Bonjour à tous ! Voici mon nouveau chapitre, et désolée pour l'attente ... Il est assez court mais j'avoue qu'en ce moment, je suis prise avec mon stage, mes candidatures de master et tout le toutim étudiant (certains comprendront... ). J'espère poster le prochain avec moins de délai.
Je souhaitais juste remercier tous mes lecteurs et mes lectrices qui m'accordent de leur temps pour me poster des petites reviews gentilles qui me font ÉNORMÉMENT plaisir ! Merci donc à Clelia Kerlais avec qui j'adore discuter et dont j'admire beaucoup le travail (si vous aimez le Johnlock, son profil regorge de petites perles littéraires !), ainsi qu'à Grenouillesal, loveyaoi15 et Miranda Frost pour leur soutien, leurs petits mots et leurs follows !
J'ai hâte d'avoir vos avis sur les prochains chapitres et vous envoie du love ! Vive Brotzly !

John.


- Dirk, tu...

- Non, je n'ai moi-même pas été très honnête avec toi, le coupa-t-il avec empressement. À propos de certaines choses...

- Si tu parles du fait de ne m'avoir rien dit à propos de la boucle temporelle, je t'ai déjà pardonné, tu sais, répondit Todd un petit sourire en coin.

- Non, je... Il n'y a pas que ça...

Dirk sentit son coeur se serrer davantage. Ses mains devenaient moites et il détestait ça. Il allait le faire, iI fallait qu'il le fasse. Cela faisait aussi partie de son devoir et il se devait de lui dire la vérité. C'était ce que les meilleurs amis faisaient, n'est-ce pas ? Tout se dire, ne pas avoir de secrets l'un pour l'autre. De son côté, Todd commençait à s'inquiéter. Il ne comprenait pas vraiment où le détective voulait en venir, et il s'attendait au pire ... Avec Dirk, tout était possible.

- De quoi tu parles ?

- Tu sais, j'ai été seul pendant longtemps et je ne suis pas très doué avec les sentiments... Mais puisque que ça te concerne, je pense qu'il vaut mieux que je te dise la vérité.

- D'accord... répondit Todd un peu méfiant. Je t'écoute.

Dirk inspira un grand coup. Il avait l'impression d'être au bord d'une falaise, à contempler le vide au dessous de lui avec peur et appréhension. Pourtant, sauter était sa seule option. Il n'avait jamais imaginé qu'avouer ses sentiments serait si difficile.

Alors qu'il prenait son inspiration pour se délester de ce qu'il avait sur le cœur, un bruit sourd suivi d'un claquement sonore le fit sursauter et le coupa dans son élan. Il tourna la tête vers la fenêtre et crut halluciner pendant quelques secondes. Il se vit lui-même vêtu de sa veste en cuir bleue, agrippé au rebord du mur, avant qu'une silhouette ressemblant fortement à celle de Todd ne lui saute littéralement dessus et le bouscule hors de son champ de vision. Il venait d'avaler quelques bières oui, mais ne se sentait pas ivre à ce point. Tout s'était passé si vite qu'il croyait avoir tout imaginé. Pourtant, le petit réveil argenté posé en dessous de la fenêtre était bien tombé et reposait désormais couché sur le haut du guéridon, le cadran tourné vers le plafond. Il ne se souvenait même pas d'où provenait cet objet... Une autre de ses trouvailles de détective, sans doute.

Todd, qui était toujours assis en face de lui sur le canapé, tourna la tête vers la fenêtre mais tout avait déjà disparu.

- Bordel, c'était quoi ça ? s'exclama-t-il, stupéfait.

- Euh, je... c'était... bredouillait Dirk, désespérément à la recherche d'une excuse aussi plausible que possible. C'était mon chat, je crois.

Il se leva avant que Todd n'en ait l'idée et se dirigea vers la fenêtre, toujours entrouverte. Le mensonge délibéré n'était pas son fort, et Dirk se faisait violence pour maintenir une expression neutre. Mais ses lèvres retroussées et ses yeux plissés en une grimace très « Dirkienne » firent douter Todd.

- Ton chat ? Tu veux dire, celui de l'enquête ? Le "chat-requin" ? s'enquit ce dernier.

- Je crois que oui... marmonna l'autre. Il était noir en tout cas.

- Dirk, des chats noirs il y en a des dizaines aux alentours. Ça pourrait être n'importe quel chat.

Le détective fit mine de guetter dehors un instant pour mieux dissimuler son trouble, avant de refermer brusquement la battant de la fenêtre en un fracas théâtral qui fit presque sursauter Todd.

- Il est parti de toute façon, dit-il comme pour clore la conversation.

Il ne savait pas vraiment pourquoi il cachait la vérité à son ami. Un pressentiment, sans doute. Dans tous les cas, il ne voulait pas l'embarquer dans quoique ce soit de dangereux et préférait démêler cette histoire tout seul. Pour commencer, du moins. Une fois qu'il en saurait un peu plus sur tout ça, il en parlerait à Todd. En attendant, il fallait qu'il trouve un moyen pour le distraire et l'éloigner un moment...

- Pourtant, on l'avait donné au FBI après l'enquête non ? ajouta Todd d'un ton assuré. Je ne crois pas qu'ils aient retrouvé le requin en question alors ils ne l'auraient sûrement pas laissé filer. Ce chaton est une arme, Dirk.

- Justement ! s'exclama le détective. Et si c'était bien ce chat, hein ? Ça pourrait être très dangereux et... il vaudrait mieux le retrouver avant qu'un malheur n'arrive ?

- Alors quoi, tu veux aller le retrouver toi-même à neuf heures du soir ? répondit Todd comme si son ami perdait totalement la tête. Ce qui était vrai, en un sens.

- Oui, il faut qu'on aille le retrouver, j'ai un pressentiment Todd !

- De un, il fait nuit dehors et de deux, on ne pourrait pas juste appeler quelqu'un du FBI demain pour s'assurer que le chat est toujours là-bas ?

- Non Todd, il faut y aller maintenant, déclara Dirk en attrapant ses clés. Je fais une ronde à Springborough et toi tu fais le quartier d'à côté, ok ?

- Attends, t'es vraiment sérieux ?

- Je vais commencer par aller voir du côté de la fenêtre et de l'escalier de secours. Toi, tu prends les clés et tu guettes les alentours. On se rejoint ici.

Le détective lui fourra les clés dans la main et lui fit son plus beau sourire avant de se diriger à nouveau vers la fenêtre du salon. Todd, de son côté, pestait contre lui et l'insultait de tous les noms en regagnant la porte d'entrée. Dirk se sentait coupable de le mener ainsi en bateau mais il avait le sentiment qu'il devait d'abord éclaircir toute cette histoire avant de lui en parler. Ou peut-être était-ce juste un reste de sa fâcheuse habitude d'enquêter seul...

D'ailleurs, il en avait presque oublié sa confession, et Todd ne semblait pas non plus se souvenir qu'il fût sur le point de lui révéler quelque chose d'important. Pas que cela lui déplaisait, en fait, il était même plutôt soulagé. Le claquement de la porte d'entrée le tira de ses pensées brusquement.

Désormais, Dirk se retrouvait seul devant la fenêtre guillotine encore fermée, et prit une grande inspiration avant de l'ouvrir et de s'y glisser comme un félin. Il faillit trébucher et tomber la tête la première sur le sol bétonné du balcon mais se réceptionna tant bien que mal sur ses deux pieds. Lorsqu'il fût enfin stable, il se tourna vers le duo infernal qui lui faisait face et le dévisageait d'un air ahuri, comme pris en flagrant délit.

- Todd ! lança-t-il sans savoir pourquoi.

L'Autre Todd lui jeta un regard interloqué et méfiant qui lui donnait l'air d'un petit animal apeuré. À cette vue, Dirk se sentit fondre un instant puis se força à reprendre contenance. Finalement, ce Todd n'était pas si différent de celui qui l'avait quitté plus tôt, si ce n'est que ses vêtements n'étaient pas les mêmes. Un t-shirt au motif marinière ainsi qu'une veste en jean bleu clair avaient remplacé la chemise à carreaux que Dirk aimait tant. Il ne lui semblait pas avoir déjà vu ce vêtement auparavant, ce qui lui donnait un premier indice les concernant : ces versions alternatives d'eux mêmes venaient sans doute du futur. Il s'auto-félicita mentalement pour cette déduction bien placée.

- Et... moi-même, ajouta-t-il en jetant un œil en direction de son Autre Lui, qui ne paraissait pas très à l'aise dans cette situation.

Dirk savait exactement à quoi il pensait en ce moment même puisque lui aussi ressentait cette gêne. Malgré leur première enquête, il n'était toujours pas habitué à se voir autre part que dans le reflet d'un miroir. C'était une expérience qui lui était à chaque fois étrange et déroutante...

- Qu'est-ce que... pourquoi vous êtes là ? demanda Dirk, parvenant enfin à formuler sa question.

Les deux autres se regardèrent et il y eut un moment de flottement. L'Autre Dirk ouvrit la bouche pour lui répondre mais Todd le devança.

- Nous sommes ici car Dirk a eu un pressentiment à propos de l'enquête, déclara-t-il. Celle du cheval.

L'Autre Dirk acquiesça frénétiquement à cette affirmation, bien qu'il semblait toujours préoccupé par quelque chose. Ses sourcils froncés et sa moue inquiète le trahissaient.

- Hm d'accord, répondit Dirk l'air perplexe. Mais pourquoi devant la fenêtre de mon appartement ?

- Demande à toi-même, soupira l'Autre Todd en pointant son meilleur ami du doigt.

Il tourna la tête en direction de son double qui rêvassait toujours à quelque affaire, les yeux dans le vide. Lorsqu'il réalisa que c'était à son tour de parler, il eut un petit sursaut et mit quelques instant à trouver ses mots.

- Eh bien, commença-t-il, sûrement pour retrouver le... cavalier. Oui, le cavalier.

Il haussa les épaules devant l'air dubitatif de ses deux interlocuteurs.

- Le cavalier ? demanda Dirk.

- Oui, celui de la fenêtre.

- La fenêtre... de la salle de bain ?

- Non, enfin oui, peut-être, bredouilla l'Autre Dirk. La fenêtre de la salle de bain, dans laquelle une fenêtre temporelle a pu se matérialiser, et par laquelle le cheval est sans doute arrivé. Dans la salle de bain. Avec son cavalier.

Dirk resta interdit devant lui-même, les yeux plissés et les lèvres pincées, en pleine réflexion à ce puzzle qui s'offrait à lui. L'Autre Todd levait les yeux au ciel, exaspéré par l'attitude du détective faisant mine de comprendre et d'analyser les faits à la manière d'un investigateur éclairé, quand lui-même n'avait rien compris.

- Des pistes pour le cavalier ? poursuivit Dirk comme s'il s'adressait à un client.

- J'ai des raisons de croire qu'il vient d'une autre dimension, ou peut-être d'une autre planète mais -

- Attends, tu as vraiment compris quelque chose à tout ça ou tu fais semblant ? l'interrompit l'Autre Todd en s'adressant au Dirk du passé. Parce que j'ai du mal à savoir en quoi aller nous rendre visite à nous-mêmes pourrait nous aider à résoudre cette enquête. Je suis fatigué et je crois qu'on perd notre temps, Dirk.

L'Autre Dirk semblait complètement perdu, entre les questions de son double et les plaintes de son meilleur ami, il ne savait plus où donner de la tête. De plus, il n'avait aucune réponse à ces questions. Ce point pouvait s'avérer vraiment relaxant la plupart du temps, puisque Dirk ne savait jamais rien.

Du moins, pas avant que les indices s'assemblent d'eux-mêmes sur fond de coïncidences fortuites. Mais là encore, il n'avait pas assez de recul sur l'enquête et la situation actuelle pour démêler toute cette histoire. Pour une fois, il aurait aimé savoir. Ne serait-ce qu'un peu.

- Je... Ce n'est pas comme ça que ça marche, Todd, lança-t-il, j'ai besoin de plus de signes et d'indices. Mais pour l'instant, je suis mes instincts et si nous sommes ici c'est que quelque chose d'important va se produire, alors je propose donc... qu'on attende ici jusqu'à ce que quelque chose arrive !

Il venait de s'exprimer avec tant de véhémence que l'Autre Todd resta pantois un instant, avant de pousser un énième soupir exaspéré. Il savait bien ce que holistique signifiait et ce que les méthodes de Dirk impliquaient. Mais passer sa soirée dans le froid à attendre qu'un signe de l'Univers se montre comme par magie ne l'enchantait pas plus que ça.

- On l'a déjà vécu tout ça, Dirk. Si quelque chose d'important était arrivé, on l'aurait vu.

- Justement, je n'arrive pas à me souvenir de ce qu'il s'est passé ce soir là... Quelque chose cloche, Todd.

- On a juste passé notre soirée à parler, boire de la bière, manger des pizzas et j'ai dû aller chercher un chat en pleine nuit puisque tu as insisté pour que j'y aille et je...

Le son de sa voix s'affaiblit peu à peu jusqu'à devenir un chuchotement presque inaudible. Ces quelques mots qu'il venait de prononcer de façon si spontanée sonnaient faux à ses oreilles. Il les rejoua une seconde fois dans sa tête, jusqu'à ce que des images lui reviennent. Lui et Dirk, fêtant la fin de leur première enquête, puis ce bruit, le visage troublé de son ami, et cette histoire de chat. Ce souvenir lui semblait à la fois si nouveau et si familier...

Il tiqua un instant, et en une seconde, cette sensation troublante et désagréable s'était évanouie, aussi éphémère qu'une impression de déjà-vu. À la place, un sentiment de colère et d'incompréhension le submergea lorsqu'il réalisa la supercherie.

- Le chat... murmura-t-il.

Dirk ne sut pas tout de suite de quoi son ami voulait parler, jusqu'à ce que ses souvenirs lui reviennent en tête à son tour. Sa mémoire marchait au ralenti ce soir... Sans doute les rayons de la machine de Patrick qui lui tapaient sur le cerveau. Il fallait qu'il arrête les voyages dans le temps...

- Dirk, espèce de ... souffla Todd les dents serrées, essayant de retenir une insulte qu'il allait sans doute regretter.

Les deux détectives eurent un léger mouvement de recul, devant le regard menaçant du jeune homme. Ses yeux d'habitude si bleus étaient devenus en un instant si sombres, que Dirk crut revivre leur première dispute. Lorsque Todd l'avait traité de menteur, et de monstre. D'ailleurs, il croyait presque l'avoir entendu de nouveau, avant de réaliser que son meilleur ami demeurait silencieux depuis un moment déjà.

- Je... commença Dirk.

- Tu m'as encore menti, l'interrompit Todd, d'une voix sèche et distante. Je pensais qu'on faisait équipe. Ce n'est pas toi qui voulais un ami ? Un « assistant » ?

- Todd, je...

- Non, tu la fermes, le coupa-t-il en haussant la voix. Tu m'as fait sortir dehors pour aller chercher un putain de chat imaginaire, alors que tu savais très bien qu'il s'agissait de nous depuis le début ?

Les deux Dirk demeuraient silencieux, les yeux cloués au sol, comme deux enfants se faisant réprimander.

- Si tu t'obstines à vouloir tout faire en solo, alors je rentre, conclut-il avant de tourner les talons et de se diriger vers l'échelle de secours.

- Todd, attends ! tenta Dirk.

Mais déjà le brun était en train de redescendre le long du mur, à la hâte et en toute agilité. Le détective voulait le suivre, s'excuser, se justifier, mais quelque chose le retenait sur ce balcon. Il sentait à nouveau ce picotement lui traverser l'estomac alors qu'il se dirigeait vers la rambarde. C'était la façon dont l'Univers se manifestait en lui. Tout lui criait de ne pas partir, d'accomplir quelque chose, de réparer quelque chose. Dirk lança un grognement de frustration au vide devant lui, comme si cela pouvait régler son problème. Peut-être que l'entité qui régissait l'Univers et l'empêchait de rejoindre son ami l'entendrait, d'une manière ou d'une autre. Il ne reçut qu'un coup de vent glacial en guise de réponse. Dirk finit par se résigner et se tourna vers son Autre Lui, qui le fixait toujours d'un œil hagard et apeuré.

- Le coup du chat, c'était pas une bonne idée, déclara ce dernier.

Cette affirmation sonnait clairement comme un reproche et décrocha un soupir exaspéré à son homologue.

- Sans blague, murmura le détective.