Hasard

Note : Ce texte a été écrit pour la 104è nuit du FoF, avec pour thème nom.


Face.

Alfred aurait dû faire un commentaire sur les étranges jeux de son maître. Il aurait dû le faire tant qu'il avait encore la capacité physique de parler, ou du moins, de réfléchir à ses paroles. Il avait été trop curieux, trop pris dans l'instant. Il savait que c'était un jeu dont était adepte l'un des ennemis de Batman, mais ce pouvait être une forme de thérapie, quelque part, de ne plus faire du hasard un jeu macabre, mais quelque chose de tout à fait pervers.

Alfred ne pouvait que voir la pièce être lancée dans les airs par son maître. Il la voyait retomber dans la paume ouverte de sa main, et le résultat restait parfois invisible à ses yeux. Il supposait que c'était face, ou bien pile. Et, dans l'état actuel des choses, il ne se sentait pas vraiment de faire beaucoup plus que penser.

Il devina actuellement, que la pièce était tombée sur face quand Bruce referma rapidement ses mains sur son érection. La gauche glissa vers le bas pour venir le caresser, les doigts de la main droite se mirent à jouer un jeu cruel, elle se jouaient de son désir avec de lents mouvements d'avant en arrière.

C'était beaucoup trop peu à son goût et Alfred voulait bouger ses hanches, déloger Bruce du corps sur lequel il était assis. De son propre corps. Il était incapable de bouger, son plaisir se noyant sous sa frustration. Le jeune homme le plaquait contre le matelas, et l'empêchait de faire le plus petit mouvement pour obtenir la satisfaction de ses désirs, une vraie caresse.

Et puis… Alfred devait admettre qu'il prenait un certain plaisir à rester docilement étendu sur le dos, sur les draps luxueux, pendant qu'on lui donnait du plaisir. Le mouvement s'arrêta et le majordome retint un gémissement de frustration.

Pile.

Ce coup-ci, il put voir la pièce. Alfred se força à respirer, à rester calme, alors que des mains caressaient doucement son ventre, et remontaient jusqu'à son torse. Bruce venait ravir ses lèvres, et ses mains se placèrent sur sa gorge. Alfred frissonna. L'instant d'après, elles pressaient contre lui et sa respiration se faisait plus difficile. Il refusait d'admettre qu'il aimait ça, mais il laissa son sexe frotter contre le corps au-dessus du sien, et la frustration était si bonne. Bruce le relâcha.

Face. La caresse reprit et le jeu continua, rythmé par ses gémissements de plaisir et ses grognements de frustration. Rythmé par les caresses cruelles de son maître. Le jeu semblait avoir duré une éternité quand son orgasme lui fut enlevé. Bruce le caressait toujours avec cette même lenteur frustrante, et il ne s'arrêta pas, n'accéléra pas, ne ralentit pas pendant son orgasme, restant imperturbable. Alfred sentit son corps se tendre alors qu'il éjaculait, les minces jets de semence se perdant sur son ventre. C'était intense et long et pourtant si frustrant. Il voulait plus, il voulait que ces mains lui fassent connaître plus que cette privation. Et malgré tout, il cria le nom de son amant.