Chapitre 4 : Une Nouvelle Vie
On ne reparla quasiment plus jamais de ce rêve. Bella devint en quelque sorte mon « idéal féminin » et ce n'est que lorsque l'on évoquait mon « type » de fille en présence d'Emmett ou Alice que son prénom revenait.
Ma rééducation fut longue et douloureuse mais je ne gardais au final aucune séquelle de cet accident mis à part quelques cicatrices qui s'atténuaient avec le temps.
À mon retour à la maison, un peu avant les fêtes, j'avais rompu avec Tanya. Cette dernière n'avait pas compris ce qui lui arrivait, j'en étais désolé pour elle. Par la suite, je n'étais pas sorti avec d'autres filles, préfèrent me concentrer sur ce que j'avais manqué durant mon hospitalisation et reprendre ma vie là où elle en était ou presque. Le seul changement majeur qui intervint dans ma vie concernait la musique. Je ne jouais plus de piano. À la moindre note, je sentais comme un gouffre sans fin se former dans mon cœur. J'avais malgré tout posé sur le papier cet air si doux qui me trottait dans la tête depuis mon « réveil », je l'avais plus noté de mémoire que je ne l'avais composé et ne l'avait joué qu'une fois, en fait c'était la dernière fois que j'avais joué sur mon piano. Mes parents avaient essayé de comprendre. Ils avaient questionné des amis psychologue et psychiatres, mais aucun d'eux n'expliquaient ce refus de jouer du piano, mes mains n'ayant pas étaient touchées lors de cet accident, aucun traumatisme ne le justifiait. Ce qu'il ignorait c'est que ce traumatisme était bel et bien présent et qu'il mettrait de très nombreuses années à guérir. Inconsciemment, j'avais l'impression d'avoir été abandonné par celle que j'aimai plus que ma vie, bien qu'elle n'ai jamais existé. Mais cela personne ne le savait.
Par chance mon avenir, à l'inverse de mon cœur, n'avait pas été brisé par cet accident. Grâce à la bienveillance de mes professeurs, et à force de travaille, j'avais pu rattraper mon retard et passer en dernière année. Emmett avait était accepté à Columbia et avait obtenu une bouse entant que joueur de football. Là bas, il avait décidé de suivre malgré tout des études de droit parce qu'il savait très bien que dans le sport rien n'est jamais joué d'avant et il préférait être prévoyant, ce qui enchantait Carlisle. Mon frère allait me manquer.
Ma dernière année se passa sans le moindre accroc. Pour le plus grand bonheur de ma mère, je restais éloigné des motos et pour celui de mon père, j'avais demandé à entrer à Harvard pour y étudier la médecine, tout comme lui. Mais rien n'était encore joué, nous n'aurions pas la réponse avant le mois de juin.
Lors des vacances de printemps, toute la famille se rendit à New York pour y voir Emmett. Une visite « surprise » qui créa une réelle surprise, en fin surtout pour lui étant donné que lorsque nous entrâmes dans sa chambre, il était en train d'aider l'une de ses « amie » à faire ses révisions d'anatomie. De façon à le laisser s'expliquer avec Papa et Maman, Alice et moi partîmes faire un tour dans Manhattan. Cette dernière ne rêver que de ça depuis plusieurs mois et je due me sacrifier à cette séance de shopping pour le moins exténuante.
C'est là que la chose la plus étrange qui pouvait m'arriver se produisit. Alice et moi sortions d'une boutique que cette dernière venait de dévaliser et qui était située en bordure de Central Park.
- Je t'en supplie Alice, je n'en peu plus ! Faisons une pause, allons manger une glace, mais s'il te plais, plus de magasins
- T'es vraiment pas rigolo Edward, tu sais depuis combien de temps je voulais faire les boutiques à New York.
- Oui, je le sais et c'est la raison pour laquelle je t'ai accompagné cette après midi.
Comme à son habitude, elle fit une moue boudeuse mais finie par me céder en échange d'une glace monstrueuse. Nous nous installâmes à la terrasse d'un glacier Ben & Jerry's Ice Cream situé en plein Central Park.
- Tu as choisi ?
- Non, pas encore … j'hésite entre « Chocolate Macadamia » et la « Coconut Seven Layer Bar » *
- Chocolat ou noix de coco, le dilemme est crucial
- Te moque pas de moi Edward Anthony Cullen !
- Si tu veux prend on prend les deux et on partage.
Elle leva vers moi des yeux pleins d'étoiles. Décidément la passion d'Alice pour la mode n'avait d'égale que ça gourmandise. Heureusement pour elle qu'elle était d'une constitution tel qu'elle ne prenait pas de poids malgré toutes les cochonneries qu'elle ingurgitait.
- Edward, tu sais que tu est le meilleur des frères au monde ?
J'allais lui répondre lorsque je l'entendis. Un rire clair et enchanteur. Je me levais pour en trouver la propriétaire. Alice me jetait des regards inquiets.
- Edward, qu'est-ce qui se passe-t-il ?
- Chut !
- Quoi ? … mais …
- Reste là !
Je m'éloignais d'elle. J'entendis de nouveau ce rire et là j'en vis sa propriétaire. Une jeune fille au visage d'ange, dont les longs cheveux châtains cascadaient en larges boucles sur ses épaules, des yeux couleurs chocolat et un visage d'ange. C'était elle, c'était ma Bella. Quelqu'un me tira sur le bras. Je me retournais. C'était Alice.
- Edward ? mais qu'est-ce qui t'arrive nom d'un chien ?
- C'est elle Alice !
- Elle qui ?
Je me retournais pour lui montrer. Elle n'était plus là. Elle s'était envolée.
- Je …
- Il n'y a personne là bas Edward
- Mais pourtant …, j'aurais juré que …
- Aller vient, on laisse tomber la glace. Vu ta tête il vaut mieux que l'on rentre à l'hôtel.
Je la suivais docilement tel un zombie. Elle héla un taxi, me poussa à l'intérieur et donna l'adresse de notre hôtel au taxi. Quinze minutes plus tard, nous étions dans notre chambre. Nos parents n'étaient pas ne encore rentrés. Je m'asseyais dans le fauteuil tout proche de la fenêtre et regardais à travers celle-ci. J'entendais Alice bouger dans toute la chambre. Je sentais son regard sur moi. Mais j'étais incapable de réagir. Je l'avais vu, j'en étais sûr. C'était elle, c'était Bella. Elle était faite de chair et d'os. Ce n'était pas une illusion.
Je sentis une main se poser sur mon épaule.
- Edward ?
Je tournais la tête pour voir qui c'était. Esmée. Je sentais de l'inquiétude dans sa voix. Pour la rassurée je tentais de lui sourire. Mais il semblerait que le résultat ne fut pas concluent.
- Edward, qu'est-ce qui t'arrive mon chéri ? Tu es si pale. On dirait que tu as vu un fantôme.
Un fantôme. C'était bien ça. Bella était le fantôme qui hantait mon cœur et l'empêchait de battre pour une autre qu'elle.
- C'est parce que j'ai bien cru en voir un, Maman. Réussis-je à articuler. Ne t'en fait pas, ça va aller, juste le temps de reprendre mes esprits.
Sur ces mots, je me levais, déposais un baisé sur son front, ébouriffé les cheveux d'Alice en passent à côté d'elle et me rendis dans la salle de bain pour me rafraîchir. En voyant mon visage dans le miroir je failli pousser un cris. Je comprenais mieux l'inquiétude de ma mère. Elle n'était pas due uniquement à mon absence total de réaction mais aussi à mon visage. J'étais plus blanc qu'un caché d'aspirine, limite vert par moment, et mon expression hébétée n'arrangeait rien par-dessus le marché. Je me passais de l'eau sur le visage et me mis deux claque ce qui eu pour effet de me réveiller et de me donner quelques couleurs. Je rejoignis ma famille et nous passâmes une relativement bonne soirée tous les cinq, ce qui n'était pas arrivé depuis très longtemps.
Le lendemain, j'accompagnais ma mère et Alice dans leur séance de shopping. Mon père et Emmett m'avaient lancé un regard incrédule, le premier me posant même la main sur le front pour vérifier que je n'avais pas de fièvre ce qui, bien entendu, fit rire tout le monde.
On ne peut pas dire que j'étais réellement avec elles, je passais ma journée à examiner le moindre visage que nous croisâmes, écouter le moindre rire. Alice remarqua mon petit manège.
- Edward, qu'est-ce qui t'arrive ? me demanda-t-elle suffisamment bas pour qu'Esmée n'entende pas.
- Ne t'occupe pas de ça Alice. Répondis-je un peu plus sèchement que je l'aurais voulu.
- Tu sais que nous sommes à New York et qu'il te serait plus facile de trouver une aiguille, non pas dans une meule de foin mais dans une montagne de foin !
- Je sais … mais avec un peu de chance …
Nous fûmes interrompu par notre mère qui revenait vers nous. Alice ne repris pas le sujet et j'en étais heureux. Parler de ça me dérangeait, j'avais suffisamment à faire avec ma frustration et le sentiment persistant que je finirais par sombrer dans la folie.
À la fin de cette journée, assis sur le bord de mon lit, je due me rendre à l'évidence : Alice avait raison. Contrarié par cet état de fait, je poussais un soupir. Alice le remarqua.
- Qu'est-ce qui ne va pas ?
Que lui répondre ? Je l'ignorais totalement. La seule chose dont je fus capable fut de la regarder dans les yeux. Elle me renvoya un regard triste, s'avança vers moi et me pris dans ses bras.
- Ne t'en fais pas, ça ira tu verras.
- Merci petite sœur.
- De rien mon grand frère.
Elle me fit sourire. Alice pouvait parfois, non, elle était souvent la pire des casse-pieds mais elle était aussi doublée d'une sœur extraordinaire.
Deux jours plus tard nous étions à Forks.
La fin de l'année approchait sérieusement. Le bal de fin d'année était sur toutes les lèvres. Pour contrer toute invitation, j'avais invité Alice à m'accompagner. Cette dernière avait sauté de joie, étant au 9ème grade elle ne pouvait s'y rendre sans être invité par une personne plus âgée et étant ma sœur mes parents n'avaient pas été contre. Depuis elle était existé comme une puce, elle n'avait plus à la bouche que les mots robes et chaussures. Comme d'habitude me direz-vous mais là c'était encore pire.
Un soir, n'en pouvant plus, je décidais de fuir la maison. Je pris la Volvo et parti faire un tour dans les rues inanimées de Forks. Par le plus grand des hasards, ou presque, je me retrouvais dans une rue qui me semblait familière. J'en ignorais la raison puisque je ne m'étais jamais aventuré dans ce coin de Forks, jamais … sauf dans mes rêves. La ressemblance entre mes « souvenirs » et la réalité était frappante, déconcertante. Je m'arrêtais devant une petite maison blanche qui me semblait familière. Tout à coup la porte d'entrée s'ouvrit. Une jeune femme en sortit. Ses cheveux couleur de feu flottaient sur son dos. Elle tenait dans ses mains un panneau sur lequel on pouvait lire « For Sale ». Intrigué, je me dirigeais vers la jeune femme. Lorsqu'elle me vit approcher, je la vis me déshabiller de la tête au pied avec ce qui semblait être de l'envie.
- Que puis-je pour vous ?
- Bonsoir, lui dis-je en lui faisant mon plus beau sourire, je voudrais savoir où sont parti les propriétaire de la maison, s'il vous plais
- Euh … je crois qu'il est parti vivre à Phœnix, une histoire de famille apparemment, ça fait bien deux-trois ans maintenant, … vous êtes intéressé par la maison ?
- Non, je vous remercie, elle me semble un peu grande pour un homme seul mais merci quand même …
- Oh ! … de rien …
Je la plantais là, rejoignant ma voiture.
Je n'en revenais pas de lui avoir fait du charme. Je n'en revenais pas non plus que ça ait marché. Rentré à la maison, je filais droit dans ma chambre. Allongé sur mon lit, je repensais à ce que cette fille m'avait dit, Phœnix. Bella vivait là-bas avec sa mère mais c'est à New York que je l'avais vu. Cette maison était-elle celle de Charlie Swan ? Je n'avais même pas pensé poser la question.
- Cullen tu es un abruti de première ! et quand bien même ? Si Charlie était bien parti à Phœnix ? qu'aurais-je fais ? je serais arrivé la bouche en cœur là-bas demandant à parler à Bella, et que lui aurais-je dit ? Salut Bella, c'est Edward on ne se connaît ni d'Ève ni d'Adam mais je t'aime à en crever je veux t'épouser et que nous ayons une petite fille aussi belle que toi ! De mieux en mieux Edward ! t'es juste bon à enfermer ! à moins que Charlie ne te tire dessus, il en aurait été capable. Toute cette histoire finira par me rendre complètement dingue.
Un léger coup porté à la porte mit fin à mon monologue.
- Oui ?
La porte s'ouvrit et je vis ma mère entrer dans la pièce.
- Je te dérange ? je t'ai entendu parler…
- Non tu ne me déranges pas, je divaguais à voix haute
- Hum … je suis venu voir si tu avais faim, tu n'es pas venu à table tout à l'heure.
- Non merci, je n'ai pas faim.
Elle se rapprocha et posa sur moi un regard inquiet.
- Mon chéri, tues sûr que tu vas bien ? depuis que nous sommes allé à New York tu es bizarre, quelque chose te travaille ?
- Non maman, ça va aller. Quoique, voir comment aider ses « amies » étudiantes en médecine à réviser leurs cours d'anatomie aurai pu être quelque chose de perturbant, lui dis-je avec un sourire.
- Ça c'est certain, mais tu es bien trop fort pour ça.
Elle se leva et déposa un baiser sur mon front avant de se diriger vers la porte.
- Maman ?
- Oui ?
- Est-ce que tu crois au Destin ?
- Pourquoi ?
- Répond juste à la question s'il te plais
- Très bien… hum … je dirais que oui, j'y crois
- Tu penses que deux personnes destinées l'une à l'autre finirons forcément par se rencontrer ?
- Bien sûr, j'ai bien rencontré ton père ! me dit-elle avec le plus beau des sourires.
Je ne savais pas quoi faire. Raison pour laquelle je choisi d'écouter ma mère. Je finirais pas la trouver, si nous sommes fait l'un pour l'autre, nous nous trouverons, sinon … il me restera mes rêves…
Note :
* : ces deux parfums existent réellement chez Ben & Jerry's
Et voilà ! C'était la « presque rencontre de Bella & Edward, car oui, c'était bien elle dans le parc...
La suite demain.
Et n'oubliez pas les Reviews !
Encore meri pour celles (et ceux ?) qui ont laissé leur avis sur le chapitre précédent
