DISCLAIMER : L'univers est naturellement à JKR, je ne possède que quelques personnages et l'intrigue, et je ne touche même pas d'argent avec.
Bonne lecture !
Acte IV
Préliminaires mordantes
Mars 1978
Judith Isidore de La Garde
C'est tellement ennuyant. Non, ce n'est pas juste ennuyant, en fait. C'est aussi extrêmement irritant. Et fatiguant. Et inintéressant. J'ai l'impression de n'avoir dormi que quatre heures cette nuit et d'avoir bu un litre de café pour me tenir éveillée. Ainsi, je pourrais expliquer mon état de fébrilité incroyable. Et ainsi je me trouve en train d'agiter ma jambe bruyamment parce que mon talon claque à chaque fois sur le carrelage froid. Sauf que j'ai parfaitement bien dormi toute la nuit et que Shirley me lance un énième regard de reproche, visiblement exaspérée par le bruit de mes talons. Mais quoi ?! Ce n'est pas de ma faute si cette foutue réunion est interminable !
« … Ainsi, après ce discours, continue à déblatérer pompeusement un élève de sixième année, j'aimerais pouvoir m'assurer de l'entier et inconditionnel soutient du comité afin de mener à bien cette idée révolutionnaire et néanmoins absolument essentiel au bon fonctionnement de notre cher et tendre Poudlard. Car je profite de détenir le flambeau éclatant de la parole pour ajouter que... »
Mais faites-le TAIRE ! Ce n'est pas humainement possible de parler depuis aussi longtemps sur un sujet que j'ai moi-même oublié ! Je suis sûre que lui aussi, vu comment il se perd dans ses divagations prétendument poétiques. Il le fait pour noyer le poisson, j'en suis persuadée, je la connais cette technique, faut pas me la faire à l'envers, moi !
« Mais qu'est-ce qu'il veut à la fin ?! Je lâche à voix basse »
J'ai réussit à contenir mon exaspération dans cette phrase et je ne suis pas peu fière de moi ; il faut que je sois claire sur un point, je suis une méchante petite fille gâtée avec la patience de la taille des couilles des Serpentards. C'est pour ça qu'il y a des rumeurs qui courts comme quoi je suis une fille facile ; ce n'est pas vrai, c'est juste que j'aime que les choses se passent vite, c'est dans ma nature, je suis impulsive.
Sirius à côté de moi lève un regard vague et endormi, visiblement pas plus attentif que moi. Il me regarde, fronce les sourcils, comprend ma question et fouille dans ses -mes- registres. Parfois je me demande s'il ne partage pas son cerveau avec Potter. Cela expliquerai pas mal de choses, comme le fait que Potter n'en ai pas parce que c'est en réalité Sirius qui le garde mais parfois il lui prête, grand seigneur, et est donc plus lent que d'habitude. Mystère résolu, donc. Potter se sert du cerveau de Sirius. Il faut que j'ai une discussion avec lui, il ne peut décemment pas se laisser faire comme ça, je veux dire, chacun ses cellules grises et comme ça Potter se fera larguer par Evans. Ça pourrait être marrant de le voir se balader dans le château en pleurant toutes les larmes de son pauvre petit corps tandis que Evans reviendra aux soirées dirty-underground-on-se-fout-la-gueule-à-l'envers des cachots. Pas une sainte nitouche, Evans, faut pas croire, sous sa gueule d'ange..
Mon assistant retourne une nouvelle fois la tête vers moi, le regard un peu plus allumé, cela dit. Miracle, il a récupéré ses capacités !
« C'est Adrian Bones. Il veut... En fait, je ne suis pas sur que ce qu'il y a écrit sur la fiche soit sérieux, parce que, sincèrement, je crois que c'est une blague.
- Dit toujours.
- Il veut obliger l'école à payer pour nos produits de douches. »
C'est une blague. Il a raison, c'est une blague.
« Shir ?
- Oui, il veut que Dumby-mimi paye pour notre savon puisque visiblement il en a ras-le-bol de payer le sien.
- Tu as écouté ? Demande Sirius, surpris. »
Elle hausse les épaules et lui montre la plume verte qu'elle a dans les mains. Plume de prise de note. Enfin une invention utile depuis le mascara. Sirius lève les yeux au ciel avant de se tourner vers moi, l'air grave.
« Est-ce qu'à ce point là de la réunion, tu penses que tu pourrais l'arrêter avec tact ?
- Non, en fait je pensais lui arracher la langue et la servir dans la grande salle ce midi.
- Shirley, gémit mon ami auprès de cette dernière avec ses yeux de chiens battus. »
Après un léger sourire, Shirley se lève brusquement de sa chaise, interrompant le discours Adrian Bones. Les regards des quelques participants n'ayant pas sombré dans une léthargie béate s'accrochent immédiatement à elle, les yeux fous, comme pour lui sommer d'intervenir. Sauf qu'elle sait très bien se sommer des choses à elle-même.
« Bones, fait-elle d'un ton froid et dédaigneux, quand tu auras fini de nous brosser l'inventaire de ce qu'il y a sur ta douche, tu penses que tu seras encore là ? Car il se pourrait bien que ton propos incongrue te vaille un aller simple à l'infirmerie si tu ne la ferme pas bientôt. Alors tu es gentil et tu achètes tes produits hygiéniques tout seul, comme un grand, parce qu'il est hors de question que les dortoirs se partagent un gel à cinq. »
Andrian Bones reste légèrement surpris, ouvrant et fermant la bouche à la manière d'un poisson rouge, planté debout, sans aucun son n'émanant de sa personne. Shirley se rassoit tandis que je sourit aux autres participants qui, n'ayant rien perdu du spectacles, rigolent doucement sous cape. Afin de changer définitivement de sujet, je leur lance mon sourire le plus éblouissant et reprend mon rôle de leader charismatique.
« Quelqu'un veut ajouter quelque chose ? Personne ? Parfait, sujet suivant. Nous allons parler de... Du nettoyage des toilettes des filles au deuxième étage avec Juliet Stuborn. »
Lorsque la réunion se termine enfin, j'ai l'impression d'être restée bloquée des heures dans cette salle calfeutrée aux relents de sueur. Ce n'est vraiment pas sain de nous obliger à nous réunir toutes les semaines avec toujours les mêmes ordres de réunions. Ils ne sont donc pas capable de régler leurs problèmes tous seuls ? Je ne vais quand même pas aller traquer les voleurs de chocolats avec eux ! J'ai une vie, moi !
En parlant de vie, il est vraiment temps que je m'éclipse, moi.
« Hé, Judy ! »
Judy ? Mais c'est ridicule, mon prénom en lui-même est déjà une diminutif, en plus. Et le « y » rajoute une voyelle. Ce que les gens peuvent être bête. Correction, qu'est-ce que Sirius peut être bête. C'est donc son jour sans cerveau aujourd'hui...
« Qu'est-ce que tu veux, Blacky ?
- Blacky ? Répète-t-il en grimaçant.
- Mouais, juge Shirley en maugréant. Son prénom c'est Sirius, t'aurais pu l'appeler Siry, tout simplement.
- Tu l'appelles tous les jours comme ça, je fais en haussant les épaules. Sur ce, je vais devoir vous abandonner.
- Ouuuh, mademoiselle de La Garde a un rendez-vous, souffle Sirius en prenant mon bras. Raconte-moi tout ça. »
Je trouve que depuis que son homosexualité a été découverte au cours d'un malheureux concours de circonstance par Shirley, il se la joue plus copine que copain. Pas que je mette en doute sa virilité ; c'est Sirius Black, tout le monde l'a vu retirer son tee-shirt au dernier match de quidditch, même moi j'ai bavé dessus ; mais quand même, il a perdu un truc. Genre de la dignité. Ah mais en même temps, il n'en avait pas des masses à la base, je veux dire, c'est quand même le meilleur ami de James Potter. Il faut avoir envie de se rouler dans la boue, quand on choisit ça comme alternative amicale.
« Oui, je répond joyeusement. Effectivement, j'ai un rendez-vous, alors si tu voulais bien me laisser filer aussi vite que le vent...
- Que tu crois ! Depuis quand tu as des rendez-vous ?
- Et bien, disons que Charles m'y a malencontreusement initié.
- Si mes souvenirs sont bons, intervient Shirley pour s'ajouter à notre marche, tu n'en avais pas gardé un très bon souvenir. Je ne me souviens plus exactement comment tu avais qualifié ça mais ça rendait quelque chose comme une perte de temps que tu aurais préféré employer de façon plus active.
- Huum.. Je crois que c'est une mauvaise citation, j'ai forcément parlé de sexe. »
Ils rigolent allègrement et me suivent toujours à la trace. Je les adore, cela va sans dire, mais est-ce qu'ils sont au courant que je n'ai pas besoin de chaperon ?
« Bon, vous pouvez me laisser là, salut la compagnie !
- Pas si vite, me rattrape Shirley. C'est qui cette mystérieuse personne que tu cours rejoindre ?
- A ton avis, qui aurait besoin d'un rendez-vous pour daigner me sauter ?
- Te fais pas prier, balance des noms.
- C'est Charles, évidement. »
Qu'ils sont bêtes, ils n'ont vraiment pas deviner par eux-même ? Pourtant il me semble que ce n'est tout de même pas transcendant ; pour qui d'autre je voudrais bien perdre mon temps ? Alors que j'ai Madame Bovary qui m'attend, franchement...
Je me rend compte au bout d'un moment que je n'entend plus les claquements de talons des quinze centimètres de Shirley, ni le frottement du pantalon de Sirius, ce qui est tout de même étrange, eux qui se faisaient une joie de m'accompagner dans tous les couloirs rocailleux de cette prétendue école.
Je me retourne et les vois tous deux ébahis un peu plus loin dans le couloir, me fixant étrangement. Quoi ? Ils n'ont pas compris ou ils trouvent ça bizarre que j'aille à une deuxième rendez-vous ? Je dois bien avouer que moi-même, ça m'a surprise de m'entendre dire « Oui » à Apollon. Il faut que je revois le code féminin pour savoir à partir de quel rendez-vous on peut enfin s'encanailler parce qu'à la vitesse où on y va, dans sept ans on y est encore.
« Tweedle Dee, Tweedle Dum ? On bloque sur mes fesses parfaites ?
- Charles, répète stupidement Sirius. Tu as rendez-vous avec Charles Parkinson ?
- En effet. Il me semble que c'est son nom, mais je t'avoue que je n'ai pas vérifié sa carte d'identité.
- Mais... Mais tu me l'as laissé ! »
C'est à mon tour de rester interdite. Je lui ai laissé ? Les plus belles fesses de Poudlard après les miennes et je lui aurais laissé ? Je m'autorise un petit rire, pensant à une blague, mais ne les voyant pas rire je me ravise. Je lui ai dis que je lui laissais Charles Parkinson ? Il doit y avoir erreur, quelqu'un a donc prit possession de mon corps, je ne vois que ça.
« Je ne vois pas du tout de quoi tu parles, je finis par avouer, penaude. Je pense que tu dois confondre.
- Confondre ? Jude, il est impossible de te confondre avec quelqu'un d'autre.
- Bah, je sais ! Mais tu sais certaines personnes vont loin pour m'imiter..
- Je rêve ! Je n'arrive pas à croire que tu retournes ta veste aussi facilement ! »
Pardon ? Suffit, je ne reste pas ici si c'est pour me faire insulter. Sirius sait très bien que la mode est aux capes, enfin, comme si j'allais mettre une veste, c'est ridicule !
« Bon, écoute mon chou, je crois qu'on est dans... Merde... Qu'est-ce que c'est déjà ?
- Malentendu ?
- Mais non, je parle avec un langage plus élevé, enfin. Quiproquo, voilà ! Je pense qu'il y a quiproquo. Qu'est-ce qui te fait croire que je t'ai laissé Charles Parkinson ? »
C'est vrai, ça, j'aimerai bien savoir, histoire que je rigole un peu. Je trouve que je deviens de plus en plus sérieuse et ça ne me va pas du tout. J'ai perdu un peu de mon bronzage, voilà qui en est la preuve ultime ! C'est sans doute parce que je lis des livres. C'est connu, les livres propages de l'anti-bronzant. J'aurais dû le savoir de commencer à lire Hérodote en grec, ça m'aurait évité de devenir un rat de bibliothèque. Merde !
Sirius en face de moi, loin de mon petit monologue intérieur fait semblant de réfléchir, alors qu'il sait très bien que je sais qu'il ne réfléchit pas vraiment. Il a toujours cette tête pendant une réunion quand il essaye de remballer gentiment un impromptu plaisantin qui fait requête d'une chose impossible à avoir. Diantre, ils demandent tous des choses impossible ces petits salauds...
« Voyons, c'était le mois dernier, quand tu t'es pris la cuite du siècle et que tu as dis à Petruska que j'étais gay.
- Non, ce n'est pas Petruska, intervient Shirley, visiblement agacée.
- Peu importe. Tu m'as dis que tu me laissais Charles parce que tu n'avais pas couché avec lui, insiste le Black. Tu t'en rappelles, Jude, tu n'es pas complètement paumée, rassure-moi ? »
Huuum... Oui... Possible... Il est vrai que ça allume un léger souvenir quelconque dans mon crâne mais franchement, pas de quoi engager un débat dans un couloir sur ma prétendue insanité d'esprit. Non, ça c'est vraisemblablement de l'exagération.
« Non, je ne m'en rappelle pas du tout, on va dire que c'est oublié, tu serais un ange si tu m'apportais un latté à dix-huit heure, à tout à l'heure les chous. »
Je fais mon bien connu demi-tour-j'évite-les-ennuis-et-je-balance-mes-cheveux quand Sirius m'attrape le bras. Il a sur la tête l'air pas content du tout et cela ne veut dire qu'une chose ; je vais passer un sale quart d'heure, puis je vais être très en colère, je vais lui faire peur et on va se réconcilier parce que c'est plus marrant d'être amis. C'est chiant les relations humaines...
Je soupire et lui lance à la volée, histoire d'abréger le truc.
« Écoute, je ne m'en rappelle pas et j'ai rendez-vous c'est donc manifeste que je ne te le laisse pas, alors c'est sois gentil et lâche moi, je vais finir par être trop en retard.
- Non, Judith, j'en ai ras-le-bol que tu t'en sortes comme ça à chaque fois. »
Judith ? Mais il est tombé sur la tête ou quoi ? Personne n'a le droit de m'appeler comme ça !
« Bichon, si tu le prends sur ce ton-la, je vais devoir sortir les griffes aussi.
- Non mais il n'y a pas de bichon ou de griffes. Je crois que tu ne te rends pas compte là. Tu m'as quand même fait avaler ton histoire de « amis avant les garçons » ! Mais sur quelle planète tu vis, franchement ?
- Ah mais c'est un vrai concept, les amis avant les garçons, je te jure que c'est vrai, pas vrai Shirley ?
- Oui, elle l'utilise beaucoup, mais je ne l'ai jamais vu à l'œuvre, après.
- Oui, c'est normal. Vous connaissez ma citation quotidienne, moi avant les autres. »
Je leur souris, persuadée qu'ils ont enfin compris que ça ne sert à rien de discuter de ça maintenant. Mais non, visiblement non. Ils ne comprennent jamais rien. Note à moi-même, changer d'amis. En attendant, c'est moi qui commence à m'échauffer. Avec leurs leçons de morales à deux mornilles ils commencent sérieusement à me taper sur le système. Et j'ai franchement quelqu'un d'autre à me taper. Hé ! Mais c'est un super jeu de mot !
« Gardes tes blagues débiles, me remballe instantanément Sirius avant même que j'ai pu ouvrir la bouche. Et arrête de croire que tu peux faire n'importe quoi et que nous allons te pardonner à chaque fois !
- Me pardonner ? Je ne comprends vraiment pas pourquoi tu devrais avoir à me pardonner, je n'ai rien fait.
- Le pire c'est sans doute que tu en es persuadée toi-même.
- Ce n'est pas de ma faute si tu as vraiment cru que je te laissais !
- AHA ! Donc tu avoues que tu t'en souviens !
- Ok, peut-être que j'ai un vague souvenir, mais je me souviens surtout que je disais ça comme une blague ! Si tu es trop con pour comprendre ça, tant pis pour toi.
- Wahou ! Alors, là, tu m'épates ! Je te savais égocentrique et de mauvaise foi, mais là tu dépasses carrément toutes les bornes de l'entendement !
- Hum. Je savais pas que tu connaissais des mots compliqués.
- Lâche un peu l'image de pimbêche, tu veux. Je sais qui tu es, Jude, je le sais vraiment, alors tu ferais mieux de faire marche arrière tant que tu le peux encore.
- Je comprends pas que tu te mettes dans un état pareil pour un garçon. Je veux dire, oui, j'ai rendez-vous avec lui, et alors ? Tu nous fais un caca nerveux pour rien.
- C'est pas ça, tu ne comprends vraiment pas ! C'est le geste qu'il y a derrière, c'est le fait que je ne puisse pas compter sur ta parole. Et ce garçon était à moi, alors tu n'avais pas le droit d'y toucher. C'est ce que les amis font entre eux, ça s'appelle du respect.
- Merlin que ça a l'air barbant.
- Non, ce n'est pas barbant ! C'est normal ! Alors ton caractère de chien, ça va deux minutes, mais là j'en peux plus ! Tes petites magouilles, tes mensonges éhontés.. Y a un moment où il faut que tu grandisses ! Alors tu veux que je te dise ? Là tu es face à un choix. Soit tu choisis Parkinson et tu perds un ami, soit tu décide d'agir comme une grande personne et de ne pas fonctionner uniquement à travers tes pulsions sexuelles. »
Mais c'est qu'il vire au pathos, mon Rurus. Il faut qu'il se calme, ce n'est tout de même pas une affaire d'Etat, je veux dire, je ne comprend pas pourquoi il se met dans des états pareils pour du respect ou ce genre de conneries. Il faut vraiment qu'il se calme et qu'il arrête de lire du Hugo, parce qu'on a pas fini si il commence à faire des discours à la Gwynplaine..
« Je passerai à côté du pathétique évident de ta phrase. Quant à mon choix, il est tout fait ; Charles au moins voudra bien essayer de me sauter. »
Sirius me regarde, visiblement surpris. Quoi ? Il n'allait quand même pas croire que j'allais le préférer lui, alors que je ne serais pas satisfaite sexuellement ? C'est qu'il ne me connait pas assez, visiblement. Moi qui croyais que notre amitié était réelle..
Sirius me lance un regard étrange, entre le désespoir et la colère. Je suis plus où moins habituée par les deux mais jamais en même temps. Les émotions mélangées à autre chose de l'humour, je les provoque rarement, je suis plutôt dans les extrêmes. Mais bon, j'ai fini par comprendre que ce n'est visiblement pas mon jour. Parfait.
« Bon, je peux y aller où tu restes là à me fixer comme une carpe ? Je grince. »
Le visage de Sirius se ferme d'autant plus et il s'avance vers moi à grandes enjambées avant de..
…
Il n'a pas fait ça. Il n'a pas fait ça.
« On peut savoir ce qui te prend ? Je fulmine, un main pressée contre ma joue qu'il vient effectivement de gifler. Les gars ne frappent pas les filles !
- Ouais, esquive-t-il en haussant dédaigneusement des épaules, un sourire méchant aux lèvres. Mais les gays frappent les putes. Tu vois, on peut toujours s'arranger. »
Il tourne les talons et commence à marcher en sens inverse, ses pas saccadés étant les seuls témoins de la rage qui l'anime. Je le regarde s'éloigner, choquée. Il a osé me frapper ? Moi ?
Je me tourne vers Shirley, débordante de colère. Elle est au milieu du couloir et suit rêveusement le parcours de Sirius.
« Viens, Shir, on s'en va. »
Elle lève ses yeux lagons vers moi, l'air plus ennuyé que d'habitude. Puis, lentement, secoue la tête en dénégation.
« Ah non. Je crois que tu n'as pas compris. Ce que Sirius a dit s'appliquait aussi à moi. Alors en attendant que tu comprennes ce que tu as fais de mal, il va falloir que tu te défoules sur quelqu'un d'autre. »
Elle tourne les talons à son tour, tandis que comme à son habitude, elle marche lentement, avec lassitude. Je bouillonne de rage.
« Très bien, je hurle avec hargne. Partez. Mais vous êtes virés du comité ! Et des amis, j'en ai des tas d'autre, j'ai pas besoin de vos leçons de morales alors allez vous faire foutre bande d'hypocrite ! »
Sans se retourner, Shirley balaye ma réplique de la main. C'est à mon tour de faire demi-tour. Black, tout ça c'est de ta faute. Tu ne perds rien pour attendre.
Avril 1978
Sirius Orion Black
Le brouhaha jovial de la Grande Salle coule autour de moi, sans vraiment que je ne m'en rende compte. Les poudlariens ont toujours été très bavards, en particulier à l'heure du midi, comme s'ils ne pouvaient pas tout simplement profiter d'un repas au calme. Hélas, trois fois hélas ! Pourquoi ne peut-on pas profiter silencieusement d'une tarte à la mélasse ?
« HIIIIIII, regaaaaarde ! Jim Jonson est célibataire ! »
La fille de troisième année à qui appartient ce ton strident brandit fièrement devant ses gourdasses de copines un magazine de potin, s'en suit alors un nuée de gloussement tous plus désagréable les uns que les autres. Je tique. J'aimerai vraiment savoir d'où vient cette capacité des filles à glousser. Ce doit sans doute être une sorte de seconde nature ; même Shirley qui n'est pourtant pas la fille la plus féminine du monde glousse de temps en temps. Je jette un coup d'œil à cette dernière qui est assise à sa table. Elle est entourée d'un petit nombre de septième année qui parlent lentement, en fronçant les sourcils avant d'énoncer une parole. Elle, souriant gentiment jette de temps en temps une parole que j'imagine pertinente en piochant sporadiquement dans son assiette. J'ai un sourire léger. Je suis sur qu'elle est vraiment contente de pouvoir trainer un peu plus avec ses amis intellectuels et qu'ils parlent sans cesse de trucs chiant, comme de politique ou d'économie. Ça lui fait du bien d'être avec des gens aussi sérieux qu'elle. Elle ne l'a jamais avoué mais je suis persuadé qu'elle en avait un peu marre des conversations stériles de Jude.
Je tourne d'ailleurs mon regard vers cette dernière, histoire de savoir si elle se complait dans sa solitude. Mais non, comme depuis un mois, Jude se tient bien calmement dans son coin de table. Enfin, calmement.. Depuis qu'on ne lui parle plus, la teigne passe son temps à nous lancer des regards furibonds et à nous lâcher toute sorte de vacherie dans les couloirs. C'est un fait, Jude Garde n'a jamais été la personne la plus mature du monde, mais là elle a atteint des sommets -ou des gouffres, d'ailleurs- en terme de bassesse. Entourée de sa toute nouvelle cour de lèche-botte, elle a l'air d'une méchante déesse qui pourrait détruire le monde entier d'un grognement. D'ailleurs, son nouveau passe-temps n'est ni plus ni moins de détruire les gens alentour d'elle. Car visiblement, elle n'ose pas s'en prendre directement à nous. Au moins elle a ça pour elle, elle est fidèle dans ses non-amitiés.
Je croise le regard de Shirley en relevant les yeux. Elle me fait un clin d'œil et tourne très légèrement la tête, juste assez pour me faire remarquer Charles sortant seul de la salle. Avec un sourire pour la blonde, j'engouffre la fin de mon repas dans mon gosier et me lève brusquement entrainant les regards surpris de mes amis. Enfin, de Rémus. James est trop occupé à rougir aux propositions indécentes que sa Lily-jolie lui fait à l'oreille tandis que le regard de Peter défile rapidement entre le plat de poulet et celui de saumon. Chacun ses obsessions, n'est-ce pas ?
« Je vais prendre l'air, je souffle à la question silencieuse de l'unique ami qui s'intéresse à moi. »
Il fronce les sourcils, suspicieux, mais ne dit rien. Je sais bien que je devrais leur dire la vérité mais je n'arrive pas à m'y résoudre. James serait trop perturbé, il ne comprend pas les choses qui sortent du quotidien, il n'est pas assez grand pour ça.
Je sors du poulailler de Poudlard et hèle Charles qui s'avance dans les escaliers.
« Hé, Charles, attends, tu vas où ? »
Il se tourne vers moi, surpris, avant de m'adresser un fin sourire. Il attends que je sois à sa hauteur avant de me répondre.
« Je vais en salle de sortilège.
- J'y vais aussi, je peux me joindre à toi ?
- Je crois que tu l'as déjà fait. »
Je lui souris sans rien dire. Nous avons fini par plus ou moins nous connaître. Entendons plutôt, il me connaît plus et moi moins. Je suis lésé dans l'histoire, certes, je le vis bien. Il est trop mignon pour qu'on vive mal quelque chose avec lui.
« Au fait, dit-il alors que nous avançons paresseusement dans les couloirs. Tu as lu le livre que je t'ai passé ?
- Dix façons de réussir un transplanage ? Non, pas encore, mais je te le rend au plus vite.
- Non, non, pas celui là. Je te parle de W de Perec.
- Oh ! Ah. Oui, oui évidement, je l'ai fini !
- … Et donc ?
- Euuh... Ah ben il est vraiment bien, hein. Vraiment vraiment chouette.
- Quel fieffé menteur tu fais, Sirius Black, lance une voix pompeuse à souhait qui ne peut appartenir qu'à une seule personne. »
Mesdames et messieurs, veuillez saluer le retour de la Garde 2.0 alias celle-qui-ne-savait-pas-s'occuper-de-ses-affaires. Jude is in da house et visiblement, elle en veut au monde entier.
« Qu'est-ce que tu veux, Jude ? Je fais en soupirant. »
Elle me lance des éclairs avec les yeux. Elle est devenue vraiment forte à ça, on dirait vraiment de vrais éclairs, c'est plutôt impressionnant, je dois dire. Pas très rassurant mais impressionnant. J'aimerai avoir cette habilité mais ce n'est réservé qu'aux harpies.
La pire d'entre elles est d'ailleurs en train de monter religieusement les escaliers, me poignardant toujours précautionneusement du regard tandis que sa suite la poursuit, à demi-haletante. C'est vrai qu'elle est petite, la déléguée des élèves, mais qu'est-ce qu'elle se déplace vite... En deux temps trois mouvements, elle est déjà en face de moi, une marche plus haut pour pouvoir me toiser plus aisément. Mais qu'est-ce qu'elle a, nom de Dieu...? Pourquoi est-elle si agaçante ?
« Je sais que tu mens, assène-t-elle d'une voix tranchante. Tu n'as pas lu ce livre parce que tu ne sais pas lire. Je le sais parce que je n'ai jamais voulu te donner de cours de lecture.
- C'est dingue, même dans ton imagination tu es une amie toute pourrie.
- Je ne voulais pas te l'apprendre parce que tu n'insistais jamais assez. »
Je lève les yeux au ciel. Que faire d'autre devant une si mauvaise foi ?
« Bon... Je crois que je vais vous laisser, souffle Charles, manifestement gêné.
- Oh, non, minaude-t-elle d'un air fourbe. Reste donc avec nous, j'ai vraiment envie que tu restes pour écouter les balivernes que va sortir ce cher Sirius pour te faire croire qu'il a lu Perec ! »
LA GARCE !
« Mais pourquoi tu ne nous laisserai pas tranquille plutôt ? Je fais parce que ça commence sérieusement à m'agacer. Tu n'as pas d'autre chose à faire ? Comme faire payer au monde entier que tu sois la pire des égocentrique ?
- Le monde entier se porte très bien, merci pour ton empathie.
- Va faire ta pimbêche ailleurs, avec tes grands mots que tu ne connais pas.
- Je les connais, figure-toi, moi je lis vraiment les livres ! »
Et c'est reparti pour un tour de j'arrête-de-te-lancer-un-regard-noir-seulement-si-tu-baisses-la-tête ! Je crois donc que c'est un bon moment pour faire un point sur ma vie.
Jude était une simple serpentard qui se pavanait parfois avec des airs de grande duchesse. Elle était alors agaçante parce qu'elle était une serpentard, et donc en bon Gryffis, il est normal que je la trouve agaçante et que je passe mon temps à la remettre à sa place. C'était un petit agacement, pas trop violent, de ceux qui font partie de la logique inter-maisons de Poudlard. Tu n'es pas dans la mienne ? Parfait, je vais t'humilier.
Ensuite, Jude fut élue -ô rage, ô désespoir !- déléguée des élèves, me gratifiant du rôle d'assistant , se plaçant donc légèrement au-dessus de moi dans la hiérarchie poudlarienne. Elle est devenue alors légèrement plus agaçante, de l'agacement de l'on ressent lorsqu'un patron tyrannique vous prend subitement pour son esclave. Énervant mais tout à fait supportable pour quelqu'un d'aussi calme que moi.
Au finale, Jude se trouva pourvue d'une étonnante capacité à être une amie. Là encore, de l'agacement, mais étouffé par un très grand amusement. Car si elle tape sur le système de tout être humain normalement constitué, elle prend généralement ses amis pour ses esclaves personnels et ne cache plus sa grandiloquente mégalomanie. Mais, en tant qu'amis, il est logique de prendre tout cela avec un sourire désabusé et beaucoup de second degré.
Puis, vient la phase terminale. La plus terrible de toute. Celle où, après avoir été une simple serpentard, puis un patron tyrannique et enfin une amie, elle bascule du côté sombre. Du côté de l'ennemie. Jude n'est alors plus agaçante. Elle est tout simplement imbuvable ! C'est comme si d'un coup, les cavaliers de l'apocalypse se prenaient à planer sympathiquement autour d'elle, envoyant valser d'un pic plein de méchante ironie quiconque a le malheur de croiser sa charmante route. Jude est donc un des cavalier de l'apocalypse ! Tout s'explique enfin !
« Vous avez manifestement des choses à régler, je vais vous laisser, bredouille Charles en s'éloignant déjà. »
Nos regards se décroisent instantanément mais, prévenant nos plaintes, le beau Charles nous fait coucou des hauts des escaliers avant de s'évanouir derrière un mur de Poudlard. Inutile de lui courir après ; cette école est un vrai labyrinthe. Je grogne et me tourne vers ma meilleure ennemie.
« C'est de ta faute !
- Oh, bichette, fait pas cette tête, lance-t-elle d'une voix trainante. Je t'en trouverai un autre de copain, mais tu sais bien que je partage pas mes jouets.
- Tu l'as même pas lu ce bouquin !
- Très juste, d'ailleurs... Tiens, toi, s'exclame-t-elle en pointant du doigt une blondasse qui la suit. Va immédiatement m'acheter ce livre là.
- C'est à dire que... Bredouille la blonde. Je.. Je ne sais pas de quel... Livre il.. Il s'agit et.. Euh.. Je ne.. Peux pas.. Sortir de l'é... L'école.
- Débrouille-toi, tu m'agaces, fiche le camp. »
Un mouvement de main plus tard de la part de Jude et sa nouvelle esclave déguerpit dans les couloirs, tremblant un peu. Je lance un regard mauvais à la déléguée des élèves.
« Alors tu ne caches même plus ta mégalomanie ?
- Le petit personnel ne compte pas. »
Elle balaye de la main ses suivants d'un air ennuyé, tandis que les deux garçons et la fille restant prennent l'air terrifiés avant de courir se mettre à l'abri à la manière de pigeons. Je sais que Jude peut parfois être étonnante dans ses réactions mais de là à faire jaillir une peur brute de ses camarades.. Allons. Restons sérieux.
« Ils te voient enfin telle que tu es ; un vraie mégère. »
Hum. Ouais. Vu son air pas commode, j'aurais du réfléchir avant de parler. Mais ce n'est pas de ma faute, je suis un Gryffondor. Foutu courage intrépide.
« Ah tu veux jouer à ça ? Parfait, jouons, fait-elle d'une voix mielleuse qui lui va bien ; elle fait bien la fille sage, la garce.
- Je veux pas jouer, moi, je grommelle.
- Arrête de faire ton gentil garçon, veux-tu ? Je sais très bien que tu joues, je l'ai deviné quand j'ai trouvé les vipères dans mon lit. »
Je souris intérieurement. Les vipères dans le lit, c'est vraiment une bonne idée. Banale, vue et revue, mais tout de même, elle marche à tous les coups, surtout avec les Serpentard. Néanmoins, je lève les yeux au ciel et prend l'air agacé. Bonne farce ou non, c'est une farce des Maraudeurs et les Maraudeurs ne se font jamais prendre à leurs farces. Code d'honneur.
« Je ne vois pas de quoi tu parles.
- Je sais que tu vois très bien de quoi je parle, gronde-t-elle. Tu les as récupérées ?
- Ce n'était franchement pas la peine de les découper en petit morceau, tu sais. On pourrait croire que tu es sadique.
- Oui mais au moins, tu as mis plus de temps à t'en rendre compte.
- Pas tant que ça. Cacher des bouts de serpents dans une choucroute, c'est pas super discret. La texture nous met dans la bonne direction. »
Un sourire grognard s'inscrit sur les lèvres de ma comparse. Ah parce qu'elle est fière en plus ? Me faire bouffer de la vipère et elle est contente ? C'est vraiment nul comme vengeance. Et c'est même pas drôle. J'aurais tout donné pour la voir piailler comme une poule mouillée en voyant les reptiles dans son lit, tandis qu'elle m'a à peine vu grimacer quand j'ai capté les bouts gluants à travers le chou. Parfois ça paye d'être un lion ! Je sais qu'au fond d'elle-même, elle est vexée de ne pas m'avoir vu pleurer comme la fillette qu'elle est.
Elle me fait un sourire mielleux avant de se pencher vers moi, afin de me susurrer à l'oreille.
« Tu ne l'emporteras pas au paradis, Black. Ni les vipères, ni le club d'échec, ni la destruction de ma penderie. Je t'en ferais baver, tu peux compter sur moi.
- Oh, mais je t'attend avec impatience ma chère. Mais jusque là, tu n'as pas eu de réaction très vigoureuse. Je dois dire que.. Oui, c'est bien le mot que je cherchais. Tu m'ennuies un peu. »
Elle s'écarte brusquement de moi, l'air furieuse. Je la regarde, moqueur. Oui, je sais parfaitement que c'est sa corde sensible. Passer pour une mademoiselle-tout-le-monde. La pire des infamies pour une grande dame de La Garde. Haha, prend-toi ça dans les dents, prétentieuse !
Après avoir considérablement blanchi, ses joues se teintent à présent d'une couleur rosée de mauvaise augure.
« Sale petit con, si tu crois que tu vas t'en tirer comme ça. Aurais-tu oublié que j'ai tout Poudlard à ma botte ? »
Comme si sa phrase était un genre de message, trois apprentis esclaves qu'elle a viré plus tôt réapparaissent auprès d'elle, plus tremblants que jamais. Ils s'étaient donc caché derrière un mur pour attendre le moment propice et bondir ? Merlin. C'est pitoyable.
« Tu as trois serpents sous tes ordres, pardon, quatre. Je ne suis pas impressionné, Garde.
- Je suis la déléguée des élèves !
- Et moi je suis un Maraudeur, qui plus-est le plus sexy. Ce n'est pas avec tes cheveux soyeux que tu vas me faire peur, essaye de viser plus haut. Je sais que tu en es capable. J'espère que tu le peux. »
Jude est agacée au plus haut point, je le vois par le mouvement de ses narines qui frétillent. Comme celles de MacGonagall, auraient-elles un lien de parenté ? Ça expliquerait sa nomination, tout de même. Étant un ancien ami de Jude, je ne comprend toujours pas pourquoi les gens l'ont élus elle déléguée des élèves. Skeeter aurait fait un bien meilleur travail. Haha. Je retire. Ils auraient dû m'élire moi. Moi j'aurais été sympa et j'aurais même proposé un bal pour Noël !
Elle s'avance vers moi, sensuelle. Bon. Jude est fille, ok. Les vagins me font peur, ok. Ce n'est pourtant pas pour ça que je suis totalement imperméable à leurs charmes. Et Merlin, Mélusine, Zeus (& Cie), quand Jude endosse sa tenue de chasseuse, elle est tout simplement ébouriffante. Littéralement. Je suis sûr qu'elle invoque un petit vent bien placé, ni vu ni connu, pour faire voler sa chevelure soyeuse. La garce.
Elle se met sur la pointe des pieds et plaque son opulente poitrine à mon torse et se met à chuchoter à mon oreille.
« Fais attention, mon mignon, ne me provoque pas trop. J'en ai peut-être pas l'air mais je peux faire ma salope et t'envoyer pourrir dans les cachots de Poudlard si l'envie m'en prend.
- Tu ne sais même pas où sont les cachots, je lui susurre en retour.
- Détrompe-toi. C'est mon endroit de prédilection quand j'en ai marre de m'envoyer en l'air dans un lit. Alors ramasse tes paroles insipides et arrête de jouer les gros bras.
- Qu'est-ce que vous mijotez encore ? »
Nous nous retournons, surpris qu'une voix aussi jolie puisse soupirer tant de mots. Naturellement , nous nous trouvons face à Shirley la Russe. Ah, Shirley. Mélange parfait de l'hypocrisie aristocratique et de la verve cynique. Elle aurait fait une parfaite Gryffi, mais non, trop de cynisme, pas assez d'hypocrisie.
Jude s'écarte de moi, envoie ses cheveux voler derrière son épaule et lui lance un regard furieux.
« Qu'est-ce que toi tu viens faire là ? Suivre ton nouveau maître comme un gentil toutou ? »
Shirley soupire à en fendre l'âme. Je la comprend. Tant de stupidité d'un coup, ça fait peur.
« Tu mérites des claques, soupire-t-elle une autre fois.
- Tu n'oserais pas, siffle la déléguée des élèves.
- Non, avoue la blonde. Tu en as déjà eu une et visiblement, ça n'a pas remit tes neurones en place. J'attends toujours que ta crise d'égocentrisme soit passée. »
Jude recule d'un pas, comme frappée, une expression outré sur le visage tandis que je ricane. Haha, elle l'a bien eu, Irina ! Visiblement fière d'elle, celle-ci continue à sa montée des escaliers, un petit sourire triomphant aux lèvres, un dernier geste sympathique pour moi. Que des crapules ces Serpentards.
« Quelle... Salope !
- Allez, Jude, remet-en. Ce n'est que le début, mon ange alors il serait peut-être temps de riposter. Enfin, sauf si tu veux perdre toute crédibilité. »
Elle blêmit tandis que je manque de m'étouffer de rire. Pas de doute, la meilleure des attaques, c'est bien la provocation.
Je voulais m'excuser pour le temps que j'ai pris à l'écrire mais avec mes cours, j'ai rarement une minute pour moi.. Je ferais tout pour que le prochain chapitre arrive plus rapidement !
Une review ?
Bien à vous, Judee.
