Tous les personnages appartiennent à Stephenie Meyer, sauf ceux qui sont sortis de mon imagination.


Re-coucou !!!!!

Comme promis et vu que vous avez été super sages et sympas, voila la suite !!!!

Merci encore pour vos reviews !!!! ^_^

A dimanche prochain pour la suite !


Pour les anonymes :

Nat : Aïe, j'ai plus de tympans ! lol. Voilà la suite des retrouvailles entre Carlisle et Edward, j'espère que ce chapitre te plaira. Merci énormément pour ta review ! A bientôt !

Lunaa : Ouais, je sais, mon côté sadique c'est pleinement exprimé sur ce coup, sorry… Tu penses que Jasper va tenter un truc avec Edward ? Possible… En tout cas, j'espère que la suite te plaira. Merci beaucoup pour ta review et à bientôt !

Tifolitoi : Ouah ! Je suis plus que ravie de ton enthousiasme et comme tu le vois, la suite est en ligne, j'espère qu'elle te plaira ! C'est vrai que Carlisle a le cœur bien accroché, lol et heureusement pour nous ! Merci pour les renseignements concernant les horaires, mdr. Je vis en France et comme il ne fait pas beau, je suis rentrée plus tôt de mon repas de famille, donc la suite est en ligne avant 20h47 ! En tout cas, merci énormément pour ta review et à dimanche prochain pour la suite !

Catiuski : Non, mais c'est vrai, j'essaie de soigner mon côté sadique, bon c'est vrai j'ai pas trop de résultats… J'espère que je serais pardonnée avec la suite ????? *_* A bientôt, j'espère ! Bises.

Léo : Merci beaucoup !!!! J'espère que cette suite te plaira ! Merci énormément pour ta review ! Bonne soirée et à bientôt !

Sur ce :

Bonne lecture !!!!


Chapitre 3 : Confrontation

Carlisle retint un soupir d'agacement, il devait prendre sur lui et se calmer. Une opération en duo n'était pas évidente, chaque chirurgien avait sa technique, ses habitudes, et c'était encore plus difficile quand on ne connaissait pas son confrère. Le Docteur Marlow et lui se gênaient mutuellement, ils étaient pratiquement l'un sur l'autre car ils opéraient un enfant, ils se ralentissaient et mettaient en danger la vie du jeune garçon. Pourtant, Carlisle savait qu'il avait fait le bon choix, Elisabeth était la seule à pouvoir l'aider.

Le temps jouait contre eux, sa consœur semblait perdre patience lorsque leurs mains se frôlaient et il n'avait pas encore trouvé la cause de la légère hémorragie qu'il devait pourtant stopper ! Carlisle retira le bout de côte qui avait perforé le poumon, heureusement, seule une petite partie de l'organe avait été touchée, il allait pouvoir ôter la partie endommagée sans que cela n'ait un retentissement sur la vie de l'enfant. Il était en train de pratiquer la lobectomie pulmonaire quand quelqu'un entra dans le bloc. Il releva la tête lorsqu'il entendit la discussion entre le nouveau venu et le Docteur Marlow. L'homme qu'il identifia comme étant le fameux Docteur Darling prit la place d'Elisabeth. Bien qu'il meure d'envie de savoir le pourquoi de cet échange, il se concentra à nouveau sur l'intervention.

Tout en continuant à travailler, il jeta un rapide coup d'œil au travail du nouveau venu, ses gestes étaient précis, rapides et efficaces. Le Docteur Darling était en excellent chirurgien. Il reporta son attention sur la partie de poumon qu'il venait d'ôter lorsqu'il remarqua qu'ils ne se gênaient pas, son confrère semblait connaître ses gestes et s'écartait pour le laisser agir. Alors qu'il allait suturer et cautériser sa dissection, il remarqua un écoulement qui ne provenait pas de l'entaille qu'il avait faite. Un léger claquement de langue lui échappa, comment n'avait-il pas vu cette veine déchirée plus tôt ?!

Le médecin fut surpris de voir son collègue terminer rapidement son travail pour venir l'épauler. Il allait lui dire quoi faire, quand il vit avec stupeur le Docteur Darling se charger d'aspirer les résidus de sang et de tissus. Sans un mot, son collègue l'assista, anticipant chacun de ses gestes. Carlisle était troublé par la facilité avec laquelle ils se complétaient, s'aidaient, mais il y avait autre chose… Sa carrure, son odeur, sa présence, tout en lui, lui était familier. Pourquoi ce Darling lui rappelait-il autant son défunt amour ? Il secoua la tête, il se devait de garder ses idées claires, il était en pleine intervention !

Lorsqu'ils eurent enfin terminés, il poussa un discret soupir de soulagement, le petit Tim allait bien ! Discrètement, il observa le travail de son confrère qui était impeccable, il n'aurait pas mieux fait. Du coin de l'œil, il vit son confrère s'éloigner de la table. Ce dernier baissa rapidement la tête et s'empressa de sortir, pourtant, il avait eu le temps d'apercevoir ses yeux… Des yeux qui l'avaient interpellé, qui l'avaient fait frémir… Jamais, il ne pourrait oublier le vert émeraude si particulier de son regard. Le bruit des instruments sur le plateau chirurgical, le sortit de ses pensées. Décidément, ce médecin le troublait de plus en plus ce qui l'incita à le suivre, laissant le soin à son interne de terminer l'intervention, ce qu'elle s'empressa de faire le sourire aux lèvres. Il retrouva le Docteur Darling dans les vestiaires, il aperçut alors son autre interne et lui demanda d'aller rassurer les parents.

Alors qu'il allait enfin pouvoir se présenter à son confrère, il fut interrompu par l'arrivée des Docteurs Seymour et Marlow. Ces derniers les complimentèrent sur l'intervention, mais il ne les écoutait que d'une oreille distraite, toute son attention était dirigée vers le médecin qui lui tournait le dos. La ressemblance était troublante… Il repensa à sa voix lors de son entrée dans le bloc, ce n'était pas totalement la même, plus mûre, plus rauque… Sa carrure, l'émeraude de ses yeux… Autant de détails qui faisaient naître la confusion en lui, mais c'était impossible... Tout en ôtant son masque et sa cagoule, il ne pouvait le lâcher du regard, il sentait la chaleur quitter son visage. Il sursauta quand la porte s'ouvrit sur le Docteur Whitlock.

« -Nous sommes en retard, annonça Jasper en fixant le Docteur Darling, il faut y aller. Viens !

Il observa l'échange silencieux qui avait lieu entre les deux jeunes médecins. Le psychiatre semblait être prêt à faire sortir de force son ami. Il cherchait une explication à leur comportement, mais il cessa d'y réfléchir lorsque la voix de Darling résonna pour répondre au Directeur.

-Ce n'est pas aussi étonnant que ça Georges, dit-il tout en plantant son regard émeraude dans le sien bleuté qui vacilla, le Docteur Cullen a été mon résident durant mon internat.

Carlisle recula d'un pas, il dut s'adosser contre le mur car ses jambes ne le soutenaient plus.

-Edward ? Balbutia Carlisle surpris.

Le médecin sentit son sang se retirer de ses veines, une sueur froide coulait le long de son dos alors que le regard émeraude de son unique amour ne quittait pas le sien. Son cœur manqua un battement, il n'y avait plus cette lueur emplie d'amour qui brillait dans ses prunelles, seulement de la rage et une violente haine.

-Vous allez bien Docteur Cullen ? S'inquiéta Elisabeth en s'approchant de lui.

-Asseyez-vous, proposa le Directeur en le forçant à prendre place sur un siège, vous êtes pâle comme un linge.

-Il a raison, appuya Edward d'une voix froide, on dirait que tu as vu un fantôme !

Sur ces mots, son ancien interne quitta le vestiaire. Il vit que Jasper allait le suivre, mais le Docteur Marlow l'en empêcha en lui demandant d'aller chercher un verre de jus de fruit pour lui. Le psychiatre fit son possible pour conserver un visage neutre, mais il pouvait voir que ce dernier préfèrerait plutôt le lui lancer à la figure que le lui porter, pourtant, il obéit à leur consœur. Carlisle tenta de se débarrasser des deux autres médecins pendant son absence, il n'avait qu'une obsession : rejoindre Edward et s'expliquer avec lui, mais ils ne l'entendirent pas de cette oreille.

-Votre tension est basse, constata Elisabeth en ôtant le tensiomètre de son bras.

-Ce n'est rien, juste un petit malaise vagal.

-Tenez, dit Jasper en revenant et en lui tendant la boisson, maintenant, excusez-moi, mais j'ai un patient à voir.

Le médecin blond sortit rapidement du vestiaire, Carlisle était certain qu'il allait retrouver Edward. Ignorant où le jeune homme avait pu passer, il ne devait pas perdre Jasper de vue. Il allait se lever, mais fut retenu par le Docteur Seymour.

-Buvez, vous avez besoin de sucre. »

Sachant qu'il n'irait nulle part sans avoir obéit, Carlisle but d'un trait le verre de jus d'orange avant de sortir précipitamment du vestiaire malgré les protestations de ses deux confrères. Il se demanda où étaient passés les deux jeunes médecins lorsqu'il aperçut Jasper au bout du couloir en train de signer un formulaire à une infirmière.

Dès qu'il eut terminé, le blond s'élança dans les escaliers, Carlisle le suivit à distance, persuadé que sinon, il ne le laisserait pas venir. Après avoir grimpé plusieurs étages, il comprit que le psychiatre se rendait sur le toit de l'Hôpital. Une fois arrivé à destination, il hésita à franchir la porte, il avait tant de questions qui se bousculaient dans son esprit qu'il se sentait un peu étourdi.

Par ailleurs, la colère qu'il avait lue dans le regard de son ancien protégé lui annonçait que la discussion ne serait pas évidente. Inspirant profondément pour se donner du courage, il poussa la porte du toit, prenant garde à bien remettre la cale qui la maintenait ouverte. Il s'avança discrètement vers l'endroit où se tenaient les deux silhouettes.

« -Eteints-moi immédiatement cette cigarette ! Hurlait Jasper.

-Va te faire foutre, Jazz ! Répliqua Edward en portant la cigarette à sa bouche.

-Putain, tu sais que t'es vraiment con parfois ?! Tu l'as eu où ton diplôme de médecine dans une pochette surprise ?

-Tu y'as réfléchi longtemps à celle-là ?! Répliqua son ancien interne.

Avec une lueur de défi dans le regard, qu'il lui connaissait bien, Edward aspira une nouvelle bouffée de nicotine avant de souffler la fumée au visage du psy. Jasper ouvrit la bouche pour l'engueuler, mais il se tut et l'inquiétude se peignit sur son visage quand Edward se mit à tousser. L'angoisse le gagna à son tour quand il vit que son amour cherchait son souffle.

-Edward ? Appela Carlisle en les rejoignant. Edward, assieds-toi.

-Fous… Fous-moi… la paix ! Haleta le jeune homme.

-Tais-toi et obéit ! Gronda Carlisle en l'obligeant à s'asseoir. Mets ta tête entre tes jambes !

Carlisle laissa ses doigts parcourir le dos du médecin en un geste lent pour guider sa respiration. Seulement, son ancien interne s'échappa de son étreinte et chancela vers Jasper qui s'agenouilla près de lui.

-Vous n'avez pas compris ce qu'il vous a dit ! Laissez-le ! Ordonna Jasper en le repoussant.

-Il va mal ! Je peux l'aider contrairement à vous !

Les deux hommes se défièrent du regard, aucun ne souhaitait laisser Edward à l'autre. La respiration sifflante de son ancien interne le ramena brutalement à la réalité, lui ainsi que Jasper qui sortit un aérosol de sa poche.

-Vous pouviez pas le sortir plus tôt ! S'énerva Carlisle en fusillant le blond du regard.

-Oh, la ferme ! Grogna Jasper en mettant l'embout dans la bouche de son ancien amant.

Ce simple geste réveilla le monstre de la jalousie qui était en lui, ces deux là paraissaient proches, très proches. La main de Jasper caressait tendrement le dos d'Edward pendant que ce dernier avait la tête posée contre son épaule. Cette image déchira son cœur.

-Ca va, déclara Edward qui retrouvait une respiration normale.

-Doucement, murmura Jasper en l'aidant à se relever.

-Comment te sens-tu ? Interrogea Carlisle toujours inquiet.

-Tu peux nous laisser ? Demanda Edward au psychiatre.

-Je ne pense pas que ce soit une bonne idée, répliqua le blond en le fixant d'un air mauvais.

-Tout va bien se passer, Jasper, je te rejoints dans quelques minutes, assura son ancien interne.

-Ok, acquiesça le psychiatre, mais tu me donnes ton paquet de clopes !

-Non !

-Donne-le moi !

Carlisle les regardait se disputer, une dispute de couple qui déchira ses entrailles. Le blond enfouit sa tête dans le cou d'Edward pour lui murmurer quelques mots à l'oreille tout en plongeant sa main dans la poche de la blouse du médecin pour prendre son paquet de cigarettes.

-Cinq minutes et pas une de plus, lança-t-il en regardant tendrement Edward avant de se tourner vers lui pour lui lancer un regard noir.

Jasper regagna l'intérieur de l'Hôpital les laissant seuls. Carlisle fit un pas dans la direction de son ancien amant qui lui tournait toujours le dos, il posa sa main sur son épaule, mais une nouvelle fois, Edward le repoussa brutalement.

-Ed…

-Non ! Le coupa-t-il. Tais-toi et réponds à ma question ! Comptes-tu partir ?

-Quoi ?

-Comptes-tu changer de service ? Ou mieux, démissionner ? Va te faire embaucher ailleurs ! Pourquoi ?! Pourquoi sur tous les Hôpitaux qui peuplent les Etats-Unis es-tu venu ici ?! S'emporta-t-il.

-Calme-toi, Edward, ce n'est pas bon pour toi.

-Ne me dis pas ce qui est bon pour moi ! Alors ! J'attends toujours ta réponse !

-Je ne compte pas partir, pas maintenant que je t'ai retrouvé, ajouta Carlisle dans un murmure.

-Tu m'as retrouvé ?! Arrête ça ! Arrête immédiatement !

-Edward, j'ai cru… Je suis désolé de ce qui est arrivé. Je…

-La ferme ! Je t'interdis de reparler de ça ! Je ne veux plus en entendre parler ! C'est compris ?

-Pardonne-moi… Je croyais que tu étais mort, tu ne respirais plus, ton cœur ne battait plus… Comment ? Comment est-ce possible que tu sois en vie ?

-Cela te dérange tant que ça ?!

-Comment peux-tu dire ça ? Je t'aimais ! Je t'aime…

-Tais-toi ! Tu n'as pas le droit de dire ça ! Je… Je…, bafouilla Edward alors que sa respiration devenait à nouveau erratique. Comment… Comment oses…. Comment oses-tu ?!

-Edward…

-Non ! Ca suffit ! Ecoute, si tu veux rester : très bien ! Mais il y a une condition et ce n'est pas négociable.

-Edward, s'il-te-plaît…

-Non ! Tant que nous serons au travail, nous serons courtois et de bons collègues, mais juste des collègues, compris ?

-D'accord, accepta Carlisle car il savait qu'il n'avait pas le choix.

-Des collègues, Carlisle, nous ne sommes que ça l'un pour l'autre et si jamais on venait à se croiser en dehors de ces murs, tu n'existeras pas à mes yeux ! Mets-toi bien ça dans la tête !

-Edward, je t'en supplie, laisse-moi une chance de m'expliquer, s'il-te-plaît !

-Cette discussion est terminée ! Cingla Edward. Acceptes-tu mes conditions ?

-Que se passera-t-il si je les refuse ? Tenta Carlisle.

-Alors, c'est moi qui partirais.

-Non ! S'écria-t-il aussitôt ne supportant pas l'idée de le perdre à nouveau.

-J'ai été très clair, Carlisle, que des collègues rien de plus ! Et si tu fais un geste ou dit une parole de trop, je me barre !

-C'est compris, acquiesça le médecin, nous ne serons que des collègues, je t'éviterais si je te croise dans la rue, je ferais attention à mes gestes ainsi qu'à mes paroles.

-Parfait, alors, bienvenue au Memorial Hospital, Docteur Cullen !

Edward tourna aussitôt les talons pour rentrer dans le bâtiment. Néanmoins, Carlisle ne pouvait se résoudre à le laisser partir ainsi.

-Edward ! L'interpella-t-il, le jeune homme stoppa ses pas, mais ne se retourna pas. Je sais que tu me hais, que tu es en colère et tu as toutes les raisons du monde de l'être. Cependant, j'attendrais… J'attendrais que tu veuilles bien m'écouter et sache que malgré le temps, je t'aime toujours. »

Edward laissa échapper un ricanement avant de rentrer dans le bâtiment. Carlisle resta un instant seul. Tout son univers venait de basculer. Edward était vivant ! Comment était-ce possible ? Il était mort. Il se rappelait très bien que ses doigts tremblant s'étaient posés sur son cou, il n'y avait plus de pouls. Son torse ne se soulevait plus au rythme de sa respiration, aucun souffle ne sortait de ses lèvres mi-closes. Et tout ce sang… Son sang qui maculait les draps blancs… Comment avait-il pu survivre ? Que s'était-il passé après qu'il ait perdu connaissance ?

Une multitude de questions se bousculaient dans son esprit, mais il devait se rendre à l'évidence, Edward, son unique amour, était bel et bien vivant. Cette certitude ôta un poids qui comprimait sa poitrine et même si son ancien interne semblait le détester, il ferait tout pour le faire changer d'avis à son sujet, à leur sujet. Il savait que cela ne serait pas simple, il savait aussi qu'il n'en avait peut-être pas le droit, après tout, Edward était avec Jasper... Il suffisait de voir la manière dont le psychiatre observait son ancien amant pour voir à quel point il tenait à lui. Les gestes tendres qu'ils avaient l'un pour l'autre étaient tout aussi évocateurs et puis, lui aussi était en couple avec Eléazar…

Eléazar, une rage sans nom l'envahit soudain à l'évocation de son compagnon. Pourquoi Eléazar n'avait-il rien dit ? Il devait forcément savoir qu'Edward était en vie ! Pourquoi le lui avait-il caché ?! D'un geste furieux, il prit son téléphone qui se trouvait dans sa poche et composa le numéro de son amant. Il fulmina lorsqu'il tomba sur sa messagerie. Carlisle se retint de lui laisser un message empli de reproches, de colère, non, il valait mieux qu'il lui dise en face ce qu'il avait sur le cœur. Il raccrocha et rejoignit le service des urgences.


Eléazar ralluma son téléphone dès qu'il sortit de la réunion qui avait occupé une partie de son après-midi, il fut surpris lorsqu'il vit que son compagnon avait tenté de le joindre. Il composa le numéro de son répondeur, mais il n'y avait pas de message. Cependant, il pouvait entendre la respiration saccadée de Carlisle avant que ce dernier ne lâche un juron en raccrochant. Que se passait-il ? Cela ne ressemblait pas à son amant, d'ailleurs, le comportement de ce dernier était étrange, Carlisle semblait tellement en colère. Que lui arrivait-il ? Il devait bien admettre que ces derniers temps, il avait été moins présent à cause de son travail.

Sa journée étant terminée, l'agent du FBI salua ses collègues bien décidé à profiter de sa soirée, il allait emmener Carlisle au restaurant, puis, ils passeraient la soirée blottis l'un contre l'autre. Ravi de ce programme, il monta dans sa voiture pour rejoindre le Memorial Hospital, il allait lui faire une surprise et passer le prendre à son travail. Eléazar pesta contre les bouchons qui l'empêchaient de rejoindre rapidement son amant, cependant, il en profita pour réserver une table dans un restaurant romantique. Il raccrocha satisfait et reporta son attention sur la circulation qui semblait un peu plus fluide, néanmoins, il se perdit dans ses souvenirs.

Ses pensées dérivèrent vers le gamin, il était tellement jeune, comment Carlisle avait-il pu tomber amoureux d'un gosse ?! Ils avaient presque dix ans d'écart ! Il n'avait jamais compris cet amour insensé que son compagnon lui vouait, car, il n'était pas dupe, Carlisle aimait toujours son ancien interne. Parfois, quand son blond amant dormait, il s'agitait dans son sommeil et c'était toujours son prénom qu'il appelait, jamais le sien. Eléazar se rassura en se disant qu'ils n'avaient partagé qu'une nuit, une seule et unique nuit, c'était la culpabilité qui hantait Carlisle, une culpabilité que son amant confondait avec un sentiment bien plus grand. Carlisle était à lui, il ne devait pas l'oublier, c'était lui qui partageait ses jours et ses nuits et non le gosse !

Un sourire éclaira son visage lorsqu'il put enfin accéder au parking de l'Hôpital. Il gara sa voiture et se dépêcha de rejoindre l'accueil des urgences. L'agent du FBI observa un instant le service, voyant s'il apercevait son compagnon. Il se dirigea vers un comptoir où un médecin et des infirmières discutaient.

« -Bonsoir, Mesdames, les salua-t-il.

-Bonsoir, répondit le médecin, pouvons-nous vous aider ?

-Oui, je cherche le Docteur Carlisle Cullen.

-Carlisle ? Je ne l'ai pas vu depuis son malaise. Les filles ?

-Son malaise ? S'inquiéta Eléazar.

-Oui, mais il avait l'air d'aller mieux quand il s'est éclipsé du vestiaire.

-Je crois l'avoir aperçu en salle de suture, se rappela l'une des infirmières, je vais voir.

-Merci, murmura-t-il préoccupé par l'état de santé de son amant.

-Carlisle est-il surmené ou en état de stress ces derniers temps ? L'interrogea le médecin. Je vous demande cela parce que vous êtes …. ? Son ami ?

-Un ami ? S'amusa Eléazar en voyant l'air soudain gêné du médecin. Seriez-vous en train d'essayer de savoir quelle est ma place dans la vie de Carlisle ?

-Je…

-Eléazar ! Appela Carlisle en interrompant leur conversation. Qu'est que tu fais là ?!

-Quel accueil ! Moi qui voulais te faire une surprise et t'inviter au restaurant, se lamenta Eléazar tout en tendant une main vers lui, mais Carlisle l'évita.

-J'ai presque terminé, dit le médecin en rangeant un dossier et en fuyant son regard.

-Et où emmenez-vous dîner ce cher Carlisle ? Questionna le médecin.

-Je suis sûre que la réponse n'est pas intéressante, Elisabeth, coupa Carlisle pour mettre un terme à la conservation.

-Un restaurant romantique, non ? Lança une voix qui le fit frémir.

Eléazar vit le visage de son compagnon blêmir, une lueur de tristesse brûlait dans ses prunelles alors qu'il fixait la personne qui se trouvait derrière lui. Lentement, il se retourna et croisa un regard émeraude qu'il ne pensait jamais revoir.

-N'est-ce pas, Eléazar ? Poursuivit Edward imperturbable. Une soirée romantique avant que vous ne partagiez un dessert dans votre bel appartement… Bref, une parfaite petite soirée entre amoureux !

La voix cinglante d'Edward le mit en colère, il avait entendu la légère plainte qui avait échappé à son compagnon. Quant aux autres personnes présentes, elles les observaient avec attention. L'ancien interne de son amant allait ouvrir la bouche, mais un jeune homme blond les rejoignit et passa un bras possessif autour de sa taille.

-Allez, viens, on va être en retard.

-Je n'ai pas…

-Oh, si tu as terminé, grogna le blond. Bonsoir tout le monde. »

Sur ces mots, il entraîna le jeune Masen à l'extérieur. Ce dernier se laissa faire et passa un bras autour des épaules du blond. Eléazar observa la scène avec attention, Carlisle ne quittait pas les deux jeunes gens du regard, la tristesse et la jalousie se lisaient dans ses yeux. Lorsque les portes se refermèrent sur le couple, Carlisle se tourna lentement vers lui, la colère luisait maintenant dans ses prunelles. Il pouvait dire adieu au restaurant, la soirée allait être beaucoup moins plaisante qu'il ne l'avait imaginé.


La mort dans l'âme, Carlisle regarda Edward et Jasper quitter le service, bras dessus, bras dessous. Cependant, la colère vint se mélanger à la tristesse quand il croisa le regard d'Eléazar. Tout en affichant un air aussi serein qu'il le pouvait, il souhaita une bonne soirée à toute l'équipe et suivit son compagnon à l'extérieur. Sans un mot, ils gagnèrent la voiture d'Eléazar où il prit place. Alors qu'il allait démarrer le véhicule, l'agent se tourna vers lui, mais Carlisle le fit taire d'un regard, ce n'était ni le lieu, ni le moment. Il avait besoin de temps pour s'éclaircir les idées et se calmer un peu, sinon, il risquait de se laisser emporter par la colère.

Ils arrivèrent rapidement au garage de leur résidence, Eléazar gara leur véhicule et il sortit sans l'attendre. Il entrait dans la cabine de l'ascenseur lorsque son compagnon le rejoignit. Carlisle appuya sur le bouton de leur étage avant d'aller se blottir dans un coin de la cabine mettant le plus de distance possible entre eux deux. Eléazar soupira avant d'esquisser un geste vers lui, mais il fut arrêté par l'ouverture des portes de l'ascenseur, leur voisine entra et ils la saluèrent.

L'ambiance pesante qui régnait entre eux ne les quitta pas lorsqu'ils entrèrent dans leur appartement. Pour une fois, Carlisle jeta sa sacoche et sa veste sur le canapé. Il se dirigea directement vers le bar et se servit un scotch qu'il avala rapidement avant de se resservir.

« -Carl…

-Tais-toi ! Le coupa Carlisle.

D'un geste nerveux, il traversa l'appartement avant de se poster devant la baie vitrée. Il avala une nouvelle gorgée d'alcool pendant que son compagnon se servait à son tour.

-Tu le savais ? Demanda-t-il soudain. Oui, bien sûr que tu le savais ! Pourquoi ne m'as-tu pas dit qu'il avait survécu ? Pourquoi m'avoir laissé dans l'ignorance ? De quel droit as-tu fait ça ?!

-Carlisle, je suis désolé, je…

-Je me fiche de tes excuses, je n'en veux pas ! Quand vas-tu enfin te décider à être honnête ?! Je veux la vérité, Eléazar, je pense que tu me dois bien ça !

D'un geste las, son compagnon acquiesça de la tête avant de se laisser tomber sur le canapé. Il semblait épuisé, mais Carlisle s'en moquait. A cet instant, il ne voulait qu'une seule chose : des réponses !

-Quand nous sommes arrivés chez toi cette nuit-là, j'étais mort de peur surtout après avoir vu le garde mort. Lorsque je t'ai vu dans ce lit avec tout ce sang… Je… J'ai… J'ai été tellement soulagé quand j'ai vu que ce n'était pas le tien, je…

-Viens-en au fait ! Cria-t-il.

-Tu ne voulais pas le lâcher… Les secouristes qui étaient avec moi ont dû te donner un tranquillisant pour pouvoir s'occuper de lui. J'ai entendu l'un des infirmiers dire qu'il était mort, mais le médecin a décidé de tenter le tout pour le tout car il était jeune. Nous étions en train de t'évacuer hors de la chambre… Ils avaient tous laissé tomber, sauf le médecin qui s'acharnait sur Edward... Soudain, son cœur est reparti.

-Il était mort, ne put s'empêcher de murmurer Carlisle.

-Oui, pendant quelques minutes, convint Eléazar, cependant, son état était critique, il avait perdu énormément de sang et avait besoin de soins urgents. Il a été évacué par hélicoptère pendant que nous t'emmenions en lieu sûr.

-Pourquoi ne m'avoir pas dit qu'il était vivant ? Accusa-t-il. Tu aurais pu me le dire avant que je ne…

Sa voix mourut alors qu'il repensait au geste qu'il avait eu dans la salle de bain. Le regard d'Eléazar s'était lui aussi voilé, s'il n'était pas entré rapidement dans la salle de bain ce jour-là, il ne serait plus là aujourd'hui.

-Alors ? S'impatienta Carlisle.

-Son état était critique… Il a fait plusieurs arrêts cardiaques et respiratoires… Les médecins ne pensaient pas qu'il allait survivre et même s'il survivait, il risquait des séquelles importantes du point de vue neurologique.

-Ce qui ne semble absolument pas le cas ! Cingla la voix de Carlisle.

-Son état était toujours critique lorsque tu es parti pour l'Afrique, il est ensuite resté dans le coma pendant 3 mois. Quand il s'est réveillé, les médecins ont été surpris, ses capacités étaient intactes.

-Pourquoi ? Pourquoi ne pas m'avoir dit à ce moment-là qu'il était vivant ?!

-Ce que je vais te dire… Je… Carlisle, je suis désolé…

-Réponds-moi !

-Je suis allé le voir quelques semaines après son réveil. Je…, soupira Eléazar en le regardant avec compassion, je lui ai dit que tu étais parti, mais que j'allais te prévenir, mais…

-Mais ?

-Il ne voulait plus te voir, Carlisle, confessa son compagnon alors que ses jambes le lâchaient.

Eléazar se précipita vers lui, mais il le repoussa et s'assit dans un fauteuil. Il sentit la main de son compagnon effleurer ses cheveux avant qu'il ne reprenne la parole.

-Je lui ai expliqué la situation, qui tu étais… J'ai essayé de lui faire comprendre que tout cela n'était pas de ta faute, mais il…

-Ne le critique pas ! J'aurais dû lui parler… J'aurais dû…

-Carlisle, ce n'était que l'histoire d'une nuit.

-Quoi ?

-Il… Edward éprouvait du désir pour toi… Tu étais un fantasme… Le résident et son interne… Vous vous désiriez, vous avez assouvi votre pulsion.

-C'est faux, on s'aimait, on…

-Carlisle ! Réveille-toi ! Pardonne-moi de te le dire ainsi mais ce n'est qu'un coup d'un soir ! Du moins, pour lui…

-Je ne te crois pas !

-Il me l'a dit ! Réfléchis ! Il est furieux après toi, non ? Il ne veut plus te voir ? N'est-ce pas ? Crois-tu que s'il t'aimait, comme tu le penses, il n'aurait pas accepté de t'écouter. Carlisle, mon amour, la culpabilité te ronge, tes sentiments sont confus, tu es perdu. Ouvre les yeux, ta culpabilité t'as fait idéaliser une simple partie de jambe en l'air !

Les paroles d'Eléazar résonnaient dans sa tête, blessantes, mais pourtant réalistes. Ses mains tremblantes laissèrent tomber son verre qui se brisa sur le parquet.

-Je suis là, mon amour, murmura Eléazar en l'étreignant.

-Laisse-moi.

-Non, contrairement à lui, je ne t'abandonnerai pas ! Je suis navré, j'aurais dû te dire la vérité, mais tu avais fait ton deuil, tu réapprenais à vivre. Je ne voulais pas te voir sombrer à nouveau. Je sais que tu ne me pardonneras peut-être pas, mais je t'en prie, essaie de comprendre.

-J'ai besoin de temps, balbutia-t-il.

-Oui, bien sûr. Veux-tu que je te prépare quelque chose à manger ?

-Non, je… Je suis fatigué. »

Eléazar acquiesça et l'aida à se lever. Carlisle ne le repoussa pas. Il le laissa l'aider à s'allonger sur leur lit. Les mains de son compagnon le déshabillèrent avec douceur et l'aidèrent à se glisser sous la couette. Carlisle se roula en boule. Tout se mélangeait dans son esprit. Des souvenirs lui revenaient en mémoire, des souvenirs de Forks, Edward souriant aux infirmières, Edward qui rejoignait des jeunes femmes lors de sa sortie du service, les rumeurs sur ses nombreuses conquêtes… Cependant, il avait été son premier amant, Edward lui avait offert sa virginité. Cela ne signifiait-il rien ? Edward avait-il seulement voulu assouvir son désir pour lui ? Tenter une nouvelle expérience ? Des larmes coulèrent le long de ses joues alors qu'il essayait d'atteindre un sommeil, qu'il l'espérait, chasserait la douleur qui l'étreignait.


Eléazar resta un long moment assit sur le rebord du lit. Il pouvait sentir la détresse de son compagnon, il aurait aimé le prendre dans ses bras, le consoler, essuyer ses larmes, mais il savait que Carlisle le repousserait. Une heure passa avant que la respiration de son amant ne devienne calme, il n'entendait plus ses sanglots, il s'était enfin endormi.

Discrètement, il sortit de leur chambre. Une fois dans le salon, il se servit un verre de scotch avant d'attraper son téléphone portable. Pour être certain que Carlisle ne le surprenne pas, il sortit sur le balcon du salon et referma prudemment la baie vitrée derrière lui. Il chercha dans son répertoire le numéro de son collègue, il était furieux et l'agent Pierce allait entendre parler de lui !

« -Pierce, décrocha son collègue.

-Salut, c'est Denali.

-Denali, que me vaut l'honneur ? Demanda Pierce d'une voix froide, ce n'était un secret pour personne qu'ils ne s'appréciaient pas.

-Je peux savoir pourquoi tu ne m'as pas dit que Masen était à New York ?! Cracha-t-il.

-Masen ? Fit mine de réfléchir son collègue. Tu me parles du Docteur Edward Masen ?

-Oui ! Gronda Eléazar. Quand je t'ai appelé d'Afrique, tu m'as dit qu'il était à Toronto !

-J'ai dit ça ?

-Pierce !

-Oh, tu as cru qu'il exerçait là-bas ? Je suis désolé, il y'était seulement pour quelques jours, pour un congrès je crois… »

D'un geste furieux, Eléazar raccrocha son téléphone tout en maudissant son collègue. Il inspira profondément pour tenter de se calmer, après tout, rien n'était perdu. Carlisle était fragile, il avait vu son regard hésitant, il avait réussi à semer le doute dans son esprit. Il ne lui restait plus qu'à entretenir cette petite flamme et bientôt le Docteur Masen ne serait plus un danger.