Si je dis que je suis vraiment vraiment désolée, ça passe ?
Voici donc (enfin) la suite. Promis, le reste arrivera plus rapidement.
Disclaimer : Rien n'est à moi.
R.A.R :
Julie87: Merci beaucoup !
Enjoy'
Chapitre III :
Des mots échangés entre Hedwige et Susan, personne n'avait reparlé depuis ce jour-là. Mais un soir, alors que la nuit presque tombée faisait courir les ombres sur les murs, alors que le froid était déjà si mordant qu'il semblait à Hedwige qu'elle était au cœur de l'hiver le plus froid, la jeune femme avait rencontré Lewis.
14 Décembre
Dans la l'intimité de l'appartement de Lewis, Hedwige était soudain plus confiante. Ils avaient parlé pendant des heures de Susan, même si Hedwige n'avait pas beaucoup appris, et à présent, l'écrivain, assis sur une large fauteuil confortable, regarder un glaçon se dissoudre dans son scotch.
-Nous voir agir de cette façon la mettra hors d'elle, finit-il par dire.
-Si c'est là votre seule objection, rétorqua-t-elle aussitôt.
Les yeux se rencontrèrent, quelque part dans l'espace confiné de la pièce, et l'écrivain hocha la tête.
Hedwige avait décidé d'agir quelques jours plus tard. Noël avait apporté avec lui flocons et gelées. Elle demanda un jour de congé, et malgré le vent qui sifflait à ses oreilles et l'idée de rester au chaud près du feu, elle s'aventura chez Lewis.
Lorsqu'elle fut introduite dans le salon, l'auteur était dans la même position que la dernière fois, comme si, depuis, il avait regardé son glaçon fondre à une vitesse trop lente pour être perceptible. Il se leva, pourtant, et lui offrit galamment son fauteuil avant d'aller lui chercher un verre. Il s'appuya finalement sur une table d'appoint et Hedwige lança sans préambule :
-Susan n'en saura rien.
-Je le sais, sourit-il. Mais nous devons quand même y réfléchir soigneusement. Peter est trop borné. Caspian … Caspian est trop fragile, mais vous comprendrez pourquoi plus tard. Lucy aime trop Narnia, elle ne vous écoutera pas.
-Il ne reste donc qu'Edmund …
-Non, répondit-il. Vous oubliez un élément important.
La jeune femme fronça les sourcils.
-Helena. Dame Helena, l'épouse de Caspian. Je n'ai pas voulu vous révéler toute l'histoire de Susan, mais, en rencontrant Dame Helena – et vous devez la rencontrer avant de voir Edmund – vous devrez lui faire croire que vous savez tout. Dites-lui que Susan va mal, et que vous voulez savoir ce qu'il en est du côté de ses frères et sœurs. Ne mentionnez pas Caspian.
-Si vous me donniez simplement toutes les clés …
-Non ! Je n'ai pas à vous raconter cela. Edmund s'en chargera, quand vous serez face à lui.
Quelques heures plus tard, Hedwige arrivait à Narnia. Le soleil était chaud et brillant, et pourtant, les flocons tombaient avec légèreté sur les dalles de pierre. Cair Paravel était sublime.
Néanmoins, dès qu'elle regarda droit devant elle, elle comprit qu'elle aurait quelques problèmes pour mettre son plan à exécution. Deux grands yeux envoûtant la fixaient sans ciller, et elle se prit à rougir. Bafouillante, elle s'inclina et demanda Dame Helena.
-A quel sujet ? Vous êtes une amie, peut-être ?
-Je …
Elle s'arrêta, cherchant les mots corrects pour ne pas se trahir. Lui la fixait d'un air impassible, mais l'étincelle au fond de ses yeux lui fit rapidement comprendre qu'il se riait de sa maladresse. Fulminante, elle s'inclina à nouveau, dans l'intention évidente de prendre congé sans répondre à sa question. Mais alors qu'elle passait auprès de lui, il laissa sa main se positionner à quelques centimètres de son ventre, et elle s'immobilisa, sans même qu'il eût besoin de la toucher.
-Qui dois-je annoncer à Dame Helena ?
Sa voix s'était faite plus douce, presque caressante, et il dégageait une telle assurance qu'Hedwige faillit lui répondre. Mais elle ne pouvait pas.
-Ne vous donnez pas cette peine, murmura-t-elle.
Elle contourna précautionneusement la main du jeune homme et s'enfuit à toutes jambes, en tentant de conserver le peu de dignité qui lui restait. Mais, toute à sa fuite, elle ne remarqua pas la jeune femme qui arrivait en face, le nez dans son livre, et les deux demoiselles se percutèrent et tombèrent au sol. Un rire se fit aussitôt entendre, et le jeune homme, d'une démarche nonchalante, vint les aider à se relever.
-Il semblerait que vous ayez trouvé Dame Helena.
Hedwige se tourna précipitamment vers l'inconnue qu'elle avait bousculée et qui regardait maintenant son ami d'un air étonné.
-Peter, que signifie tout ceci ? Demanda-t-elle finalement d'une voix calme.
Le sang d'Hedwige se figea. Peter. Le Grand Roi Peter. Sa situation était bien pire que ce qu'elle avait pensé au départ.
-Cette jeune demoiselle te cherchait, Helena.
Les deux femmes échangèrent un regard, et il sembla à Hedwige que l'appel au secours muet qu'elle lui lança de toutes ses forces fut entendu, car l'instant d'après, Helena congédiait Peter et amenait Hedwige au calme.
oOo
-Vous dites que Susan ne va pas bien? Si cela est effectivement vrai, je ne vois aucune raison de vous refuser un entretien avec Edmund. Cependant il est en voyage. Il devrait rentrer d'ici un ou deux jours. Voulez-vous une chambre ici ?
Dame Helena était une femme charmante, envoutante, et d'une générosité sans pareille.
-Je ne peux pas rester.
-Malheureusement, répondit aussitôt Helena, le temps chez vous se passe différemment d'ici. Je ne sais pas dans combien de temps Edmund reviendra si vous êtes en Angleterre.
-J'en suis consciente. Je vais devoir repartir, maintenant.
Helena hocha la tête.
Hedwige, près de la porte, se retourna pourtant et demanda :
-Vous ne la connaissez même pas. Pourquoi faites-vous tout ça ?
-Pour Caspian, vint l'immédiate réponse.
Mais, avant que la porte ne se referma, Hedwige entendit un murmure, si bas qu'elle eut du mal à en saisir la signification, et pourtant tellement lourd. « Du moins … Je suppose. »
