De l'Autre Côté (The Other Side)
Chapitre 3 : Réveil difficile
Samedi 25 juin 2011, 7h21.
Il était tôt, et pourtant ce qu'il s'était passé au Old Haunt faisait déjà l'actualité des réseaux sociaux et des sites internet qui courraient plus après le scoop qu'après la vérité. C'était affolant la vitesse à laquelle les rumeurs se répandaient.
L'inspecteur Angiano avait déjà prévenu Montgomery que l'un de ses inspecteurs était à l'hôpital. Il avait aussi mentionné le nom de Richard Castle et à sa surprise, le capitaine avait été aussi touché par cette nouvelle. Oui, au 12ème district ils considéraient l'écrivain comme l'un des leurs, c'était indéniable. Ce n'était donc pas uniquement un flic qui avait été touché, mais deux.
Le capitaine s'était ensuite rapidement rendu au Lenox Hill pour prendre des nouvelles qui se voulaient plus rassurantes pour Beckett que pour Castle. Il avait pu parler avec les médecins qui s'occupaient de ses amis, il avait ainsi apprit pour Beckett que le choc reçu à la tête avait provoqué un léger traumatisme crânien, rien de bien grave mais elle devra prendre quelques long jours de repos, d'abord à l'hôpital puis chez elle. Elle allait devoir dire au revoir au terrain pendant quelques temps. La blessure au coupe-papier était profonde mais elle n'avait pas touché d'organes vitaux. Elle s'en sortait plutôt bien… physiquement.
Megan Redshaw, le médecin qui avait prit en charge Beckett, l'avait prévenu qu'une amnésie était possible mais il fallait attendre qu'elle se réveille pour être fixé.
Les circonstances de ce drame étaient encore flou, chacun allant de sa petite hypothèse influencée par ce que la presse balançait sur internet et par le silence de l'inspecteur chargé de l'enquête. C'est pourquoi le nouvel ami de Montgomery était son téléphone, à contacter le maire, son supérieur ou encore l'inspecteur chargé de l'enquête.
Esposito avait donc prit la place du capitaine au chevet de Beckett. Comme un frère veillant sur sa sœur, il était installé sur l'un des fauteuils présents dans cette chambre 207. Les médecins disaient qu'elle se réveillerait bientôt, Javier ne voulait pas qu'elle se réveille dans une chambre vide, sans visage familier.
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Old Haunt, New-York.
L'inspecteur Angiano s'apprêtait à quitter la scène de crime quand un homme se tenant prêt du cordon police essaya de passer. Après plusieurs tentatives il finit par dire à l'officier qui le retenait qu'il travaillait dans ce bar. Angiano s'approcha de lui :
- « Inspecteur Angiano, et vous êtes ? »
- « Brian Elliott, je suis barman. Je travaille ici. »
- « Même le week-end ? »
- « Ce n'est pas moi le week-end. »
- « Ben alors qu'est-ce que vous faites, ici ? »
- « Vous plaisantez ? J'étais en week-end, pas mort. L'info passe à la télé. C'est vrai ce qu'ils disent ? »
- « Ce n'est que des présomptions... »
- « Et pourtant c'est déjà sur internet ! » Dit-il en lui coupant la parole.
L'inspecteur se gratta la tête comme pour faire germer une réponse qui serait assez poignante pour montrer son dégout envers ce flic qui avait la langue bien pendue. Mais rien ne sortit, en fait il préférait ne rien dire, il savait qu'il allait encore laisser s'échapper des tonnes de noms d'oiseaux et vu l'enquête et le nombre de journaliste à quelques pas de là il se devait de garder un minimum de self-control verbal même s'il n'était pas vraiment réputé pour ça.
- « Bon je ne vais pas passer par quatre chemins, parce que d'une on n'a pas le temps, et de deux… C'est moi qui pose les questions alors je ne vois pas pourquoi je me justifierais. » Il sortit rapidement son bloc-notes et son crayon pour se tenir prêt. « Vous connaissez bien les deux victimes ? »
- « Rick… Richard Castle, c'est mon patron. L'inspecteur Beckett… je ne l'a connais pas plus que ça. »
- « Hum… » Il mordilla l'extrémité de son stylo comme pour donner le temps à la question d'arriver et de se pointer dans le bon sens. « Pourquoi ce temps d'arrêt et cette distance que vous mettez entre vous et la jeune femme ? »
- (gêné) « Une distance ? »
- « Ben ouais. Votre patron (il insista bien sur ce dernier mot) vous l'appelez par son prénom. Pourquoi pas la jeune femme… Vous aviez une liaison avec elle ? »
- « Avec l'inspecteur Beckett, non ? »
- « Bah alors quoi ? C'était votre petite copine et votre patron vous l'a piqué ? »
- « NON ! Rien de tout ça. La première fois qu'on s'est rencontré c'était pour une enquête sur un meurtre. » Il vit la mine de l'inspecteur soudainement très intéressé par cette affaire de meurtre. « Je vous arrête tout de suite, l'enquête sur ce meurtre a été résolue. Par Rick Castle et l'inspecteur Beckett justement. »
- « Et donc votre première rencontre ? »
- « Eh bien, ils sont entrés dans la bar et je l'ai un peu…. Dragué. »
- « Ah oui ? »
- « Oui mais c'était avant que Richard Castle ne devienne mon patron et avant qu'ils se mettent ensembles. »
Angiano le nota se disant qu'éventuellement ça pourrait servir bien qu'il en doutait.
- « Vous semblez avoir beaucoup de respect pour votre patron, et en plus on dirait que vous vous entendez bien, c'est rare. Moi mon patron c'est mon patron, je ne l'appelle pas par son prénom et moins je le vois (il se racla la gorge) mieux je me porte… »
- « En rachetant le Old Haunt, Rick la sauvé de la banqueroute et il m'a gardé au lieu de me virer. Alors oui, j'ai beaucoup de respect pour lui. Et pour répondre à votre question, oui je l'appelle par son prénom, je le respecte mais en dehors du bar on se voit pour ainsi dire, jamais. »
- « Hum… » Il gribouilla quelques mots sur son calepin avant de reprendre. « Vous leur connaissez des ennemis ? »
- « Des ennemis ? Non. Enfin, elle est inspecteur, elle doit bien en avoir. »
- « Et pour lui ? »
- « J'ignore s'il a des ennemis. Je veux dire, je ne connais pas en détail la vie de mon patron en dehors de ce bar. »
- « Des ennuis avec des clients, justement ? »
- « Non…. Enfin. »
- « Enfin quoi ? »
- « Hier soir, j'ai fermé le bar à 22h00 et j'ai du mettre des clients dehors. Tous on comprit, on les avait prévenus qu'exceptionnellement le bar fermerait à 22h00. »
- « Tous, sauf un. C'est ça ? »
- « Oui. Kurt Bogert. J'ai eu du mal à le faire partir, il n'était pas vraiment enchanté de quitter les lieux aussi tôt. J'ai même prévenu le patron qu'il se pourrait qu'il revienne dans la nuit. »
Angiano entoura plusieurs fois ce nom sur son carnet pensant tenir le principal suspect. Ou au moins un possible témoin.
- « Vous ne pensez pas qu'il a tenté de tuer Richard Castle et l'inspecteur Beckett ? »
- « Je ne pense pas, c'est pour ça que j'irai le voir… Merci de votre aide monsieur Elliott. Vous pouvez rentrer chez vous puisque ce bar est une scène de crime. »
Avec cette nouvelle information, l'inspecteur quitta la scène de crime en répétant sans arrêt, lors de sa traversé de la marrée journalistique, deux mots qu'il adorait et qui passaient partout : « Sans commentaire ». Brian ne se fit pas prier pour quitter aussi les lieux et adopter la même tactique d'évitement avec les vautours.
Une fois à l'abri de cette armée de journaliste le barman attrapa rapidement son téléphone portable et disparu au détour d'une ruelle…
- - -
Hopital Lenox Hill.
« Kate… pourquoi ? Pourquoi tu m'as tiré dessus, Kate ? Pourquoi ? »
- « Rick ? » Le lieutenant se réveilla soudainement.
S'extirpant par la même occasion du cauchemar dans lequel elle avait glissé quelques heures plus tôt. Des larmes s'écoulèrent lentement de ses yeux rappelant sans arrêt le visage de Castle devant elle, la suppliant de ne pas presser la détente.
Elle semblait perdue, ses yeux allèrent d'un bout à l'autre de la chambre dans laquelle elle se trouvait. Elle tentait de savoir où elle était, réponse qu'elle eut rapidement en reconnaissant cette odeur typique des hôpitaux, les murs et plafonds tristes, sans parler de l'agencement de la chambre toujours la même manière… C'était un hôpital pas un hôtel trois étoiles.
Elle voulait, elle devait savoir comment Rick allait mais plus elle gigotait plus les douleurs se réveillaient les unes après les autres. Et pourtant, la douleur physique elle pouvait supporter, s'y habituer, mais pas celle qui lui faisait le plus de mal. Celle qui lui disait sans arrêt qu'elle avait tiré sur Rick, qu'elle avait choisit de le faire. Au fond d'elle, elle savait qu'elle en était incapable, qu'elle ne ferait jamais ça mais les flashs qui se rappelaient à elle lui montraient le contraire. Que devait-elle croire ?
Bien décidé à trouver une réponse à la question qui trottait dans sa tête, elle entreprit de se lever et de chercher par elle-même. Elle s'aida de son bras droit pour se redresser légèrement, serra de plus en plus les dents pour tenter, en vain, de contrôler la douleur. Après plusieurs tentatives infructueuses pour se redresser elle finit par s'asseoir sur le matelas. Son mal de crâne se réveillait aussi, elle avait l'impression de voir la pièce bouger.
Alors qu'elle s'apprêtait à se laisser glisser hors du lit, sans savoir si ses jambes allaient la porte ou non, Esposito fit son entrée. Juste à temps pour la retenir.
- « Wow, Beckett. Tu comptes aller où comme ça ? » Il l'aida à se réinstaller dans le lit malgré ses protestations.
- « Esposito, comment va Rick ? »
- « Il… Castle est dans une autre chambre. »
- « Comment est-ce qu'il… ?
- « Il… Il est en vie, Kate. Il est en vie. » Lui répondit-il alors qu'il avait sa main sur l'une de ses épaules pour l'empêcher de quitter le lit et accessoirement s'écrouler sur le sol.
'En vie' réponse globale et façon subtile de ne pas préciser son état. Inutile de l'inquiéter pensait-il. Peine perdue.
- « Tu te sens comment ? » Il essayait de détourner l'attention.
- « Ça va, je vais bien.. » Dit-elle en posant successivement l'une de ses mains sur sa tête puis sur son ventre.
- « Ne mens pas, ça sert à rien. »
- « En quoi ça t'avancerais que je te dise que j'ai mal au crâne et au ventre, hein ? »
- « A rien. »
Après quelques secondes de silence et de regards échangés, Kate revint à la charge.
- « Tu ne m'as pas répondu, Javier. »
Essayer d'éluder une question avec Kate Beckett n'était pas facile, Esposito venait d'en avoir confirmation.
- « Tu sais que ça sert à rien de me mentir. » Continua-t-elle. « Sinon j'irai voir moi-même. »
- « Tu as perdu beaucoup de sang, t'arriverai même pas à rester debout… Et je te vois venir, ce n'est pas un défis que je viens de te lancer. »
- « Javier. Comment va-t-il ? »
Son collègue passa l'une de ses mains derrière la tête.
- « Les médecins… Ils disent qu'il est dans un état critique, mais stable. » Ajouta-t-il rapidement comme pour essayer de minimiser la situation. « Il a été emmené au bloc, il y a quelques minutes… »
Kate soupira partagée entre l'inquiétude pour Rick mais aussi la douleur qu'elle ressentait et le brouillard qu'elle vivait. Ne pas savoir ce qui avait bien pu se passer la rongeait. Elle se mit ensuite à fixer son collègue comme si elle cherchait des réponses. Celles qu'elle pensait avoir ne l'aidait pas, et surtout, elle ne les concevait pas.
- « Que s'est-il passé hier soir, Kate ? »
La question de son collègue était légitime et même de circonstance, si les rôles étaient inversés et qu'elle s'adressait à une personne dans la même situation, elle ferait pareil. Oui mais voilà, elle avait l'impression que la question sonnait comme un jugement. Il devait savoir, savoir que les souvenirs qui se rappelaient à elle comme un cauchemar lui disaient qu'elle avait réellement tiré sur Castle. Mais surtout qu'elle avait choisi de le faire…
- « Je… Je n'en sais rien… C'est flou… »
- « L'inspecteur qui est chargé de l'enquête, il va te poser la même question. Il faut que je sache ce que tu te rappelles pour qu'on puisse vous aider… »
- « Nous aider, pourquoi ? »
- « Les médias disent que Castle a tenté de te violer… »
- « Quoi ? Non. C'est absurde. »
- « Je le sais. On te connait et on le connait, mais celui qui est chargé de l'enquête non. Et les indices montre que… »
- « Que quoi ? »
- « Ton chemisier était déchirée, tu as reçu un coup de couteau, Castle tenait un coupe-papier… Ça serait dans d'autres circonstances, on aurait aussi pensé à ça à première vue. »
Elle posa ses deux mains sur sa tête, essayent de chasser les flashs qui revenaient à elle. Même s'ils étaient insupportables, elle n'en voyait aucun où Castle devenait violent envers elle. Tout ce dont elle se rappelait, c'était elle pointant une arme vers lui alors qu'il la suppliait de ne pas presser la détente et ensuite, elle se voyait tirer…
- « Est-ce que j'ai vraiment… »
Elle n'arrivait pas à terminer sa phrase. Elle se recroquevilla sur elle-même ne faisant même pas attention à la perfusion et encore moins à la douleur qui se réveillait à cause des mouvements qu'elle avait entreprit quelques minutes plus tôt et ceux qu'elle faisait en ce moment même. Esposito n'avait pas l'habitude de la voir fragile à ce point, personne d'ailleurs, sauf lors de l'affaire concernant le meurtre de sa mère. Dans toutes les autres situations Kate Beckett était du genre à ne pas montrer ce qu'elle ressentait, préférant ainsi tout garder pour elle.
Kate passa ensuite son bras qu'elle plia pour le mettre sous sa tête et de sa main gauche elle agrippa un morceau du drap qu'elle serra de toutes ses forces.
- « Kate, dis-moi ce qu'il s'est passé. Dis-moi ce dont tu te souviens. »
- « On était au Old Haunt… On a mangé, discuté… Ensuite on a entendu un bruit. Rick est monté pour aller voir. Et après je me vois prendre un coupe-papier… Et… » Elle évitait de regarder son ami dans les yeux, elle ne voulait pas lui montrer la honte qui l'assiégeait en ce moment même. « Et la seconde d'après j'ai un pistolet… Et… J'ai… J'ai… » Elle laissa les larmes l'envahir avant de réfugier sa tête dans son oreiller.
Son collègue déposa une main compatissante sur son épaule.
- « Tu te souviens d'autre chose ? »
Elle voulait disparaitre, revenir en arrière, refaire cette soirée et surtout agir autrement. Les souvenirs qu'elle gardait l'avaient convaincu qu'elle avait tiré sur Castle. Qu'elle avait décidé et prit l'initiative de tirer sur lui alors qu'il la suppliait de ne pas le faire.
Elle finit par bredouiller un timide 'non' avant de retrouver l'abri peu réconfortant de son oreiller. Javier l'observa un instant, attristé de la voir ainsi si fragile, blessé et en colère de constater que quelqu'un dehors s'en était prit à ses amis.
- « On aura l'enfoiré qui vous a fait ça, je peux te le jurer, Kate. »
Entendant des voix dans le couloir, des voix familières, il finit par sortir de la chambre. Il retrouva Ryan un peu plus loin qui, dès qu'il l'aperçut, posa l'une de ses mains sur son téléphone pour empêcher son interlocuteur d'entendre. Le capitaine était à quelques pas de là, le dos tourné et aussi au téléphone.
- « Comment va-t-elle Esposito ? » Demanda Ryan.
- « Mal. Physiquement ça va, mais les souvenirs qu'elle a de cette soirée sont… Elle pense qu'elle a sciemment tiré sur Castle. »
- « C'est impossible. Beckett n'aurait jamais fait ça. »
- « On le sait, mais c'est ce dont elle se rappelle. »
- « Amnésie ? »
Javier fit un mouvement de la tête pour répondre que 'oui'.
- « Et comment va Castle ? » S'inquiéta Esposito.
- « Il est toujours en chirurgie, je n'en sais pas plus. » Répondit Ryan. « Qui dirige l'enquête ? »
- « L'inspecteur Angiano, c'est lui qui m'a prévenu. L'officier Goralski l'aide. » Poursuivit le capitaine qui venait de raccrocher et d'abandonner son téléphone dans l'une de ses poches.
- « Goralski ? Le même qui a été blessé lors de cette prise d'otage dans cette école primaire ? »
- « Le même, Esposito. C'est un bon flic. Angiano, je ne le connais pas mais lui il dit connaitre très bien Goralski, c'est pourquoi il le seconde dans cette enquête. »
- « Des suspects ? »
- « Non, aucun pour le moment. »
- « Aucun suspect et la presse condamne déjà Castle. »
- « J'ai vu ça oui. » Répondit le capitaine, impuissant face à cette 'presse' du net.
- « Martha et Alexis ont été prévenues ? »
- « Goralski a essayé d'appeler chez Castle, mais ça ne répondait pas. Rendez-moi un service, allez chez lui. Voir si vous trouvez Martha ou Alexis. Je n'ai pas envie qu'elles tombent sur ce qui traine sur le net. »
- « On s'en charge. »
- « Capitaine ? J'ai reçu un appel de Brian Elliott, il dit que l'inspecteur Angiano va voir un client mécontent du bar. Un certain Kurt Bogert. » Un moment de silence s'installa, 'Le petit mielleux' attendait avec impatience l'aval du capitaine pour foncer à la rencontre de ce Kurt Bogert, qui était la seule piste que la police avait sur cette affaire.
- « Je n'ai rien entendu. » Répondit la capitaine alors qu'il s'éloignait de ses deux lieutenants.
Les gars se regardèrent un peu surprit. Après quelques secondes de silence, Esposito le brisa.
- « Il a pas dit non. »
- « Effectivement…. Mais il n'a pas dit oui… »
- « Il ne peut pas dire oui, c'est le capitaine. »
- « Dans ce cas il aurait pu dire non. »
- « Il ne peut pas dire non, ça concerne Beckett et Castle. »
- « Bon ! Je vais chez Castle, toi tu vas rencontrer ce Bogert. »
Avant de quitter l'hôpital, les deux inspecteurs entrèrent dans la chambre de leur collègue, juste pour qu'elle sache qu'ils étaient là pour elle.
- - -
L'inspecteur Ryan arriva rapidement au pied de l'immeuble de l'écrivain. En descendant du véhicule il aperçu un homme d'une trentaine d'année photographier l'appartement, ensuite il se dirigea vers la porte menant à l'immeuble avant de s'adosser contre le mur. Il devait probablement attendre qu'un membre de la famille sorte ou ne rentre pour lui annoncer la nouvelle ou juste pour recueillir des informations. « Foutu charognard. » Pensa l'inspecteur avant de passer à côté de lui sans montrer qu'il était de la police.
Ryan gravit les escaliers aussi vite que possible. Quand il arriva devant la porte il tendit l'oreille mais il n'y avait aucun bruit. Soit elles n'étaient pas là, soit elles étaient en route pour l'hôpital après avoir vu ce qui circulait sur le net. Il prit son courage à deux mains se préparant mentalement à annoncer cette mauvaise nouvelle à la famille de son ami puis il frappa plusieurs fois à la porte.
Il était sur le point de faire demi-tour quand il entendit des bruits de pas derrière la porte, il se recula, prit une grande inspiration. La porte s'ouvrit sur Martha, elle était en peignoir avec une tasse de café à la main. Au vu de son regard sur le lieutenant Ryan elle n'était pas au courant de ce qui venait d'arriver.
- « Oh, inspecteur Ryan. Bien le bonjour. » Il la salua et elle lui fit signe de rentrer ce qu'il fit rapidement, fermant derrière lui la porte. « Je vous sers un café ? »
Elle se dirigea vers la machine à café. Derrière, Ryan cherchait par quel moyen le lui annoncer. Pourtant il le savait, il n'y avait pas de meilleur moyen pour annoncer ça.
- « Richard n'est pas à la maison... Alors, inspecteur Ryan, vous allez me dire ce que vous faites ici où je vais devoir deviner ? » Elle se retourna et quand elle posa son regard dans les yeux de Ryan, elle comprit. Pas besoin de mots, tout se lisait sur son visage. Elle laissa tomber sa tasse de café imaginant déjà le pire des scénarios. Sans réellement sans rendre compte, Ryan la rassura en répétant simplement plusieurs fois : « Il est en vie ».
