Bonjour à tous ! Désolée pour ce retard mais je suis partie en vacances et là je prépare ma rentrée. Je me suis dis qu'il fallait que j'arrête de me stresser avec des délais pour poster, je posterais quand ma bêta m'aura renvoyer le chapitre et voilà :) Bon vous n'aurez pas à attendre trop entre deux chapitres rassurez-vous ^^ Merci à tous pour vos reviews, mise en favori, alerte etc. ça me fait très très plaisir, je ne sais plus si j'ai répondu à tout le monde mais je le ferais la prochaine fois !

Sur ce, bonne lecture !


Chapitre 04 - Avril

En ce début du mois d'avril, Sam et Dean avaient décidé de s'accorder quelques jours de repos et étaient venus se reposer chez leur vieil ami Bobby. Une pause qui était vraiment la bienvenue dans leur vie mouvementée. Une dizaine de jour sans vampire à décapiter, sans fantôme à saler, sans plaie ouverte à recoudre, ni séjour à l'hôpital, des petites vacances en somme.

Sans compter qu'il était très agréable de vivre et dormir dans une maison qu'ils pouvaient à peu près qualifier comme étant la leur. C'était donc une très bonne soirée qui débutait en ce premier avril. Cela dit Sam était bien placé pour savoir qu'en général quand tout va bien, le sort fera en sorte qu'une tuile lui tombe sur la tête avant la fin de la journée. A croire qu'il était condamné à avoir la poisse jusqu'à la fin de ses jours, qui ne seraient pas bien long eux non plus.

Il chassa ces sombres pensées de sa tête et monta se laver à l'étage tandis que Dean et Bobby préparaient le dîner. Sam resta un long moment sous la douche, l'eau chaude détendant sa peau, ses muscles et ses nerfs. Il poussa un soupir de satisfaction et augmenta encore un peu la température de l'eau. Il appréciait particulièrement d'avoir quelques jours sans rien faire, quelques jours pendant lesquels il ne serait plus Sam le chasseur mais juste Sam. Il se demanda si Gabriel viendrait le voir, il espérait que oui mais jamais il ne l'avouerait. Ça non. Jamais. Même sous la torture. C'était agréable d'avoir un ami à qui parler. Certes il ne savait pas s'il pouvait qualifier l'archange d'ami, qui avait sans doute une toute autre conception de l'amitié que lui, mais sa présence était rassurante et amusante. Sans compter que parler à quelqu'un d'autre que Dean ou Castiel, voire Bobby, ce n'était pas du luxe.

Sam se rendit également compte que, jusqu'à maintenant, Gabriel était la seule personne dont il était relativement proche et qui ne l'avait pas encore traité d'abomination. Néanmoins il songea avec amertume qu'il n'avait pas besoin qu'on le lui dise, il savait très bien s'auto-flageller tout seul et il estimait le mériter amplement. D'ailleurs il le pensait peut-être lui aussi, les pensées de l'archange étaient un mystère et Sam n'était même pas sûr qu'il l'appréciait réellement.

Il coupa l'eau, sortit de la douche et s'enveloppa dans une des serviettes rêches de Bobby. Se mettre à cogiter avec ardeur était le gros inconvénient des journées de repos. Quand il chassait ou passait son temps à réfléchir sur une éventuelle chasse, il pouvait laisser ses sombres pensées de côté et se permettre de songer à autre chose. Là elles le rattrapaient plus vite que Dean quand on rayait l'Impala.

C'est donc en cette soirée du dimanche premier avril que le Destin décida de recommencer à être pénible. Vers neuf heures du soir, soit deux minutes et quinze secondes après que Sam soit sortie de la douche, un énorme orage éclata, suivit d'une pluie torrentielle et de grêlons. Les plombs sautèrent dans la foulée, plongeant toute la maison dans le noir le plus total. Le chasseur entendit alors son frère sortir en trombe de la maison pour mettre « son bébé » à l'abri.

– Sam tu peux aller t'occuper du disjoncteur ? cria Bobby depuis le rez-de-chaussée.

Sam attrapa ses vêtements à tâtons, s'habilla et sortie de la salle de bain en tentant de ne pas tomber et se casser quelque chose par la même occasion.

Armée d'une lampe de poche, il descendit à la cave pour remettre les fusibles d'aplombs histoire d'avoir au moins de la lumière. Et internet. Pour être tout à fait honnête Sam se battait avec les fusibles du disjoncteur, plus qu'il ne tentait de les réparer. Dans le noir, une lampe torche dans la bouche, perché sur un escabeau, il tentait de démêler le schmilblick sans se faire électrocuter. Il souleva un mouton de poussière qui le fit éternuer compulsivement plusieurs fois, laissant tomber la lampe torche par la même occasion. Celle-ci roula sous un vieux meuble rongé par les mites avec un bruit sinistre. Sam soupira, descendit de son escabeau et se baissa à quatre pattes à la recherche de la fugitive. Il la retrouva, se cogna la tête en se relevant et grommela deux ou trois insultes bien senties à la commode. En plus il était pratiquement sûr qu'une araignée venait de se loger dans ses cheveux.

– Tu parles aux meubles ? C'est original, fit remarquer Gabriel en apparaissant brusquement dans la cave.

Sam l'éclaira à l'aide de la lampe et chassa la poussière qui le recouvrait. Il fallait vraiment que Bobby fasse le ménage ici.

– Ce couillon d'orage a fait sauter l'électricité, marmonna Sam.

– C'est ce que je vois. Tu as une araignée dans les cheveux Sammy, fit remarquer Gabriel.

Il s'approcha et saisit délicatement l'intruse dans sa main.

– C'est amusant les humains appelle cette espèce là une faucheuse, dit Gabriel.

C'était effectivement une araignée au corps et aux pattes plus fine que du fil de pêche. L'archange la déposa sur vieux carton poussiéreux et elle se dépêcha de courir se cacher.

– Qu'est-ce que tu fais là ? questionna Sam.

Il était heureux de le revoir même si jamais ô grand jamais il ne lui dirait.

– Je viens te rendre visite, voir comment tu vas et tout et tout.

L'avantage avec Gabriel c'est que quand il tentait d'incarner l'innocence, on comprenait qu'il ne l'était pas du tout.

– A tout hasard Gabriel... commença Sam.

– Oui ?

– Cet orage qui n'était absolument pas prévu par la météo... poursuivit-il.

– La météo se trompe tout le temps, coupa t-il avec un air mélodramatique.

– ...ce n'est pas toi qui l'a provoqué n'est-ce pas ?

– Tout dépend ce que tu entends par « provoquer », répondit-il simplement en sortant une barre chocolatée de sa poche.

– Merci vraiment, à cause de toi on n'a plus d'électricité je te signale !

– Je sais Sammy mais vois le bon côté des choses ! s'exclama l'archange la bouche pleine de chocolat.

– Qui est ?

– Qui est que dans le noir Dean et Castiel peuvent faire des tas de choses !

– Premièrement tu triches et deuxièmement Castiel n'est pas là, soupira Sam en délogeant une deuxième araignée de ses cheveux.

Gabriel fronça les sourcils.

– Et il est où ce crétin ? demanda Gabriel d'un air agacé.

Sam haussa les sourcils.

– Aucune idée, parfois il part et il revient quelques jours plus tard.

Gabriel lui fit un sourire en coin, leva sa main et claqua des doigts. A l'étage un bruit sourd se fit entendre suivit d'un cri.

– Castiel est de retour ! annonça t-il.

Sam ne put retenir un sourire, visiblement quand on est un archange tout est beaucoup plus simple.

– L'électricité maintenant Gabriel, sauf si tu tiens à ce que je meure électrocuté à essayer de réparer tes bêtises.

Gabriel porta une main à son cœur et prit l'air extrêmement choqué de celui qu'on accuse à tort.

– Je refuse de perdre quelqu'un d'aussi précieux que toi Sammy !

– C'est Sam, corrigea le chasseur.

– Je t'appelle comme je veux Sammy, rétorqua Gabriel, en plus, plus tu me contrediras et plus j'en aurais envie.

– Sam ? cria Bobby depuis l'étage. Le courant c'est pour aujourd'hui ou pour demain ?

Sam regarda Gabriel qui leva les yeux au ciel et claqua des doigts.

– Et la lumière fut ! clama t-il avec un sourire en coin.

– Très amusant, grommela Sam en souriant quand même, mais arrêtes de tricher !

– Ça c'est impossible Sammy tu le sais bien, répondit l'archange avec un sourire en coin.


Les jours suivants Sam put constater que Gabriel trichait de façon quasi pathologique. Castiel était incapable d'expliquer qui l'avait ramené subitement auprès d'eux mais décida de rester « au cas où ». C'est ainsi que l'ange se retrouva étrangement coincé dans la salle de bain avec Dean et dans l'incapacité de se téléporter ailleurs. Un peu plus tard, pendant le repas, Dean renversa toute la sauce de la viande sur le pantalon de Castiel, pile à un endroit très stratégique. C'est ainsi que le chasseur se retrouva à éponger la sauce avant de se rendre compte de l'endroit et de déclarer, plus rouge qu'une tomate, que l'ange n'avait qu'à se démerder tout seul et que quelque chose l'avait poussé.

Non vraiment Gabriel était très en forme.

– C'est quoi ces conneries ? finit par déclarer Bobby après que Dean se soit retrouvé enfermé dans le placard de 5m² avec Castiel.

– Si seulement je le savais, râla le chasseur.

– Et l'autre nouille il n'a plus ses pouvoirs ou quoi ?

– Je... J'ai mes pouvoirs mais pour une raison que j'ignore il y a des moments où ils ne fonctionnent plus, avoua Castiel, une créature surnaturelle doit être à l'origine de tout cela. Il faut enquêter.

– Hum, commença Sam, c'est Gabriel.

– Ça explique tout, déclara Castiel comme si effectivement ça expliquait tout.

– Comment ça c'est Gabriel ? questionna Dean. Et tu en sais quoi d'abord ?

– Il vient me voir parfois, avoua Sam.

– Il vient te voir parfois, répéta Dean. Et c'est tout ?

– On ne fait que parler, rétorqua son frère en haussant les épaules.

Surtout ne pas mentionner leur pacte. Surtout ne pas penser à leur pacte.

– Donc Gabriel vient ici pour parler ? T'es son psy un truc du genre ? demanda Bobby.

– Mais non ! répliqua Sam. Il se sent peut-être seul, qu'est-ce que j'en sais moi il me dit pas tout !

– Et pourquoi il ferait ça ? Je suis son frère et il m'aime ! clama Castiel avec conviction.

– Parce qu'il aime faire chier son monde c'est tout, grogna Dean.


– Je me sens seul hein ?

Gabriel apparu brusquement sur le lit de Sam avec un air mi-vexé, mi-blessé. Finalement le chasseur songea qu'il avait peut-être visé un peu trop juste en lançant ça. Après tout il savait que les anciens amis païens de Gabriel lui avait tourné le dos, mais il ne savait pas dans quelle mesure il était seul.

– Oh ça va il fallait bien que je dise quelque chose, rétorqua Sam.

Gabriel lui lança un regard noir.

– Quoi tu te sens seul ?

– Je te rappelle que tous ceux avec qui je traînais me prennent désormais pour un traître ou pas ?

– Tu as essayé de leur sauver la vie pourtant, rétorqua Sam en sentant la culpabilité revenir au grand galop.

– Sachant que la plupart ont terminé en pâté à cause de Lucifer et que malheureusement pour moi Lucifer est mon frère, le calcul est vite fait.

– Je suis désolé.

Sam songea qu'il devrait compter le nombre de fois où il s'excuse auprès de gens qu'il apprécie, ça commençait à devenir affolant.

– Mais arrêtes de t'excuser, tu ne pas te flageller jusqu'à la fin de ta vie si ?

Sam lui lança un regard plutôt éloquent qui les fit rire tous les deux.

– Tu es totalement maso mon pauvre ami, dis-toi que j'avais les moyens de changer ça et que je ne l'ai pas fais. Point final.

Sam resta silencieux un moment. Il savait que culpabiliser sans arrêt pour des choses qu'il ne pouvait pas changer était stupide mais ce n'était pas comme s'il arrivait à contrôler ça.

– Tu ne comptes pas arrêter de tricher alors ? soupira Sam.

– Certainement pas, déjà parce que c'est amusant et ensuite parce que sinon dans deux ou trois siècles on y sera encore vu leurs jugeotes.

– Dean sera mort dans deux ou trois siècles, fit remarquer Sam.

– Et ça sera plutôt embêtant, ajouta Gabriel, raison de plus pour que je m'en mêle.

– Moi je ne peux pas tricher comme ça, c'est tout sauf équitable !

– Pas mon problème, fallait être un ange.

Sam se pinça l'arrête du nez et invoqua Sainte Patience si elle existait. Soudain un grondement se fit entendre, signe qu'un orage approchait lentement. Ou que Gabriel s'amusait, au choix.

– Gabriel ça suffit !

– Hey ce n'est pas moi cette fois, laisse Dame Nature faire ce qu'elle veut, répliqua Gabriel.


Dean, Sam et Bobby étaient à peu près sûr d'une chose : quand tout va bien, le sort fait invariablement en sorte de venir gâcher ça avec application. Ce fut effectivement le cas cinq jours après leurs arrivées chez Bobby.

Un matin, Dean regardait les informations à la télévision, l'air à moitié endormie, une tasse de café vide à côté de lui. Le journal local parla rapidement d'une créature « terrifiante » qui terrorisait la population d'une petite ville à environ 100km d'ici. Castiel releva la tête du livre qu'il lisait tandis que Dean sursauta.

– Sam ? cria t-il. Viens vite !

Sam arriva, Bobby sur ses talons, la cafetière à la main ce qui était une excellente chose. La créature avait été photographié une fois, dévoilant une silhouette extrêmement floue mais assez précise pour faire peur à la population lambda. Elle mesurait environ deux mètres de haut, était pourvue de gigantesques ailes noires accrochées à un corps tout aussi noir. Mais le plus effrayant était ses deux yeux rouges qui fixait l'appareil photo avec intensité.

– Un Mothman, annonça Castiel.

– Un quoi ?

– Un Mothman, répéta Bobby, je le connais aussi et si c'est vraiment ça c'est très mauvais signe.

– Pourquoi ?

– Il apparaît la veille de grande catastrophe, annonça Castiel, de la même façon que les Faucheuses.

Bobby se dirigea soudainement vers sa bibliothèque et saisit un livre poussiéreux. Il tourna plusieurs pages avant de trouver ce qu'il recherchait.

– Voilà le Mothman est apparu pour la première fois en 1967 et depuis plusieurs personnes dans le monde l'ont vu avant les grandes catastrophes.

Bobby leur montra une vieille photo du pont de Brooklyn où on pouvait voir une vague silhouette comme celle vu au journal télévisé.

– Par exemple, poursuivit Bobby, des habitants de Mexico ont affirmé avoir vu le Mothman quelques jours avant l'immense tremblement de terre de 1985 qui provoqua environ 10 000 morts.

Bobby leur fit passer une autre photo des dégâts de la ville et Dean en profita pour se resservir un demi-litre de café.

– Certains l'ont également vu en 1986 quelques jours avant l'explosion du réacteur nucléaire de Tchernobyl qui a fait plus de 25 000 morts ou encore quelques minutes après l'attentat de New-York en 2001.

– Ça serait quoi une espèce d'ange de la mort ? questionna Dean.

– Il ne ressemble pas spécialement à un ange, fit remarquer Sam.

– Ce n'est pas un ange, rétorqua Castiel, bien que certains d'entre nous le crois.

– C'est peut-être lui qui provoque ces catastrophes, suggéra son frère.

– Je ne pense pas, murmura Castiel, il n'agit pas en général. Je vais enquêter sur place.

Avant que quiconque ait pu prononcer un seul mot il disparut en un bruissement d'ailes.

– Ou alors c'est une façon d'avertir la population ? Proposa Sam en fixant l'endroit où se trouvait Castiel quelques secondes auparavant.

– Il semble être attiré par les catastrophes majeures comme les Faucheuses, fit remarquer Bobby, elles se réunissent aussi dans ces moments là.

– Ou alors c'est Gabriel, marmonna Dean.

– Hein ?

– Tu sais ton nouveau meilleur ami, railla Dean.

Sam leva si haut les yeux au ciel que ses sourcils disparurent sous sa frange de cheveux.

– Pourquoi il ferait ça ? questionna t-il. Ce n'est pas tellement son genre.

– Pour faire chier son monde Sam !

Soudain Dean, dans l'idée d'appuyer sa théorie, se mit à brailler dans toute la pièce.

– Gabriel ? GABRIEL ?

Bobby lui lança un regard mi-exaspéré, mi-étonné et scruta le plafond comme si Gabriel s'y cachait.

– Dean, soupira Sam.

– Non non attend il va venir ! Gabriel ! Gab...

– Oh mais c'est fini oui ! Coupa Gabriel furieux en apparaissant derrière lui.

Il avait légèrement bronzé ce qui faisait encore plus ressortir ses yeux dorés, tenait un cocktail garni d'une petite ombrelle à la main et semblait passablement contrarié.

– Tu parasites mes ondes petit con, poursuivit-il en touillant son coktail.

– C'est quoi ça ? répliqua t-il en lui collant le livre de Bobby sous le nez.

– Un livre, répondit tranquillement l'archange, si c'est pour ça que tu as braillé mon nom tu ferais mieux d'ouvrir un dictionnaire.

– Le Mothman intervint Bobby, est-ce que c'est toi ?

– Non je suis un ange pas le Mothman, rétorqua Gabriel.

– Il est apparu à une centaine de kilomètre d'ici et on se demandait si c'était toi, expliqua tranquillement Sam.

– Non, confirma Gabriel, ce n'est pas moi. Et au cas où vous ne semblez pas remarquer je reviens des Bahamas.

– Donc... une catastrophe va se produire dans cette ville d'ici quelques jours ?

– Vous me prenez pour qui ? Un informateur, un truc du genre ?

Sam lui lança un regard désolé et Gabriel leva les yeux au ciel. Il posa son verre sur la table et saisi le journal où le Mothman faisait la une.

– Bon, commença t-il, c'est pas bon signe.

– Sans rire, railla Bobby, tu as d'autres évidences à nous balancer ?

– Le Mothman apparaît parfois avec les Faucheuses, annonça Gabriel, il y a pas mal de légende qui circulent sur lui. Certains disent que c'est un ange de la mort qui aurait mal tourné et aurait fini euh... comme ça, d'autres disent que c'est une gargouilles. Michael pensait que c'était le toutou de la Mort vous voyez.

– Et toi tu en penses quoi ?

– J'en penses que je m'en fiche, dit tranquillement l'archange.

– Tu ne sais pas ce que c'est exactement ? demanda Sam.

– Non, je sais seulement qu'il suit les Faucheuses lorsqu'elles se déplacent en grand nombre et qu'il semble plus ou moins vouloir avertir les humains de catastrophes. Cela dit personne n'a réussit à lui parler ou à communiquer d'une quelconque manière donc c'est assez difficile de savoir le pourquoi du comment.

– Il faut faire évacuer la ville, annonça Dean.

– Et sinon Castiel est parti cueillir des champignons ? demanda Gabriel. Il est où ?

– C'est pas la saison, marmonna machinalement Bobby.

– Il est parti enquêter en ville, répondit Dean.

– Il aurait pu attendre quelques minutes, ça m'aurait évité d'être dérangé en pleine sieste au bord de la mer, râla Gabriel.

– Tu plaisantes, j'étais sûr que c'était un de tes sales coups, rétorqua Dean.

– C'est vrai que c'est drôlement mon genre, ironisa l'archange.

Sam devait bien admettre que ce n'était effectivement pas la façon de faire de Gabriel. Cela dit leur problème restait le même, il fallait évacuer la ville et tous ses habitants avant la catastrophe.

– Comment va t-on évacuer la ville ? Je me vois mal me pointer là-bas et expliquer qu'une bestiole nous a indiqué qu'il y aura peut-être ou peut-être pas une catastrophe, lança Dean.

– Et lui là il ne peut pas nous aider ? demanda Bobby en désignant Gabriel.

L'archange, peu habitué à ce qu'on le désigne de cette façon, haussa un sourcil.

– « Lui là » n'en a pas très envie, répliqua Gabriel un poil vexé quand même.

Il disparut alors en claquant des doigts. Dean soupira et jeta un regard noir à Bobby qui lui répondit par un haussement d'épaule. Sam téléphona au maire de la ville qui insista un long moment pour savoir d'où il tenait ses informations, il finit même par lui demander avec le plus grand sérieux s'il était un terroriste. Finalement il lui raccrocha au nez et Sam se retrouva à regarder le combiné avec un air fatigué. Castiel revint une heure plus tard, l'air soucieux et la cravate de travers.

– Il y a effectivement un grand nombre de faucheuse réunis là-bas, annonça t-il, je n'ai pas vu le Mothman mais il est probable qu'il ne reste que quelques minutes avant de repartir.

– Donc il y aura bien une catastrophe ? demanda Dean.

– A priori oui, approuva l'ange, les Faucheuses ne se réunissent jamais sans raison.

Sam lui expliqua que Dean avait appelé Gabriel mais qu'il était reparti rapidement après leur avoir assuré que ce n'était pas lui.

– Gabriel ne fait pas ce genre de chose, rétorqua Castiel les sourcils froncés, et il ne nous aidera plus si vous l'accusez à tort de chose comme celle-ci.

Il semblait passablement agacé qu'on accuse sa famille. Néanmoins Castiel avait tort et ils en eurent la preuve le soir-même à vingt heures précises. Bobby alluma machinalement la télévision et chercha la chaîne locale dans le but d'avoir un peu plus d'informations ou du moins un début de piste sur la façon de sauver le plus de gens possible. C'est alors qu'une chose très étrange apparut sur la télévision.

– Euh les gars venez-voir, soit j'ai la berlue, soit Gabriel passe à la télé, annonça calmement le vieux chasseur en prenant un verre de whisky.

– Quoi ? s'exclama Dean.

Ils se serrèrent tous sur le canapé et scrutèrent la télévision pour constater que effectivement Gabriel passait à la télé. La présentatrice s'extasia pendant près de quinze minutes sur la façon dont ce « très très courageux » jeune homme venait de sauver la ville en détectant un poison qui venait de se déverser dans les eaux de la ville. Poison provenant directement d'une usine chimique un peu en retrait de la ville.

– Il aurait pu y avoir des centaines de morts ! conclu la présentatrice visiblement sous le charme de Gabriel qui fit un clin d'œil à la caméra.

Le programme passa à la météo locale des jours prochains – pluvieuse avec des risques d'orage – tandis que Dean, Sam, Bobby et Castiel fixaient l'écran avec stupéfaction.

– Le petit con... commença Dean.

– Je rêve où il vient de sauver cette ville à notre place ? poursuivit Bobby. C'est plutôt nous qui devrions passer à la télé oui !

– Il a sauvé plus d'humain que nous n'aurions pu le faire, intervint Castiel, je vais sur place.

Il disparut avant même d'avoir reprit son souffle et Dean fixa bêtement la place vide à côté de lui. Non vraiment il détestait quand Castiel faisait ça.

– Bon, finit par dire Bobby, je vais préparer le repas.

Sam songea que c'était effectivement la chose la plus censé à faire. Il sourit en pensant à Gabriel qui ne les avait, malgré tout, pas laissé tomber. L'archange se souciait beaucoup plus des humains qu'il ne voulait bien l'admettre.

– Je vais me chercher une bière, annonça Dean avant de se lever.

Sam s'appuya contre le dossier du canapé et ferma les yeux quelques instants. Un léger bruissement d'aile lui indiqua que Castiel était revenu, il ouvrit alors les yeux pour découvrir que ce n'était pas Castiel mais Gabriel. Gabriel qui se tenait à quelques centimètres seulement de son visage et le fixait de ses grands yeux dorés. Sam sursauta et s'éloigna de plusieurs centimètres.

– Non mais ça va pas bien, râla t-il.

– Un merci suffisait, répliqua l'archange en prenant une moue boudeuse.

– On aurait dit Castiel, grommela le chasseur, et merci.

– De rien, maugréa Gabriel, et comment ça on aurait dit Castiel ?

– C'est sa grande spécialité de regarder les gens dormir. En général c'est Dean.

Gabriel haussa un sourcil.

– Il regarde Dean dormir, il n'a rien d'autre à faire ?

– Il faut croire que non, répondit Sam.

– Il est vraiment frappé celui-là, conclu Gabriel en souriant, ou amoureux.

Sam se mit à rire et éteignit la télévision.

– Hey attends je voulais savoir le programme de ce soir, râla l'archange.

– Je croyais que tu étais aux Baléares.

– Aux Bahamas Sammy, rectifia t-il, et quitte à être revenu dans ce bel et pluvieux endroit autant regarder un truc chouette à la télé.

– Tu as pris des couleurs, ça te va bien, ça fait ressortir tes yeux, dit Sammy en lui passant la télécommande.

Il se sentit soudain très stupide d'avoir dit ça, quelle importance que ça fasse ressortir ses yeux même si c'était le cas ?

– Pardon ?

– Tu as bronzé, expliqua Sam.

Gabriel regarda ses bras et haussa un sourcil.

– Ah tiens je ne m'en étais pas rendu compte, marmonna t-il.

– Merci beaucoup, on n'aurait pas réussit à sauver toute la ville, dit Sam un peu abruptement.

– Je sais, c'est bien pour ça que je suis intervenu, répondit Gabriel, mais il faut aussi que vous compreniez que parfois on ne peut et on ne doit pas sauver des gens. Leur heure est arrivée et c'est tout. D'ailleurs dans le lot que j'ai sauvé il y en a probablement qui vont rapidement mourir parce qu'ils sont raté le coche, tu vois ?

Sam hocha la tête. Il savait que parfois ils avaient un peu trop tendance à vouloir sauver tout le monde mais rester assit sans rien faire tandis qu'une ville se faisait décimer était au dessus de leur force.

– Désolé pour tout à l'heure, poursuivit Sam, Dean était persuadé que c'était toi et Bobby n'est pas très subtil.

– Je ne t'en veux pas, souffla Gabriel, c'est juste que je n'aime pas qu'on m'appelle de cette façon. Le minimum c'est de dire « bonjour » et « merci » et de ne pas hurler.

– Je ferais ça la prochaine fois, lui promit Sam.

– Ou alors tu m'envoie un sms ça marche bien et évite de me percer un tympan.

Sam haussa un sourcil.

– Tu as un portable ? Cela dit même Castiel en a un.

– Vous lui en avez donné un ?

– Oui après qu'il ait gravé tout un tas de symbole sur nos os il fallait bien qu'on puisse se retrouver alors on lui a montré ça.

– Et il arrive à s'en servir ? demanda Gabriel amusé.

– Tombe sur sa messagerie et tu verras, c'est plutôt drôle.

Ils restèrent un moment silencieux. Des effluves délicieuses s'échappaient de la cuisine accompagné d'une discussion assez vive et d'éclats de rire. Soudain Sam se sentit envahit par un sentiment de paix, comme quoi le bonheur est fait de petites choses comme ce qu'il était en train de vivre.

– Vous prenez bien soin de Castiel d'accord ? dit Gabriel à voix basse. Je veux dire, il est accroché à Dean comme une moule à son rocher et je ne veux pas qu'il soit déçu.

Sam hocha la tête. Castiel était leur ami, un membre à part entière de leur famille et ils tenaient tous beaucoup à lui.

– Je veille quand même sur lui de loin mais je ne peux pas être sur son dos tout le temps non plus, se confia Gabriel.

– Ce n'est pas un bébé en plus, sourit Sam, il nous répète tous les quatre matins que c'est un soldat de Dieu patati patata.

Gabriel se mit à rire.

– C'est Castiel, il était tellement fier de devenir un soldat, murmura t-il un peu amer.

– Tu n'as pas l'air franchement emballé, nota Sam.

– J'ai toujours pensé qu'il valait mieux que ça, rétorqua Gabriel, n'importe lesquels de mes frères valaient mieux que ça. Devenir un parfait petit toutou méprisant au service de Michel n'a jamais été dans mes ambitions personnellement. La liberté est addictive, conclu t-il, en venant sur Terre je ne me doutais pas d'à quel point je me sentirais bien ici.

Son regard se perdit dans le vague et il soupira. Sam se leva, alla chercher deux bières dans le frigo et revint s'installer à ses côtés dans le canapé. Il en donna une à Gabriel et trinqua.

– A la liberté ! déclara le chasseur.

– Et à nos frères ! renchérit Gabriel.


Et voilà, à bientôt pour la suite :)
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