Bonne lecture !
3.
Le réveil sonna brutalement et Peeta eut l'impression de recevoir un coup de massue sur le crâne. Il entrouvrit douloureusement un œil, jeta un coup d'œil à l'heure puis tendit avec raideur la main pour arrêter la sonnerie stridente. Il replongea la tête sous l'oreiller en soupirant.
Il venait de passer une très mauvaise nuit. Après avoir tourné les talons pour remonter dans son appartement, la mort dans l'âme, il était resté accroché une bonne partie de la nuit à son téléphone, en essayant désespérément de joindre Katniss. Mais la jeune femme n'avait pas donné signe de vie, avait laissé sonner et avait même coupé son portable vers deux heures du matin. Le ventre tordu par l'angoisse, Peeta s'était traîné jusqu'à son lit et s'y était laissé tomber tout habillé. Mais le sommeil l'avait fui une bonne partie de la nuit.
Dans la tiédeur de sa couette, il serra fort les paupières, comme s'il pouvait effacer tout ce qui s'était passé. Les crampes de son estomac et le martèlement dans sa tête lui rappelèrent douloureusement qu'il n'avait rien imaginé. Il sortit à nouveau son bras et tâtonna sur sa table de nuit, jusqu'à mettre la main sur son téléphone. Il le ramena et sous la protection de sa couverture, l'alluma. Son cœur battait la chamade, en espérant y voir un quelconque signe de Katniss. Mais son écran resté affreusement vide. Il composa alors le numéro d'Effie, la secrétaire de Capitol Editions, et lui fit savoir qu'il ne se sentait pas très bien et qu'il resterait chez lui aujourd'hui.
-Rien de grave, Peeta ? s'inquiéta la voix haut perchée d'Effie de l'autre côté.
-Non non, une petite ingestion, je pense, mentit Peeta en feignant un ton léger.
-Soigne-toi bien et reviens-nous en forme, alors ! répondit la secrétaire avant de raccrocher.
Peeta sourit tristement en raccrochant et se demandant s'il existait des pilules pour réparer les cœurs brisés. Il contempla quelques minutes l'écran de son portable en se concentrant sur le visage de Katniss. Quand il fut évident qu'elle ne le contacterait pas, il laissa brutalement tomber son téléphone au sol, se tourna et se replongea dans un sommeil lourd et sans rêves.
Peeta émergea à nouveau en début d'après-midi. En préparant son café, il sentait la mauvaise humeur prendre ses aises dans sa poitrine. Il se sentait furieux envers la terre entière : Finnick, pour l'avoir incité à tout avouer à Katniss Katniss, pour volontairement filtrer ses appels et lui-même pour avoir persisté, malgré son instinct qui lui criait de faire machine arrière. Enfin, il était doublement en colère contre lui-même pour en vouloir à son meilleur ami, qui avait fait ça pour son bien, et à la jeune femme, qui avait, il devait le reconnaître, toujours été claire dans ses intentions.
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Peeta Mellark avaient rencontré Katniss Everdeen pour la première fois six ans auparavant, quand elle avait simplement toqué à la porte de l'appartement qu'il partageait avec Cinna et Thresh, deux de ses proches amis.
Leur dernier colocataire, Thom, venait de quitter l'appartement pour s'installer avec sa copine de longue date. Encore étudiants, Peeta, Cinna et Thresh ne pouvaient assumer le loyer à trois et avaient accroché des annonces pour recruter un quatrième colocataire sur les tableaux en liège parsemant les couloirs de l'université. Ils avaient reçu plusieurs appels et avaient invité chacune des personnes intéressés à venir visiter l'appartement et à discuter, pour savoir si le courant passait entre eux.
La première personne à arriver avait été un grand gaillard blond, bâti comme une armoire à glaces. Il s'appelait Cato et Peeta avait remarqué, angoissé, que la circonférence des bras de Cato devait avoisiner celle de sa propre cuisse. Cato avait été admis à la fac grâce à une bourse qu'il avait obtenue en étant l'un des meilleurs joueurs étudiants de football. Peeta, Cinna et Thresh l'avaient compris bien vite en entendant les réponses monosyllabiques de Cato : il n'aurait jamais pu réussir les tests d'entrée seul. Cato leur avait expliqué qu'il souhaitait emménager avec eux pour être plus près de la salle de sport et avait rajouté fièrement qu'il se levait tous les matins à cinq heures pour aller courir et ne se nourrissait que de poulet, blancs d'œuf et milk-shakes protéinés. En entendant ça, Peeta s'était imperceptiblement tourné vers Cinna, avait arqué un sourcil et secoué très légèrement la tête. Même s'il faisait attention à rester en forme, il était hors de question pour lui de renoncer à sa traditionnelle soirée pizza-bières du dimanche soir. En plus, Cato était plus grand et plus large que Peeta, Cinna et Thresh réunis, ce qui ne le rassurait aucunement. Après une demi-heure à endurer le récit des exploits footballistiques de Cato, Cinna avait fait un sourire poli, l'avait interrompu et lui avait promis qu'ils le rappelleraient très vite pour lui faire connaître leur décision, en fermant la porte derrière lui. Peeta, un peu refroidi par ce premier contact, avait amèrement regretté le départ de Thom.
Quelques heures plus tard, on avait de nouveau toqué à la porte et Cinna était revenu avec un autre homme, répondant au doux nom de Brutus. Peeta s'était demandé un instant comment Brutus pouvait encore fréquenter la fac, quand il avait l'air d'avoir dix ans de plus qu'eux. Il avait passé une grande partie de la conversation à s'étendre sur sa passion pour les armes à feu. Peeta avait froncé les sourcils en voyant la lueur un peu folle qui animait ses yeux et avait soudainement eu très envie de rappeler Cato. Au moins, tout ce que Cato pouvait faire, c'était leur mettre un bon coup de poing. Brutus, lui, pouvait leur coller une balle entre les deux yeux s'ils venaient à le contrarier. Finalement, Brutus s'était levé de lui-même, les avait salué et quitté l'appartement en trois grandes enjambées. Peeta avait soupiré et s'était cherché une bière dans le frigo. Après avoir fait sauter la capsule, il avait bu une longue rasade fraîche et tourné un regard suspicieux vers la porte, sur laquelle venait de retentir trois coups. Etant le plus près de l'entrée, il s'était décollé du comptoir et avait ouvert le battant avec appréhension. Il avait été surpris de découvrir une silhouette beaucoup plus menue que les deux qui venaient de repartir en sens inverse. Devant Peeta se tenait une jeune femme aux cheveux sombres et épais réunis dans une tresse, avec un vieux jean troué et deux sourcils noirs et foncés qui se rejoignaient comme les ailes d'un corbeau sur son visage à l'expression butée.
-Je suis là pour l'annonce. C'est bien ici ?
Peeta avait trouvé son ton sec, désagréable et très impoli. Il avait levé un sourcil, l'avait examiné de haut en bas et répondu un peu froidement :
-Salut. Oui c'est bien ici. Et tu es … ?
La jeune femme avait levé finalement les yeux vers lui et il avait un instant été hypnotisé par la profondeur de leur gris. Il s'était brièvement demandé s'il arriverait un jour à reproduire une telle teinte sur une toile.
-Désolée, avait-elle dit, en soupirant, un air contrit sur le visage. Je viens de me fritter avec un mec et je crois que ça m'a mis de mauvaise humeur… Il sortait d'ici
Peeta avait senti un sourire étirer ses lèvres sans qu'il puisse s'en empêcher :
-Tu parles de Brutus ? Un grand type avec un air un peu allumé ?
-Brutus ? avait-elle répété, abasourdie. Qui a un jour l'idée d'appeler son fils Brutus ? En tout cas, je pense qu'on parle en effet de la même personne. Il était aussi là pour l'annonce ?
-Oui, avait confirmé Peeta, sur un ton léger. Mais disons que, pour être poli, le courant n'est pas vraiment passé… Moi c'est Peeta, avait-il ajouté.
-Katniss, avait-elle répondu dans un hochement de tête.
-Bon… Eh ben, bienvenue, avait-il achevé en souriant en s'effaçant pour la laisser entrer.
-Comment ça ? Je ne dois pas rencontrer tes autres coloc' avant ?
-Quiconque tient tête à ce Brutus reçoit mille points de ma part, avait ri Peeta en la conduisant vers le salon. Bon les gars, j'ai trouvé notre prochaine colocataire, elle vient de mettre une raclée à Brutus ! avait-il claironné à l'attention de Thresh et Cinna, assis sur le canapé.
Et juste comme ça, Katniss s'était rajoutée au petit groupe de garçons. Elle ne parlait pas beaucoup mais ses regards en disaient souvent long. Elle se mouvait dans l'appartement comme un félin qu'on venait de réveiller et parfois Peeta se disait qu'elle pouvait sûrement leur faire autant de mal que Cato et Brutus –mais avec plus de grâce. Elle était une colocataire facile à vivre, insistant juste que l'on respecte sa vie privée quand elle préférait s'enfermer dans sa chambre pour la soirée. Elle aimait bien regarder Peeta dessiner et partageait volontiers ses soirées du dimanche devant un mauvais film qui passait à la télé. Les rares fois où il l'avait questionné sur sa vie, elle s'était fermée comme une huître et il avait bien vite abandonné. Parfois, il se prenait à regarder dans le vide en essayant de percer le mystère Katniss et plus d'une fois, il s'était arrêté un instant devant la porte de sa chambre fermée, se demandant s'il oserait toquer. Systématiquement, il finissait par baisser son bras et fermait sa propre porte en soupirant. Katniss pouvait être très frustrante, tant elle parvenait à souvent lire en lui comme un livre ouvert.
Très vite, Thresh n'avait pu cacher son attirance pour la jeune femme et avait commencé à lui faire des avances. Elle répondait avec un sourire poli et se contentait de changer de sujet. Mais Thresh ne se décourageait pas devant son indifférence, continuant de lui envoyer des piques joueuses. Peeta avait parfois de la peine pour son ami car non seulement il ne s'apercevait pas que Katniss n'était pas réceptive mais en plus il s'y prenait comme un manche à balai. Peeta pouvait voir que Katniss n'était pas du genre à être sensible à ces techniques, dignes d'un adolescent en pleine puberté. Elle était imprévisible, énigmatique et vive, et c'est ce qu'elle cherchait aussi dans la vie.
Mais un soir, tout avait basculé. Il était tard et Peeta se tournait et se retournait dans son lit, incapable de s'endormir. Il était seul ce soir à l'appartement, Thresh et Cinna étant tout deux rentrés dans leur famille respective et Katniss étant sortie. Il avait passé une partie de la soirée à avancer un projet pour son cours de sculpture puis, insatisfait, avait abandonné pour se glisser sous sa couette.
Il avait rallumé la lampe de chevet et ouvrit en soupirant un gros pavé qu'il avait du mal à finir et qui prenait la poussière depuis plusieurs semaines sur la commode, espérant qu'un peu de lecture parviendrait à l'endormir.
Quelques minutes plus tard, une clef avait cliqueté dans la serrure de l'entrée et Peeta s'était figuré que Katniss venait d'entrer. Il l'avait entendu se débarrasser de ses affaires et fermer la porte de sa chambre. Il avait sursauté quand des coups s'étaient faits entendre sur sa propre porte, une dizaine de minutes après. Peeta avait lancé un « oui ? » surpris et Katniss s'était silencieusement glissée dans sa chambre. Elle portait un débardeur qui lui collait à la peau et un short ridiculement court. Peeta avait laissé un instant, sans pouvoir s'en empêcher, ses yeux dévaler le long des jambes fines et musclées qu'elle cachait derrière des jeans trop larges. Puis il avait cligné des paupières et s'était concentré sur son visage.
-Tout va bien ? s'était-il inquiété.
Katniss ne lui avait pas répondu mais s'était approché à pas lents et mesurés de son lit, ses yeux assombris par une lueur qu'il ne reconnaissait pas. Elle s'était perchée sur le bord du lit, tout près de lui.
-Tu veux apprendre à me connaître, Peeta ? avait-elle soufflé.
Elle était si près qu'il avait senti sa respiration sur sa peau.
-Je ...euh… Oui, avait-il bafouillé. Mais tu es sûre que…
Elle avait posé un doigt sur ses lèvres pour lui intimer de se taire et s'était penchée vers son visage, dangereusement proche de lui.
-Alors je vais te montrer, avait-elle chuchoté.
Et la seconde d'après, il sentait ses lèvres chaudes sur les siennes.
Elle avait le goût de la cendre froide et de la bière, mais il avait décelé une autre odeur sucrée, plus entêtante. Un instant, il s'était laissé emporter dans le baiser, leurs lèvres remuant en un rythme lent, presque paresseux, les unes contre les autres. Puis il avait ouvert les yeux, repris ses esprits et s'était écarté. Katniss avait laissé échapper une exclamation de mécontentement qui avait résonné jusque dans son bas-ventre. Ses cheveux étaient ébouriffés, sa bouche rouge et ses yeux, presque noirs. Elle avait passé sa langue sur ses lèvres, avec un air gourmand presque carnassier et Peeta avait un instant eu l'impression d'être une proie sur le point d'être attrapée, ne se doutant de rien. Quand il repensait à cet instant, il se disait que son instinct avait été terriblement juste.
-Katniss… Que… Pourquoi tu as fait ça ? avait-il bégayé, stupéfait, son esprit s'embrouillant.
-Tu n'as pas envie de moi, Peeta ? avait-elle répondu doucement, en passant une main légère comme une plume sur son bras.
Elle avait eu un petit sourire en voyant ses poils se hérisser sous ses caresses.
-Je… Je ne sais pas, avait honnêtement répondu Peeta.
Durant plusieurs semaines, il avait vu l'attirance de Thresh pour Katniss, mais il ne s'était jamais posé cette question. Même Cinna avait plusieurs fois fait remarquer que la jeune femme était belle. Il avait confié à Peeta qu'il l'avait déjà vu avec plusieurs hommes dans le bar où il travaillait à mi-temps, mais s'était bien gardé d'en informer Thersh pour ne pas lui faire de mal en espérant secrètement que Katniss lui ferait comprendre une bonne fois pour toutes qu'il n'avait aucune chance avec elle. Cinna aimait beaucoup la jeune femme mais trouvait son comportement envers Thresh cruel, comme il en faisait parfois part à Peeta. Ce dernier haussait les épaules, en acquiesçant vaguement et estimant qu'il n'avait pas vraiment d'avis à avoir sur le sujet. Thresh était assez grand pour se rendre compte qu'elle jouait et se moquait de lui.
Peeta ne pouvait nier que Katniss était jolie, d'une manière atypique, avec sa crinière folle brune et les traits durs de son visage. Mais ce qui la rendait fascinante à ses yeux était le mystère dont elle s'entourait. Peeta se posait mille et une questions à son sujet parfois, mais secouait la tête en se rappelant qu'elle était beaucoup trop secrète et méfiante pour se dévoiler à lui.
Devant la réponse de Peeta, Katniss avait haussé les épaules en faisant la moue et avait entamé un mouvement pour se lever. La main du jeune homme avait jailli, presque de son propre accord, et saisi son poignet pour la stopper.
-Attends ! On peut apprendre à se connaître autrement non ?
Elle avait entrouvert la porte d'un demi-millimètre et il s'y accrochait avec un fol espoir. Il mourrait d'envie d'en savoir plus sur elle et n'était pas près de laisse passer cette chance.
-On peut, avait-elle répondu, après avoir regardé son emprise d'un air circonspect. Mais on peut aussi faire les deux, avait-elle ajouté en plantant durement son regard dans celui de Peeta.
Il ne savait pas ce qu'elle y avait trouvé mais Katniss s'était rassise et penchée vers lui, collant à nouveau ses lèvres aux siennes, de façon plus pressante. Et Peeta l'avait laissé faire.
Après s'être prestement rhabillée, Katniss s'était dirigée vers la porte et Peeta l'avait suivi des yeux, essayant de mettre du sens sur ce qu'il venait se de passer. Juste avant de se glisser hors de la chambre, elle s'était tournée vers lui et avait prononcé de sa voix basse et éraillée :
-Ma couleur préférée, c'est le vert.
La porte s'était refermée derrière elle et Peeta s'était rallongé, avec un petit sourire.
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Peeta s'était occupé comme il avait pu durant une partie de l'après-midi, espérant détourner son attention de son téléphone désespérément silencieux. Il s'était enfermé à clef dans son atelier et avait tenté d'avancer son travail en cours. Cependant, sans même s'en rendre compte, il prenait son portable dans ses mains couvertes d'argile pour vérifier s'il avait reçu un message. De frustration, il avait claqué la porte de son atelier de toutes ses forces derrière lui, faisant trembler les murs. Il avait essayé de lire, de regarder la télé, de manger, de surfer sur Internet, mais rien n'y faisait, Katniss occupait chacune de ses pensées.
Il s'était finalement décidé vers dix-sept heures. Si la jeune femme refusait de répondre à ses appels, il irait directement la voir pour régler les choses. Heureux d'avoir enfin un but, il avait enfilé un jean et un T-shirt propres et avait attrapé ses clefs de voiture. Il savait à quelle heure elle finissait et avait prévu de l'attendre devant à la sortie de son travail.
Il coupa le contact sur le parking de l'office des garde-forestiers, jeta un coup d'œil à sa montre puis tourna son attention vers la porte vitrée. Nerveux, il baissa le volume de la radio et croisa les mains pour arrêter de les agiter. Les minutes passèrent. Après avoir attendu une demie-heure, il était sur le point de rentrer chez lui, dépité, quand les portes basculèrent et Katniss apparut. Ses cheveux étaient dégagés de son visage et un soupçon de maquillage rosissait ses joues. Elle s'était aussi changée de son uniforme et portait un pantalon moulant et une blouse légère écarlate. Une boule d'espoir commença à enfler dans la poitrine de Peeta. Comment avait-il pu douter d'elle ? C'était pour lui qu'elle avait fait ces efforts, il en était convaincu. Elle faisait toujours ça après qu'ils se soient disputés : elle le laissait mariner un ou deux jours puis toquait à sa porte, la bouche en cœur, en marmonnant une excuse avant de retrouver sa place dans ses bras. Peeta sourit et amorça un mouvement pour sortir de la voiture.
Les portes s'ouvrirent à nouveau et Peeta sentit son sang se glacer en voyant Gale Hawthorne, un collègue de Katniss, sortir. Il dévala rapidement les trois marches et se retrouva à la hauteur de la jeune femme, enroulant son bras autour de sa hanche. Immobile, Peeta les regarda s'éloigner puis s'engouffrer dans une voiture bleue nuit plus loin. A travers le brouillard qui obscurcissait sa vision, il vit la voiture faire demi-tour, passer devant lui et sortir du parking.
La bulle d'espoir prit une couleur plus noire que la nuit et lui donna un goût de bile dans la bouche. Machinalement, il démarra et quelques minutes plus tard se retrouva à nouveau devant sa porte, sans vraiment savoir comment il avait réussi à conduire jusque là. Il tituba maladroitement, la respiration saccadée. Dans l'ascenseur, il sursauta en voyant ses traits tordus en une expression qu'il ne reconnaissait pas. Il réussit à fermer sa porte d'entrée derrière lui, les mains tremblantes. Une vibration retentit contre sa cuisse. D'un air absent, il sortit son téléphone de sa poche. Le nom de Katniss clignotait sur l'écran. Il prenait toute la place, en grosses lettres noires et grasses.
La boule de sa poitrine enfla brusquement, écrasant ses poumons et son cœur, qui battait furieusement dans ses oreilles. La boule l'étouffait et il finit par ouvrir la bouche pour expulser toute cette nouvelle rage, qui déformait ses traits et qui bouillonnait en lui.
-Va te faire foutre, Katniss ! hurla-t'il de toutes ses forces.
Il leva le bras et envoya son téléphone contre le mur opposé, le réduisant en miettes.
Bonjour !
Je suis revenue de mes petites vacances (pour ceux que ça intéresse, je suis allée au Pays-Bas et c'était super cool !) et je vous livre la suite que j'avais commencée avant de partir.
Merci pour toutes vos reviews, j'espère que ce chapitre sera à la hauteur de vos attentes. C'est dur de faire du mal à Peeta comme ça ...
Vous avez été beaucoup à me dire, à travers plusieurs reviews, que vous trouviez le fait de publier une fiction sur Internet était courageux et que vous n'osiez pas. Justement, osez ! Je pense que c'est l'une des meilleures décisions que j'ai pu prendre : j'ai fait tellement de progrès dans mon écriture et quand je pense à toute cette communauté d'entraide et d'échange et à tous les univers qui se bousculent dans ma tête, j'ai l'impression d'avoir une petite flamme dans le coeur. Si vous avez des histoires à raconter, écrivez-les ! Ici, on ne se juge pas, on est là pour s'aider ensemble, c'est la beauté de l'écriture.
Au plaisir de vous lire, car on a tous commencé quelque part.
Des bises et à très vite,
Bergdorf
PS : pour ceux qui suivent A Shot at a Silver Lining, ne désespérez pas.
