Fandom :Kuroko no basuke
Titre : Les malheurs de Shintarô et autres contes pour adultes
Disclaimer:Les personnages de Kuroko no basukene m'appartiennent pas mais sont à IG Prod' et Tadatoshi Fujimaki. L'illustration utilisée pour cette fanfic est de mrsloth, que l'on peut retrouver sur DeviantArt. Et enfin, je ne fais pas d'argent avec cette fanfic !
Rating : On va rester à T pour une fois. Cela dit, les sous-entendus seront... sous-entendus, quoi (comment ça, ça veut rien dire?)!
Genre : Humour (beaucoup) et romance (un peu)
Pairing :C'est vraiment obligé? OK... Donc à part Midorima x Takao, il y aura un peu d'Akashi x Nijimura et un brin des autres: Kuroko x Kagami, Aomine x Kise et Murasakibara x Himuro
Réponse à Mayshea : Oui, en effet ! Si jamais tu créées un compte, fais-moi signe, que je puisse te reconnaître! L'âge n'a rien à voir dans l'appréciation d'une lecture, c'est surtout à force de lire de bonnes choses qu'on arrive à faire le tri entre le bon grain et l'ivraie ! Dans tous les cas, c'est tout à ton honneur… Midorima est capable de sublimer un simple service à thé… On comprend que Takao lui court autant après ! XD Quant à Midorima-papa… Il apprécie beaucoup ce surnom, tu peux l'utiliser à foison ! Au départ, je voulais faire quelque chose d'encore plus caricatural, avec la GM et tout, puis finalement… Je me suis rétractée et ça donne un résultat à la fois drôle et tendre, je trouve. Hé, ça prend du temps, à s'habituer à lâcher prise, j'en sais quelque chose… Ce pauvre Midorima est sur la bonne voie, mais il lui arrive de trébucher de temps à autre, comme te le raconteras les deux chapitres suivants ! XD En plus, Akashi fait son grand retour ! Cela dit, en effet, Midorima a arrêté de faire la guerre aux albums photos, surtout car il a bien compris que cela ne servait à rien… Ahahah ! Bonne lecture avec ce chapitre !
/!\ Important: Cette fanfic est un parallèle à une de mes précédentes, Enfer & Paradis et vient la compléter. Il n'est pas nécessaire d'avoir lu Enfer & Paradis pour comprendre celle-ci (normalement), mais les plus curieux d'entre vous pourront s'amuser des différents clins d'oeils par-ci, par là! C'est la raison pour laquelle, au -dessus du titre du chapitre, je préciserai à chaque fois où situer ce dernier par rapport à ceux d'Enfer & Paradis.
(NdA: ce chapitre est situé entre le troisième chapitre d'Enfer & Paradis et son bonus)
Chapitre 4: Petite fugue en mi… Comme Midorima (partie 1)
Un jour, Kuroko avait déclaré sans prévenir personne que Kagami serait le père de ses enfants.
Et Akashi n'avait pas bronché.
Un jour, Midorima lui avait annoncé qu'il allait partager un appartement avec Takao durant leurs études.
Et Akashi avait ricané.
Un jour, Kise s'était fait licencier par un producteur musical parce que des photos de lui, accompagné d'un certain Aomine Daiki, avaient fuité dans la presse.
Et Akashi avait levé un sourcil d'étonnement.
Un jour, Murasakibara avait recraché un bonbon qui n'avait pas bon goût, et Himuro, près de lui, l'avait récupéré pour le manger.
Et là, Akashi avait compris que quelque chose ne tournait pas rond dans sa propre vie.
Mais il n'avait jamais pris le temps de se pencher sur ce qui lui posait problème. Il savait qu'au fond de lui, il ne le voulait pas. Alors il avait fui, plus ou moins consciemment. Il s'était plongé à corps perdu dans ses études, puis dans son travail auprès de son père, à voyager entre le Japon et les Etats-Unis pour leur entreprise, ne réfléchissant pas sur ce que devait être sa vie, sur ce qu'il voulait, sur ce dont il rêvait, sur le sens de son existence.
Analyste stoïque, froid et calculateur, bien que restant toujours en contact avec ses amis pour s'assurer qu'ils se portaient bien, il avait tracé sa route. Professionnelle.
Empereur jusqu'au bout des ongles, il avait fait un sans faute. Son génie ne cessait encore d'étonner. Il n'avait pris que des bonnes décisions, et par-là même, avait su se hisser à la place que son père lui avait réservée : au sommet de leur empire familial.
Il venait d'avoir trente ans.
Et un soir banal, coincé entre deux fuseaux horaires du Pacifique, la tête contre le hublot du jet privé familial, tout ce dont il avait voulu minimiser l'importance lui était revenu crûment en pleine face.
Kuroko, plus transparent qu'une vitre bien propre, menait grand train de vie aux Etats-Unis avec Kagami en élevant les triplés que la procréation médicalement assistée leur avait offert.
Midorima, dernier des lâches dès qu'il se rapprochait du registre sentimental, se faisait dorloter comme un nouveau-né par Takao, dans une union bénie par leurs parents.
Kise et Aomine, ces deux idiots, se trimballaient sans honte bras dessus bras dessous en faisant la nique à tous ceux qui leur faisait remarquer leur relation contre-nature.
Murasakibara, grand dadais devant l'Eternel, bossait comme un dingue avec Himuro pour faire tenir leur chaîne de restaurants à Akita.
Et lui, Akashi Seijûro…
Et lui, Akashi Seijûro, si beau, si intelligent, si brillant, si riche, si convoité, si glamour, si puissant, si… si tout, quoi !
Eh bien lui, il était en train de se faire littéralement chier.
Et pour la première fois, il se vit passer à côté de tout, s'enfermant dans une vie sans joie, sans rire, sans pleurs, sans amour, bref… sans aucun intérêt.
Une fois le pied posé sur le sol nippon, il se lança à corps perdu dans des recherches qui lui prirent des jours. Des nuits, plutôt, pendant lesquelles il ne ferma pas l'oeil. Mais sa farouche détermination le garda debout.
Si Kuroko, Midorima, Kise et Aomine, et même Murasakibara y étaient arrivés, il n'y avait pas de raison qu'y aller au culot ne fonctionne pas pour lui ! Il était Akashi Seijûro, bordel de merde ! Qu'on se le dise !
Lorsqu'il recueillit enfin le fruit de son labeur, il prévint ses proches collaborateurs qu'il s'absentait pour affaire privée et que ce n'était même pas la peine d'essayer de le contacter. D'ailleurs, sous leurs yeux ébahis, il balança son téléphone par la fenêtre.
Il sauta incognito dans le premier avion l'emmenant tout au sud de l'île d'Okinawa.
Et il débarqua comme ça, sans s'annoncer, sans demander l'autorisation à quiconque, dans le bureau du jeune directeur du Southern Beach Resort Okinawa.
En clair, il débarqua en freestyle complet dans le bureau de Nijimura Shûzo.
Ce dernier n'eut même pas le temps de réagir. En fait, il n'eut pas le temps de se lever de son fauteuil: Akashi lui sauta à la gorge comme une bête affamée.
Enfin non, pour être exact, Akashi lui sauta à la bouche comme une groupie folle furieuse, après être grimpé sur son bureau en froissant tous les papiers qui passaient par là et après l'avoir attrapé par la cravate sans la moindre délicatesse.
Le grand brun, qui n'avait pas tellement changé physiquement, n'eut pas le réflexe de le frapper, ni de le traiter de tous les noms comme il l'avait si souvent fait avec les membres récalcitrants de l'équipe de basket de Teikô. Le plus jeune, de toute façon, ne l'aurait pas laissé faire aussi facilement tant la passion ressentie en cet instant le consumait jusqu'aux cendres.
Alors, c'était ça, ce qu'on ressentait lorsqu'on s'emparait de la bouche de celui qu'on désirait si ardemment…
C'était pour ça que Kuroko avait quitté le Japon sans un regard en arrière…
C'était pour ça que Midorima avait accepté de s'engager…
C'était pour ça que Kise avait laissé tomber le mannequinat sous la houlette de son agence…
C'était pour ça que Murasakibara s'était mis au travail…
Vorace mais méticuleux, Seijûro fouilla de sa langue les moindres recoins constituant l'antre buccal de son vis-à-vis…
Enfin… Enfin, il goûtait à ce qu'il avait si longtemps désiré sans y croire vraiment…
C'était ça qui manquait à sa vie si fade et triste ! Le goût de la bouche de celui qu'il aimait. Son haleine, son odeur, sa barbe naissante et tout pleins d'infimes détails encore...
Akashi planait tellement qu'il se laissa repousser violemment par son aîné sans broncher tant il était déjà parti au septième ciel...
« Hé ! Oh ! Ca va pas ?»
Grosse erreur de la part du prédécesseur à Teikô d'Akashi de se séparer de ce dernier, le faisant par ce biais redescendre sur Terre…
Et quand l'Empereur aux yeux rouges se rendit compte que sa langue ne faisait plus mumuse avec sa comparse… Il remit le couvert par réflexe en attrapant le directeur de l'hôtel sauvagement par le col afin de récupérer ce qui lui revenait de droit, à savoir cette bouche si savoureuse…
Mais Nijimura avait toujours son sale caractère de cochon, qu'on se le dise ! Et Akashi en fit les frais, lui qui n'eut que le temps d'effleurer les lèvres de son amour d'adolescence avant de se faire fermement repousser et maintenir à distance par les avants-bras :
« Oh ! Akashi ! C'est bon, j'ai compris !
- Ah ? Tu as compris que tu revenais à Tôkyô avec moi ? Déclara, péremptoire, l'Empereur, le mettant au défi de le contredire. Tant mieux, ça m'évitera des explications.
-Quoi ?
-Tu as bien entendu, Nijimura-sempai… Shûzo… On monte à Tôkyô.
-Qu…
-Il y a méprise, Shûzo. Je ne te demande pas ton avis. Je suis fou de toi depuis bien trop longtemps pour ça... »
Il sentit la prise de son aîné se ramollir sur ses avant-bras et Seijûro en profita pour libérer l'un d'entre eux et récidiver.
Quand le brun l'attrapa pour l'installer plus confortablement à califourchon sur ses cuisses, Akashi eut enfin la confirmation que ses sentiments tus depuis tant d'années étaient réciproques…
Pas que le grand Akashi Seijûrô, l'Empreur, en avait douté un seul instant.
Pas même l'espace d'un battement de cils.
Promis, juré, craché.
Une vie de célibataire réservait déjà facilement assez de surprises pour une vie entière.
Ne parlons même pas d'une vie à deux.
Et même si Midorima et Takao partageaient le gîte et le couvert depuis plus de dix ans (douze pour être exact), ils n'étaient pas exempts de surprises, bonnes ou mauvaises. Mais la différence entre eux résidait dans le fait que le premier avait moins de résilience que le second, face aux farces de la vie. Ou de ses amis. Ou de sa famille. Ou de son chéri. Ou de tous en même temps.
En fait, son seul répit était à l'hôpital où il travaillait. Ses collègues étaient des gens sérieux à en mourir, comme il les aimait. Puis il y avait tellement à faire que partir dans des délires n'étaient pas une option. A peine avaient-ils le temps de discuter autour d'un café que la réalité reprenait brutalement ses droits.
Quand il ne travaillait pas, il planchait dur sur sa thèse. Son cher et tendre en faisait plus ou moins de même, à l'université, de sorte qu'ils se voyaient peu en dépit du fait qu'ils habitaient ensemble. Leur chance était d'avoir consolidé leur relation très tôt, de sorte que pour eux, ce n'était qu'un mauvais moment à passer. Une fois pleinement rentrés dans la vie professionnelle, ils prendraient un vrai rythme, une habitude et leur couple continuerait à voguer sur les vagues de la vie.
C'était en pensant à tout cela, et à d'autres choses encore qui chahutaient dans sa tête, que Midorima rentra chez lui après une dure journée. Il y avait un silence de mort dans le deux-pièces qu'il n'avait toujours pas quitté depuis la fin du lycée, mais il ne s'en formalisa pas plus que ça. Il était possible que Kazunari soit absent, ou enfermé dans leur chambre à bosser. Shintarô enleva ses chaussures à l'entrée et pénétra dans le salon. Ses yeux de jade se posèrent machinalement sur la petite table basse, son kotatsu (1) et son canapé plat. Les livres posés sur cette table lui indiquèrent que Kazunari ne devait pas être bien loin. Puis son regard passa rapidement sur le butsudan (2) et l'album photo qui avait retrouvé une seconde jeunesse. Dire que, des années en arrière, il avait tempêté en le voyant trôner tel un Dieu vivant au milieu d'une assemblée composée de sa mère, sa belle-mère, sa petite sœur et son homme… Maintenant, il n'y faisait même plus attention. Et quelque part, il devait avouer que ça lui faisait plaisir de voir Kazunari agenouillé devant tous les matins, pendant qu'il posait le petit déjeuner devant l'autel des ancêtres…
Bon, mais il ne l'avait jamais dit au brun, il ne fallait quand même pas exagérer non plus ! Sinon, ses chevilles gonfleraient tellement à ce Bakao, qu'il serait capable de s'envoler ! Après avoir semé dans le vent cette confession, qui ne faillirait pas une seconde de tomber dans les oreilles des membres de leur famille…
Donc, non, il ne fallait surtout pas dévoiler qu'il avait pris goût à cet album photo et aux petits rituels de Kazunari le concernant…
Shintarô continua dans le couloir en direction de leur chambre : il désirait se changer et porter des vêtements plus confortables pour la soirée. Et dans le couloir, qui n'était pas très large, il manqua de se prendre la porte de la salle de bains en pleine figure qu'ouvrait Kazunari.
« Ah, Shin-chan ! Tu es rentré ? Ca tombe bien, j'ai presque fini ! Lui dit un peu précipitamment le brun, avant de s'en aller vers leur cuisine, le laissant planté là comme un con.
-Tu… Tu te baignais ? Voulut savoir Shintarô, afin d'en déduire si l'eau du bain était encore chaude et parfumée ou pas…
-Non, pas du tout ! »
La voix légère, amusée, presque excitée de Kazunari lui mit automatiquement la puce à l'oreille. Oh, qu'il n'aimait pas ça !
Son radar à détecter les plans foireux s'activa automatiquement. Il était souvent en veille ces derniers temps, à cause de leur emploi du temps et du fait que leurs amis comme leur famille faisaient leur vie. Mais il savait se remettre en route dès qu'il le fallait !
Attendez… Et si… Kazunari lui préparait quelque chose de coquin ? Certes, cela ferait un sacré bail, mais… mais après tout…
Shintarô fit volte-face en direction du salon et prit ensuite sur sa droite pour rejoindre la cuisine.
Et c'est là qu'il retrouva son brun, le visage figé dans une moue on ne peut plus sérieuse, un calepin et un crayon dans les mains, qui fixait la table en plein milieu de la pièce. Cependant, avec les années, son œil de faucon n'avait rien perdu de son acuité et sans se retourner, le brun fit signe à son conjoint de le rejoindre.
« Kazunari ? Que se passe-t-il ? Demanda celui-ci en obtempérant.
-Monte sur la table, Shin-chan, j'ai besoin de voir un truc. »
Perplexe, ledit Shin-chan obéit néanmoins, mais lentement, avec précaution, sans quitter un seul instant son faucon d'amour de crainte de se faire happer tout cru.
Bon sang, que c'était louche !
« Voir quoi ? »
Pour toute réponse, Kazunari déposa son calepin et son crayon sur la table, près de là où il était assis, et…
Lui écarta les jambes en grand et les souleva comme s'il s'apprêtait à le…
Déséquilibré, Shintarô appuya ses deux mains en arrière sur la table afin de ne pas complètement basculer. Surpris, un cri s'échappa de sa bouche suivi d'un second quelques instants plus tard, quand le brun se saisit fermement de ses cuisses pour le tirer à lui, l'allongeant complètement dos sur la table de la cuisine. Sans vergogne, Kazunari colla son bassin entre ses jambes et se pencha en avant, évaluant de ses yeux bleus métallisés.
Mais évaluant quoi, au juste ?
« Hé ! Oh ! Commença à paniquer Midorima en battant des jambes. C'est quoi, ce cirque ?
-Je jauge, lui répondit laconiquement son conjoint en le relâchant et en se saisissant de son calepin et son crayon pour y noter des choses.
-Jauger ? Quoi ?
-Disons que je fais un recensement », poursuivit vaguement le brun…
Qui sauta sur la table alors que Shintarô, encore sous le choc, en descendait de manière saccadée. Le plus petit resta au bord, les jambes appuyant douloureusement sur le bord de la table, se mit à quatre pattes et jeta un bref regard en arrière. Avant de réajuster sa position en reculant légèrement et de descendre sur ses appuis, obliquant ses fesses vers le bas. Il resta comme ça quelques secondes supplémentaires avant de retrouver le plancher des vaches et de s'apercevoir que…
« Hé ! Shin-chan, ne regarde pas tout de suite ! »
Mais trop tard, le médecin s'était emparé du calepin et l'avait parcouru des yeux.
Il s'était décomposé au fur et à mesure, d'ailleurs. On jurerait qu'il avait perdu en centimètres et qu'il était encore plus pâle que d'habitude.
C'était sûr et certain : sa vie le quittait lentement et sûrement ! L'âme la première !
« Shin-chan ! Ne meurs pas ! Pas encore ! S'écria dramatiquement Kazunari en se précipitant vers lui. Nous avons tellement de bébés à faire ! »
Cette provocation toucha le plus grand dans le mille, comme escompté et Midorima ressuscita d'un coup :
« Ah oui ? Tonna-t-il, faisant sursauter le brun d'un bon mètre en arrière. Et c'est avec ça que tu comptes t'y prendre ? Poursuivit-il en brandissant le carnet en l'air. Je dois l'interpréter comment, à ton avis ? »
Takao se ressaisit et prit son courage à deux mains afin de s'élancer vers Midorima et récupérer son bien. Mais c'était sans compter sur la haute taille de celui-ci, qui le leva bien haut tout en repoussant son amoureux de son bras libre :
« Mais donne-moi ça ! Je peux tout t'expliquer !
-M'expliquer quoi ?
-Je faisais le tour de l'appart' pour recenser tous les endroits où on n'a jamais fait l'amour ! J'en ai marre du lit et du canapé ! C'est toujours la même chose avec toi !» Râla le brun, hissé sur ses deux pieds pour mettre la main sur ce fichu carnet !
La protestation spontanée de Kazunari arriva comme un coup de poignard dans le coeur de Shintarô qui s'immobilisa net. Le plus petit y vit l'occasion rêvée et sauta pour se pendre de tout son poids au bras levé en l'air de son homme, afin d'abaisser ce foutu bras et de récupérer ce qu'il y avait au bout ! Mais même choqué jusqu'aux os, Midorima ne céda pas. La force de Kazunari le projeta un peu en arrière et le bas de son dos heurta le rebord de la table. Opportuniste comme le dernier des rats en fuite, le brun le poussa de toutes ses forces et ils se renversèrent sur la table.
« Donne-moi ça, Midorima ! Tu fais chier, à prendre la mouche, alors qu'on peut parler! S'agaça le brun en rampant comme il pouvait sur le corps du médecin pour atteindre, au bout de son bras, au bout de la table, le carnet.
-Parler de quoi ? Du fait que tu t'ennuies ? Se débattait celui en dessous. Pas la peine, j'ai compris ! Tiens, ton putain de carnet, le voilà ! » Cria-t-il en le jetant par terre, de l'autre côté de la table.
Les deux mains enfin libres, il repoussa Kazunari, dont les pieds regagnèrent le plancher de la cuisine et sans rien chercher à savoir de plus, il prit son manteau, sauta dans ses chaussures et s'en alla en claquant la porte.
Complètement pris de court par la tournure des événements, le brun, laissé incrédule dans le salon, n'eut pas le réflexe de lui courir après. Et même quelques minutes après que son cerveau eut calculé tous les paramètres pour en déduire l'absurdité totale de la situation, il ne bougea pas.
Midorima savait être particulièrement débile des fois, mais au fond, il s'agissait quand même d'une personne intelligente. Suffisamment pour ne pas faire de conneries et pour revenir intact lorsque son idée le lui dirait.
Ce fut la raison pour laquelle Kazunari haussa les épaules et récupéra son carnet pour finir son recensement.
Surtout qu'ensuite, il avait le dîner à préparer, pour quand ce crétin de "Tsunderima" aurait fini de dessoûler et qu'il reviendrait, la queue entre les jambes, afin de s'excuser d'être monté dans les tours pour que dalle, comme la princesse de conte de fée qu'il était!
Akashi avait passé toute la journée à travailler, comme d'ordinaire. Il n'était rentré chez lui que vers dix heures du soir… pour continuer à bosser jusqu'à ce que la fatigue se fasse enfin sentir. Acharné au boulot comme il l'était, il détestait rester inactif, même si de temps à autre, son corps se rappelait à son bon souvenir en lui réclamant un peu de répit, merci d'avance.
L'héritier se doucha rapidement, se sécha et décida de rester nu pour aller au lit car c'était encore la tenue dans laquelle il se sentait le plus décontracté.
Il n'oublia pas d'emporter avec lui son téléphone portable, celui qu'il avait dû racheter à son retour d'Okinawa et lorsqu'il s'étala enfin sur son confortable lit, ce fut pour chercher les messages que Shûzo lui avait certainement envoyés dans la soirée. Seijûro préférait ne pas s'y attarder quand il travaillait, de peur d'en être trop perturbé, mais la nuit, avant d'aller au lit…
Qu'est-ce qui l'empêchait de lire et relire les sextos que lui envoyait son amant ? Surtout quand ils étaient accompagnés de photos… qui faisaient monter dangereusement la température ?
« Shûzo... » Murmura amoureusement Akashi en caressant du bout de l'index l'écran lisse de son téléphone portable, avant de faire glisser les photos, les unes après les autres.
Toujours exigeant avec lui-même comme il l'était avec les autres, le prédécesseur d'Akashi à Teikô était resté sportif et avait un rythme de vie spartiate. Ce qui lui avait permis, après tout ce temps, de conserver le corps de sa jeunesse et purée, qu'est-ce que Seijûro adorait passer ses mains sur ses abdominaux et ses pectoraux lorsqu'ils étaient physiquement l'un sur l'autre !
De sorte qu'une photo de son amant torse nu, avec le pantalon ouvert pour dévoiler la ligne du boxer et suggérer ce qu'il y avait dedans, suffisait à exciter notre chère tête rouge plus que de raison.
Et il adorait ça.
Il se sentait tellement plus vivant depuis qu'il avait entamé cette relation avec son sempai (3) ! Sentir son coeur battre à chaque fois qu'ils se retrouvaient, et savourer le contact de leurs peaux lorsque leurs corps s'unissaient…
C'était ça, la vie, la vraie, l'unique ! Il n'y en avait pas d'autre !
Dommage, cependant, que leur relation se fasse en plus grande partie à distance, du moins, pour l'instant : bien sûr, il arrivait que Shûzo monte à la capitale et que Seijûro descende sous les tropiques nippons, mais ils avaient décidé, dans un éclair de lucidité situé pile entre deux galipettes amoureuses, de taire leur relation et finalement… Cela leur convenait tout à fait. Ils n'avaient pas à se prendre la tête avec la famille, les amis et tutti quanti. Zéro compte à rendre et à chaque retrouvaille, c'était une explosion de passion qui les terrassait jusqu'à leur séparation.
Du coup, entre deux entrevues, ils passaient leur temps à s'exciter via messagerie et webcam interposées comme deux ados en pleine crise de puberté. Disons que c'était une manière agréable de patienter et de passer le temps, quand ils ne s'assommaient pas de boulot…
Exactement comme ce soir, avant d'aller au lit.
Akashi se mit bien. Il se détendit et imagina les mains de son amant, la bouche de celui qu'il aimait sur toutes les parties de son corps, surtout les plus intimes. Il saliva sur les photos que lui avait envoyées son grand brun aux yeux gris, il ressentit au plus profond de lui les fourmillements qui l'agitaient...
Et il se dit qu'il était fin prêt pour s'offrir un loop renversant avant de s'endormir, complètement shooté aux endorphines de l'orgasme…
Et il commença à se caresser sur tous les points sensibles…
Et ses mains descendirent de plus en plus bas…
Et quand il se toucha, il s'imagina au Paradis avec son amant fougueux et intrépide et indomptable, enfin, indomptable sauf avec lui, bien sûr…
Et quand ses yeux rouges se troublèrent de plaisir…
Son téléphone sonna.
Akashi sursauta et redescendit aussi sec des hauteurs qu'il avait mis tant d'efforts à atteindre. Le coeur battant, il lui fallut recouvrer ses esprits, son souffle et ses sens, ravaler toutes les insultes gratinées qui lui venaient spontanément en tête avant de décrocher l'appel. Ses sourcils se froncèrent quand il vit le nom de son interlocuteur s'afficher :
« Takao ? S'assura-t-il, la voix encore un peu rauque et le souffle court.
-Akashi ? Désolé, mais j'ai vraiment besoin de toi, tu es le seul à pouvoir m'aider !
-A cette heure-ci ?
-Midorima est parti en début de soirée et il n'est pas encore revenu… Je m'inquiète, j'ai appelé sa famille, la mienne, les hôpitaux, tout, mais il n'est nulle part ! Il est pas chez toi, par hasard ?
-Non. Il est parti pour quoi faire ?
-Bah… On s'est un peu engueulés sur un truc débile… »
L'Empereur leva les yeux au ciel, anticipant par avance un truc encore plus à la con que tout ce qu'il pouvait imaginer : après tout, on parlait de Midorima...
« Je lui ai dit que j'en avais marre de faire l'amour dans le lit et dans le canapé, et que j'avais envie de varier un peu les plaisirs… Je sais pas précisément ce qui lui est passé par la tête, mais il l'a super mal pris, on s'est crié dessus et il est parti et… Je ne sais pas où il est ! »
Akashi soupira en se massant le front : c'était encore pire que tout…
« Alors comme tu es son ami et que tu sais tout, et tout ça…
-J'ai compris, le coupa notre chère tête rouge. Ne bouge pas, je te le ramène... »
Et plus vite ce serait fait, plus vite il pourrait dormir. Enfin.
Une heure même pas pour retrouver son ami le médecin. Pour Akashi, mettre la main sur Midorima n'était même pas un jeu d'enfant. Lire en lui avait toujours été d'une simplicité déroutante, à tel point que Seijûro s'étonnait du fait que Kazunari ne soit pas parti lui-même chercher son homme, vu comment il le connaissait plus que par coeur. Mais en y réfléchissant deux secondes, les réticences du possesseur de l'oeil de faucon semblaient logiques : vu que lui et Midorima s'étaient salement chamaillés, il y avait fort à parier que même si Kazunari lui mettait la main dessus, le médecin refuse de rentrer avec lui.
Ce fut la raison pour laquelle l'homme d'affaire se vêtit rapidement et monta en deux-deux dans sa voiture sillonner les rues de Tôkyô en pleine nuit.
Il avait tout de suite compris ce qui était passé par la tête de son meilleur ami qui, comme souvent, faisait des montagnes pour pas grand-chose parce qu'il avait des difficultés à exprimer ce qu'il avait sur le coeur. Et ce fut ainsi qu'Akashi se rendit dans le quartier le plus proche de chez Midorima et Takao et fit méthodiquement le tour des bars, exactement comme lorsqu'il faisait une revue de personnel dans une des filiales de son entreprise.
A tous les coups, Midorima s'était tellement énervé qu'il avait dû partir à pied de chez lui pour aller s'encanailler dans le premier débit de boisson qu'il trouverait.
Et bingo !
Akashi retrouva l'aîné des Midorima affalé contre le comptoir métallique comme un authentique pochetron, les joues rouges d'alcool et les yeux complètement vitreux.
Lamentable. Complètement lamentable de se mettre minable pour si peu !
« Midorima. »
Aucune réponse.
« Midorima. »
Pas plus de réponse.
Une durite péta alors dans le cerveau si bien câblée de l'héritier, ne lui manquait plus que la petite bouche de poulpe adorable de son amant quand celui-ci sortait de ses gonds.
Cela n'empêcha nullement Akashi d'appliquer les mêmes méthodes de voyous que son sempai affectionnait tout particulièrement, et il frappa de toutes ses forces les pieds du tabouret supportant le poids mort (boulet?) qu'était un Midorima complètement cuit. Ce dernier chuta lourdement et réagit enfin quand tout son corps heurta le sol glacé du bar, puis qu'il se contorsionna de douleur en poussant un cri sous l'effet du choc.
« On rentre », ordonna l'Empereur, encore plus glacé que le sol.
Un chapelet de jurons lui répondit, le laissant complètement indifférent et droit comme un i : les yeux rouges rivés au sol, il attendit que son ami lève la tête et l'avise de son regard.
« A… Aka… ? Hésita le médecin en plissant les yeux, voyant une vague forme rouge en haut et noire en bas.
-Mh. Ramène-toi. »
Et sans autre forme de procès, Akashi l'aida à se relever et le prit par le bras pour l'aider à marcher jusqu'à sa voiture garée non loin, sans que le grand aux cheveux verts ne se prenne une porte ou un poteau en pleine poire.
L'air frais de la nuit sembla rendre au médecin une infime partie de ses sens.
Et la marche lui fit rendre, par contre, une bonne partie de l'alcool avec son dernier repas.
Akashi poussa un soupir agacé à la vue de Midorima, accroupi et répandant ses tripes sur le pavé. Bon sang, pourquoi ça lui était tombé sur le dos alors qu'il était tranquillement en train de se "détendre" avant un sommeil réparateur et mérité ?
Enfin, il se doutait qu'un jour ou l'autre, il se retrouverait dans une situation inédite impliquant Shintarô, ce boulet fini (ça y est, c'était dit !) et son sens de la communication moins évoluée que celle d'une caillou trouvé sur le chemin.
Mais bon, n'est-ce pas à ça que servent les amis ?
Faisant contre mauvaise fortune bon coeur, Akashi décida de ramener Midorima chez lui car il se dit que montrer le médecin dans un tel état de délabrement à Takao ne ferait qu'empirer la situation. Il fit rentrer le grand médecin un peu réticent dans sa voiture à grand coups de pompe dans le train, se posa sur le siège conducteur et refit le trajet en sens inverse.
« Akashi… Qu'est-ce que… tu fous là ? Lui demanda Midorima d'une voix pâteuse et lasse, comme si ses neurones étaient encore en train d'essayer de saisir pleinement la situation dans laquelle il se trouvait (en vain).
-Cache ta joie, surtout, grinça l'interpellé.
- C'est pas ça… Je… »
Le plus grand tourna la tête côté fenêtre pour regarder le paysage urbain défiler dans la nuit noire et Akashi, à intervalles rapprochés, lui jetait de bref coups d'oeil.
« Tu pleures ? »
Encore un autre avec l'alcool triste, comme Kise et Murasakibara…
« N… Non... »
Akashi soupira devant ce manque évident de crédibilité et la voix tremblotante de son ami.
« Je veux juste pas rentrer…
-Je sais. Je te ramène chez moi. Que s'est-il passé ? »
Il allait de soi que pour Akashi, poser cette question était purement rhétorique car la réponse, il l'avait déjà obtenue avec l'appel de Takao. Mais il se dit qu'il serait plus facile de faire parler le tsundere (4) à lunettes pendant qu'il était sous l'emprise de l'alcool qu'une fois complètement dessoûlé. Et comme il avait toujours raison…
« Je répète ma question : qu'est-ce qui t'a pris ? Tu ne bois pas une goutte d'alcool et tu es le premier à arracher la bouteille des mains de ton homme quand vous êtes en soirée.
-C'est… C'est lui qui t'a appelé ?
-Oui. Pour me demander de te chercher. Il était en panique complète. »
A un feu rouge, l'héritier stoppa son véhicule et prit la peine de se tourner vers son ami. Shintarô était mal, c'était clair. Il serrait les dents et pleurait en silence contre la vitre de la portière.
« J'ai été tiré du lit à cette heure-là par ta faute, alors la moindre des choses pour que je te pardonne, c'est que tu m'expliques comment tu as fait pour en arriver là. »
Feu vert, Akashi remit en mouvement sa voiture en direction de son domicile, jeta un énième coup d'oeil à ses côtés, puis compléta :
« Ca restera entre nous. Je ne dirai rien à ton mari.
-Ce… C'est pas mon mari, na no da yo ! Et… Et il… Il veut plus de moi, de toute façon… Je… Il m'a fait comprendre que... »
Shintarô prit une grande inspiration au milieu de ses sanglots douloureux et continua d'une traite, enfin, autant qu'il put :
« Il m'a fait comprendre que je le faisais chier et qu'il en avait marre de moi…
-Il te l'a dit ? »
Le médecin fronça les sourcils, comme s'il tentait de se rappeler sa dispute avec son conjoint.
« Est-ce qu'il te l'a dit ?
-J'en sais rien mais… Il a dit que je le gavais et qu'il se faisait chier au lit avec moi et que… Et si je rentre et qu'il est parti ? Et s'il a un autre gars mieux que moi dans sa vie, et que je ne le sais pas ? Je suis sûr que c'est ça… Il a un amant avec qui il s'éclate, parce que lui et moi, ça fait plus de dix ans qu'on est ensemble et que la routine, c'est pas son truc… Mais moi, je… je veux pas qu'il parte ! »
Cette dernière phrase, cette supplique, venait du plus profond de son coeur et Akashi le sentit. Attentif dans sa conduite nocturne, il ne détourna pas le regard, mais la détresse sincère de Midorima le toucha lui aussi sincèrement :
« Je veux pas qu'il parte ! Je l'aime et on est ensemble depuis tellement longtemps ! Je n'imagine pas ma vie sans lui et j'ai fait des efforts, mais j'ai l'impression que ce n'est pas assez ! Que je ne suis pas fait pour lui, qu'il mérite mieux que moi, que… Je veux pas qu'il me quitte, l'imaginer avec un autre que moi me rend malade et… Mais il faut le reconquérir et j'ai déjà tout donné ! Je sais pas quoi faire ! Je suis sûr… Je suis sûr qu'il va chercher ailleurs ce que je ne lui donne pas… Je fais tout ce que je peux, mais si j'en suis incapable… Si je n'arrive pas à le satisfaire, il partira et… Et je sais pas ce que je ferai... »
« Pour l'instant, c'est surtout l'alcool qui te rend malade et qui te fait dire n'importe quoi, mais bon... », pensa Akashi, mais il garda ce commentaire pour lui-même et laissa son ami vider son sac.
Il arriva enfin chez lui, se gara et éteignit le moteur. La lumière intérieure se coupa avec le contact mais Akashi ne la ralluma pas. Le bruit sec des clés que l'on retire du volant fit se redresser Midorima d'un coup, qui ne s'était pas rendu compte qu'ils étaient arrivés à destination.
Seijûro, dans la pénombre, se retourna pour faire face à son ami.
« On y est. Et tu ne m'as toujours pas dit ce qui s'est passé, le recentra-t-il d'une voix laconique et factuelle.
-Mais… si…
-Je veux des fais, Midorima. »
Ce dernier serra les dents, sécha en partie ses larmes et se prit la tête entre les mains.
« Qu'est-ce que tu veux savoir de plus ?
-Ce qui s'est passé. Des faits concrets. Comment vous en êtes arrivés là ? »
Shintarô garda le silence dans un premier temps, très certainement épuisé, malade et le coeur au bord des lèvres, puis il chevrota :
« Je suis rentré à la maison et j'ai trouvé Kazunari en train de… en train de faire un… un "recensement", comme il dit.
-C'est-à-dire ?
-Il faisait le tour de chez nous pour faire la liste des endroits où on n'avait jamais… Et où il voulait qu'on… Enfin voilà, quoi… Avec les positions et tout, il faisait ça de manière sérieuse et il m'a dit qu'il en avait marre du lit et du canapé pour faire ça. J'ai senti qu'il en avait par-dessus la tête, que je n'avais aucune imagination, que j'étais trop rigide, que je ne proposais rien de nouveau dans ce domaine-là, et que… Et qu'il en avait marre, et je suis sûr qu'il a un autre gars, et en plus, ça fait plus de dix ans qu'on vit ensemble… Il a dû se lasser depuis le temps… Il a peut-être déjà eu des aventures, en dix ans, dont j'ignore tout… C'était certainement un ultimatum, pour me dire de me bouger ou alors, il me quitterait comme ça, pour son autre gars, et…
-Ca ne t'est jamais venu à l'esprit que toutes les choses coquines qu'il imaginait durant son "recensement", c'était avec toi et avec toi seul qu'il voulait les faire ? Tout comme ça ne t'est jamais venu à l'esprit que Takao est quelqu'un de complètement indépendant et d'entreprenant et que s'il avait voulu te quitter pour un autre, en douze ans, il l'aurait déjà fait depuis belle lurette ? »
Le choc ingénu qui s'inscrivit sur le visage de son ami, qui releva la tête, était la preuve flagrante pour Akashi que non, ces hypothèses simplissimes et évidentes ne lui étaient même pas venues à l'esprit.
« Takao est quelqu'un d'entier et sincère et il t'aime pour encore un moment, si tu veux mon avis. Je ne comprends pas comment tu arrives encore à en douter alors que vous vous connaissez depuis le lycée. Quoique ce n'est pas de lui dont tu doutes, au fond, mais de toi-même. Tu n'es pas assez bien pour lui ? Trop ennuyeux, trop strict et trop fermé pour l'impétueux faucon ? Sauf que ce n'est pas à toi de juger de ça, mais à lui. Tu es encore bien trop présomptueux, tu te crois tout-puissant alors que tu ne sais rien. Tu ne peux pas décider à sa place de ce qu'il éprouve à ton égard. Et si, tout simplement, il cherche de nouvelles idées pour que vous vous redécouvriez une nouvelle fois sous d'autres angles ? Et s'il cherche à découvrir de nouvelles facettes de toi ? Et si, tout simplement, il cherche à attiser la flamme, de peur qu'elle ne s'étiole avec les années ? Et s'il t'aime et que tu es l'homme de sa vie, tout simplement ? Tu peux m'accuser de raconter n'importe quoi, mais reconnais que c'est une probabilité comme une autre. Et qu'elle est loin d'être nulle. Sinon, vous ne seriez pas ensemble depuis tout ce temps. »
Akashi sut plus qu'il ne vit de nouvelles larmes tomber sur le beau visage de Shintarô, qui ferma les yeux et posa les poings sur ses paupières, les coudes sur appuyés sur ces cuisses.
« Quoi ? C'est si improbable que ça, qu'un homme en couple avec un autre depuis des années cherche de nouvelles manières de lui faire l'amour ? Ricana Akashi. Allez, descends, tu n'en peux plus et moi aussi, on rependra la discussion demain matin... »
(1) Table basse chauffante, munie d'une couverture et parfois assortie de futon ou d'un tapis
(2) Petit autel servant à vénérer les morts, présents chez les particuliers au Japon
(3) Aîné dans un domaine particulier (école, travail, etc.)
(4) Qualifie quelqu'un qui cache son grand coeur derrière une façade froide et austère
