Chapitre 4 : En quête de solutions
C'était notre troisième partie lorsque Luna fit remarquer :
-Ça fait deux heures que tes parents seraient censés être arrivés.
Je regardai l'heure. Elle avait raison, il était maintenant 23h30.
-Je peux toujours essayer de les rappeler, mais la dernière fois que j'ai essayé, il n'y avait pas eu de réponse, leur dis-je.
Je posai mes cartes sur le sol, sortis mon cellulaire de ma poche et composai le numéro. J'attendis, mais je ne m'attendais pas à grand-chose. Je m'étais déjà faite à l'idée qu'ils étaient dans l'incapacité de venir me chercher. J'espérais seulement qu'ils n'avaient pas eu de problèmes. J'aboutis sur la boîte vocale. Je répondis à mes amies qui guettaient ma réaction :
-Toujours rien.
Je remis mon cellulaire dans ma poche.
-Vu la situation, Mione, j'espère que ça ne te dérange pas de dormir chez moi finalement, dit Cho.
-Ça va, je me suis faite à l'idée, lui dis-je en riant un peu.
La tension s'était allégée durant la partie de cartes, mais elle était toujours présente. Personne n'osait parler des esprits et personne n'osait sortir de la chambre.
Nous continuâmes la partie, puis Luna rompit le silence.
-Désolée, les filles, mais il faut absolument que j'aille aux toilettes.
Nous nous regardâmes toutes.
-Ça ne peut pas attendre ? lui demanda gentiment Ginny.
-Vraiment pas, ça fait une demie heure que je me retiens maintenant.
-Ça va, je vais y aller avec elle, dit Cho en se levant.
Ginny les regarda avec inquiétude.
-Êtes-vous sûres que c'est une bonne idée, les filles ? demanda-t-elle.
-Quel autre choix avons-nous ? dit Cho.
Elle prit la main de Luna qui n'avait pas bougée pour l'aider à se lever.
J'essayai de trouver une solution. Mon regard parcourut la pièce et s'attarda sur la poubelle à côté du lit.
-Attendez, les filles, leur dis-je avant que celles-ci ouvrent la porte de la chambre.
Elles se retournèrent vers moi.
-Il y a une autre solution, dis-je en regardant la poubelle.
Elles suivirent mon regard et toutes contemplèrent la poubelle. Puis, elles comprirent.
-Hermione, tu ne veux quand même pas que je fasse pipi dans la poubelle ? demanda Luna, les yeux ronds.
-C'est ridicule Hermione, nous allons aux toilettes, dit Cho en se retournant vers la porte de la chambre.
Ginny leur dit :
-Attendez. Hermione a raison. Ce serait plus sécuritaire pour vous deux de rester ici. La poubelle est la meilleure solution.
-Comment ça, sécuritaire ? Les filles, nous ne sommes pas en danger, d'accord ? dit Cho qui s'impatientait.
Puis, celle-ci me pointa du doigt.
-C'est toi qui disais que tu ne croyais pas aux esprits ! Maintenant tu as peur que l'on sorte de la chambre ? me lança-t-elle.
-Je ne crois pas qu'ils existent ! m'exclamais-je.
-Ah oui ? De quoi as-tu peur, alors ? me demanda-t-elle d'un ton tranchant.
Elle avait raison. De quoi avais-je peur ?
-Les filles, pour que ce soit juste, nous allons procéder à un vote à main levée, dit Ginny.
Nous nous entendîmes là-dessus.
-Que celles qui veulent que l'on reste dans la chambre lèvent la main, continua-t-elle.
Ginny et moi levâmes la main. Bien sûr, Cho resta la main bien baissée. Cependant, Luna semblait hésiter.
-Que préfères-tu, Luna, lui demandais-je. Sortir de la chambre ou rester en sécurité ici ?
-Hermione, tu l'influences, ce n'est pas juste ! Luna viens avec moi, tu vas voir, il n'y a absolument rien à craindre ! dit Cho.
Luna hésita encore plus. Son regard passait de moi à Cho. Puis, timidement, elle leva la main.
-Désolée Cho, mais je crois que les filles ont raison. On est plus en sécurité ici.
Cho sembla se dégonfler et lança :
-Fais ce que tu veux, après tout, ce n'est pas moi qui vais devoir pisser dans une poubelle !
Luna eut l'air gêné. Nous nous rassîmes sur le sol avec nos cartes d'Uno délaissées. Luna se dirigea vers la poubelle et s'arrêta devant celle-ci. Elle se retourna vers nous.
-Les filles, s'il vous plaît, pourriez-vous ne pas me regarder, ce serait apprécié.
-Désolée, dis-je.
Nous nous retournâmes et nous cachèrent les yeux avec nos mains pour lui assurer que l'on ne regardait pas. Un petit temps passa, puis elle dit :
-C'est bon, vous pouvez vous retourner.
Ainsi, nous nous retournâmes.
-Vous dites ça à quelqu'un d'autre et je vous tue, nous avertit-elle.
Nous éclatâmes toutes de rire, car Luna n'était pas du genre à faire de telles menaces. De plus, la situation était tout de même cocasse. J'étais pris à la maison de mon amie qui fêtait son anniversaire, mes parents ne répondaient pas à mes appels, nous avions parlé avec des esprits, Ginny s'était évanouie et maintenant nous avions tellement peur de sortir de la chambre que nous devions pisser dans la poubelle. J'essuyai mes larmes tellement je riais et je vis que mes amies aussi en étaient venus aux larmes. Ça faisait du bien de décompresser après autant de tension.
-Ça paraît que nous sommes fatiguées, fit remarquer Cho. Nous devrions vraiment dormir maintenant, il est tard.
-Tu crois qu'on va y arriver, vu les circonstances ? lui demanda Ginny.
-Les filles, je crois vraiment qu'il faut arrêter de s'en faire avec cette histoire d'esprits ! nous dit Cho.
-Facile à dire, lui dis-je.
Il y eut un silence. Puis, soudain, nous entendîmes des grattements au-dessus de notre tête. Comme s'il y avaient des rats qui vivaient dans le grenier.
-C'était quoi, ça ? demanda Luna à Cho.
-Il y a des rats dans ton grenier ? lui demandais-je.
-Les filles, je n'ai pas de grenier, nous répondit celle-ci.
J'eus la chair de poule à ce moment et je trouvai ça étrange, car ce n'était pas du tout mon genre d'être aussi froussarde. Nous entendîmes un grincement. Cela venait de la fenêtre. On aurait dit que quelqu'un était en train d'écrire dans la buée. Oui, quelque chose était en train de s'écrire dans la buée. Je plissai les yeux pour voir ce qu'il y avait d'écrit. Le grincement s'arrêta lorsque la phrase fut finie.
-Qu'est-ce qu'il est écrit ? demandais-je. Ginny me répondit avec effroi :
-Il est écrit : «Nous sommes toujours là»
À cet instant, les lumières s'éteignirent. Nous criâmes.
