz.

-Bien !

Elle détourna le regard. Liz la regarda en souriant. Maria sourit à son tour et ajouta un rien vantarde mais sur le ton de la plaisanterie.

-De tout façon, Michael est digue de moi.

Elles échangèrent un regard complice et s'esclaffèrent. Liz et Maria partageaient cette chose, ce détail qui faisait que chacune savait toujours ce que l'autre pensait. Combien de meilleures amies peuvent en dire autant ? Et puis, on ne peut pas parler à n'importe qui de son petit ami venu d'ailleurs. La clochette de la porte du crashdown tinta les interrompant en pleine folie typiquement féminine.

-Salut M, dit une voix familière à Maria.

-Oh non. Ce n'est pas vrai, grimaça la jeune fille sans se retourner. Ce n'est pas possible.

Elle se retourna finalement et aperçut la personne qui l'avait interpellé. Sa grimace s'accentua.

-Non, pas lui !

-Ravi de te revoir aussi M, lança le jeune homme.

Elle lui lança un regard méprisant. Elle le toisa ensuite cherchant la moindre petite imperfection dans sa tenue.

-Quand es-tu sorti ? l'agressa-t-elle.

-Ce matin. Ils m'ont relâché pour bonne conduite.

Il sourit fièrement. Son regard se posa alors sur la jeune fille brune légèrement dissimulée derrière Maria.

-Salut Liz.

-Salut Sean, répondit-elle.

Sean De Luca, le cousin de Maria, avait passé six mois dans la prison du compté pour vol de voiture. Malgré les efforts constants du jeune homme, Maria ne supportait pas son cousin.

« C'est un garçon adorable mais nul » répétait-elle sans cesse.

Pourtant, Liz l'avait toujours apprécié en dépit de son côté turbulent. Il était assez grand et mince. Il avait les cheveux châtain clair et bouclés et les yeux verts. Son regard était assez profond et assez intense. Mais rien en comparaison avec le regard extra-terrestre. Il n'égalait en rien celui de max Evans.

-Je te préviens Sean, l'avertit Maria, il n'est pas question que tu t'installes à la maison. C'est hors de question.

-Ne t'en fais pas. Ma chère tante m'a déjà donné sa permission. J'ai déposé mes affaires au salon.

Maria ouvrit grand la bouche, interloquée. Il était donc de retour. Elle soupira. Sean se tourna à nouveau vers Liz.

-Bien, on se voit à la maison Maria. Liz, j'espère te voir très vite. Tu es encore plus belle que dans mon souvenir, lui murmura-t-il en lui déposa un baiser sur la joue.

-À bientôt Sean, rougit Liz.

Le jeune homme se retourna et repassa la porte dans le sens contraire. Dès qu'il fut hors de vue Maria se retourna vers Liz, furieuse.

-A bientôt Sean, imita-t-elle.

Liz baissa la tête. Maria avait une sainte horreur que Liz se montre sympathique à l'égard de son cousin.

-Non mais à quoi tu joues ? lui demanda-t-elle nerveusement.

Ses bras se mirent à nouveau à valser dans tous les sens terminant dans sa poche, à la recherche de son éternelle huile de cèdre.

-Tu n'as pas assez de problème avec la blondinette ? Il faut que tu en rajoutes ?

-Maria, ce n'est que Sean.

Liz soupira. Elle tenta de faire sourire Maria avec une petite moue dont elle avait le secret. Mais rien n'y fit. Maria resta outragé par le geste –pourtant innocent- de son amie.

-Et la blondinette n'est pas un problème, ajout Liz. La situation est très claire. Je suis avec Max.

-Et je suis sure qu'elle va accepter cette situation, ironisa Maria. Tu te rappelles qu'elle a le pouvoir de manipuler l'esprit des gens…

Liz regarda Maria intriguée. Elle n'avait jamais pensé à ça. Tess oserait-elle user de ces pouvoirs contre elle… oui, sans hésitation.

-Elle ne s'en servirait tout de même pas sur Max, s'inquiéta Liz.

-Si elle est comme Nasedo, elle ne se gênera pas. Remarque que lui, on ne l'a plus vu depuis qu'on a apprit qu'il avait tué ton frère. Tess a grandit avec lui. Ils sont pareils. Ils n'hésitent pas à se servir de leurs pouvoirs.

Maria regarda profondément Liz. La jeune adolescente eut un mouvement rapide de recul.

-Maria tu me fais peur.

-Ne t'inquiète pas. Max t'aime trop pour se laisser avoir par des pouvoirs. Et puis je te rappelle que toi aussi tu as des pouvoirs.

Maria tapa sur l'épaule de Liz en s'éloignant quelques peu. Elle alla prendre des plats à la cuisine et les déposa à une table.

-J'ai des visions très floues en rêve et uniquement pour me prévenir d'un danger. Ou parfois je sens les gens arriver.

Liz attrapa une serviette et se mit à essuyer quelques verres. Ses gestes étaient lents et son esprit concentré sur ce qui pourrait bien lui arriver si elle avait à surmonter la colère de Tess.

-Tu modifies la structure moléculaire des choses, ajouta Maria. Et je suis sure que maintenant tu es connecté à eux, ajouta Maria.

-Qu'est ce que tu veux dire ? s'étonna Liz.

Elle laissa tomber sa serviette. Sa meilleure amie vint se poster à ses cotés. Elle s'accouda au comptoir.

-Space Boy m'a dit qu'ils pouvaient ressentir les émotions fortes de leurs semblables. Je suis sure que toi aussi tu peux le faire maintenant.

-Je ne sens rien du tout, se plaignit Liz.

-C'est qu'ils vont bien, sourit Maria.

Elle se dirigea vers la cuisine laissant Liz seule avec son désarroi. La peur de perdre Max l'avait envahie. Elle ne supporterait pas de le savoir loin d'elle. Où était-il ? Que faisait-il ? Allait-il seulement bien ? Il ne fallait pas non plus qu'elle en devienne paranoïaque… Pourtant, elle vivait à Roswell, Nouveau Mexique et était très intimes avec des extra-terrestres.

Elle rentra chez les Evans pensive. Elle trouva son petit ami –sain et sauf- et Isabel dans la cuisine en train de préparer le dîner. Max l'accueillit d'un énorme sourire et d'un baiser passionné. Des gestes comme ceux-ci valaient tout l'or du monde pour Liz.

-Laisse moi finir, dit Isabel à son frère.

Il la remercia et emmena Liz dans le salon. Ses mains étaient plongées dans les siennes. Sa peau était si douce. Il lui sourit.

-Alors, vous avez trouvé une solution pour Michael ?

-Oui, sourit-elle. Il va vivre au dessus du crashdown…

Elle hésita un instant avant de continuer son discours. Elle ignorait comment Max allait prendre la nouvelle.

-Il va vivre avec moi, acheva-t-elle

Les yeux de Max s'écarquillèrent. Avait-il bien entendu ? Ce n'était pourtant pas possible.

-Quoi ? bafouilla Max. Nous deux ?... Vous deux ?...

Les yeux de Max laissaient transparaître sa peur et même sans ça, Liz avait senti sa frayeur. Maria avait raison, elle sentait les émotions fortes. Et celle que Max éprouvait en était bien une.

-Max, le calma Liz. Ne t'inquiète pas. J'ai juste besoin de me retrouver chez moi. Michael ne sera que mon colocataire. Il prendra la chambre de Kévin et moi je reprendrai la mienne.

Liz sentit Max se rassurer. Son cœur, qui s'était précédemment serré, recommença à battre à un rythme normal.

-Je… je ne sais pas quoi dire. J'ai un instant cru que tu voulais rompre.

Liz esquissa un sourire. Il était vraiment adorable. Comment pourrait-elle un jour vouloir rompre avec lui ?

-Max, je t'aime, dit Liz en l'embrassant. Tu crois vraiment que je serais capable de jouer avec toi comme ça. Tu es ce qui m'est arrivé de mieux. Comment pourrais-je penser ne plus être avec toi ?

-Liz Parker, vous êtes formidable.

Il la prit dans ses bras et la serra le plus fort qu'il pu. Il l'aurait gardé ainsi des heures entières. Sa peur avait totalement disparu pour faire place à de l'appréhension. Il l'embrassa encore et encore. S'il avait pu, il n'aurait jamais cessé de l'embrasser. Sa peau était si douce et ses lèvres si pulpeuse. Il l'aimait plus que tout au monde. Jamais, non jamais il ne voulait la perdre ou la laisser partir.

-Quand est-ce que tu t'installes ?

-Demain. Je déplacerai mes affaires avec l'aide de Maria.

-Et la mienne.

Elle l'embrassa encore. Ils s'allongèrent sur le fauteuil. Isabel était tranquillement occupée à la cuisine, Diane Evans au crashdown et Philip à son cabinet, ils avaient le salon pour eux seuls. Le portable de Liz sonna alors. Elle vit apparaître sur l'écran vert le numéro du téléphone fixe de Maria.

-Maria, on s'est vue il y a vingt minutes à peine.

-Liz ? C'est Sean…

-Oh ! Sean. Qu'est ce que tu veux ? … Heu non pas ce soir… Ça va être dur aussi… Je n'ai pas beaucoup de temps… Oui si tu veux… C'est ça, au revoir Sean.

Elle raccrocha. Max regarda sa petite amie d'un regard interrogateur. Il la fixa tendrement attendant visiblement ses explications. Max Evans serait-il jaloux ?

-Qui est… Sean ? demanda-t-il.

-C'est le cousin de Maria.

Liz lui tourna le dos une seconde pour ranger son portable dans sa poche. Elle était assez satisfaite que Max lui manifeste tant d'intérêt.

-Et que voulait-il ? poursuivit-il sur un ton inquisiteur.

-Monsieur Evans seriez vous jaloux ?

-Peut-être, un peu.

Il se rapprocha d'elle. Il lui déposa un tendre baiser sur les lèvres. Il n'en démordait pourtant pas.

-Que voulait-il ?

-Il me demandait simplement si j'acceptais de dîner avec lui.

Liz lui lança son sourire taquin. Elle sentit les bras de Max se faire plus fermes autour de sa taille.

-Et que lui as tout répondu ?

-J'ai accepté bien évidemment, plaisanta Liz. Mais chut. C'est un secret. Mon petit ami est Très jaloux.

-Ha oui ?

Liz acquiesça. Elle l'embrassa à son tour. Max lui souriait imperturbablement. Il était si affectueux avec elle.

-Il a ensuite ajouté qu'il passerait au crashdown pour me voir.

-Là je suis très jaloux, dit Max en souriant.

-Bien, la prochaine fois j'accepterai réellement…

Max fit basculer Liz qui tomba en arrière su le fauteuil. Max s'allongea de tout son long sur sa petite amie.

-Il va falloir que je t'invite tous les soirs si je veux éviter de te perdre.

-Tu ne me perdras pas, jamais. Je te le promets. Je t'aime trop pour partir.

Elle sourit, ce qui fit totalement craquer le jeune alien. Avec elle pourtant il se sentait complètement humain. Ses origines lui importaient peu. Le plus important était étendu auprès de lui.

Le lendemain matin, vers dix heures, Max et Liz déposaient les derniers cartons dans la jeep. Max eut un pincement au cœur. Il sentit pourtant sa petite amie heureuse. Ce sentiment était si fort en elle qu'il en oublia ses craintes. Liz avait bien senti son malaise à lui. Elle tentait tant bien que mal de le rassurer. Après tout, elle n'habitera pas si loin. Il pourrait sans problème monter à son balcon quand il le voudrait. Mais le jeune homme n'était cependant pas tranquille. Bien sur il avait confiance en Liz et en son meilleur ami aussi. Mais il pouvait arriver n'importe quoi. Liz pourrait inviter d'autres garçons en toute complicité avec Michael, et lui n'en saurait rien du tout. Il devenait paranoïaque à force de penser. Ça lui faisait simplement beaucoup de peine que Liz le laisse ainsi. Ils roulèrent en silence jusqu'au crashdown où Liz monta ses affaires. À l'étage, elle trouva Michael qui visitait.

-Alors, on va habiter ensemble, lui dit-il.

Liz hocha affirmativement la tête.

-Bien.

Michael détourna le regard un instant. Il était chez lui à présent. Chaque partie de cette maison était un mystère à découvrir.

-Juste pour être sur, poursuivit Michael. Je suis avec Maria et je l'aime.

-Oui je sais, affirma Liz. Je suis avec Max et je l'aime aussi.

-J'aime mettre la musique à fond, ajouta-t-il.

-Tu es chez toi ici.

-Chez moi, murmura-t-il.

Il leva légèrement la tête, rêveur. Ces paroles sonnaient tellement bien. Jamais il n'avait éprouvé une telle sensation chez Hank. Son père adoptif lui avait toujours clairement fait comprendre qu'il n'était pas là parce qu'il était désiré. Aujourd'hui, C'était différent. Il avait un vraie maison, et de vrais amis.

-Parfait, sourit-il.

-Juste une chose, lui dit-elle. Ne laisse pas traîner tes chaussettes. Et surtout, ne te ballade jamais en sous-vêtements !

-Bien.

La jeune fille voulu se retourner et aller retrouver Max. Michael l'intercepta une dernière fois.

-Liz !

-Oui ?

-Merci.

Michael était sincère et heureux. De si bonne humeur que même Liz pu le ressentir. Elle pouvait sentir sa reconnaissance.

-C'est normal.

Elle redescendit les escaliers et trouva Max, Maria Alex et Isabel qui lui annoncèrent en cœur qu'une fête aurait lieu le soir même au crashdown. Les Evans fermeraient pour l'occasion.

Ils rentrèrent tous chez eux afin de laisser les nouveaux occupants s'installer à leur aise. Ils se retrouveraient plus tard, dans la soirée. La journée passa ainsi à une vitesse fulgurante. Liz en avait profité pour ranger. Elle n'avait par conséquent pas vu le temps passer. Vers huit heure, la petite fête débuta. Michael attendait Maria et Liz se demandait où restait Max. Isabel était déjà là et tentait de distraire Alex toujours aussi déprimé. Max arriva enfin, un bouquet de roses blanches à la main.

-Je sais que ce sont tes préférées, lui chuchota-t-il en les lui offrant.

-Elles sont magnifiques. Je vais les mettre dans un vase.

Elle se dirigea vers la cuisine. Alors qu'elle sortait un grand vase d'une armoire, elle entendit alors la voix de Maria qui venait de faire son entrée. Une fois les fleurs pises en place, Liz la rejoint.

-Ma petite chérie, dit Maria en la prenant dans ses bras.

Elle lui accorda allègrement une vue sur se dentition –certes parfait- mais quelque peu exagéré. Liz la regarda étonnée. Elle connaissait sa meilleure amie. Et ce sourire forcée ne pouvait entraîner qu'une assez mauvaise nouvelle.

-S'il te plait ne m'en veux pas, la supplia-t-elle. J'ai fait ce que je pouvais.

-Maria de quoi tu parles ? Où est ta mère ?

-Là est tout le problème.

Amy De Luca apparu aux portes du restaurant, avec, à ses cotés, Sean. Liz trembla. Il était bien la dernière personne qu'elle avait envie de voir. Elle l'aimait bien et se sentait proche de lui mais malgré ça, quelque chose la bloquait. Peut-être était-ce parce que maintenant elle sortait avec Max. Elle se sentait coupable d'avoir un lien fort avec quelqu'un d'autre que lui. Le jeune alien avait remarqué la réaction de Liz à l'arrivée du cousin de Maria. Il avait également senti ce mélange de peur et d'appréhension.

-Je suis vraiment désolée qu'il soit là, s'excusa Maria.

-Ce n'est pas grave. Du moment que Tess et Kyle ne sont pas là.

Maria devint rouge pivoine. À nouveau, son amie la toisa. Kyle arriva accompagné de son père. Non loin derrière eux, Tess marchait d'un pas mal assuré. Elle souriait, absolument ravie de faire partie de la fête. Liz frissonna.

-Ma mère a invité les Valenti. Et je crois qu'Isabel ne voulait pas laisser la blondinette toute seule.

-Bien, s'efforça de dire Liz en souriant faussement. Je vais voir Max.

-Et moi Space Boy.

Maria rejoint Michael. Elle se blottit tout contre lui. La musique résonnait dans toute la pièce. Liz s'assit auprès de Max. Elle se serra le plus possible contre lui. Elle voulait être certaine que Tess ne manquerait pas de le remarquer. Amy De Luca accueillit le shérif. Ils s'installèrent avec Diane et Philip Evans. Le rythme endiablé poussa Kyle à inviter Isabel à danser. Tess et Sean les imitèrent. Alex, quant à lui resta à part tout en continuant de fixer Maria. Soudain la musique changea. Le rock rythmé fit place à la douce chanson de Sheryl Crow : « I shall believe ». Maria entraîna Michael de force sur la piste. Geste qui rendit Alex encore plus malheureux. Kyle pour continuer sur sa lancée, proposa le slow à Isabel. Max tendit alors la main à Liz. Elle aurait volontiers –même plus que ça- accepté. Malheureusement, son meilleur ami réclamait de l'aide de toute urgence. Elle déclina donc l'invitation de son petit ami.

-Le prochain, lui promit-elle. Danse avec Tess. Je ne serai pas jalouse. Mais Alex a besoin de réconfort.

Max du se résoudre à la décision de celle qu'il aimait. Il se dirigea donc vers Tess. La jeune fille lui sauta presque au cou. Le cœur de Liz eut un raté. Mais elle ne devait pas s'inquiéter pour ça. Ce n'était qu'une danse. Et Max était amoureux d'elle. Elle se tourna donc vers Alex. Elle arriva bien vite au niveau de son ami.

-Hey Parker, l'interpella Sean.

-Mon nom c'est Liz, soupira-t-elle.

Sean se passa la main dans les cheveux. Il adorait l'appeler Parker. Il l'avait d'ailleurs toujours appelé ainsi. Ça n'avait pourtant jamais dérangé la jeune fille. Mais depuis qu'il était revenu, Liz était différente.

-J'ai vu que tu ne dansais pas alors je me suis dit que tu m'accorderais une danse.

-Je suis désolée, s'excusa-t-elle en déclinant l'offre de Sean. J'ai promis ma première danse à Max. Et puis en ce moment, j'essaie d'aider Alex.

-Toi et Max, vous êtes ensemble ? demanda-t-il.

Il sembla très intéressé. Sa voix avait pris un ton plus doucereux, comme s'il cherchait à en savoir le plus possible.

-Oui. Pas depuis longtemps mais il… il est différent, sourit-elle.

-Différent comment ? poursuivit-il sur un ton de plus en plus inquisiteur.

-Il est différent c'est tout. Alors si tu veux bien me laisser.

Elle l'écarta de son bras droit. Sean retourna se poster auprès de sa tante ne quittant pas Liz des yeux. La jeune fille s'assit à coté d'Alex. Il regardait pitoyablement Maria danser avec Michael.

-Alex…

-Non mais regarde ça, commença-t-il en désignant la scène qui se déroulait devant les yeux. Elle serait bien mieux avec moi plutôt qu'avec ce type.

-Alex, s'il te plait. calme toi.

-Me calmer, s'énerva-t-il. Comment veux-tu que je me calme en voyant ça. Dis moi ?

Liz respira profondément. Elle n'avait pas l'habitude de régler ce genre de problème. Maria avait toujours eu ce rôle. Elle se sentait un désarmée face à ce Alex triste et amoureux.

-C'est dur à admettre. Mais ils s'aiment, l'apaisa Liz. Maria est heureuse. Ce n'est pas ce que tu souhaites ?

Alex soupira un instant. Liz cru l'avoir convaincu. Pourtant, le jeune homme releva brusquement la tête.

-Tu crois que je pourrais le tuer de mes propres mains ? Ce serait peut-être trop dangereux vu ses origines.

-Enfin Alex, le raisonna la jeune fille. Tu dis n'importe quoi.

-Je sais, se plaignit-il. Ça me fait souffrir, c'est tout.

Liz posa une main sur l'épaule de son meilleur ami. De l'autre, elle lui attrapa le bras et fit glisser ses doigts entre les siens.

-Il faut que tu te reprennes. Un jour tu trouveras quelqu'un. Tu dois avant tout oublier Maria. Continue de la voir comme ta meilleure amie.

Alex lança ses bras dans le vide. Il n'avait plus envie de faire d'effort. Il se sentait dépérir.

-Je ne peux pas. Je ne vois qu'elle. Je l'aime.

-Non Alex, dit Liz serrant sa min plus fort. C'est dur mais tu dois te résigner.

-Je sais, admit-il. Crois moi, j'essaie. Je pense à elle vingt quatre heures sur vingt quatre. Je rêve d'elle toutes les nuits.

Les doigts de Liz se détachèrent doucement de ceux d'Alex. Sa main lâcha soudain totalement celle de son ami. Elle fixa la piste de danse. Son regard s'emplit de tristesse.

-Je ne peux pas m'empêcher, poursuivit-il. Je ne peux pas m'empêcher de ma dire que…

Il tint sa phrase en suspens constatant que Liz n'était plus attentive. Il la toisa un instant, dubitatif. Les yeux de la jeune adolescente étaient rivés sur Max et Tess qui dansaient. Le regard d'Alex fit des allé et venu de la piste de dans à son amie.

-Liz, tu vas bien ? lui demanda-t-il.

-Oh mon dieu, bafouilla-t-elle.

À travers les yeux de Liz, on pouvait voir la piste de danse. Tout semblait être normal. Tout le monde semblait aller très bien. Max riait au éclat. Il serrait fortement Tess dans ses bras. Il approcha alors doucement ses lèvres des siennes et l'embrassa doucement. Liz sentit son cœur se briser. Comment Max avait-il pu lui faire ça après tout ce qu'il avait dit ? Comment était-ce possible ?

-Liz, l'appela Alex dont la voix paraissait de plus en plus lointaine. Liz est-ce que tout va bien ?

La jeune fille perdit l'équilibre. Elle avait la tête qui tournait. Ses yeux voyaient de plus en plus flou. Elle ne pouvait pas croire ce qu'elle venait de apercevoir. Elle s'étendit sur le sol et perdit connaissance…

À suivre…

Comment Max a-t-il pu embrasser Tess ? Pourquoi l'a-t-il embrassé ? Quelque chose la dessous n'est pas clair mais quoi ?