Le petit matin se levait à peine mais la chambre de Rose Tyler était exposée plein est et les rayons du soleil commencèrent à outrepasser les rideaux blancs posés sur les fenêtres. Rose grimaça en ouvrant les yeux puis sentit une main caresser tendrement son dos. Elle se tourna vers l'homme – puisqu'il était bien humain à présent – qui se tenait allongé et nu à ses côtés. Les souvenirs de la nuit revenaient à son esprit et Rose commença à sourire en revivant cette nuit d'amour dont elle avait déjà tant rêvé.

La jeune femme remua légèrement et le Docteur sentit qu'elle était réveillée. Il ouvrit les yeux à son tour et plongea son regard brun dans celui de celle qui était désormais pour la deuxième fois sa femme. Rose lui vola un baiser puis se blottit plus près de son corps. Pourquoi l'avait-il seulement lâché quand ils s'étaient endormis ? Il voulait l'avoir près d'elle, la tenir dans ses bras, embrasser ses cheveux, lui caresser les seins… Tellement d'autres choses encore. Peut-être était-ce dû à l'esprit étranger de Donna Noble qui coexistait en partie avec celui du Docteur qu'il pensait ainsi mais il aimait Rose, plus que rien d'autre au monde. Et ce matin était le premier où ils se réveillaient ensemble, dans le même lit. Combien il avait attendu cet instant de pure douceur !

« Bien dormi ? Demanda Rose Noble à son mari.

- Mieux que bien. Les humains sont plus fragiles mais leurs rêves ne sont pas d'horribles cauchemars et c'est beaucoup plus facile de trouver le sommeil… Surtout après une telle nuit !

- C'est aussi à cause des danses d'hier soir ! Rit Rose. Ma mère n'aurait jamais dû organiser cette fête !

- Oh c'est bien à cause de certaines danses, oui, confirma John, mais plutôt celles qu'on a faites ici.

- Corps à corps ?

- Ame à âme. Répondit le Docteur avant de l'embrasser. »

Rose était toujours nue et lui aussi. Et ils étaient mariés depuis la veille seulement. On n'allait pas leur en vouloir de ne pas descendre prendre le petit déjeuner, songea John. Il commença à embrasser le cou de Rose puis descendit ses baisers jusqu'à sa poitrine et son ventre alors qu'il la retournait pour l'allonger sur le dos. Rose ferma les yeux en sentant les baisers de son mari devenir de plus en plus passionnés, nombreux et plus longs et langoureux. Il finit par remonter à sa gorge et ils échangèrent un nouveau baiser passionné alors que leurs corps se noyaient à nouveau l'un dans l'autre et que les rayons du soleil perçaient de plus en plus à travers la pièce.

La passion qui les enveloppait leur faisait déjà oublier le matin qui se levait et tout le reste de la réalité. Rose susurra à l'oreille du clone du Docteur qu'elle l'aimait et qu'elle l'avait toujours aimé et l'aimerait toujours. John lui répondit aussitôt qu'à présent ils pourraient s'aimer sans crainte jusqu'à la fin de leurs vies puisqu'il n'allait plus se régénérer comme le faisait le Docteur, le Seigneur du Temps. Ils étaient ensemble et pour toujours, perdus dans leurs plus folles sensations et leurs plus grands désirs… Ils s'appartenaient enfin et l'univers n'allait plus jamais les séparer. Le Docteur, le TARDIS, les planètes et peuples qu'ils avaient découverts au fil de leurs voyages dans le temps et dans l'espace… Tout s'effaçait alors que cette vie humaine pleine de promesse et d'amour commençait pour eux.

(…)

Le matin s'était prolongé au lit et Rose Tyler Noble se sentait à la fois plus épuisée encore qu'à son réveil et plus heureuse que jamais. A côté d'elle, John reprenait son souffle après leurs si longs baisers. Il n'avait plus l'endurance de ses anciens corps comme il le découvrait avec des regrets. Il ne regrettait du même coup plus autant de ne pas avoir consommé son mariage avec Rose quand il l'aurait pu, avant qu'elle ne soit prisonnière de ce monde parallèle, comment la jeune femme aurait-elle pu se satisfaire de lui s'ils avaient fait l'amour alors qu'il était encore un Seigneur du Temps ?

« On devrait penser à notre lune de miel, dit soudain Rose.

- Notre quoi ? Tu veux vraiment encore voyager ?

- Je sais que tu n'as fait que ça de ta vie, mon chéri, mais moi ça fait longtemps que je n'ai plus voyagé. J'ai passé tout mon temps à trouver un moyen de te retrouver, je te rappelle ! Et puis c'était quand même aussi pour voyager à nouveau. Ensemble.

- Hum… Mais on n'a pas de TARDIS, ici. Et on ne peut pas en construire un.

- On peut voyager comme n'importe qui, sur Terre : pas de menace alien à défaire, pas de peuple étrange à sauver, pas de course main dans la main haletante, seulement du bon temps à ne rien faire et à s'aimer. Sur une île peut-être ? Ou alors dans un chalet en montagne ? Tu préfères le froid ou le chaud ? Parce que s'il fait froid, ça nous obligera à rester longtemps sous la couette… »

Rose avait insisté sur le « longtemps » et claqué sa langue entre les dents d'une façon si sensuelle que le clone humain du Docteur eut du mal à garder ses mains sur les draps au lieu d'en entourer le cou de la jeune femme et de la plaquer à nouveau contre son corps. Elle voulait être seule avec lui. Et puis c'était bien lui qui avait parlé d'une vie humaine normale… Il n'avait juste pas imaginé à ce moment-là une lune de miel romantique avec la femme de sa vie et que la femme de sa vie. Quel que soit la destination pour laquelle ils allaient finalement opter, c'était un programme très alléchant…

Mais ils allaient devoir en discuter plus tard parce que leurs estomacs grondèrent à l'unisson et que Rose vola un dernier baiser à son tout nouvel époux avant de s'habiller avec les vêtements éparpillés au pied de son lit, vite imitée par le Docteur humain qui la suivit ensuite jusqu'à la cuisine du manoir des Tyler. Il avait encore faim d'elle mais son estomac supplantait son désir charnel. Tellement humain… Songea l'ancien Seigneur du Temps alors que Rose lui ramenait les restes de leur gâteau glacé de mariage dans une assiette qu'ils partagèrent très lentement en tête à tête.

(…)

Le vol pour les Maldives décollait déjà le soir-même. Avec les ressources de Pete Tyler, riche grâce à son entreprise et influent grâce à sa participation à la direction de Torchwood, ils avaient pu tout organiser en une seule après-midi. Rose et John avaient d'abord eu du mal à accepter ce si beau cadeau mais Pete voulait l'offrir à sa fille. Il voulait lui donner le meilleur à cet enfant qu'il n'avait ni pu élever ni gâter dans son enfance. L'occasion de son voyage de noces ne pouvait pas être ratée pour cet homme qui s'en voulait tant de la façon dont il avait refusé de la voir comme sa fille à une époque. Avant qu'il ne retrouve Jackie et que Rose et sa mère ne soient forcées de vivre auprès de lui. Quoique ça ne dérangeait en fait pas tellement Jacqueline Tyler…

La mère de Rose avait bien aidé son mari sur le choix de l'île et de l'hôtel et ils avaient fait la surprise aux deux jeunes mariés des billets d'avion et des réservations de leur hôtel. Rose Tyler Noble avait encore du mal à y croire alors qu'elle bouclait ses valises. Le Docteur devait se contenter d'une vieille petite valise à roulettes qui n'était pas plus grande à l'intérieur contrairement à tout ce qu'il n'avait jamais possédé. Comment choisir quels habits prendre dans ces conditions ? Rose l'aida heureusement en lui rappelant qu'il y avait plus de fortes chances qu'ils allaient se baigner et se prélasser au soleil que faire du ski ou de la randonnée.

Les Maldives… Songeait John. Ça, c'était nouveau. Il n'y était jamais allé. Ce n'était pas le genre d'îles où l'on trouvait des traces d'activités alien ou en fait autre chose que des couples d'amoureux et peut-être aussi quelques riches vacanciers.

Mais il aimait ce nom « les Maldives », et il était impatient d'en découvrir toutes les facettes auprès de sa chère Rose Tyler, son grand méchant loup et désormais sa femme.

« Tout est prêt, dit Rose après avoir finalement réussi à fermer la valise bleue qu'elle souhaitait emporter avec elle – bien plus grande que celle de John mais apparemment c'était un privilège féminin… -, on peut y aller. Tu es prêt aussi, chéri ?

- Oui, répondit John Noble, allons-y ! »

Et ils y allèrent, leur avion les attendait. Les îles paradisiaques des Maldives les attendaient…