Note d'auteur : Je me remets doucement à écrire mais vous avez pu constater qu'en ce moment c'est un peu compliqué. vos reviews me donne le courage de continuer, alors merci beaucoup ^^ bonne lecture
Chapitre 4 - Nostalgie
À la fin d'une longue matinée de travail, Ron ne pensait même plus à sa dispute avec Harry. Jusqu'alors il s'était toujours fortement ennuyé en cours, mais l'ambiance studieuse des Poufsouffles lui avait permis de se concentrer plus qu'à son habitude. Pour la première fois il avait trouvé intéressant son cours de potion, et avait presque saisi le contenu de la classe de divination. Maintenant, il n'aspirait plus qu'à se régaler d'un bon déjeuner.
Susan et Hannah, de chaque côté de lui, parlaient avec entrain de l'Hommage organisé par les Faucons de Falmouth. Ronald avait habituellement peu d'occasions de parler de Quidditch avec des fans qualifiés, et Susan avait assisté à son premier match à l'âge de quatre ans.
«Pourquoi tu ne fais pas parti de l'équipe ? » demanda brusquement Ron, pris d'une révélation.
Susan eu un rire nerveux, elle passa la main dans ses longs cheveux blonds ondulés, puis répondit en se mordant la lèvre :
«J'aimerai bien ! Mais malgré mes connaissances théoriques je suis une sportive pitoyable... Hannah est batteuse, par contre. Et une batteuse excellente, j'ajouterai ! »
Hannah eut un large sourire orgueilleux, mais s'empressa de rediriger la conversation vers leur nouveau camarade et de lui demander quel était son poste préféré.
«Je ne suis pas un mauvais poursuiveur, expliqua Ron, mais je dois avouer avoir une préférence pour le poste de gardien. C'est un rôle clef et pourtant on dépend moins de la compétence de nos coéquipiers. Évidemment c'est un tout autre exercice, je crois que j'aime l'aspect protecteur du gardien, j'ai l'impression que l'équipe compte vraiment sur moi.. »
Les filles hochèrent la tête de concert, suivies dans leur geste par Justin qui ne se tenait pas loin et écoutait la discussion.
Arrivés dans la grande salle, ils y trouvèrent Ernie déjà assit à sa place habituelle, aux côtés de Zacharias Smith. Hannah roula des yeux, Ronald avait déjà compris qu'elle ne supportait pas le jeune Smith, contrairement à Susan qui semblait vaguement éprise de lui. Pourtant, pour ne pas faire d'histoire, ils allèrent tout de même s'installer auprès des deux garçons.
C'était la première fois que Ron posait son séant sur les bancs de Poufsouffle. Il s'était attendu à ce que la table soit identique à celle des lions, pourtant ce n'était pas vraiment le cas. Peut être était-ce seulement l'atmosphère, cette table lui paraissait plus calme, plus familiale aussi. Certains élèves avaient disposés de petits coussins sur les sièges, certains mangeaient silencieusement, pour d'autres la discussion se ponctuait de blagues potaches - c'était le cas de John qui ne cessait de faire d'étranges sous-entendus au sujet de sa dinde. Les plus vieux lisaient parfois le journal, se donnant un air très adulte dont seul Percy avait jamais disposé à la table des Gryffondores. Les plats étaient aussi sensiblement différents, les viandes étaient plus souvent séparées du reste, les plats plus variés, il semblait que certains aient même été fait sur demande. Par exemple, il y avait ce petit bol de piments dont se régalait une élève aux cheveux tressés et aux yeux très noirs, et duquel personne d'autre ne risquait de s'approcher. Cette ambiance lui plaisait beaucoup, pourtant il aurait aimé la partager avec ses amis.
De l'autre côté de la grande salle, Dean et Seamus devaient eux aussi parler de sports. Harry chamaillait Hermione, l'empêchant de lire un grimoire d'arythmancie, sous le regard paternaliste de Neville et les réprobations molles de Parvati. Lavande serait en retard au repas, comme toujours, et elle ne mangerait pas grand chose. Et puis plus loin Lee et ses frères planifieraient quelque plaisanterie contre les Serpentards. Katy se mêlerait à la conversation de Seamus et Dean, Angelina mènerait un débat sur la politique commercial anglaise avec qui voudrait bien y prendre part... Toutes ses conversations se mélangeraient pour finir en un joyeux chahut, peut être même en bataille de nourriture. Ronald eu un soupire. Oui, ses amis lui manquaient.
Il était déjà en train de se lever pour aller faire la paix avec Harry, lorsque soudain son regard tomba sur une petite silhouette rousse assise à l'extrémité de la table. Elle avait les épaules courbées, les cheveux en pagaille, et touchait à peine au contenu de son assiette. Personne ne lui parlait. Ce n'était pas étonnant, Ginny n'avait jamais eu beaucoup d'amis.
Le jeune garçon serra les poings. Comment Harry avait il pu faire ça ? Les Weasley l'avaient accueillis parmi eux, l'avaient choyé, nourri, aimé... Il était devenu un fils pour Molly et Arthur, un frère pour les garçons, un prince charmant pour Ginny. Mais ça n'avait pas d'importance pour Harry, apparement, car s'il avait eu la moindre décence, jamais il n'aurait touché Ginevra. Jamais il ne lui aurait fait du mal. Et si Ronald pouvait pardonner tous les mensonges, toutes les bassesses, toutes les insultes, il ne tolèrerait jamais que l'on blesse sa famille. Harry avait commit la seule faute impardonnable. Et leur amitié se finissait sur ce coup de poignard.
Mais Saint-Sauveur n'était pas le seul Gryffondore. Le rouquin changea très sensiblement de cap pour aller saluer sa petite sœur. Ginny avait perdu de son assurance, elle lui fit un sourire factice et il vint s'assoir à côté d'elle.
«Comment est ce que tu vas ? »
«Tout le monde m'en veut, ils disent que c'est ma faute si Harry et toi ne vous parlez plus, que j'ai détruit une amitié et que je n'aurais jamais du m'approcher de lui...»
Ronald émit un grognement. Lui même n'avait pas apprécié que Ginny tourne autour de son meilleur ami, mais ce n'était pas le problème. Le problème, c'était la façon inqualifiable dont le brun s'était comporté. Il fit une tape amicale sur l'épaule de sa sœur.
«Ne les écoute pas. Tu n'as rien à te reprocher, si Harry avait été correct il n'aurait jamais répondu à tes avancés, à moins d'être sérieux. D'ailleurs, tu sais comment se passe sa punition ? »
Elle eu un maigre sourire, mais celui ci avait la qualité d'être réel. Ginny reposa ses couverts, elle n'avait déjà plus faim, elle se retourna alors complètement vers Ron pour pouvoir discuter.
«Cela commence samedi je crois. Ça devrait être amusant, imagine : Harry seul au milieu d'une marre de gamines, à devoir les convaincre de rester chastes, alors que tout ce qu'elles veulent c'est qu'il les embrasse. À mon avis, il n'en mènera pas large. »
Ronald se retint de faire remarquer à Ginny qu'elle avait fait parti de cette marre de gamines fascinées par le survivant, ce n'était pas le moment. Elle du s'en rendre compte elle même car son regard s'assombris de nouveau avant qu'elle ne demande :
«Vous allez faire la paix, n'est ce pas ? Je ne veux pas que vous vous détestiez, c'est entre Harry et moi, d'accord ? »
Ronald hocha très lentement la tête.
«Il va me falloir du temps, je lui en veux, mais ça passera, promis. Tu n'y es vraiment pour rien, Ginny, ne te prends pas la tête. Et si tu déprime, n'hésite pas à venir me voir, je ne suis que de l'autre côté de la salle. »
Il embrassa affectueusement le front de sa petite sœur et repartie à la table jaune et noire. Hermione, qui avait vu toute la scène, eu un pincement au cœur en se disant qu'il ne lui avait même pas adressé un sourire. Elle espérait qu'il n'était pas en colère contre elle pour ne pas avoir pris son parti.
oOoOoOo
Zacharias fit un signe de tête pour désigner Ginny :
«Comment est ce qu'elle va ? »
Ron fut surpris que le garçon demande, ils ne se connaissaient pas encore vraiment et pourtant le blond semblait terriblement concerné par la question. Ses grands yeux dorés brillaient de curiosité et de compassion. Le rouquin marmonna quelques paroles rassurantes, sans pouvoir s'empêcher de fusiller Harry du regard. Cela n'échappa pas aux Pouffsouffles et Ernie lui resservi une assiette de purée tandis que Susan lui tapotait amicalement l'épaule. Hannah, un sourire mutin aux lèvres, attrapa un pichet posé au milieu des septièmes années et lui rempli un verre de vin rouge.
«Peut être que cela te requinquera. Tu ne dois pas broyer du noir ce n'est pas constructif. Ce soir, on organise un tournoi d'échecs et John a entendu dire que tu y excellait. Tu veux participer ? »
Ronald eu un grand sourire. Hannah était si bienveillante, elle semblait toujours savoir quoi dire, et être toujours prête à aider les autres. Ils plongèrent dans le regard l'un de l'autre. Le roux se dit qu'elle n'avait pas le regard fauve de Zacharias, mais un regard plus doux, apaisant, et il pouvait presque sentir son rythme cardiaque ralentir alors que leurs iris se croisaient. Il ouvrit la bouche mais aucun son ne passa ses lèvres, il articula un remerciement silencieux. Elle ne répondit pas, leur regard suffisait.
Hermione serra les poings. Pourquoi était elle soudainement si furieuse ? Harry n'eu pas le temps de la retenir, elle avait besoin d'aller faire un tour à la bibliothèque afin de se changer les idées.
