Salut tout le monde !
Tous d'abord merci à tous de votre soutien, vos reviews m'ont fait énormément plaisir ! J'espère que la suite vous plaira, elle est très longue comme e chapitre 3 ;)
Bonne lecture !
minimilie
Elie sursauta. Elle s'était assoupie mais la douleur cuisante de ses épaules ligotées à la croix de bois s'était faite plus vive, la sortant brusquement de sa semi-inconscience. Elle serra les dents pour ne pas hurler. L'élancement était atroce, comme si on avait appuyé un poids sur ses muscles endoloris.
Un cri grave se fit entendre juste à côté de son oreille. Elle tourna lentement la tête pour ne pas avoir de vertiges.
- Pik…
L'oiseau lui pinça affectueusement le bout du nez, comme pour lui dire bonjour.
- Va-t'en, tu vas te faire tuer s'ils te trouvent là.
Le macareux fit comme s'il n'avait rien entendu et passa son bec sur les liens qui retenaient la jeune femme à la croix, essayant de les ronger.
- ça ne sert à rien Pik, c'est trop solide pour toi… Tu ne peux plus rien faire pour m'aider.
Il se lassa au bout d'une dizaine de secondes, voyant que ses attaques n'avaient effectivement aucun impact sur les cordes. Il regarda à nouveau Elie et lui fit un piaillement désolé.
- Ce n'est pas de ta faute, le cajola-t-elle. C'est moi qui n'ai pas été assez prudente. J'aurais dû me douter que tout serait découvert un jour ou l'autre. Heureusement que Marco n'a pas été attrapé à cause de moi…
Pik se tendit à l'entente du nom de l'amant de sa maîtresse et fit un claquement de bec assassin.
- Je sais que vous ne vous appréciez pas tous les deux, mais tu ne devrais pas être si dur avec lui. Il n'est pas responsable de ce qui nous est arrivé.
Pour toute réponse il tourna la tête et lissa quelques unes de ses plumes, qui étaient ébouriffées.
- Pik s'il-te-plait, va-t'en. Va retrouver ta liberté. Retourne à la mer et oublie-moi. Je vais mourir demain et je ne veux pas que tu voies ça.
L'oiseau secoua négativement la tête. Il voulait rester avec sa maîtresse. Il devait la protéger.
- Mais file bon sang ! fit-elle en le bousculant avec sa tête, seule partie de son corps qu'elle pouvait bouger.
Pik, surpris et déséquilibré, tomba à terre dans un bruit sourd. Il se redressa et regarda une dernière fois la jeune femme avec un air triste. Pui, déterminé, il s'envola, disparaissant peu à peu de son champ de vision. Elie se replia sur elle-même, une larme coulant le long de sa joue.
- Pardonne-moi…
Trois jours plus tôt
Elie buvait son dixième café de la journée. Avec un soupir las, elle retourna à son bureau où s'amoncelaient des liasses et des liasses de papier, toutes écrites de sa main, ainsi que des dizaines de livres entassés les uns sur les autres.
Elle était… Exténuée, oui c'était le mot. Epuisée, aussi bien physiquement que psychologiquement. Rongée par la peur et le stress, comme c'était le cas depuis qu'on lui avait confié cette foutue mission. Non, en fait, depuis que sa vie avait basculé il y a sept mois de cela…
Elle n'avait pas revu Marco depuis neuf mois. Aucune nouvelle. La guerre au sommet avait éclaté, Ace aux poings ardents et Barbe Blanche avaient succombé… Elle avait essayé de glaner discrètement des informations par-ci par-là, mais personne ne savait où l'équipage de Barbe Blanche était en ce moment. Peut-être même qu'ils étaient morts, ils ne donnaient aucun signe de vie. Elle ne savait plus quoi penser. Elle préfèrerait presque le savoir mort plutôt que de rester sans nouvelles comme ça, plutôt que de ne pas savoir si elle allait devoir lui annoncer la nouvelle ou pas…
FLASH BACK
La jeune femme se trouvait sur une île du nouveau monde. Elle avait débarqué en même temps qu'un important navire de guerre qui allait recharger la garnison en hommes frais et disposés au combat. Les pirates étaient légion sur cette île et imposaient plus ou moins leurs lois dans les quartiers bas de la ville. Elle avait donc beaucoup de travail et n'avait pas encore eu le temps de souffler depuis son arrivée. Harassée, elle rentra dans son chez-elle provisoire, un tout petit bungalow dans un hôtel en bordure de la ville. Elle avait prévu de se faire couler un bon bain… Ensuite, elle tenterait de se faire à manger avec les moyens du bord.
Alors qu'elle ouvrait la porte, elle sentit que quelque chose clochait. La fenêtre était ouverte.
- Electrochocs, murmura-t-elle.
Ses mains se chargèrent d'électricité, alors qu'elle fermait prudemment la porte.
- Relax Lilie, ce n'est que moi.
Reconnaissant la voix de Marco, elle se détendit légèrement et annula sa technique de défense.
- Tu es sur tes gardes dis-moi, lui fit-il en s'approchant d'elle doucement. Elle lui tourna le dos et rentra dans la cuisine pour se servir un verre d'eau.
- C'est un peu l'anarchie sur cette île. Entre les marines qui tapent sur les pirates et les pirates qui se tapent entre eux, j'ai beaucoup de boulot… On n'est jamais trop prudent.
Il attira le dos de la jeune femme contre son torse et commença à lui masser les épaules. Elle soupira d'aise et le laissa malaxer ses muscles contractés avec reconnaissance. Il la retourna et caressa ses cernes du bout des doigts avant de lui voler un baiser.
- Depuis combien de temps n'as-tu pas dormi Lilie ?
- J'ai perdu le fil. Trois ou quatre jours peut-être.
- J'espère qu'ils vous payent les heures sup à la Marine…
- Crois toujours !
- Dans ce cas tu as plutôt intérêt à venir sur le Moby Dick… Là-bas au moins je pourrais toujours m'arranger pour te payer le travail supplémentaire en nature.
Elle secoua la tête en souriant.
- Travailler pour toi ? Jamais de la vie, tu passerais ton temps à essayer de me faire passer sous la table.
- J'avoue que l'idée est très tentante, fit-il en l'embrassant à nouveau.
Elle se colla un peu plus contre lui, profitant de ses caresses. Les baisers devinrent vite plus langoureux et passionnés ce qui n'était pas pour déplaire aux deux protagonistes. Ils en avaient envie, cela faisait longtemps… Et puis quoi de mieux qu'une bonne partie de jambes en l'air pour déstresser et se délasser ?
Marco souleva la jeune femme et la déposa sur le bord de l'évier. Calée la tête dans le creux de son cou, elle se laissa faire, léchant tout recoin de la peau halée qu'elle pouvait toucher. Il frissonna alors qu'elle s'attardait sur sa clavicule, zone qu'elle savait très sensible.
- Oh Lilie…
L'ignorant, elle continua ses attouchements, frôlant du bout des doigts les endroits fortement érogènes, embrassant son torse, ses épaules, traçant avec sa langue le contour des muscles saillants. Ne voulant pas être en reste, il mima le petit manège de sa belle, guettant les moments où elle poussait de petits gémissements vite contrôlés. Ils adoraient se toucher, connaissant par cœur le moindre bout de peau de l'autre, les zones qui stimulaient leur appétit sexuel, la manière de les faire vibrer… Ce n'était plus du sexe maladroit et empressé comme au début ni une bataille perpétuelle pour la place de dominant, c'était devenu au fil des années un pur jeu aux règles simples : faire prendre son pied à l'autre avec le plus de manières différentes que possible. Ils étaient experts sur tout ce qui concernait leurs corps, et quand ils utilisaient ces informations glanées au fil de leurs rencontres, cela donnait un feu d'artifice de sensations dont ils ne se lassaient jamais.
Le blond remonta difficilement la jupe de la brune assise sur l'évier et glissa deux doigts dans son sexe humide, lui arrachant des gémissements.
- Hummm Marco…
Il sourit alors qu'il nichait sa tête dans le cou de la jeune femme et entama des mouvements de ciseau en elle.
- Han c'est tellement bon… murmura-t-elle en lui mordant l'épaule.
Ça aussi c'était quelque chose qu'ils avaient progressivement commencé à faire, ne plus cacher leur ressenti, exprimer leur jouissance par des mots non retenus afin d'exciter encore plus son partenaire.
- Lilie…
- Prends-moi maintenant je t'en supplie, je n'en peux plus !
Il fit glisser son pantacourt et son boxer, dévoilant à la jeune femme l'objet de ses convoitises. Dieu qu'il était bien bâti, songea-t-elle avec satisfaction alors qu'elle le caressait avec envie.
Repoussant doucement sa main, il se plaça à l'entrée de son intimité et la pénétra doucement. Elle ferma les yeux et gémit, plaçant ses mains dans le cou de son amant et posant son front contre le sien, profitant de chaque mouvement. Il entama de profonds va-et-vient qui s'intensifièrent au fur et à mesure que l'excitation montait, poussant des grognements très suggestifs tandis qu'elle laissait échapper de petits cris d'extase.
Puis soudainement le blond attrapa les fesses de son amante, la souleva à nouveau et la déposa sur la table de la cuisine. Allongée sur cette dernière, les fesses contre le bord et les jambes resserrées contre les hanches du phénix, lui debout continuant à la pénétrer… la sensation était juste incroyable.
- Han… C'est tellement mieux comme ça.
- Tu dis ça parce que tu as le champ libre et que je ne peux pas imposer mon rythme, haleta Elie.
- Non, souffla-t-il en ralentissant un peu, c'est parce que la table est pile à la bonne hauteur pour moi, contrairement à l'évier qui est un peu haut. Avoue que tu as pris ce bungalow exprès pour ça, que tu avais prévu que ça finirait de cette façon...
- Non je n'ai rien calculé, rit-elle, mais c'est très bien comme ça finalement. Aaaah ouiiii !
Il avait repris une cadence plus soutenue et butait contre le fond de son vagin, faisant déferler des vagues de plaisir en elle. Elle tremblait, essayant de se retenir encore un petit peu. Mais voir son amant la regarder avec de telles flammes de désir au fond des yeux, les joues rosies par l'effort, si beau en plein acte, lui fit perdre pied et elle s'arqua tandis que l'orgasme la balayait puissamment. Lui aussi ne tarda pas à la rejoindre dans un grognement viril, la faisant frissonner de plaisir à nouveau.
Ils reprirent lentement leur souffle, observant leurs corps imbriqués avec un sourire.
- C'est tellement bon de s'envoyer en l'air avec toi, fit finalement Marco en la relevant et en la calant contre son torse.
- C'est réciproque, répondit-elle en lui caressant les cheveux.
Il y avait une chose qu'ils n'osaient pas encore avouer et s'avouer, c'était qu'ils s'aimaient follement. Alors ils le disaient inconsciemment, par des chemins détournés, comme à présent.
Le ventre d'Elie se mit à gargouiller, interrompant leur moment de tendresse.
- Tu as faim on dirait, lui dit-il en souriant tandis qu'elle prenait une adorable teinte pivoine.
- Oui trop, répliqua-t-elle en se détachant de lui à contrecœur et en ouvrant le frigo.
Elle eut un soupir découragé.
- Et en plus il n'y a rien à manger… je vais mourir.
Marco enfila son pantacourt et remit un peu en place la jupe d'Elie avant de la serrer contre lui.
- On a qu'à aller en ville manger un bout, continua-t-il en lui faisant des baisers dans le cou.
Elle se retourna, le regardant de travers.
- En ville ? Avec tous les marines et les pirates qui rodent ? Qu'est-ce qui te prend tout d'un coup, tu veux vraiment qu'on soit découverts ?
- Mais non, la rassura-t-il. On va se déguiser un petit peu, personne ne nous reconnaîtra. Et personne ne fera attention à nous, il fait nuit, les gens ne s'attardent pas et n'ont pas le cœur à observer ce qui se passe à côté d'eux.
- Je ne le sens pas ce coup.
- Regarde, fit-il en fermant sa chemise et en se passant de l'eau sur les cheveux avant de se mettre un béret qu'il avait ramené avec lui. Sans mon tatouage et mes cheveux, je suis méconnaissable…
Il tira sur le chignon d'Elie, lâchant ses cheveux en cascade sur ses épaules, et lui enleva ses lunettes.
- Sans ton éternelle blouse et ton chignon, les marines ne te reconnaîtront pas. Aucune chance de faire le lien !
- Et si je tombe sur Smoker ou un haut gradé? Eux me reconnaîtront du premier coup d'œil.
- Ils ne viendront jamais là où je compte t'emmener.
- Tu commences à me faire peur.
- Allez Lilie, fais-moi confiance… Ce n'est pas un quartier craignos.
Après quelques minutes de débat et sous l'insistance de son estomac trop longtemps négligé, Elie se laissa convaincre. Ils entrèrent discrètement dans la ville, se fondant dans la foule. Guidés par Marco, ils arrivèrent enfin dans le quartier latino.
- La Marine a passé un accord avec les habitants du quartier, expliqua Marco à la jeune femme. Comme ils arrivent très bien à faire respecter l'ordre tous seuls ici, elle les laisse tranquille et en contrepartie une partie des bénéfices dus aux trafics internes revient au Gouvernement Mondial. Ni les marines ni les gêneurs ne viendront nous embêter ici, si on ne fait pas de grabuge on ne risque rien. On nous prendra pour de simples touristes
Ils prirent en route un burrito et s'installèrent sur une place bondée, observant les passants. Marco sortit de sa poche une petite bouteille de saké et en proposa à la doctoresse. Celle-ci refusa.
- Allez, une gorgée pour fêter nos retrouvailles !
- C'est mort, c'est beaucoup trop dangereux.
- Oh mais ce que tu es devenue trouillarde avec le temps dis donc… Où est la jeune femme intrépide qui m'avait remis à ma place quand j'étais en prison à Loguetown ?
- Je ne suis pas trouillarde, tiqua-t-elle vexée, juste pas suicidaire. Et puis je sais bien comment ça va se finir, je vais être complètement bourrée et pas toi grâce à ton fruit du démon, et tu tenteras de me faire des trucs que je ne veux pas faire…
- Allez s'il-te-plait ! Minauda-t-il. Regarde, fit-il en attrapant une pierre sur la place qui était en granite marin et en le plaçant dans la poche de sa chemise contre sa peau, je ne peux plus utiliser mon pouvoir maintenant, ça te va ? On est à égalité. Et puis c'est tellement torride de faire l'amour quand on a un petit coup dans le nez…
- Si on est saouls on ne pourra pas nous défendre si on se fait attaquer, protesta-t-elle
- Cela n'arrivera pas, mais si jamais ça devait arriver j'enlève ce fichu caillou et c'est fini, je serai à nouveau totalement opérationnel.
Elle le regarda, hésitante.
- Avoue donc que tu ne tiens pas l'alcool, la taquina-t-il.
- C'est complètement faux, répliqua-t-elle.
- Prouve-le alors…
- Je le fais à une seule condition : ce soir, je t'attache au lit et tu me laisses dominer, sans la moindre protestation.
Elle était dure en affaire…
- Ok, finit-il par dire, joueur. Marché conclu.
Elle prit la bouteille et en avala une gorgée cul sec. Le liquide lui brûla la gorge mais elle se retint de tousser. Marco sourit. D'ici quelques heures elle ne se souviendrait plus de ce qu'elle lui avait fait promettre et le spectacle qu'elle lui offrirait allait bien l'amuser.
Ils continuèrent à boire et à manger tranquillement. La foule s'était progressivement densifiée. Une fête semblait se préparer. Ils regardèrent les préparatifs, curieux. On aurait dit une espèce de fête de rue gigantesque comme on en trouvait lors de mariages. Des musiciens s'étaient posés au milieu de la place et entamaient des chansons qui donnaient envie de danser.
- ça te dit ? lança Marco en lui tendant la main.
- Je ne sais pas danser là-dessus, répondit-elle.
Sa tête tournait déjà beaucoup, mais elle préférait mourir plutôt que d'admettre qu'elle était trop peu sûre de son équilibre.
- Ce n'est pas grave, je vais t'apprendre.
Avant qu'elle ait le temps de protester, il l'avait relevé et la tenait dans ses bras. Il commença à la guider, essayant de ne pas buter contre le banc sur lequel ils s'étaient assis. Il fut surpris de voir qu'Elie se débrouillait bien, même si elle avait quelques faiblesses par moment.
- Pour une bourrée, tu danses plutôt bien… lui murmura-t-il au creux de l'oreille.
- Bon ok j'avoue, Baka-Smoky m'avait appris quelques pas. Mais la salsa ce n'est pas trop mon truc.
- Oh… et c'est quoi ton truc alors?
Un air de tango résonna sur la place.
- ça.
- Pourquoi ça ne m'étonne pas de toi, fit-il avec un sourire charmeur.
- Parce que c'est tout moi peut-être.
- Totalement. Fine, précise, dominatrice, fatale.
Ils continuèrent à danser un petit peu, se regardant droit dans les yeux. La musique, l'ambiance intimiste, leurs pas qui se coordonnaient à la perfection… Tout semblait irréel, comme leur situation actuelle.
- Tu te débrouilles pas trop mal toi aussi, lui souffla-t-elle.
- Pourquoi, tu croyais que je serai un pirate pur et dur qui n'aime que le saké et se battre, incapable d'apprécier des choses aussi subtiles que le tango ?
- Non pas vraiment… mais je me demande où tu as pu apprendre à danser comme ça.
- Je suis né ici, sur cette île, il y a longtemps. J'ai baigné dedans quand j'étais tout petit.
- Je vois. Qui l'aurait cru… En tout cas tu es un très bon partenaire.
- Merci.
Les trois dernières minutes de danse furent intenses. Marco jouait, Elie essayait de ne pas perdre la face et de le suivre sans trop de couacs. Aux dernières notes, le blond la fit basculer en arrière puis la remonta brusquement, calant ses petits seins contre son torse. Elie voyait un peu flou, leur petit numéro lui avait fait tourner la tête. S'il la lâchait, elle tituberait elle en était certaine. Sale manipulateur… Mais pour le moment elle laissait sa vengeance de côté, le blond l'embrassait langoureusement, profitant de leur proximité. Elle répondit avec autant de ferveur à ce baiser.
Voyant qu'ils étaient tous deux bien échauffés et qu'ils voulaient passer à des choses plus sérieuses, ils décidèrent de retourner vers le bungalow bras dessus bras dessous. Marco était bien. Un peu gai, mais bien. En revanche Elie elle était pas mal amochée, il devait la tenir pour qu'elle marche droit. Ça le faisait sourire. Il ne l'avait jamais vu dans cet état et la trouvait encore plus excitante lorsqu'elle était désinhibée. Il avait hâte de voir si elle serait tout aussi chaude au lit, en priant pour qu'elle ait oublié cette histoire de cordes.
A peine avaient-ils refermé la porte qu'ils s'embrassaient passionnément. Ils avaient envie de s'envoyer en l'air comme jamais. Elie déboutonna maladroitement la veste de Marco et fit voler son béret à travers la pièce. Un léger vertige la prit et le blond en profita pour la soutenir puis la porter jusqu'à la chambre. Une fois qu'elle se trouva allongée sur le lit, il la rejoint et la déshabilla elle aussi. Ils gémissaient sous leurs caresses respectives, leurs sensations amplifiées par l'alcool qui coulaient dans leurs veines. Elie se redressa d'un coup, un sourire aux lèvres.
- Tu as une promesse à tenir.
Marco soupira. Elle s'en était souvenu finalement.
- C'est vrai.
- Mais je n'ai pas de corde ici, je bluffais. Je ne pensais pas que tu accepterais en fait.
Il était ravi.
- Je n'étais pas très chaud je te l'avoue. Mais j'avais vraiment très envie de voir ce que ça donne quand tu n'as plus de conscience pour te retenir…
- Pervers va… Si tu t'allonges les bras derrière la tête, tu ne bougeras pas quand même, tu me laisseras faire ce que je veux ? minauda-t-elle.
- Promis, tant que tu me fais prendre mon pied tu as carte blanche, lui répondit-il avec un sourire et en s'exécutant.
Ravie, elle descendit vers son pantacourt et le lui retira. Elle passa sa main dans son boxer, le faisant frémir alors qu'elle touchait du bout des doigts son membre en érection. Puis le bout de tissu rejoignit le reste au sol. Marco dut se retenir de passer sa main dans les cheveux de sa belle tandis qu'elle prenait son pénis en bouche goulûment.
- Huuuum … gémit-il, conquis par la caresse. Si un jour je retrouve le type qui t'a appris à sucer aussi bien, il faudrait que je le remercie.
- C'est Hina, fit-elle entre deux coups de langue, rieuse. On s'entraînait sur des bananes.
La vision d'Elie léchant ce fruit traversa l'esprit du blond, le faisant frissonner de plaisir.
- Espèce de coquine va !
- Comme si ça te déplaisait Monsieur le pirate !
- Ce n'est pas de ma faute, tu fais ça tellement bien et encore plus quand tu as bu, s'écria-t-il
Elle accéléra ses mouvements, aspirant le sexe rosé fiévreusement.
- Han, arrête ça Lilie, je vais…
- Eh bien viens, répliqua-t-elle en continuant ses caresses.
- Non, arrête… je… Han… je ne veux pas que ça finisse aussi vite !
- Je peux toujours continuer jusqu'à ce que tu bandes à nouveau tu sais.
Il gémit en entendant sa proposition lubrique.
- Non Lilie, s'il-te-plait… Je veux m'enfoncer en toi maintenant…
Décidant d'arrêter de le torturer le pauvre phénix, elle se releva, titubant légèrement et retira sa culotte avant d'approcher le sexe gonflé de plaisir vers son intimité. Au moment où elle s'empalait sur celui-ci, elle se souvint brusquement d'un détail et se figea. Elle avait oublié de recommencer sa plaquette de pilules ce matin.
- Qu'est-ce qui ne va pas ? lui demanda-t-il, inquiet.
Elle le regarda un peu perdue, l'esprit embrumé par l'alcool. Que devait-elle faire, tout arrêter ?
Elle plongea son regard dans le sien. Ses yeux bleus étaient embrumés de plaisir, il avait l'air tellement heureux… Et puis ils avaient si bien commencé, elle n'allait pas tout casser maintenant. Et puis, songea-t-elle, est-ce que ça la dérangerait vraiment de tomber enceinte de lui ? La réponse, que son esprit alcoolisé osait formuler, était clairement non. Elle l'aimait, alors elle s'en fichait. Tant pis elle prendrait le risque. Ils prendraient leur pied bien comme il fallait et ensuite elle aviserait. Ses chances de tomber enceinte étaient quand même minimes.
- Elie ?
Il la secoua légèrement, elle sortit de ses pensées.
- Désolée, lui fit-elle en l'embrassant. Je réfléchissais à ce qui pourrait nous faire le plus jouir.
Il n'avait pas l'air très convaincu mais elle reprit ses mouvements de bassin, le déconnectant à nouveau avec la réalité.
FIN DU FLASH-BACK
Ils avaient fait l'amour comme des fous toute la nuit. Jamais ça n'avait été aussi torride, ce qui les avait encouragés à recommencer l'expérience alcoolisée dès que l'occasion se présenterait. Il était reparti, la laissant avec une bonne gueule de bois et des souvenirs incomplets de leur soirée. Elle avait notamment oublié cette histoire de pilule en retard et ne s'en était pas rendu compte lorsqu'elle l'avait prise le lendemain soir. Ce n'est qu'un mois plus tard, lorsqu'elle vomit ses tripes un beau matin, qu'elle se rendit compte que quelque chose clochait.
Elle fut horrifiée lorsque sa grossesse fut confirmée. Qu'allait-elle devenir et surtout qu'allait devenir cet enfant ? Elle était obligée de mener sa grossesse à terme, l'avortement étant interdit par le gouvernement mondial. Mais après ? Elle ne pouvait pas le garder, c'était trop dangereux. Les marines voulaient absolument savoir l'identité du père, comme on ne connaissait pas d'amant de la jeune femme. Ils finiraient par faire le lien, même si elle avait réussi à leur faire croire que cette grossesse était le résultat d'un coup d'un soir avec un homme dont elle ne se souvenait même pas du nom ni de son visage.
Et il y avait le problème Marco aussi, qu'allait-il penser de tout cela ? Elle lui avait promis que ça n'arriverait jamais ! Elle se voyait mal se ramener avec le gosse ou son ventre énorme et lui faire « coucou Marco, on est dans la mouise, voilà notre bébé ». Mais que faire alors ? C'était la merde, une merde noire comme elle n'en avait jamais connu. Elle avait tout gâché, leur secret allait être découvert à cause de sa négligence. Elle allait être condamnée à mort ou, dans le meilleur des cas, devrait s'exiler à tout jamais. Mais est-ce que Marco voudrait seulement d'elle ? Après tout ils couchaient ensemble, mais le blond ne lui avait jamais dit s'il ressentait quelque chose de plus que du désir pour elle… Si ça se trouve il n'avait pas réfléchi plus loin que le plan cul occasionnel et ne souhaitait pas aller plus loin. Mais quelle conne, quelle conne de s'être mise dans une telle situation !
Elle passa ainsi sept mois éprouvants. Puis la guerre de MarineFord éclata.
FLASH BACK
Elle était restée à Loguetown comme depuis le début de sa grossesse. On lui avait interdit de prendre part à cette guerre, elle serait trop exposée au danger, trop vulnérable. Alors elle suivait fiévreusement les évènements par visio-escargophone, comme tout le monde. Sam aussi était resté là, pour soigner les habitants de la ville. Tous les autres médecins avaient été réquisitionnés pour soigner les soldats blessés lors de la guerre au sommet. Il regardait sa mentor et meilleure collègue se ronger les ongles devant la télévision de l'hôpital.
- Ne t'en fais pas, on va la gagner cette guerre. Les pirates seront exterminés et on pourra enfin naviguer de manière sûre sur Grand-Line.
Elle se retint de lui faire une réplique cinglante. Elle se serait trahie si elle lui disait que c'était justement ça qui la faisait flipper. Marco et le reste de l'équipage de Barbe Blanche pourraient-ils survivre à ce génocide ?
Soudain, Marco apparut, se battant avec Kizaru. Elle retint son souffle. Il avait l'air d'être en forme, concentré sur un unique but : récupérer Ace aux poings ardents, son frère de cœur. Il était beau… Le bébé gigota dans son ventre, lui aussi excité par la bouffée d'adrénaline qui avait saisi sa maman.
Mais peu de temps après, le Phénix se fit avoir par un coup tordu du vice-amiral Onigumo. Au moment où, privé de son fruit du démon, il se fit transpercer par les rayons lasers de l'amiral Kizaru, le cœur de la jeune femme rata un battement. Elle fut prise d'une violente douleur au ventre mais s'efforça de ne pas laisser transparaître ses sentiments, refoulant ses larmes d'angoisse.
Elle sentit un liquide chaud couler sur ses jambes. Elle perdait les eaux. L'émotion, sans doute.
- Sam ? lui lança-t-elle d'un ton faible.
Celui-ci tourna la tête vers elle et prit un air grave en voyant l'état dans lequel elle était.
- Déjà ? Je croyais que ce n'était pas sensé se produire avant au moins deux mois.
- C'est le cas…
- Bon, ne panique pas, viens avec moi. Tout va bien se passer.
Il l'emmena vers le service de maternité. Il aurait bien aimé appeler les deux infirmières restantes pour lui donner un coup de pouce en cas de problème, mais il fallait que quelqu'un reste à l'accueil pour accueillir les éventuels nouveaux patients. Tant pis, il les appellerait si tout ne se passait pas comme prévu.
Trois quart d'heure d'efforts plus tard, Elie poussait pour la dernière fois. Sam récupéra l'enfant et fronça les sourcils, surpris.
- Il est mort ? murmura Elie le cœur lourd. Il n'a pas crié…
- Non Elie, ta petite fille est vivante, répondit Sam en coupant le cordon ombilical et en enveloppant le bébé dans une serviette. Mais je crois bien qu'elle est muette.
Il lui tendit l'enfant. Elle prit la serviette en tremblant. C'était un petit bébé, une toute petite crevette blonde qui la regardait avec ses grands yeux noisette. Elle ouvrait grand la bouche comme pour pleurer, mais aucun son ne sortait. Emue, la maman laissa quelques larmes couler le long de sa joue et serra sa petite contre elle.
Pendant ce temps, Sam avait fini de faire sortir le placenta et couvrit Elie.
- Les déformations des cordes vocales, ça arrive de temps en temps, reprit Sam pour la rassurer. Son ouïe a l'air d'être tout à fait normale donc si on lui apprend le langage des signes dès son plus jeune âge elle devrait réussir à vivre avec sans que ça la gêne trop. Est-ce que je peux la prendre pour continuer à vérifier que tout va bien ?
Elle lui rendit la petite à contrecœur. Il se dirigea vers une table sur tout le côté, commençant une série de tests. La jeune femme le regarda faire, le cœur lourd. Et maintenant ? Que faire ?
Peu à peu, l'évidence se fit dans son esprit. Elle ne pouvait pas la garder même si elle en mourait d'envie. Le handicap de la petite pourrait peut-être finalement lui sauver la vie… Encore faudrait-il que Sam coopère.
- Sam ?
- Hum ?
- Est-ce que pour sauver une vie tu serais capable de faire croire au monde entier que celle-ci est morte ?
Il se retourna vers elle, la petite dans les bras.
- Que veux-tu dire ?
- Serais-tu capable de faire sortir discrètement la petite et d'écrire qu'elle était mort-née dans ton dossier ?
Il la regarda, l'air grave.
- C'est si dangereux que ça pour elle qu'on la sache vivante ?
- Oui.
- Le coup d'un soir, c'était bidon alors ?
- Oui. Je voulais juste la protéger.
- Elie, qui est son père ?
- Je ne peux pas te le dire Sam, je suis désolée. Si tu le sais, tu seras considéré comme mon complice et je ne veux pas t'imposer ça. Je n'ai pas le droit de gâcher ta vie à cause de mes erreurs.
- Parce que falsifier son dossier tu trouves que ce n'est pas de la complicité ?
- Personne ne remettra en cause ta qualité de médecin. Et les infirmières seront témoins, elles n'ont pas entendu de cri, la petite était prématurée à cause d'un choc de la maman donc il y avait peu de chances qu'elle survive, tu vas leur donner un sac avec le placenta plein de sang à incinérer… Elles n'iront pas regarder dedans pour voir le bébé mort.
Il la regarda un instant.
- D'accord. Mais c'est bien parce que c'est toi, Elie. Je confierai la petite à ma sœur qui est de passage. Elle est nourrice sur l'île voisine.
- Merci Sam…
Il hocha la tête.
- Qu'est-ce que tu vas faire maintenant ? lui demanda-t-il. Arriveras-tu à rester avec nous, ou seras-tu obligée de fuir ?
- Je n'en sais rien Sam. Je ne sais même pas ce que je veux au fond de moi. Je suis perdue. J'ai fait plein de mauvais choix ces dernières années et ça me retombera dessus un jour ou l'autre. J'aimerais démissionner et partir loin, mais je ne peux pas vous quitter, c'est trop dur. Et puis partir pour aller où ? Tout laisser tomber, même mes patients ? ça ne serait pas digne des enseignements que le Docteur Haruto m'a donnés. Et puis je ne suis même pas sûre que le père soit en vie à présent. Je crois que je vais rester là pour le moment. Avec un peu de chance tout retombera comme un soufflé et personne ne découvrira la vérité… Je pourrais tenter de retrouver une vie à peu près normale.
FIN DU FLASH BACK
La vie normale qu'elle avait souhaitée ne s'était jamais réalisée. Sa fille lui manquait atrocement, elle était toujours dans l'incertitude sur la survie de Marco. Elle ne pouvait confier à personne ce qu'elle ressentait, et surtout pas le coucher sur papier. Alors elle avait sombré petit à petit dans la dépression. Ses supérieurs, pensant que la mort de sa fille était la cause de cette dépression, avaient préféré l'empêcher de repartir en mer, son état pouvant plus leur poser des problèmes qu'autre chose. Elle était donc mise à pied, obligée de rester chez elle à tourner en rond comme un fauve en cage.
Elle avait pété un câble au bout de trois semaines. Sentant qu'elle allait devenir incontrôlable, ce qui serait une grande perte vu son énorme potentiel, le gouvernement mondial avait donc décidé de lui confier une mission pour l'occuper. Un projet délicat, dangereux et top secret qui pourrait lui permettre de sauver des centaines de vies si elle arrivait à le contrer. Elle avait blêmit en apprenant l'existence d'un tel projet. La Marine n'hésitait vraiment devant rien pour asseoir son autorité… Alors elle avait accepté. Accepté de faire des recherches dessus, mis sa santé en danger en travaillant jour et nuit dessus pour trouver une solution à cela. Cela lui permettait également d'oublier un instant tous ses problèmes, même si ses cauchemars revenaient dès qu'elle fermait l'œil.
Cependant au fil des jours plus elle peinait devant le projet à contrer, plus la pression s'amplifiait et s'ajoutait à son stress. Elle était devenu hyper stressée, hyperactive, insomniaque. Elle dormait à peine et oubliait de manger, se dopant au café et perdant progressivement la lueur rieuse dans ses yeux et les kilos que sa grossesse lui avaient apportés.
La nuit commençait tout juste à tomber. Elle allait se servir un énième café quand des coups secs furent frappés à la porte. Comme un zombie, elle alla ouvrir et se figea en reconnaissant son visiteur.
- Bah dis-donc, on croirait que tu vois un revenant, s'écria le blond d'un air las. Et puis je ne suis pas le seul à avoir été amoché ces derniers mois à ce que je vois…
- Marco…
Moment présent
Elie fut brusquement sortie de ses pensées par des bruits de pas lourds qui se dirigeaient vers elle. Elle trembla en reconnaissant l'homme qui se penchait sur elle.
- Eh bien alors Docteur Blanchon, tu n'es pas contente de me revoir ?
- César Clown…
- Tu m'as extrêmement déçu tu sais, continua-t-il en s'accroupissant devant elle. Je te qualifiais comme quelqu'un d'intelligent. Quelqu'un qui était un peu comme moi, mais complémentaire. Travailleuse, sûre d'elle et de ce qu'elle voulait. On m'avait vanté tes mérites en tant qu'experte en l'art des antidotes, tandis que moi j'excellais dans la fabrication des poisons. C'est bien pour cela que je t'ai choisie, pour mener à bien la mission que l'on t'a confiée. Les hauts cercles ne voulaient pas qu'on se serve de ma nouvelle arme tant qu'on n'aurait pas trouvé comment y venir à bout. Imagine qu'un de nos amiraux ait été touché par mégarde… Quelle boulette ça aurait été. Même si je m'en fous totalement, je n'avais pas trop le choix, il fallait que je trouve de quoi les contenter et je pensais que c'était gagné.
Il tapa son poing contre la croix en bois, la faisant sursauter.
- Mais toi, petite idiote, tu nous as trahis ! Tu as trahi ma confiance, tu es tombée amoureuse de l'ennemi… et voilà que nous avons l'ordre de nous servir de notre arme même si on ne sait pas encore comment la contrer, et qu'on me menace de me servir d'elle contre moi si ça se passe mal ! As-tu seulement réfléchi à ça ? Non bien sûr, tu étais déjà de l'autre côté !
- Je ne…
Il l'attrapa par la gorge.
- As-tu divulgué les informations que je t'ai données aux pirates ?
- Non, grimaça-t-elle.
Elle ne pouvait pas se défendre, elle était toujours solidement attachée à la croix.
- Avais-tu trouvé ce putain d'antidote ?
- Vous me faites mal !
- As-tu inventé ce PUTAIN d'antidote et l'as-tu communiqué aux pirates ? reprit-il
- … Non, finit-elle par dire, le souffle court.
- Bien, c'est la réponse que j'attendais.
Il la lâcha et lui injecta un produit dans le bas gauche avant qu'elle ait eu le temps de bouger.
- Qu'est-ce que vous m'avez donné ? lui lança-t-elle entre deux quintes de toux, tentant de reprendre son souffle.
- Des calmants, lui répondit-il d'une voix froide. Et l'assurance que tu souffriras un peu avant d'être fusillée.
Il se retourna vers les gardes qui les surveillaient de loin.
- Vous pouvez l'emmener, il va bientôt être temps.
Une bouffée de chaleur saisit la jeune femme. C'était déjà l'heure de son exécution ? Pas encore, ça ne pouvait pas déjà être l'heure…
Les gardes tranchèrent ses liens, la faisant tomber lourdement au sol. La douleur de ses muscles ankylosés était tellement atroce qu'elle ne put retenir un couinement alors que la sensation de fourmis balayait tout son corps. Les gardes la relevèrent sans ménagement.
- Emmenez-là, finit César Clown avant de disparaître dans l'ombre d'un bâtiment.
Voilà, ça vous a plu? Mettez-moi une petite review pour me dire ce que vous en avez pensé ! :) A votre avis, Marco va-t-il aller sauver sa belle ou pas?
Prochain chapitre... Je ne sais pas quand, comme d'hab. Mais il ne sera pas court, pour me faire pardonner s'il arrive tard :)
Bonne journée à tous !
