Allez, je me décide enfin à publier un chapitre (pas terrible) quelques jours avant le bac. J-12 ! Bon courage à tous ceux qui, comme moi, sont dans la même situation, débordés par les révisions !
Chapitre 3
Anna fut retenue de justesse par la rapidité de Demetri. Alec se chargea d'écarter sa soeur jumelle d'une autre éventuelle attaque de la part d'Anna. Celle-ci ne se contenait plus et tentait tant bien que mal de se débattre de Demetri qui la bloquait fermement par les bras.
- Tu savais que c'était lui ! Tu l'as fait exprès, hein ? Avoue-le, sale petite garce ! cria Anna, fulminant de rage.
- Calme-toi, ma chère amie, dit Aro à l'attention d'Anna. Comment Jane pouvait-elle savoir que cet homme était ton père ? C'est Heidi qui est responsable de nous fournir les humains, pas elle.
- Et alors ? ET ALORS ? Ça ne change pas au fait qu'elle l'a vidé de son sang !
- Excuse-toi auprès de ma soeur ! demanda Alec.
- Elle ne le mérite pas !
Anna regarda, désespérée, les autres corps étendus autour d'eux. Elle repéra avec horreur celui de sa belle-mère, avec qui son père s'était marié lorsqu'elle était encore humaine, avant qu'elle n'ait son accident de voiture. Ainsi, ils avaient décidé de faire un voyage en amoureux à Volterra ? Grave erreur de leur part, surtout à cette période de l'année. Elle trouvait ça atroce, c'en était trop pour elle. Elle ressentait l'envie de vomir. Si j'avais su...
- Tu as besoin de te reposer, Anna, dit doucement Aro en constatant que la jeune femme ne pouvait plus s'arrêter de pleurer. Demetri, emmène-là dans ses appartements.
Ce dernier s'exécuta aussitôt. Une fois qu'ils furent parti, des murmures s'élevèrent parmi l'assemblée présente.
- Tu as vu, Aro ? intervint Caius. Elle a failli tuer l'une des nôtres. C'est intolérable ! Elle mérite un châtiment !
- Mais non, mon frère, mais non... elle a juste été victime d'une crise émotionnelle, ça peut arriver à n'importe qui. Elle est déjà pardonnée.
- Moi, je ne lui pardonne pas, fit Jane d'un air mauvais.
- Ça lui passera Jane, la rassura Aro. Tout le monde fait des erreurs.
Pendant ce temps, Anna était toujours aussi furieuse. Demetri la maintenait fermement par les bras et ça l'énervait.
- Dégage !
- Ne me parle pas comme ça.
Elle parvint à se dégager de son emprise et s'échappa pour se réfugier dans ses appartements, Demetri sur ses talons. A peine furent-ils rentrés qu'il verrouilla la porte principale.
- Qu'est-ce qui t'a pris, bon sang ? Tu as perdu la tête ou quoi ? demanda-t-il en la saisissant par les épaules.
- C'était mon père, Demetri. Tu le comprends ça ?
- Tôt ou tard, tu l'aurais vu mourir, que tu sois humaine ou non. Son heure était venue.
- Comment peux-tu penser une chose pareille ? Il a connu une mort atroce, commise par Jane, et j'étais là, en plus ! Si tu avais été à ma place, comment aurais-tu réagi ?
- Et moi qui pensais que tu avais renoncé à toute humanité...
- Justement, je me demande si ce n'est pas une bonne chose qu'il m'en reste un peu.
- Si tu continues, bientôt tu te nourriras du sang des animaux, répliqua-t-il avec mépris.
Elle lui adressa un regard noir et s'éloigna de lui. Se nourrir des animaux... non, quand même pas, à moins de ne pas trouver d'humains à un kilomètre à la ronde. Elle commença à fouiller dans ses affaires, sortant tout ce qu'elle pouvait de ses malles. Demetri la fixa, les bras croisé, l'air suspicieux.
- Qu'est-ce que tu fais ?
- Ça ne se voit pas ? Je fais mes valises.
- Où est-ce que tu comptes aller ?
- Je me casse d'ici.
- Pourquoi ?
- Parce que ce qu'a fait Jane était le truc en trop. La goutte d'eau qui fait déborder le vase, tu vois.
- Alors tu nous quittes ? Juste pour ça ?
- Oui. De toute façon, je ne tiendrai pas plus longtemps à Volterra, je supporte de moins en moins cette ville, et vous tous...
- Même moi ? demanda-t-il en se glissant derrière elle.
Anna ferma les yeux, en s'efforçant de maintenir son calme. Elle percevait la tentative de persuasion de Demetri pour qu'elle ne parte pas. Pour cela, il avait employé son ton le plus séduisant. Ses bras s'étaient refermés autour d'elle. Elle sentait son souffle contre son cou.
- Ça ne me fera pas de mal de m'éloigner de vous, dit-elle.
- Tu dis n'importe quoi.
- Non. J'ai juste... ouvert les yeux. Et tu sais quoi ? Bon débarras.
- Tu reviendras. Sans moi, tu n'es rien.
- Ah oui, tu crois ?
- Tu es ce que tu es devenue grâce à moi. C'est moi qui t'ait créée, et tu ne peux pas te passer de ma présence.
- Merci de me le rappeler. Mais il y a une fin à tout, n'est-ce pas ?
Anna prit ses vêtements les plus chers et les jeta pèle-mêle dans une grande valise de luxe. Elle continua à ouvrir une armoire et une commode pour prendre des objets de valeur, à la plus grande exaspération de Demetri.
- Tu penses vraiment que tu vas tenir longtemps sans les Volturi ? la railla-t-il.
- Ce ne sont pas les humains qui me feront peur, tu le sais autant que moi.
- Certes. Mais j'ai l'impression que tu ne réalises pas ce que tu es en train de faire. C'est... irréfléchi.
- Je n'ai pas besoin de toi pour me dire ce que je dois faire, dit froidement Anna.
- Il y a même pas quelques heures, tu étais encore prête à commettre des meurtres avec moi. Et là, il suffit que tu assistes à celui de ton père pour changer subitement d'avis. Qu'est-ce qu'il t'arrive ?
- Tais-toi. Sors d'ici, maintenant.
- Ne me donne pas d'ordres, siffla-t-il en la prenant fermement par le poignet.
- Tu n'aurais jamais dû me transformer en vampire, s'énerva Anna. Regarde ce que tu as fais de moi. Je suis devenue un monstre.
- Et c'est comme ça que je t'apprécie. Pas une seule fois, je n'ai regretté mon geste. Tu es faite pour tuer. Tu te souviens de cette mission au Mexique il y a sept ans ?
- Comment pourrais-je l'oublier ? C'est là que tout a commencé entre nous.
- Ce jour-là, tu as su me montrer de quoi tu étais capable en exterminant une population entière de vampires et d'humains. Tu m'as fait succomber.
En disant cela, il s'était rapprochée d'elle, caressant son visage, ses cheveux. Malgré son air autoritaire, le traqueur était attaché à Anna. Même s'il se montrait méprisant et violent avec elle de temps en temps, il pouvait également faire preuve de tendresse et de passion. C'était là l'ambivalence de leur relation, à la fois destructrice et fusionnelle. Ils ne purent résister à l'envie de s'embrasser avec fougue. Il ne voulait pas qu'elle s'en aille, il cherchait à la retenir le plus longtemps possible.
- Si tu ne me laisses pas partir, je serai capable de t'arracher un bras, menaça Anna en mettant fin au baiser.
- Pourquoi tu insistes ?
- C'est plutôt à moi de te poser la question.
Elle se dégagea de son emprise et se revêtit de sa longue cape à capuche de Volturi avant de saisir sa grande valise par la poignée.
- Je te dis adieu, Demetri.
- Ce n'est qu'un au revoir, ma belle, affirma-t-il amèrement. Je sais que nous nous reverrons. Je n'aurai aucun mal à te retrouver.
- Soit. En attendant, j'espère que tu me laisseras tranquille aussi longtemps que possible.
Ils s'affrontèrent longuement du regard avant qu'Anna ne cède et défonce la porte verrouillée d'un coup sec pour sortir. Elle se retourna une dernière fois vers Demetri et lui dit d'un air malicieux :
- Ah, et au fait... pour une fois, la robe a survécu puisque je la porte encore.
Il ne répondit pas. Elle était déjà partie avant qu'il ne se décide à ajouter un mot. Mais avant de quitter définitivement Volterra, Anna décida de passer voir Aro. Elle avait des choses à mettre au clair avec lui. La salle de réception était déjà propre, fraîchement nettoyée du massacre qui avait eu lieu quelques instants auparavant. Tout était rentré dans l'ordre. Anna ignora complètement les regard rancuniers de Jane et Alec et s'adressa directement à Aro. Celui-ci l'observait d'un air à la fois curieux et songeur. C'en était de même pour ses frères.
- Je m'en vais, dit-elle seulement.
- A en voir ta valise, je m'en doutais. Est-ce définitif ? demanda Aro.
- Je l'ignore. Peut-être bien.
- Quel dommage !
- Je voulais savoir... est-ce que le fait que je mène prochainement une vie parmi les humains va avoir un impact sur... enfin. Je ne sais pas comment m'exprimer.
- Tu pourrais bien être influencée par leurs stupides comportements, fit Aro en riant. Non, je plaisante. A vrai dire, Anna, nous nous sommes déjà chargés de te créer une identité humaine, et nous avons également mis à disposition un compte en banque qui t'assurera de quoi prospérer de longues années.
- Comment ça se fait ?
- Une intuition, vois-tu. Nous sommes toujours prévoyants. Prends cela comme un cadeau de notre part.
- Je ne comprends pas...
- Et bien, c'est simple, c'est une manière de te remercier pour tes nombreux services rendus depuis que tu es là. Toutes ces formalités, il faudra que tu les règles à l'accueil avec Raffaella.
- Merci infiniment.
- Ne nous remercie pas. Tu seras toujours la bienvenue parmi nous !
- Au revoir.
Aro lui adressa un grand sourire bienveillant. Anna ne le lui rendit pas et se contenta de lui répondre d'un signe de tête. Elle n'aimait pas Aro et éprouvait ainsi un soulagement à l'idée qu'elle ne le reverrait pas de sitôt. Elle ne s'attarda pas davantage sur les lieux. Elle avait hâte de s'en aller ; elle s'empressa de remplir divers papiers avec Raffaella, la secrétaire humaine au service de la grande et ancienne famille vampirique, et elle put ainsi découvrir qu'elle s'appelait, du point de vue civil, Anna Giani, étudiante née en 2000 à Florence de parents milliardaires ayant fait fortune dans l'industrie. Super, alors que techniquement, malgré mon physique de jeune étudiante, j'ai trente-cinq ans et je suis d'origine américaine, pensa-t-elle. De toute manière, il lui était impossible de récupérer son ancienne identité. Anna Osaki était considérée comme morte depuis plus de quinze ans aux Etats-Unis d'Amérique. Les Volturi s'étaient occupés de simuler une fausse mort accidentelle pour justifier la disparition subite de la jeune femme. Elle ignorait de quelle manière ils avaient exactement procédé pour réaliser cet acte mais elle n'avait jamais vraiment tenu à le savoir, se doutant bien que cela n'avait pas dû être bien propre. Une fois que les affaires furent réglées avec Rafaella, Anna se dirigea vers l'ascenseur qui la remonterait à la surface de Volterra, parmi les humains. Elle ignorait encore quelle serait sa destination, ses futurs projets, la vie qu'elle mènerait loin des Volturi. Néanmoins, elle avait le temps d'y réfléchir. La nuit était désormais tombée sur la petite ville médiévale italienne. Elle n'aurait pas besoin de se cacher ; soulagée, elle ôta la capuche qui recouvrait sa tête. Marchant droit devant elle, la valise à la main, elle erra dans les ruelles. Le climat était chaud en cette saison ; il y avait beaucoup de monde dehors à cette heure-ci. Peut-être que je pourrais discrètement voler une voiture et m'en aller quelque part. Mais pour aller où ? A Florence, la ville des artistes ? Rome, la capitale, berceau de la civilisation ? Ou encore mieux, quitter l'Italie ? Elle en avait assez du soleil omniprésent dans ce pays, de cette langue où on roule les "r" et dont elle avait fini par prendre l'accent à force de pratiquer l'italien avec ceux qui avaient fait d'elle une vampire accomplie. Elle voulait du changement. Quelque chose de complètement opposé au mode de vie qu'elle avait mené jusqu'à présent. Elle trouva une Lamborghini noire garée non loin des remparts de la ville. S'assurant qu'il n'y avait personne aux alentours, elle déverrouilla la portière du conducteur. C'était un jeu d'enfant. Même si elle ne disposait pas des clés pour mettre en route le contact, elle n'eut aucun mal à le faire avec une clé de substitution. Elle conduisit à grande vitesse jusqu'à Rome, pour finalement, se rendre à l'aéroport et chercher un vol à destination lointaine, abandonnant la voiture de luxe dans un parking souterrain. J'ai vraiment fait ça au feeling. Elle consulta la liste des villes disponibles affichées sur un grand écran. Elle finit par trouver, le sourire aux lèvres. Le prochain vol aurait lieu à six heure trente, c'est à dire, d'ici quatre heures. Peu lui importait, elle attendrait le temps qu'il faut.
Paris, me voilà.
