Et voici pour vous le second texte ! Bon, il est un peu triste à la base mais j'espère qu'il vous plaira quand même... Pas taper hein ?

Pour ceux qui veulent leur texte du lundi, pas de publication dans Fairy Drabbles pour cause de la Crack Pairing Week !

Bonne lecture !


-Tu sais Lisanna, ce n'est pas forcément plus mal ce qui t'es arrivé… Je veux dire…

Mirajane eut juste le temps de se baisser pour éviter le vase que lui lançait sa cadette. Il alla éclater contre un mur, inondant le sol d'eau, de fleurs et de débris de terre cuite. Dommage pour l'admirateur de Mirajane qui avait envoyé ce joli bouquet. Il avait dû couter une certaine somme. Lisanna s'était parfois demandé si on pouvait payer un bouquet le prix d'une maison, quelque chose comme ça. Elle n'avait toujours pas de réponse définitive.

-Arrête. Avec ça. Tout de suite.

L'ainée des Strauss, encore sous le choc, acquiesça vivement. Lisanna alla chercher de quoi nettoyer et fit disparaitre toute trace du vase les dents serrées. Mirajane n'avait pas dit ça pour être méchante. Oui elle le savait. Simplement, ça c'était encore trop sensible. Elle alla s'enfermer dans sa chambre et fondit en sanglots dans son oreiller. Trois jours. Ça faisait trois jours qu'elle était sortie de l'hôpital et qu'elle se sentait vide. Pleurant comme une madeleine, elle attrapa une peluche qui trainait sur son lit. L'énorme tigre, elle l'avait eu dans une fête foraine. Elle avait dû faire les yeux doux à Laxus pendant des heures pour qu'il la lui gagne. Et ça faisait trois jours que la peluche était trempée en permanence parce qu'elle la serrait dans ses bras à chaque crise de larmes.

Trois jours… Trois jours qu'elle s'était réveillée, du sang entre ses jambes. D'habitude, elle n'aurait pas paniqué. Ce n'étaient que ses règles qui arrivaient plus tôt que prévu. Parfois, ça arrivait. Oui mais là… Elle était enceinte de six mois quand c'était arrivé. Elle était tombée enceinte par accident. Et comme elle était contre l'avortement, elle avait décidé de le garder, hésitant entre l'élever ou le confier à une famille en mal d'enfant… Laxus n'avait rien dit, respectant son choix.

Et puis, elle avait perdu le bébé. Elle n'arrivait pas encore à comprendre pourquoi mais c'était comme si on avait arraché une partie de son âme. Tout lui semblait morne, triste, sans vie… Elle aurait dû faire attention. C'était sa faute, elle en était sûre. Quoi qu'en disent les autres…

On toqua à la porte. Elle essuya ses joues inondées avant de laisser tomber. Elle continuait de pleurer. Elle fixa intensément la porte, comme si elle pouvait la condamner à jamais.

Elle avait encore du travail. La porte s'ouvrit et Laxus fit un pas prudent dans la pièce. Comme aucun objet ne volait à sa rencontre pour l'accueillir avec fracas, il eut l'air de considérer qu'il pouvait s'aventurer plus loin. Il s'arrêta près du lit, vaguement mal à l'aise.

-Hé…

-Salut Laxus.

Elle essuya ses larmes, essayant de cacher son tiraillement intérieur. D'un côté, elle était heureuse de le revoir. De l'autre, elle souffrait encore de ce qui s'était passé et Laxus le lui rappelait malgré lui. Il semblait ressentir la même chose vu que son regard se baladait un peu partout dans la pièce. Elle s'assit dans le lit.

-Merci pour les fleurs.

Il lui avait fait envoyer des fleurs chaque jour depuis qu'elle était rentrée de l'hôpital. Malgré les commentaires de Mirajane, elle avait trouvé que c'était bien. C'était une façon de dire qu'il pensait à elle et qu'il continuait de l'aimer même si pour le moment, ils n'étaient pas capables de se voir sans repenser à tout ce qui s'était passé. Comme maintenant. Ils ne savaient pas où ils en étaient.

-Ah ça… C'était rien. Elles te plaisent ?

Ouais, tellement que c'était le bouquet du jour qui avait manqué d'aller faire un câlin à sa sœur. Elle préféré passer sous silence ce détail. En plus, c'était son vase préféré ! Vraiment, elle faisait de jolies bêtises quand elle était en colère. Dans quel vase mettrait-elle ses fleurs si elle les recevait demain ?

-Elles sont très belles. Merci.

Ils restèrent là en silence pendant quelques minutes. Lisanna lissait de la main le pelage de sa peluche tandis que Laxus regardait par la fenêtre, appuyé contre le mur, les mains dans les poches. Lisanna entendit plusieurs fois sa sœur passer devant la porte sans oser entrer ou s'arrêter. Ce n'était pas plus mal. Elle ne voulait pas voir sa sœur qui l'étouffait à trop s'inquiéter, à toujours chercher ses mots comme si elle était une enfant. Plus encore après le coup de tout à l'heure.

Laxus se racla la gorge et elle manqua de sursauter. A quoi pensait-elle déjà ? Elle ne savait plus. Ces derniers jours, son esprit partait un peu ailleurs sans même qu'elle s'en rende compte. C'était aussi pour ça qu'elle restait chez elle. Elle n'avait pas envie de se faire écraser pour ça.

-Tu as un peu de temps pour venir voir un truc ?

Voir un truc. Elle serra nerveusement les doigts d'une de ses mains. Il sous-entendait de se changer vu qu'elle était toujours en pyjama, éventuellement prendre une douche, sortir et voir du monde. Elle sentit un frisson serpenter dans son dos. Non, non elle ne voulait pas. Elle ne pouvait pas. Elle avait trop peur. Le monde entier était devenu son ennemi.

Et pourtant, sa solitude fut trop forte. C'était peut-être parce que l'humain était profondément masochiste ou que parce qu'elle s'était interdit d'être trop longtemps Laxus tant qu'elle n'irait pas mieux qu'elle mourait d'envie de transgresser cet interdit.

-Ouais, finit-elle par dire. Juste… Le temps de prendre une douche. Et de me changer.

Elle quitta son lit, les jambes tremblantes. Elle ouvrit sa penderie et en tira des vêtements avant d'aller prendre une douche. Laxus ne fit pas de blague comme quoi il allait la rejoindre. Il n'en prenait jamais la peine. Il venait la rejoindre s'il le voulait. Là, il faudrait passer par Mirajane, ce qui réduisait les chances de prendre une douche à deux.

L'eau chaude lui fit du bien. Elle se détendit et ressortie toute rouge. Les douches ou les bains trop chauds étaient son péché mignon. Elle se permettait d'en prendre de temps en temps, surtout ici que ça n'allait pas trop. Elle se sécha rapidement avant de jaillir hors de la salle de bains. Laxus l'attendait. Il lui tendit un manteau, elle enfila ses chaussures, enfonça un bonnet sur sa tête blanche et ils sortirent.

Il faisait frais, l'hiver persistait dans les rues malgré l'arrivée imminente du printemps. Lisanna regarda avec nostalgie une pancarte annonçant un appartement à louer dans une rue commerçante. Ils avaient commencé à chercher un appartement pour s'installer, tous les trois. Parce qu'il n'y aurait pas la place chez elle et que son appartement à lui était trop petit pour deux, alors trois…

-Où va-t-on ?

Il ne dit rien. Il n'avait jamais rien dit devant tout cela. Il se contentait d'être là pour lui offrir son épaule pour pleurer et la soutenir. Elle lui en était reconnaissante. Elle n'aurait pas supporté qu'il essaye de trouver les mots pour la consoler. Elle voulait juste pleurer toutes les larmes de son corps et qu'on la laisse tranquille le temps que son cœur arrête de vomir des flots de sang.

Ils passèrent à travers le quartier marchand de la ville avant de passer à des rues un peu plus petites, celles qui traversaient le centre sans que les touristes ne les remarquent. Beaucoup de gens de Magnolia aimaient ces ruelles avec leurs commerces plus petits, plus artisanales. Les maisons, ou plus exactement les appartements dans ce coin de la ville se vendaient comme des petits pains à prix d'or. Lisanna avait toujours rêvé de vivre ici mais savait bien que les plus aisés gardaient jalousement leur mainmise sur cet endroit, essayant de voler les habitations des locaux qui se transmettaient ces habitations de génération en génération.

-Où tu m'emmènes ? insista-t-elle, sentant sa bonne humeur revenir tandis qu'ils passaient devant une boutique qui embaumait délicieusement la rue.

-Tu vas voir.

Elle se mit à trépigner comme une enfant. Cette balade la sortait de sa bulle douloureuse et lui remettait doucement les pieds dans le réel. Et si elle flanchait, Laxus serait là pour la rattraper. Elle pouvait donc se laisser aller sans crainte. Plus joyeuse, elle oublia un instant tout ce qui s'était passé, jusqu'à l'incident du vase. En fait, sortir lui avait manqué. Laxus lui avait manqué. Il avait eu raison de la faire sortir.

Ils passèrent à une zone où Lisanna n'allait jamais. C'était un ensemble de petites maisons, un peu à l'écart du centre. Ici vivaient les familles de la ville qui défendaient bec et ongles leur coin de verdure et où la moindre parcelle se vendait à prix d'or. Et pour cause. C'était calme, beau, agréable et à côté de tout. La mage du Take-Over calcula qu'ils se trouvaient à quinze minutes à pied de la guilde en flânant.

-Pourquoi on vient ici ?

Il se contenta d'un sourire en coin. Lisanna ronronna. Il avait éveillé sa curiosité, elle mourait d'envie de savoir. Il n'avait rien dit, la laissant dans son coin spéculer, faire ses propres hypothèses… C'était pire que s'il avait dit quelque chose. Que pouvait donc bien être ce truc ? Pourquoi tant de mystère ?

Il s'arrêta devant une maison, un peu à l'écart, envahie par la végétation, presque une ruine, avec un jardin plein de mauvaises herbes, un toit qui devait laisser passer bien volontiers l'eau, une façade qui n'en méritait pas le nom, des fenêtres comblées depuis des années, un portillon rouillé, un arbre avec une corde en guise de balançoire qui serait tombée au moindre oiseau posé dessus, un reste de verger dont les arbres ne pouvaient plus porter de fruits à cause de leurs trop nombreuses branches… Une maison blessée, comme elle.

Lisanna tomba amoureuse. Cette maison ne demandait qu'une chose, qu'on lui trouve un propriétaire, quelqu'un pour l'aimer, la remettre en état, l'habiter et remettre la vie en son sein. Une antique pancarte défoncée par les éléments annonçait qu'elle cherchait un acheteur au milieu de tous ces gens qui passaient devant et avaient déjà tout ce qu'il fallait. Et de toute façon, avec les enfants, comment prendre le temps de tout réparer ? Et puis, ça coutait cher de faire des travaux !

-Le plancher est complétement mort, je suis passé à travers en visitant et j'ai même chopé une tique. Elle vaut pas grand-chose vu tout ce qu'i refaire… Ça va être long tout ça.

Mais ils le feraient à deux. Ils venaient de vivre quelque chose de douloureux mais allaient se trouver d'autres projets, ensembles. Parce que ce n'était pas ça qui les séparerait. Ils l'avaient compris, que même sans mariage, même dans les pires moments, il y aurait toujours l'autre. Toujours.

Il leur faudrait de longs mois, peut-être même quelques années pour la refaire. Mais Lisanna savait qu'elle pouvait y arriver. Elle panserait les trous béants de son cœur en même temps qu'elle boucherait les trous de la maison. Elle se reconstruirait en même temps que cette maison. Sa maison. Leur maison. Et peut-être que dans quelques années, des enfants courraient partout…

-C'est pas grave. On est des mages de Fairy Tail, on a déjà vu pire.


Je crois que j'ai un peu trop écouté la chanson Pas de mots de Lynda Lemay... Mais juste un peu trop...

Alors, demain, sur le thème du rendez-vous, nous aurons essayages. Quelqu'un va souffrir...

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