De retour! Comment allez-vous?

Ne me tuez pas à cause de ce chapitre désespérément court, les prochains seront plus conséquents, promis!

Je vous laisse lire, et je remercie encore une fois ma formidable bêta (qui me hait cordialement depuis qu'elle a lu la suite, mais bon...)

Bonne lecture!

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Le prêtre parlait, parlait et parlait encore, à n'en plus finir son sermon. D'autant plus que Gilbert s'en foutait de ce qu'il pouvait bien raconter. Ses yeux ne quittaient pas le cercueil ouvert devant lui, et le corps pâle et glacé de celui qu'il avait longtemps considéré comme un second père. Ou troisième si on comptait son géniteur, cette espèce d'enfoiré qui s'était enfui, juste après avoir vu son fils, et le handicap qui allait avec. De ce côté-là, Ludwig n'avait pas eu plus de chance. Le père du blond s'était tué en voiture avec leur mère, seule parent commun, à peine quelques semaines après sa naissance. Puis, un peu moins d'un an plus tard, le clan Braginsky, aussi appelé clan Soviétique, emportait leur grand-père, père de leur mère, les laissant avec Friedrich Fritz. Qui partait à son tour, suivant son vieil ami dans la tombe.

Les épaules du jeune homme –il n'avait pas vingt ans- s'affaissèrent doucement, mais il ne versa aucune larme. « Un Beilschmidt, s'il doit pleurer, ne le fait pas aux yeux de tous », dixit Fritz. Il restait donc là, assis comme un idiot à écouter les conneries d'un prêtre, alors que son cœur hurlait dans sa poitrine. Puis, il se leva. Le visage livide, et le regard le plus inexpressif possible. Le religieux marqua une pause, regardant avec une certaine surprise l'ainé de la famille tourner les talon,s et sortir de la nef sans même claquer la porte. Une fois dehors, il s'adossa contre l'un des froids murs de pierre, et se laissa glisser jusqu'au sol. Il ramena ses jambes contre sa poitrine, posant son front contre ses genoux. S'était-il déjà senti aussi misérable ?...

-Tu as mal, Prussia ?

L'albinos leva un regard stupéfait, puis plein de haine et de mépris vers le jeune homme à peine plus âgé qui lui faisait face.

-Ivan.

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-Salut Gilbird, bien dormi ?

L'albinos, encore à peine réveillé, se laissa tomber sur une chaise avant de s'avachir sur la table, manquant de renverser son bol de café. Il n'avait même pas pris le temps de donner un coup de peigne dans sa tignasse incolore, et sa joue portait encore la marque de son oreiller.

-J'ai plus l'habitude des matelas…

Il tendit la main vers la panière de viennoiseries, ses doigts trainant presque sur la nappe, toujours étalé sur la table. Roderich referma son journal et fit claquer sa langue contre son palet.

-Seigneur, personne ne t'a éduqué ou quoi ?... Friedrich doit se retourner dans sa tombe.

Gilbert se redressa un peu, et commença à manger avec un peu plus de distinction. Il but une gorgée de café, et grimaça.

-C'est dégueulasse…

-Normal, c'est une boisson d'adulte, se moqua Elizaveta en entrant, vêtu d'une robe de chambre.

Elle déposa un baiser sur les lèvres de son mari, et s'assit en rabattant les pans de son peignoir. Gilbert fronça les sourcils, ses yeux vagabondant dangereusement en direction du décolleté de la hongroise. Il déglutit, rougissant. Elizaveta s'en aperçut, mais se contenta de lever les yeux au ciel.

-Attends, tu ne vas tout de même pas me faire croire, qu'avec tout le temps que tu as eu, tu n'es toujours pas devenu un homme !

Comme seule réponse, le jeune homme détourna la tête en se massant la nuque, embarrassé. Elizaveta porta une main à sa bouche, et ses épaules tressautèrent dans un rire qu'elle tentait d'étouffer. Même Roderich affichait un léger sourire, les sourcils haussés de stupéfaction.

-Toi ?...

-Oh, c'est bon ! se rebiffa l'albinos en se redressant, bombant le torse. C'est juste que j'ai pas encore trouvé de gonzesse qui me mérite !

La jeune femme se racla la gorge pour reprendre contenance, mais ne put s'empêcher de diriger un regard moqueur vers l'homme aux yeux rouges, tout en se préparant un toast. Roderich se leva alors, et débarrassa son bol.

-J'ai rendez-vous avec les responsables de la prochaine salle de concert, je serai rentré ce midi.

Il embrassa doucement le front de sa femme, et tapota amicalement l'épaule de Gilbert en passant à côté de lui.

-A tout à l'heure !

Une fois la porte fermée, Elizaveta acheva sa tartine et commença à débarrasser.

-Finis de manger rapidement, on ira faire un tour en ville. On doit faire des courses et te racheter un manteau.

Elle se rendit dans la cuisine, rabattant un peu mieux son peignoir sous le regard gêné de son invité. Toujours aussi immature dès qu'il s'agissait de filles. Gilbert porta sa tartine à sa bouche, l'air boudeur. Il crispa soudain ses doigts au niveau de son estomac, se recroquevillant sous l'assaut de la douleur, et laissa tomber sa tartine par terre. Comme la brûlure augmentait, il abattit son poing contre la table, le front appuyé contre le bois laqué.

-Bordel…

-Gilbert ?

Elizaveta entra dans la salle à manger, au départ pour simplement débarrasser, puis pour comprendre pourquoi son invité maltraitait le mobilier. Mais elle se figea, alors que l'albinos glissait de sa chaise.

-Gilbert !

Elle se précipita vers son ami suffoquant sur le sol, et le tourna sur le dos.

-Où est-ce que tu as mal ?

Gilbert se raidit et lâcha, les mâchoires si serrées qu'il peinait à articuler le moindre mot :

-Laisse… couler…

Il se plia en deux, mais commençait déjà à se calmer. La jeune femme l'aida à se redresser, le rasseyant sur sa chaise.

-Ça va aller ?

-Tu as un truc pour les brûlures d'estomac ?...

Elizaveta acquiesça et s'éloigna.

-Je vais chercher la boîte à pharmacie.

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-On devrait en parler à un spécialiste. Ça peut être… une sorte d'ulcère, ou pire.

Gilbert leva les yeux au ciel, finissant son verre d'eau pour avaler le comprimé.

-Eli, ça va, je te dis. J'ai juste pas supporté la confiote, pas de quoi paniquer.

Il reposa son verre, et s'essuya la bouche en ajoutant :

-Et puis, on a des cadeaux à acheter. C'est bientôt Noël, non ?

Elizaveta hésita, et se rembrunit.

-Bon, d'accord pour cette fois. Mais la prochaine fois que tu me fous une frousse pareille, je t'assomme, et je te traine de force chez le médecin pour un check-up.

Elle se redressa, le regard bas, et souffla presque pour elle-même.

-Qui sait ce que tu as pu attraper, durant ton absence…

Gilbert se leva à son tour.

-Je vais m'habiller, je ressemble à un épouvantail avec cette chemise.

Il passait la porte, lorsque la voix basse de la jeune femme l'arrêta :

-Tu as souffert, là où tu étais ?

L'albinos s'arrêta, une main sur l'encadrement, et les épaules basses. Il s'humecta les lèvres, pas vraiment sûr de la réponse qu'il devait donner. Il se décida enfin à articuler, la voix plus rauque que d'habitude :

-Je suis content de rentrer au bercail.

Et il disparut du champ de vision d'Elizaveta, la laissant seule avec ses questions sans réponse.

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Et voilà, c'est fini pour aujourd'hui! J'espère que ça vous a quand même plu, et laissez-moi pleins de review si oui!

A bientôt!