Je comptais écrire la suite de ma fanfiction après les fêtes, puis je me suis dis que je pourrais vous faire un petit cadeau en sortant le nouveau chapitre pour Noël. Bonne fêtes à vous tous, et bonne lecture !
« Bon, ce n'est pas très grave mais ça prendra un peu de temps à se réparer. Disons deux mois, et à ce moment là vous revenez me voir avec votre fils. Il faudra qu'il fasse le moins d'effort possible. Il risque d'avoir beaucoup de mal à marcher, on vous prête donc un fauteuil roulant pour les fois où il sera en difficulté ou bien les jours où il aura mal. Bien, monsieur Tucker, au revoir. Et toi, Craig, fais attention la prochain. »
J'opine et tente de me relevez. A peine mon pied se pose au sol que je sens une décharge me traverser tout le corps. Je me laisse tomber en arrière et frissonne. Je regarde à ma droite, on apporte une chaise roulante. Je soupire et grimpe dedans suite aux indications du médecin. J'évite tous mouvements brusques qui pourrait m'électriser à nouveau la jambe. Je serre la main à l'homme, mon père imite le geste, puis nos sortons. Il me dépose sur le siège passager de sa voiture et court à la pharmacie acheter ce dont j'ai besoin pour me soigner. Une fois revenu, il s'installe, mais ne me jette aucun regard. C'est seulement lorsqu'on aperçoit la battisse de la maison qu'il m'adresse enfin la parole.
« Comment t'as réussi à te faire une entorse du genou gauche ?
- Je suis tombé dans les escaliers au lycée. »
Suite à la fuite de mon bourreau, dans les toilettes, j'ai décidé de sortir avant de mourir d'asphyxie malgré la douleur. Et dans tous les cas, j'étais face à des escaliers, que ce soit pour sortir dehors, comme me rendre en cours ou même à l'infirmerie. J'ai préféré choisir la dernière option, qui était la plus sûre de mon point de vue. Et bang. Je n'ai même pas pu descendre une marche que je les avais déjà toutes dévalées. Dans ma chute j'ai cru que mes côtes s'étaient brisées, mais finalement c'était mon genou qui avait tout pris. Comme si la douleur n'était pas si intense, j'ai essayé de me redresser et je me suis pris un casier qui s'ouvrait dans le nez. Les ambulances sont venues de bon matin pour me chercher et me conduire d'urgence. Je suis resté trois heures à l'hôpital avant que mon père vienne me chercher. En attendant j'avais eu le temps d'admirer les longs couloirs blancs et tous les malades de passage.
« Tu vas en cours cet après-midi, j'espère que t'en es bien conscient.
- Je pourrais avoir un cancer du cœur en phrase terminal que j'irais quand même. »
Je confronte mon regard à celui de mon paternel. Une gifle part et elle est pour moi. J'aurais dû rester coucher ce matin. Je crois que mon visage n'va pas supporter une éraflure de plus.
Une fois dans la maison, mon géniteur me laisse me dépatouiller dans la salle de bain pour enfiler l'énorme attelle pour mon genou qui couvre la totalité de ma jambe. Je soupire et attrape des bandages et des pansements dans la boîte à pharmacie. Une boîte de médicaments en tombe. Je la fixe. Longuement. Puis je l'attrape et le fourre dans une poche de ma veste. Je lance un rapide coup d'œil vers la porte pour m'assurer qu'elle est toujours bien fermée et me détends quand je vois qu'elle n'a pas bougée. Je me reconcentre sur ma première idée. Je réussis à mettre les pansements sur mes différentes égratignures sur la face et aux mains. Puis j'enlève tout ce que je porte sur le haut du corps et inspecte mes côtes et mon dos. Je soupire en voyant les bleus tournant au violet et le sang sec formant des croûtes. Beurk. Je fais passer la bande autour de ma taille et m'enroule comme un paquet cadeau. Je coupe ce qui ne m'est pas utile et range tout dans l'armoire avant de me ressapper. C'est étonnant que je sois toujours pas mort, vu l'état de mon corps. Je prends finalement une grande inspiration et prends appui sur ma jambe valide et la baignoire pour me redresser. Je fais un pas, puis deux, puis trois. J'avance à la vitesse d'un escargot. Pathétique.
L'automobile se gare. Je dévisage mon père. Il ne bouge pas. Il ne va pas m'aider à descendre. Rien. Enfoiré. Je porte mon sac jusqu'à mes épaules et me laisse glisser jusqu'au sol goudronneux. Je claque la portière et dans la seconde suivante, la voiture a disparu de la rue. Je déglutis en voyant la longueur qui me sépare des portes du bâtiment.
« Courage, tu peux y arrivé. »
Je me motive à voix haute. Je passe les grilles dans un premier temps. De nombreux regards se tournent vers moi. J'avais jamais été blessé au point de devoir me rendre à l'hôpital, ça en choque certains. J'ignore les hurlements des idiots. Je ne dis rien. Ils finiront par s'occuper de mes poubelles, avec leurs résultats, de toute manière, alors je ne m'en occupe pas. Ils n'en valent tellement pas la peine.
« Craig ! Craig ! Craig ! »
Je tourne mon cou vers la droite et aperçois Clyde qui me fait de grands mouvements. J'évalue la distance qui me sépare de mes potes et me mords la lèvre. Je fais quelques pas, puis ils semblent comprendre. Ils viennent à moi, me faisant faire le moins d'efforts possibles. Tweek reste un peu en retrait, il joue avec ses manches la tête baissée.
« Tweek ? »
Il sursaute, étant certainement perdu dans ses pensées. Il relève son regard timide vers moi et se triture la lèvre sans rien dire. Mon regard se fait insistant. Il détourne ses yeux.
« Je m-me suis inquié-té.
- Moi aussi. Jamais tu vas à l'hosto toi, normalement, s'écrit le châtain du groupe. »
Je secoue la tête et hausse les épaules. J'attrape le blond, mort d'inquiétude, par l'épaule et le tire dans mes bras. Il me sert un peu trop fort à mon goût, faisant raviver une petite douleur dans mon dos. Il se détache et je lui ébouriffe les cheveux. Quelqu'un se racle la gorge. Token éclate de rire devant le regard ahuri de Clyde, qui garde la bouche entre-ouverte.
« Mais t'as pris un sacré coup pour accepter qu'on te fasse un câlin ! Je suis...
- Bouche-bée. On a tous vu. »
Je ricane de bon cœur. La sonnerie retentit enfin et on se dirige naturellement vers l'entrée de la battisse. La conversation se dirige simplement vers les ébats sexuels du joueur de foot de l'équipe. Je n'écoute que d'une oreille, pensant plus à essayé de suivre le rythme trop rapide pour moi de mes camarades. Cependant, j'entends quelqu'un m'interpeller. Mon corps se fige, mon sang se glace, ma respiration se bloque. Je reconnaîtrais cette voix entre mille. Je n'ose pas pivoter pour croiser le garçon qui court jusqu'à moi. Mes compagnons donnent l'air d'avoir senti mon mal-à-l'aise. Ils restent un peu en retrait, mais se préparent à sauter sur l'individu gênant. Les pas de mon agresseur matinal se font plus lent. Je ressens sa présence à quelques centimètres de moi. Je prends une grande inspiration silencieuse avant de lui faire face.
« Hé. Je me suis inquiété. Ça va ? Qu'est ce que t'as ? C'est grave ? Tu vas t'en remettre ? T'as besoin d'aide pour marcher ? (Il approche sa main de ma joue mais je l'en empêche en la repoussant violemment d'un revers de main. Je lui lance un regard emprunt de mépris.)
- Ne me touche pas. Ne t'approche pas de moi. Je ne veux plus jamais te voir, McCormick. Tu m'entends ? Jamais. »
J'affronte son regard. Le mien est dur, froid et tenace alors que le sien est confus. Ses pupilles tremblent, certainement sous l'incompréhension. Ce doit lui faire tout drôle. Il y a encore quelques semaines je lui laissé le loisir de me frapper simplement pour pouvoir ressentir la chaleur de la peau contre la mienne. Et aujourd'hui je le repousse. Il ne faut cependant pas croire que l'envie de lui sauter au cou n'est pas présente. Je pourrais tuer pour un simple contact physique en ce moment, mais mon entrevu à l'hôpital, ma blessure et la vue de mon corps dégoûtant dans la glace de la salle de bain m'ont fait prendre conscience de son effet nocif sur ma santé. Et je ne parle même pas de ma santé mentale. Il serait capable de me rendre fou (si ce n'est pas déjà fait).
« Craig, sa voix trahie son étonnement.
- Tu n'as pas l'autorisation de m'appeler par mon prénom. »
Je tourne les talons et remonte à la hauteur de mes amis. Je vois Tweek se pinçait les lèvres. Je lui lance un bref sourire pour le réconforter comme je peux. Il doit savoir que je suis moi-même affecté par mon comportement envers l'être que je chéris d'un amour incontrôlable et inconditionnel. Il me lance un dernier regard, qui signifie qu'il ne me laissera pas tomber pour la soirée. Et je pense que c'est mieux ainsi. Vu mon état, je ne sais pas ce qui pourrait arriver si je me retrouvais tout seul avec les sentiments détestables que j'éprouve. Merci.
