Bonjour/Bonsoir !

Voilà enfin la suite après plusieurs semaines ( pour ne pas dire mois ) d'acharnement. Ayant eu quelques petits problèmes personnels, j'ai néanmoins réussi à l'écrire pour votre plus grand plaisir ;) Mais assez de blah blah, je vous laisse lire. Pour ma part, j'ai l'impression qu'il ne se passe pas grand chose dans celui-ci. J'attends donc vos reviews pour me dire ce qui va ou ce qui ne vas pas !

Rating : M

Pairings : jusqu'à présent MidoTaka, NijiOC, et bien plus par la suite...

Disclaimer : Les personnages de Kuroko no Basket ne m'appartiennent. Seuls les OCS sont ma propriétés. ( Oui Moona, même Miyu m'appartient c: )


Nijimura ouvrait et fermait la bouche, comme un poisson hors de l'eau, à la différence qu'il ne se débattait pas. Aucun son ne sortait. Il était complètement figé sur place. Les yeux grands ouverts, il n'arrivait plus à penser, à aligner une phrase cohérente dans sa tête. Assise sur ses cuisses, la jeune fille le regardait, imperturbable, ne bougeant pas d'un iota. Elle tendit finalement sa main et tapota sa joue.

-Shuuzo... Respire...

Il revint à la réalité et prit une grande goulée d'air. Il ne s'était même pas rendu qu'il avait retenu sa respiration pendant ce court laps de temps. Son excitation avait chuté à une vitesse vertigineuse et il avait toutes ses raisons. La demoiselle se mit finalement debout et recula de quelques pas pour observer son nouveau subordonné.

La dernière fois qu'il l'avait vu, il avait 11 et elle 10. Ses cheveux lui arrivaient à peine au niveau des épaules et elle avait encore ses rondeurs d'enfant. Et aujourd'hui, elle était complètement différente. Son visage s'était affiné, le temps ayant effacé les traits enfantins. Sa chevelure rose lui arrivait désormais juste au-dessus des genoux. L'éclat dans ses yeux s'était littéralement métamorphosé vers une maturité et une colère qui lui rappelait étrangement celle d'Akashi.

La Princesse Kumako Tsubaki en chair et en os. La fiancée d'Akashi qui devait être morte.

-Pourquoi... Non... Comment se fait-il que je sois encore en vie ? Tu te le demandes n'est-ce pas ? Intervint finalement Kumako.

Le brun déglutit bruyamment et passa sa langue sur ses lèvres devenues sèches. Et elle semblait prendre un malin plaisir à le faire languir ainsi. Depuis sa place, il estimait qu'elle devait avoir la même taille que Kuroko désormais. Comme il le pensait, elle portait un pantalon en cuir et une chemise blanche assez ample et échancrée qui laissait voir un peu de sa poitrine devenue désormais généreuse, pas autant que Momoi ceci dit. Il nota également un collier en or avec un médaillon qui pendait tout au bout. Elle avait deux épées à droite de sa ceinture et un fourreau beaucoup plus petit à gauche, supposant qu'il s'agissait d'un couteau.

-Je ne peux pas répondre à Shuuzo pour l'instant, lâcha-t-elle finalement, le tirant de son observation.

-Que- Mais-

-Shuuzo devra faire tout ce que je lui ordonne, trancha la jeune femme. Ou sinon...

Elle revint finalement près de lui et posa délicatement sa main sur sa poitrine, là où battait furieusement son cœur à cause de la peur et murmura doucement son oreille

-Je décapiterais les hommes de Shuuzo un par un... sous ses yeux...

Le corps de Nijimura se transforma en glaçon. Bien que la menace en elle-même serait insupportable, le ton de sa voix était beaucoup plus effrayant quelque part. Tout ce qui sortait de sa bouche, tout ce qu'elle disait, elle le pensait réellement. Elle le ferait sans aucune hésitation.

-Tsubaki-sama ? Appela quelqu'un de l'autre de la porte.

-J'arrive...

La demoiselle s'écarta finalement de lui pour se diriger vers la porte. L'homme capturé se reprit brusquement et se leva dans sa chaise, la faisant tomber par terre dans sa chute.

-Attends !

Elle se retourna, la main sur la poignée. Lorsque leurs regards se croisèrent l'espace d'un instant mais il baissa presque aussitôt les yeux. Il serra les poings et se lança finalement.

-Qui es-tu... en réalité ?

Quelques secondes qui paraissaient des heures s'écoulèrent avant qu'il n'obtienne une réaction. Un fin sourire se dessina sur ses lèvres.

-Il n'y a que Shuuzo qui peut répondre à cette question.

Sur ces mots, elle sortit finalement et rejoint Kagome qui l'attendait à l'extérieur, tenant son manteau. Elle l'enfila et reprit sa place sur le pont. Toujours hébété et sous le choc de ce qu'il venait de découvrir, Nijimura était resté sur place dans la chambre de la supposée morte. Mais un coup brutal sur la porte en bois le ramena à la réalité. Hakuko venait d'abattre son poing dessus pour le réveiller un peu.

-Hey, Nijimura, si tu tardes trop, il n'y aura plus rien pour le dîner, le prévint-elle avant de disparaître également.

Il déglutit nerveusement et se décida enfin à sortir de la cabine pour effectivement noter que la nuit était déjà tombée. Il pouvait entendre les rires joyeux et cris d'éclat provenant de l'espace pour manger la nuit. Ce fut donc le regard légèrement hagard qu'il pénétra dans la pièce. Il fut immédiatement accueillit par des odeurs alléchantes et l'allégresse qui débordait des personnes présentes.

-E-Excusez-moi, déclara une toute petite voix près de lui.

Il cligna des yeux et tourna la tête mais ne vit personne. Entendait-il des voix maintenant ? Peut-être. Peut-être était-il tout simplement entrain de rêver puisqu'il avait vu la princesse morte il y a quelques instants. Il grogna et rougit légèrement en repensant à la scène juste avant qu'il ne découvre sa véritable identité. Si Akashi apprenait qu'il avait éprouvé du désir pour sa fiancée, il serait exécuté sur le champ. Mais c'est pas vraiment le problème... ! Elle est censée être morte. Morte !

-Excusez-moi !

-Quoi encore ?! S'énerva-t-il en se retournant brusquement.

Son corps se cogna contre quelque chose et il remarqua enfin la personne qui avait été derrière lui.

-P-Pardon, s'excusa-t-il en l'aidant à se relever.

Shuuzo attrapa son bras pour l'aider et fut presque sidéré de voir un bras aussi fin. Et elle ne pesait presque rien ! Lorsqu'elle fut finalement debout, le haut de son crâne, recouvert de cheveux verts clairs lui arrivant à la base du cou, arrivait à peine au niveau de ses épaules.

-Hey, Nijimura, on fait du rentre dedans à la secrétaire~ ? Lança une jeune femme à l'autre bout de la pièce.

-Ne les écoutez pas, elles sont ivres, justifia nerveusement la demoiselle.

-Euh... Sérieusement ?

-Oui ?

-Tu... Tu as quel âge ? Balbutia le brun.

-J'ai-

-Miyu, qu'est-ce qui te prends autant de temps ? L'interrompit la beauté froide Kagome en entrant à son tour.

-Je parlais avec Nijimura-san, c'est tout, se justifia la dite Miyu.

-Dépêche-toi, Tsubaki-sama attend son repas.

Elle hocha vivement la tête et se dirigea dans les cuisines pour récupérer les plateaux repas. Il regarda la petite silhouette jusqu'à ce qu'elle disparaisse de son champ de vision. Il se gratta l'arrière du crâne et s'avança finalement vers la cuisinière qui l'attendait avec un plat déjà tout prêt et un doux sourire sur son fin visage.

-Bon appétit, lui souhaita-t-elle poliment avant de s'occuper de la personne suivante.

-M-Merci...

Il jeta un rapide coup d'oeil vers la table et fut forcé de constater que ses matelots étaient déjà monopolisés par les jeunes femmes présentes. N'ayant pas la force ni l'envie de s'imposer, il se plaça donc à l'écart. Une fois assis, il ne put s'empêcher de soupirer bruyamment et se massa les tempes. Il s'était passé beaucoup de choses en très peu de temps et il se demandait comment il avait fait pour tenir le coup jusque là. Mais la... renaissance de la jeune Kumako avait été le coup de grâce. Un désordre impossible régnait dans son cerveau. Elle était censée être morte il y a de cela 6 ans. Son corps devrait être engloutie par la mer. Comment avait-elle pu survivre ? Partagé entre l'envie de croire ou ne pas croire, sa tête lui disait que c'était tout bonnement impossible. Mais son cœur lui criait irrémédiablement que c'était bien elle. Il le savait. Il ne pouvait pas le nier maintenant qu'il l'avait vue en chair et en os. Mais quelque chose clochait.

Quelque chose manquait.

Se pinçant l'arête du nez, il ne chercha plus à essayer de comprendre et prit finalement sa cuillère et se concentra finalement sur son repas du soir. Il s'agissait d'une purée de pommes de terre, quelques tranches de viandes rôties et des légumes cuits à la vapeur. Ce n'était pas certes un plat haut-de-gamme mais il devait avouer que la purée avait tout de même du goût. Lui qui pensait être tranquille, s'il oubliait les exclamations de joie des autres passagers, Hakuko s'installa sans gêne et sans demander devant lui, avec une assiette bien garnie. Deux fois plus que lui en tout cas. Nijimura se garda bien de faire un commentaire et replongea son nez dans son assiette.

Pendant de très longues minutes, ni l'un ni l'autre ne déclouèrent des dents, ne souhaitant pas engager la conversation. De quoi pouvaient-ils bien discuter de toutes façons ? Elle lui avait certes permis d'échapper une situation cauchemardesque mais il n'allait pas sympathiser comme cela du jour au lendemain avec la subordonnée de sa nouvelle maîtresse. Il avala de travers lorsque cette idée lui traversa l'esprit et rougit un peu. Il y a encore quelques semaines, il était sous les ordres du grand Akashi mais en un clin d'oeil il venait de passer sous le commandement de quelque d'autre. Était-ce donc ce que ressentait les esclaves lorsqu'ils étaient vendus, transportés, ou échangés ? Enfin, il n'avait pas à se plaindre, il avait été plutôt bien traité, il n'avait pas encore eu de coup de fouet jusqu'à présent.

La tête toujours baissée, il ne put s'empêcher de jeter un rapide coup d'oeil vers sa vis-à-vis, et avec le peu de lumières qu'émettait la lampe à pétrole, il distingua une cicatrice en forme de croix sur sa poitrine que laissait voir sa chemise légèrement ouverte. Leurs regards se croisèrent finalement mais il détourna le regard, faisant mine de s'intéresser au mur en bois. La brune termina son repas et se leva enfin avant de quitter la pièce. Ses épaules s'affaissèrent un peu et il se dépêcha de finir son plat pour retourner à l'extérieur.

Comme il s'y attendait, le pont était complètement désert. La cabine du capitaine était éclairée mais il n'entendait que des voix étouffées par le bruit des vagues et la brise légère qui soufflait. L'ancien Général jugea qu'il était temps pour lui d'aller se coucher mais force est de constater qu'il ne savait pas où il allait passer ses nuits durant tout le trajet. Ruminant son malheur, il prit une grande résolution et se dirigea d'un pas lent vers la cabine du capitaine. Il respira un bon coup et frappa trois coups. Il entendit des bruits de pas feutrés et on l'ouvrit enfin.

La première chose qu'il vit ce n'était pas la personne qui avait ouvert la porte mais l'intérieur de la pièce. Et accessoirement Tsubaki qui attendait sur son lit, simplement vêtue d'une chemise qui couvrait à peine ses jambes.

-C'est pour quoi, Nijimura-san ? Demanda une petite voix.

Shuuzo dut baisser la tête pour apercevoir la petite Miyu qui tenait la porte.

-Je... Où est-ce que je passe la nuit ? Réussit-il à articuler en se concentrant sur la plus petite.

La verte jeta un rapide coup d'oeil vers sa supérieure qui se contenta d'un simple signe de tête. Elle s'empara finalement d'une lampe à pétrole et referma la porte derrière.

-Suivez-moi.

De retour sur le pont, ils s'avancèrent finalement vers une trappe en bois qu'elle souleva non sans peine. Elle s'engagea sur l'escalier d'un pas assuré et lui ne put que se contenter d'emboîter le pas. Contre toute attente, le faux pont n'était pas plongé dans le noir car tout au bout, on pouvait apercevoir des silhouettes autour d'une table, entrain de jouer aux cartes. Il crut discerner Kagome et fut quelque peu surprise de la voir rire. Elle avait des allures d'armoire à glace mais il venait de se tromper lourdement. Elle était aussi humaine que lui après tout. Enfin, il espérait.

Après lui avoir indiqué où il allait passer la nuit pendant le reste du voyage, Nijimura n'eut d'autre choix que d'accepter son sort et s'installa du mieux qu'il le pouvait dans son hamac. Malgré l'inconfort permanent, il réussit à s'endormir, sûrement trop épuisé aussi bien physiquement que mentalement. Il se demandait tout de même comment s'étaient déroulées les choses du côté de Mayuzumi.

-x-

Une semaine s'était écoulée depuis qu'il avait embarqué sur la Camélia, et durant ce laps de temps, il put connaître le nom de toutes les personnes à bord et réussit à glaner quelques informations ici et là sur la destination du navire. Ils devaient apparemment rentrer au pays du capitaine, mais malheureusement, il n'était pas en droit de connaître le nom ni de la position exacte, sûrement en raison de son ancien statut de Général pour le jeune roi Akashi.

-Tu ne le sauras qu'une fois arrivé sur terre, lui expliqua Hakuko alors qu'ils étaient seuls à l'arrière du bateau. Une fois là-bas, il te sera impossible de partir.

Shuuzo avait ruminé ses paroles pendant un bon moment et dut conclure qu'il allait rester là-bas jusqu'à mort s'en suive. S'il cherchait à s'échapper, il serait immédiatement poursuivi et mis à mort. Il ne voyait pas d'autres solutions. Mais pourquoi cherchaient-elles tant à cacher tout cela ? Bien qu'il s'était fait à l'idée que Kumako était toujours vivante, il n'arrivait pas à croire que cette dernière serait capable d'attaquer Akashi dans un futur proche. Sinon pourquoi cacher son existence ? Les choses seraient beaucoup plus différentes si elle allait directement le voir. Elle aurait pu avoir accès au trône de sa famille sans problème. Qu'est-ce qu'il lui poussait à agir de la sorte, dans l'ombre ? Le chemin le plus court à ses questions étaient de lui demander directement. Mais impossible d'avoir une conversation en tête à tête alors que la jeune Miyu ( il apprit par la même occasion qu'elle n'avait que 15 ans ! ) était constamment à ses côtés.

-Miyu-chan ? C'la protégée du capitaine.

-On dirait pas mais elle est vachement fortiche au lancer de couteaux !

-On sait pas trop où elle l'a dégoté mais la p'tite est prête à suivre not' capitaine n'importe où.

Voilà ce qu'il avait récolté au sujet de la personne la plus jeune de l'équipage. Il y avaient 5 jeunes filles de son âge, et le reste, soit une vingtaine devait avoir plus de 20 ans, approchait même la trentaine. Elles avaient à peu près le même gabarit même si l'une d'entre elles se rapprochait presque de Aomine, ce qui avait tendance à effrayer ses propres matelots. Il était certes confus pour bon nombres de choses mais quelque chose avait été nette et claire dans son esprit.

Sur ce bateau, c'étaient les femmes qui faisaient la loi.

Et aujourd'hui encore, elles allaient lui donner raison.

Après avoir rangé des sacs de provisions dans la cale, il remonta sur le pont. Son attention fut attirée par le petit groupe qui se formait à l'avant du pont. Lorsqu'il s'approcha, Hakuko était dépourvue de son habituel manteau et faisait tourner son sabre dans sa main gauche tandis qu'en face d'elle, la chétive Miyu serrait avec détermination la garde de son épée. Sans échanger de mots, elles commencèrent la jouxte. Les deux lames s'entrechoquèrent avec violence, les projetant en arrière avant qu'elles ne reviennent à la charge. La verte s'efforçait à attaquer de toutes ses forces mais la brune évitait chacun de ses coups avec une facilité déconcertante.

-Ton jeu de jambes, Miyu ! Ton jeu de jambes ! Réprimandait sans cesse la plus âgée des deux.

Après 5 bonnes minutes de combat à sens unique, Kagome prit finalement les devants et para brusquement une attaque d'estoc, déstabilisant son adversaire. Cherchant à reprendre à son équilibre, elle ne vit qu'à la dernière seconde le coup qui venait droit vers son visage et l'esquiva juste à temps, faisant un pas sur le côté. Mais elle sentit ses jambes se dérober sous elle, alors qu'on lui faisait un croche-pattes et ne put qu'amortir sa chute avec ses mains, lâchant son arme. Le métal froid se posa sous son menton et releva doucement son visage.

-Ton jeu de jambes est à revoir, Miyu. Mais au moins, tu as réussi à tenir plus longtemps et tu n'as pas fini décapitée.

Avec le peu qu'il avait vu, il ne doutait pas que la quartier-maître devait faire arme égale avec Kise ou même Aomine.

-Hey, Niji-chan, tu devrais affronter notre Ko-chan, susurra sur le ton de la plaisanterie la doyenne du groupe en tapotant son derrière.

Nijimura se crispa légèrement au geste mais n'eut pas le temps de s'offusquer qu'on le poussa au centre jusqu'aux deux demoiselles qui s'affrontaient il y a peu.

-Oh ? Tu veux tenter ta chance, Nijimura ? Sourit-elle d'un air suffisant en lui tendant une épée.

Dépassé une fois de plus par les évènements, il accepta le sabre de mauvaise grâce et se mit en position. Sourcils froncés, sa lèvre supérieure légèrement en avant, il se mit immédiatement dans le crâne que s'il ne la prenait pas au sérieux, il pourrait y laisser un bras ou une jambe.

Et il avait bien raison. Le duel enfin débuté, il pouvait sentir la puissance et la rapidité de la demoiselle. Ce qu'elle est avait déployé avec Miyu n'était qu'une infime partie. Au moins, il savait qu'elle ne le prenait pas à la légère. Leur petit face à face avait excité les esprits déjà présents et il crut apercevoir la jeune princesse faire également partie des spectateurs. Profitant de cette fraction d'inattention, la brune l'utilisa à son avantage et donna un coup de garde dans le plexus solaire de Shuuzo qui en eut le souffle coupé. Plié en deux, il ferma les yeux et serra les dents en voyant la botte noire parfaitement cirée foncer droit sur son visage-

-Hakuko.

Mais rien ne se passa. Lorsqu'il ouvrit à nouveau les yeux, son pied était à quelques millimètres de sa joue. L'interpellée abaissa finalement sa jambe et rangea son épée dans son fourreau, claquant sa langue d'énervement. Nijimura se remit finalement à respirer, ayant retenu son souffle inconsciemment. Sa main posée sur sa zone meurtrie, le brun rendit son épée à Miyu. Les membres de l'équipage commencèrent à se disperser tandis que Kumako s'approchait de lui. Il se tint droit non sans grimacer et tenta de faire abstraction de la douleur.

-Hakuko n'est pas du genre tendre... Viens.

La rosette lui prit la main d'un geste autoritaire et l'obligea à la suivre jusque dans sa chambre. De légères teintes roses apparurent sur ses joues lorsqu'il se rappela de ce qu'il s'était passé une semaine plus tôt. Il ne savait pas pendant combien de temps encore il allait pouvait tenir ainsi. Du haut de ses 17 ans, il avait évidemment des besoins et voilà presque 2 mois qu'il n'avait pas couché avec une femme. Il avait un peu honte mais il avait essayé de s'imaginer avec les quelques filles présentes à bord. Mais l'excitation n'était pas la même qu'avec Tsubaki. Et son petit doigt lui disait qu'il ne recevra pas un traitement de faveur avec elle avant un petit moment. L'image de sa fiancée spécialement choisie par sa mère lui revint soudainement en mémoire. Il devait sérieusement être au bout du rouleau.

Une fois là-bas, il te sera impossible de partir.

C'était vrai... Il y avait très peu de chances qu'il retourne chez lui. Il devait au moins essayer de survivre jusqu'à ce que la situation se calme.

Une main ferme sur son épaule le ramena à la réalité et il constata qu'il était désormais dans la cabine du capitaine. Elle l'obligea à s'asseoir sur le lit et sans même demander son avis, défit un à un les boutons de sa chemise. L'ancien Général frissonna et pinça les lèvres lorsqu'elle glissa lentement ses doigts sur une zone tournant lentement vers le violet. Mais l'instant fut de courtes durées puisqu'elle s'éloigna pour prendre un petit pot en terre. Il ferma les yeux lorsque le cataplasme froid entra en contact avec sa peau.

Il attendit un peu avant de fermer finalement sa chemise mais ne bougea pas pour autant du lit ( plus confortable que son hamac soit dit en passant ). Shuuzo la suivit du regard, presque hypnotisé par le balancement de ses longs cheveux dans son dos. Une question lui brûlait les lèvres. Maintenant qu'ils étaient seuls, il devait saisir sa chance.

-Si tu es là... ton frère a survécu aussi, non ? Demanda-t-il.

Il regretta aussitôt ses mots qui sortirent de sa bouche. Elle avait arrêté ses mouvements. La température dans la pièce avait chuté de quelques degrés.

-Il est bel et bien mort en essayant de me sauver, répondit finalement Tsubaki.

-Dé... solé...

Kumako n'ajouta rien de plus et continua sa besogne : regarder avec attention la carte sur le bureau. Songeant qu'il était temps pour lui de se retirer, une brise fraîche se glissa par la fenêtre, le faisant frémir. Après quelques secondes de silence, la rosette se tourna brusquement vers lui.

-Dis à tes hommes de rester dans la cale jusqu'à ce que je l'ordonne, déclara-t-elle d'un ton ferme avant de sortir.

Il ne chercha pas trop à comprendre cette demande soudaine et finit par se dépêcher, courant dans tous les sens pour retrouver ses matelots. Tout comme lui, les femmes de l'équipage s'attelèrent à plusieurs tâches comme amarrer les voiles ou transportant des cordes vers l'arrière du bateau. Alors qu'il fit entrer son dernier subordonné, une brume épaisse commença à prendre forme autour du navire et au-dessus de l'eau. Une fois la plaque de bois refermé au-dessus de lui, un silence de mort s'installa. Il n'y avait pas une mouette qui piaillait. Seuls le bruit du vent et les clapotis de l'eau sur la coque brisaient ce silence.

Des murmures féminins parvinrent à leurs oreilles et ils retinrent tous leurs respirations, appréhendant grandement la suite. Il pouvait sentir le bateau changer régulièrement de direction, passant régulièrement de bâbord à tribord. Nijimura brûlait d'envie de jeter un coup d'oeil par une des écoutilles mais une force invisible le clouait sur place.

Après de longues minutes qui lui parurent une éternité, on pouvait entendre à nouveau les oiseaux coasser au loin, les bruits de pas marteler le bas au-dessus de leurs têtes. L'Ancien Général d'Akashi osa finalement bouger et souleva légèrement la porte de la trappe avant de l'ouvrir en grand.

Tout était revenu à la normal. La brume s'était évaporée, le temps était clair et chaud, un ciel bleu et immense s'étendait à perte de vue au-dessus d'eux. Bien content de retrouver la chaleur du soleil, il s'étira avant de noter que leur capitaine se trouvait à la barre. Jusqu'à présent, il ne l'avait jamais vu occuper ce poste, la plupart du temps occupé par Kagome.

-Capitaine, nous sommes arrivés, on dirait, lui souffla l'un de ses hommes en tapotant son épaule.

Il regarda en direction du doigt pointé et vit avec stupéfaction qu'ils approchaient effectivement d'une terre. Ils étaient entrés dans une baie formant un demi-croissant de lune. Ce n'était pas une île à en juger la chaîne de montagne qu'on apercevait au loin. Nijimura pouvait se vanter d'avoir sillonner toutes les mers de ce monde mais jamais il n'avait visité un tel lieu. Une idée le frappa soudain.

Durant ses recherches sur le groupe d'Hanamiya, certains pirates parlaient d'une mer où la brume ne se dispersait jamais. De nombreux bateaux qui s'y sont aventurés n'en sont jamais ressortis, sûrement écrasés contre des écueils. Si c'était bien la brume dont ils parlaient, étaient-elles là pour protéger l'entrée de cette magnifique baie ? C'était la réponse la plus plausible. Dans ce cas, comment sa supérieure connaissait-elle le chemin exacte à emprunter pour éviter tout naufrage ? C'était assurément une connaissance impossible d'accès aux communs des mortels.

-Nijimura ! Cesse donc de bailler aux corneilles et aide les autres à compacter les vivres, aboya Kagome alors qu'elle attachait un sac de pommes de terre.

Une petite heure plus tard, le bateau accosta enfin et il fut rapidement vidé de tout ce qu'il contenait. Le port grouillait de monde, de toutes âges et toutes occupations : des pêcheurs, des fermières, des enfants, des soldats, des marchands pressaient le pas sur le sol pavé. À une dizaine de kilomètres de là, séparée par une forêt dense, il pouvait voir les tours d'un château. Une main gantée de cuir vint se glisser sur sa joue, l'obligeant à tourner pour le tirer de sa contemplation. Tsubaki, vêtue de son manteau noir et or et portant fièrement un tricorne richement décoré, le couvait d'un regard tendre et étira un fin sourire. Les légères caresses du pouce le firent frémir.

-Bienvenue dans mon empire, Shuuzo.


Et voilà pour ce chapitre 4 !

Kami Cam's : Aaaah, je me suis bien amusée à écrire cette description ;) Midorima et Takao, pas seulement eux en fait, auront bien besoin de support durant cette fic :p

Laura-067 : Sauf erreur de ma part, la mère d'Akashi est morte avant sa fiancée, une ou deux années. Si j'ai bien calculé... J'ai un doute maintenant...

Un raton-laveur lunatique : Ca me touche que tu trouves que cette fic ait du potentiel. J'ai toujours été fan des histoires de pirates et j'ai vu peu de fics qui reprenaient cet univers, alors je me suis lancée. Pour les fautes, j'avoue, parfois, je ne prends pas la peine de relire parce que j'écris tard dans la nuit ( seul moment de la journée où je suis productive ) Et oui, plus j'écris cette histoire, plus je me dis qu'elle sera effectivement longue !

Sur ce, laissez donc vos avis ! Pour ma part, je vais m'atteler à la suite de Euterpe et commencer à écrire une nouvelle fic que je publierais quand j'aurai fini un des deux en cours. Comme vous l'avez remarqué, les points de vue sont alternés. Est-ce que cela perturbe? Si oui, faites-le moi savoir !

Bye bye !