Avertissement : la plupart des personnages et des situations de cette histoire appartiennent à Marvel Comics, Fairview Entertainment, Dark Blades Films, NBC, et autres entités, et je n'ai pas la permission de les emprunter. Aucune intention d'infraction de quelque manière, et cette histoire est à but non-lucratif. Tous les autres personnages m'appartiennent, et si vous voulez les emprunter, vous devez me le demander en premier. Toutes les erreurs sont les miennes, rien que les miennes, et non vous ne pouvez pas en avoir.
Cincoflex a rendu cela possible, et Laura27md l'a amélioré. Et cette semaine comporte de magnifiques illustrations réalisées par Rabidpotato, alors je vous recommande fortement de faire un tour sur mon site internet pour les découvrir !
Happy était endormi, enroulé inconfortablement dans un coin du canapé. Rhodey, lui, ne l'était pas, bien que les cernes sous ses yeux exprimaient son épuisement. Il était assis sur le banc du piano, les mains autour d'une tasse de café.
Debout, Tony regardait l'océan illuminé par la lumière de l'aube. De temps à autre, il laissait ses yeux dériver légèrement sur son propre reflet dans la vitre exténué, non rasé, sombre. Il tenait le coup principalement grâce à des expressos mélangés à du whisky, et la seule raison pour laquelle il ne buvait pas directement le whisky était parce qu'il devait avoir l'esprit clair.
Ils n'avaient toujours pas appelé.
Donovan était inquiet. Il ne l'admettrait d'aucune façon, bien évidemment, mais Tony le voyait bien. Il continuait de dire que les kidnappeurs allaient finir par rentrer en contact avec eux, peut-être par d'autres moyens, mais Tony se rappela la conversation qu'ils avaient eue plus tôt, à propos de l'autre raison pour laquelle Pepper aurait pu être enlevée.
Et si c'était le cas, ils pourraient ne plus jamais entendre parler d'elle.
Tony entendit la porte d'entrée s'ouvrir, et il tourna la tête suffisamment pour voir Shaw rentrer. Donovan apparut comme par enchantement.
« Vous avez raison, c'est un véritable cirque ici, déclara Shaw, sa voix basse mais audible. Ça m'a pris trois minutes juste pour passer le portail »
Donovan grimaça et se frotta le menton. « On va devoir faire venir des hommes pour les faire dégager »
Tony les rejoignit. « Vous parlez de la presse ? »
Les deux hommes le regardèrent, Shaw avec une expression fermée, Donovan avec un regard évaluatif. « Ouais » dit Shaw.
Donovan soupira. « Je suis désolé, M. Stark. Les fuites sont inévitables, mais... »
Tony leva une main. « Je vais faire venir des agents de sécurité de Stark Industries pour gérer ça. Et dans exactement trente minutes, je vais faire cette conférence de presse. On peut la faire ensemble, ou vous pouvez rester en retrait, mais ne vous mettez pas sur mon chemin »
Il avait déjà été aussi énervé, mais pas depuis lontemps. Tony garda sa voix parfaitement stable, presque aimable, mais la manière dont Shaw se raidit lui indiqua que la menace avait atteint sa cible.
« Je m'en occupe » interrompit Rhodey fermement en venant se placer à côté de Tony. Son expression était calme lorsqu'il regarda les agents. « Il est temps que l'on fasse quelque chose »
Donovan donna l'air de vouloir argumenter, mais il approuva. « Très bien »
Trente minutes plus tard, Tony franchissait le portail de la propriété pour faire face à la foule de journalistes et de caméramans grouillants derrière. Shaw, Cross et Rhodey se tenaient sur ses côtés, agissant comme des gardes du corps, même s'il ne pensait pas que quelqu'un essayerait de s'en prendre à lui.
Il avait attendu une demi-heure pour que Rhodey puisse appeler les agences de presse les plus crédibles et les débriefer, et aussi pour qu'il puisse prendre une douche rapide et changer de vêtements il avait une image à maintenir et Pepper ne le laisserait jamais vivre assez longtemps pour connaître la fin de cette histoire s'il se présentait à une conférence de presse mal rasé et décoiffé.
S'il vous plaît, s'il vous plaît laissez la revenir et me charrier. S'il vous plaît.
Les journalistes étaient déjà en train de lui lancer des questions. Tony les ignora de la même manière qu'il ignorait les flashes qui crépitaient autour de lui, et il attendit simplement. Ils s'empressèrent de se taire.
« Comme vous devez déjà le savoir » commença Tony, en essayant de faire porter sa voix dans l'air frais de la matinée. « Mon assistante personnelle Mlle Potts a été enlevée hier par des individus inconnus. A cette heure, nous n'avons pas d'autres informations »
Il dut s'arrêter et prendre une inspiration pour ouvrir les muscles de son larynx, et les questions s'enchaînèrent dans un brouhaha qu'il n'avait aucune envie de déchiffrer. Il secoua la tête faiblement, et le bruit disparut de nouveau.
« Je souhaite maintenant dire que mon seul désir est de la voir rentrer saine et sauve. Et je suis… je suis prêt à accéder à leurs demandes s'ils la relâchent indemne ». Il inspira profondément. « Si quiconque à des informations concernant cet incident, je leur demande de se manifester maintenant. J'offre une importante récompense pour n'importe quelle information qui permettrait de la retrouver saine et sauve »
Il aurait voulu dire plus. Tony voulait se pencher en avant, regarder dans les caméras et promettre, en toute sincérité, que si Pepper n'était pas indemne, il traquerait ses ravisseurs et s'assurerait qu'ils ne nuiraient plus jamais. Il tremblait du besoin de le dire.
Mais menacer ceux qui avaient un couteau – métaphoriquement ou non – sous la gorge de Pepper n'était pas la meilleure façon de la libérer. Alors, il garda ces mots pour lui-même.
Il aurait la possibilité de les mettre à exécution plus tard.
Tony pivota et repassa le portail, entendant à peine les exclamations recommencer. Quelques-uns des journalistes les moins professionnels essayèrent de le suivre, mais il entendit Shaw et Cross les repousser, et il ne s'arrêta pas. L'équipe de sécurité qu'il avait appelée serait bientôt là pour nettoyer l'allée, et tôt ou tard, la plupart des personnes abandonnerait et partirait.
Rhodey courut pour marcher avec lui. « Tu as vraiment besoin de manger quelque chose, dit-il. Quand as-tu eu un repas pour la dernière fois ?
— On dirait Pepper, répliqua Tony amère.
— Ouais, eh bien, quelqu'un doit être sur ton dos le temps qu'elle revienne le faire elle-même, dit Rhodey sans parvenir à sourire. Ça ne risque pas de l'aider si tu fais une hypoglycémie, tu sais »
Tony ne pris pas la peine de rappeler à son ami qu'il pouvait, et qu'il le faisait occasionnellement, ne pas manger pendant plus d'une journée lorsqu'il avait la fibre créative. Il n'avait pas faim, mais Rhodey avait raison, et ça lui donnerait quelque chose à faire pendant qu'il attendait. « Ok, peu importe »
Donovan était dans les quartiers généraux de fortune de l'équipe d'intervention lorsqu'ils entrèrent dans la maison, discutant avec le personnel qui s'occupait du matériel qui y était disposé. « Avez-vous assez d'effectifs pour gérer le flux d'appel qui va arriver ? Demanda Tony sans détours.
— Oui, répondit Donovan en le jaugeant du regard. Vous réalisez que peu d'entre eux, si ce n'est aucun, n'auront d'intérêt ?
— Ouais ». Tony desserra sa cravate et se détourna. « Je ne peux me permettre de rater quelque chose cependant »
Il marcha en direction de la cuisine, ignorant les grands yeux des personnes travaillant dans la pièce. Jarvis l'avait informé que le technicien de l'équipe de Donovan ne se remettait pas d'être aussi proche de Tony, mais à ce moment, il n'avait pas d'attention à donner à un fan. Ramène Pepper, et je promets de t'adresser la parole, pensa-t-il distraitement.
Rhodey était en train d'assembler des sandwiches lorsqu'il atteignit la cuisine, pestant à propos de l'absence de sa moutarde préférée. Tony s'assit à la table, maintenant débarrassée du fatras de restes de la nuit dernière, et resta à regarder dans le vide.
Pepper… j'espère que vous allez bien…
Elle apparut dans son esprit, d'une centaine de manières différentes : souriante, mécontente, mordant sa lèvre après qu'il l'ait taquiné. Après son retour, il avait pris soin de ne pas la toucher lorsqu'il franchissait son espace personnel, car autant qu'il aimait pousser sur ses limites, il la respectait. Elle n'était pas une de ces femmes qu'il séduisait pour une soirée elle était importante, permanente, essentielle.
Et il n'avait pas été invité.
Mais maintenant il souffrait du besoin de la toucher. De la serrer. De savoir qu'elle était saine et sauve. Limites ou non, pensa Tony, la première chose qu'il ferait lorsqu'il verrait Pepper sera de la serrer dans ses bras, la ramener près de lui et ne pas la lâcher pour un long, très long moment.
Il ne se pensait pas capable se s'arrêter, en fait.
Je n'ai pas pu te protéger, Pepper, mais je ne referai pas cette erreur.
Le son de porcelaine contre du bois rompit sa concentration. Tony cligna des yeux et les baissa pour voir Rhodey pousser une assiette devant lui. Il y avait deux gros sandwiches et six cookies raisin-avoine. « Mange » ordonna le colonel.
Tony prit un demi-sandwich et mordit dedans. Peut-être que le temps qu'il ait fini, il y aurait de nouvelles informations.
Pepper avait recommencé à faire les cent pas lorsqu'elle entendit le verrou tourner. S'arrêtant au milieu de la pièce, elle croisa les bras sur la poitrine et attendit, la colère l'emportant sur l'appréhension.
Mais c'était Numéro Deux qui était de retour, apportant un sac de shopping en papier. Il s'arrêta sur le pas de la porte, et Virginia sentit de l'air froid s'engouffrer dans la pièce, avec une odeur de frais et de pins. Elle cligna des yeux. Il y a une porte ouverte quelque part ?
Numéro Deux se pencha pour jeter le sac sur le sol, et derrière son épaule, elle aperçut une partie du mur du couloir le plus éloigné. Il était de la même couleur blanc cassé que la cellule, mais elle parvint à distinguer un rectangle de lumière.
Puis, il y eut un claquement, et le soleil disparut. Numéro Deux se leva et ferma la porte.
Elle l'écouta reverrouiller la porte, réfléchissant à toute vitesse. Soleil et air frais, la sortie doit être juste au bout du couloir !
Ça, c'était quelque chose de bon à savoir. Au bout du couloir à droite, c'était une direction dans laquelle elle n'avait pas encore été amenée. Et une direction pas très éloignée non plus.
Je me demande s'ils la gardent fermée. Je me demande où est-ce qu'on est… des pins doit vouloir dire vers les collines… Si elle était encore quelque part proche de Malibu, se mit en garde Virginia. Elle avait pu être déplacée plusieurs centaines de kilomètres de l'endroit où elle avait enlevé.
Toujours, l'information lui redonna de l'espoir. Elle sourie tristement pour elle-même et se lança à l'exploration du sac.
Il y avait deux tuniques médicales en bleu clair, de celles qui pouvaient être achetées dans n'importe quel magasin de fournitures. Il y avait les pantalons qui allaient avec, et ils étaient probablement trop cours, mais elle s'en fichait. Ils étaient propres.
Virginia les prit avec elle dans la salle de bain et tira le rideau, en jetant un coup d'œil à la lumière rouge de la caméra avec désapprobation. Pressée d'être propre, elle se défit de sa veste froissée, commença à défaire le premier bouton de sa blouse, et hésita.
Et s'ils reviennent ?
Aucun des trois hommes ne l'avait traité autrement que comme un être humain, mais elle n'était pas prête à les laisser la voir partiellement nue non plus.
Le petit-déjeuner – ou quoi que ce soit d'autre – était il n'y a pas si longtemps, décida-t-elle finalement. Il y a fort à parier que j'aie au moins quelques heures devant moi.
Lentement, ses oreilles à l'affût du moindre son provenant de l'extérieur, Virginia déboutonna sa blouse et la retira, puis enleva son soutien-gorge. Le porter aussi longtemps lui avait laissé des marques rouges ici et là, et elle grimaça à leur vue. Mais elle ne pouvait pas faire grand-chose contre ça.
Elle fit couler l'eau aussi chaude qu'elle pouvait le supporter, et elle utilisa un bout de sa blouse comme un gant de toilette pour se savonner. C'était inconfortable, se tenir au-dessus de l'évier et se tamponner le corps, mais cela était vraiment agréable, et elle ne se préoccupa pas de l'eau qu'elle était en train d'éclabousser sur le sol.
Lorsqu'elle eut terminé de laver le haut de son corps, elle se défit de son pantalon et de ses sous-vêtements et enleva ses bas qui étaient maintenant ruinés. Elle se lava plus rapidement, inconfortable à l'idée d'être complètement nue, mais personne ne vint la déranger, et bientôt elle pu enfiler le pantalon sur sa peau humide.
Elle hésita encore en regardant la tunique médicale, puis le lavabo. Pourquoi pas ? Il a l'air assez grand.
Virginia posa la tunique de côté une nouvelle fois et ferma le conduit de l'évier pour ensuite le remplir d'eau. Ses cheveux allaient être dans un sale état après les avoir lavés avec du savon, mais au moins ils seraient propres. Et elle sentait qu'elle avait besoin d'un vrai nettoyage après avoir abandonné la moitié de sa longueur de cheveux à Numéro Trois.
Le processus était encore plus étrange, et nécessita encore deux fois plus de temps que pour laver le reste de son corps. Mais après ça, elle se sentit propre de la tête aux pieds, et elle s'essora rapidement les cheveux avant d'enfiler la blouse et de les enrouler dans une serviette. Et vida le lavabo puis le re-remplit pour y déposer ses sous-vêtements. Elle les nettoya rapidement et les posa sur le réservoir des toilettes.
Elle hésita encore pour son tailleur ; il était supposé être seulement lavé à sec. Mais je préfèrerais encore le porter propre et gâché que sale.
Au moins, il n'est pas en laine.
Laver le chemisier et le pantalon était plus compliqué, étant donné leur volume et leur poids. Virginia se s'embêta pas avec la veste, puisqu'elle n'aurait pas de contact avec sa peau. Lorsqu'ils furent rincés, elle ouvrit le lavabo de nouveau et les laissa sécher un peu. Puis, elle retira la serviette de ses cheveux et y enveloppa ses sous-vêtements pour en retirer encore plus d'eau.
Ses poignets et ses doigts commençaient à être douloureux le temps qu'elle ait fini, mais elle se sentit tellement mieux. Elle passa la brosse dans ses cheveux, en grimaçant lorsqu'un noeud ne se montrait pas coopératif, puis elle quitta la salle de bain. Elle prit le tube de pommade de son sac et s'assit sur le matelas pour en appliquer.
Alors qu'elle se massait les pieds, elle aperçut le crayon qui dépassait de son sac, et cela lui donna une idée.
Le sac en papier, une fois ouvert sur les côtés et aplatit, était assez grand pour dessiner dessus. Virginia regarda dans le vide, essayant de s'échapper des limites de cette petite pièce, des visages et des souvenirs défilant devant ses yeux. Elle ramassa le crayon et elle commença avec le dernier dessin qu'elle avait réalisé ; un étang à l'ombre d'un saule pleureur qu'il y avait dans un parc près de son appartement.
Mais le papier était trop sombre pour les détails, et elle fronça les sourcils, ennuyée. il doit bien y avoir quelque chose de mieux.
Et puis une idée traversa son esprit et elle sourit.
Virginia se leva et et marcha jusqu'au mur en face d'elle. Cela semblait un peu désobéissant de dessiner sur la peinture, mais personne ne s'en soucierait, et c'était une occupation.
La peinture était relativement lisse, mais ni celle-ci, ni le crayon ne se prêtait à des traits fins. Alors elle abandonna l'élégance et passa aux caricatures. Virginia ne faisait plus beaucoup de dessins de ce genre – le peu de temps qu'elle avait pour dessiner, elle le réservait à des projets plus complexes – mais elle avait toujours aimé distiller une personne ou un moment pour la réduire à une image, simple et évocative.
Rhodey était facile ; un personnage pestant contre un petit et tête-en-l'air Tony. Ce qui conduisit évidemment à un autre Tony, celui-ci aux mains des robots de son armure, dont l'un agitait une plume en direction de ses côtes.
Cela la fit glousser de rire. Elle s'ajouta assise sur le serveur principal de Jarvis, une bouteille de bière dans la mains et une autre près de l'Intelligence Artificielle.
Happy se tenait droit comme un i, avec des lunettes de soleil et la limousine se frottant à ses jambes comme un chat qui attendait d'être caressé. Le Débile et Doigts De Fée s'arrosaient l'un et l'autre avec des extincteurs. Elle dessina l'intégralité du conseil d'administration sous différentes formes d'animaux, sans montrer de scrupule. Puis Rhodey encore une fois, perché sur le dos d'un avion de chasse décollant.
Trois membres de l'équipe juridique de Stark Industries chantaient un karaoké de manière catastrophique. Virginia, encore une fois, se tenait à côté d'une voiture dont seule une paire de jambes dépassait en dessous ; elle dessina une clé à molette dans ses mains, et laissa l'ambiguïté de savoir si elle allait aider la personne cachée ou si elle avait l'intention de lui faire du mal.
Sa collocataire d'université poursuivait son mari avec un filet à papillons. Tony, sur un genou, offrait un bouquet de fleurs à sa Tesla Roadster. Doigts De Fée était poursuivis par un chaton.
Sa main finit par être endolorie, et Virginia rebouchonna le crayon et retourna sur le matelas, se sentant beaucoup mieux.
Elle se laissa aller contre le mur derrière elle et se demanda combien de temps l'enregistrement – et ses cheveux – mettraient pour arriver jusqu'à Tony. Pas plus qu'une journée, j'imagine. Ils ne voudront pas attendre plus que cela. Chaque jour supplémentaire de détention était une chance de plus pour que quelque chose tourne mal, pour être découvert ou commettre une erreur.
Elle regrettait de ne pas avoir pu avoir envoyé un quelconque message secret avec ce courrier, une preuve qu'elle allait vraiment bien. Car Tony devait s'en vouloir pour tout ça.
Il se sent déjà responsable des morts qui sont causées par ses armes. Qu'est-ce qu'il doit en être de cette situation ?
Il arrivait que son patron la rende folle ; quasiment tout le temps en fait. Mais Virginia avait quand même de l'affection pour lui... bien plus qu'elle ne devrait, elle le savait. Mais elle détestait le voir souffrir.
Je vais bien, Tony pensa-t-elle dans sa direction, sachant parfaitement que c'était stupide mais le faisant quand même. Sortez juste moi d'ici.
La journée s'écoula avec une lenteur agonisante. L'équipe d'intervention passa au crible les informations qui affluaient, en signalant peu qui avaient de l'intérêt, et la plupart de celles-ci ne menaient rapidement à rien. Tony se retira finalement dans son atelier vers l'heure de midi et commença à démonter les pièces de sa Shelby endommagée ; un projet pour lequel il n'avait pu trouver du temps au cours des derniers mois, et qui heureusement ne demandait pas beaucoup de concentration. Il ne savait pas s'il y avait beaucoup à sauver de cette voiture, ou s'il devait juste recycler les morceaux, mais au moins, une partie de son esprit était occupée et le prévenait de planer au-dessus des épaules de l'équipe d'intervention et de faire des remarques acerbes.
Rhodey avait fini par accepter de faire une sieste, laissant à Happy le poste officieux d'intermédiaire entre Tony et l'équipe. Le chauffeur ne se sentait clairement pas à sa place à déambuler dans la maison au lieu de se retirer dans sa confortable petite cabane près du portail, mais il n'était pas pour autant décidé à quitter l'endroit avant d'avoir des nouvelles de Pepper.
Mais c'est Jarvis qui brisa le rythme de Tony entre tournevis et marteau. « Monsieur, l'agent Donovan vient de recevoir à l'instant les résultats du relevé d'empreintes sur le téléphone de Pepper »
Tony se leva de sa position accroupie et posa son marteau. « Alors, qu'est-ce qu'il en est ? »
Jarvis activa l'ordinateur le plus proche. « Les empreintes appartiennent à un certain Gordon Nyblom, un criminel connu des services ». Une photo d'identité judiciaire apparut sur l'écran, en même temps qu'une liste de condamnations ; Jarvis avait apparemment directement piraté la ligne de communication que l'équipe utilisait. Tony approuva entièrement. « Il a des antécédents de vols armés, agressions, contrebande et autres, mais rien en lien avec un enlèvement »
Tony se rapprocha pour avoir un meilleur aperçu. Nyblom n'était qu'un gamin. Il avait à peine vingt-cinq ans et un air chétif avec des yeux qui ne regardait pas vraiment l'objectif. « Il doit être une sorte de larbin. Impossible qu'il soit à la tête de ça.
— Je suis plutôt d'accord ». Le ton de Jarvis était ferme. « Il me semble que Donovan est en train de lancer un recoupement sur ses associés connus.
— A-t-il une adresse connue ? ». Tony regarda longuement la plateforme d'assemblement de l'armure, l'envie de la revêtir et d'aller botter des fesses le démangeant pour une certaine raison.
« Elle n'est plus valable depuis trois ans, répondit Jarvis sur un ton d'excuse. M. Nyblom a purgé une peine de six mois pour possession de drogues depuis. Les chances pour qu'il soit à cette adresse sont proches de zéro.
— Vérifie quand même, ordonna Tony. S'il a de la famille là-bas, ils doivent savoir où il se trouve.
— Vérification en cours"
Après un moment de pause, Jarvis annonça : « L'adresse n'existe plus. Le complexe immobilier en question a été détruit l'année dernière et remplacé par une concession automobile.
— Merde ». Tony frappa de colère la planche à roulettes à côté de lui. « Une impasse.
— Pour le moment »
Tony soupira et passa une main dans ses cheveux. « Garde un oeil sur Donovan et son équipe. Si quoique ce soit de pertinent passe, je veux être au courant immédiatement ». Il ne serait pas étonné que l'agent essaye de le duper et le laisse dans l'ignorance quant aux enquêtes sur le terrain. Pas que Tony puisse le blâmer ; probablement que la dernière chose que Donovan voulait était d'avoir à gérer un Iron Man trainant derrière au cours d'une mission de sauvetage.
Dur. Il ne pourra pas se débarrasser de moi de toute façon. Trainer n'était pas vraiment le terme correct non plus ; avec l'aide de Jarvis, il avait la ferme intention d'être à l'avant dès qu'ils auraient une direction. Aucune chance que je laisse la sécurité de Pepper à des inconnus.
Il retourna vers la voiture écrasée, enlevant les pièces une à une et demanda au Débile de les cataloguer et de les organiser. Le véhicule n'était pas aussi endommagé qu'il l'avait d'abord semblé, mais il allait quand même demander beaucoup de travail pour retrouver ne serait-ce qu'un peu de sa condition originelle.
Certaines personnes en achèteraient juste une autre, songea Tony alors qu'il cognait et éraflait ses mains. Cela serait certainement plus simple. Mais il préférait l'opportunité de restaurer, de ramener la voiture à sa splendeur ancienne.
Il l'avait fait avec la plupart de ses voitures de collection. Les acheter en parfait état avait sa propre satisfaction, mais cela faisait d'elles seulement des objets qu'il possédait. Alors que les restaurer les faisait siennes. Lorsqu'il les connaissaient de fond en comble, il savait parfaitement comment s'en occuper, comment obtenir le meilleur d'elles et les pousser jusqu'à leur maximum.
Il n'avait pas eu beaucoup de temps dernièrement à dédier à ce passe-temps, mais à ce moment-là, il n'était pas pressé non plus.
Sa main glissa alors qu'il atteignit le dessous du châssis, et Tony jura lorsqu'il sentit un bout pointu entailler le dos de sa main. Il l'extirpa de sous la voiture et la fléchit. Du sang maculait sa peau, mais la douleur était déjà en train de disparaitre.
Par réflexe, Tony leva sa main à ses lèvres pour lécher le sang, quelque chose qu'il faisait depuis qu'il était petit. Cela conduisait Pepper à râler après lui, mais cela atténuait aussi légèrement la douleur. Et, comme il aimait le penser, nettoyait la blessure quelque peu. Lorsqu'elle lui signalait que les bouches humaines étaient dégoutantes, Tony répondait toujours que c'était déjà ses bactéries, et demandait si cela voulait dire qu'elle était sale elle aussi, Potts, parce que ça, il voulait bien l'entendre...
D'ailleurs, à ce stade, il était habitué au goût de la graisse de moteur.
Comme il l'imaginait, ce n'était à peine plus qu'une éraflure. Tony se laissa glisser d'une position accroupie à une position assise sur le sol froid du garage, afin de laisser quelques minutes à la plaie pour se coaguler ; il ne voulait pas de sang sur les morceaux de sa voiture. Sa tête lui faisait mal, et il laissa ses yeux se fermer.
Il ne voulait pas imaginer ce que cela serait s'ils ne ramenaient pas Pepper sauve, mais son esprit lui représenta l'idée de toute façon, implacable et réaliste. Tony se vit s'isoler, passer de plus en plus de temps dans son atelier, laissant les autres diriger son entreprise, sortir avec l'armure pour réparer ses erreurs ; rentrer dans une maison vide, sans personne pour lui reprocher d'avoir pris des risques.
Faire passer des entretiens à d'autres assistantes ; aucune d'entre elles ne restant plus d'un an ou deux, incapables de composer avec sa froideur ou ses demandes. Repousser Rhodey avec des paroles cruelles.
Un homme aigri, se noyant dans l'alcool dans son propre garage, sans personne à qui parler sinon son Intelligence Artificielle.
Ça n'arrivera pas, se dit-il avec une sombre détermination. On va la récupérer.
Epuisé, il s'adossa contre le mur.
La voix tranchante de Jarvis et le son d'un poing qui cognait contre le verre le tirèrent d'un sommeil agité. Tony se redressa, surpris, et porta son attention sur Happy qui frappait à la porte de l'autre côté de l'atelier. « Ouvre, Jarvis » ordonna-t-il, sautant sur ses pieds malgré ses muscles crispés et douloureux.
La serrure bipa et Happy tomba pratiquement à la renverse à travers l'embrasure de la porte. « Ils ont trouvé quelque chose » s'exclama-t-il, le souffle coupé.
Tony courut à travers la pièce. « Quoi ? Qu'est-ce que c'est ?
— Je ne sais pas ». Happy lui tint la porte ouverte par réflexe, et trottina derrière alors que Tony avalait les marches. « Donovan dit qu'ils ont eu un appel. Pas de la part des ravisseurs ; de quelqu'un d'autre »
L'agent attendait en haut des escaliers, distribuant des ordres à Cross et Shaw, qui approuvèrent et se dirigèrent vers la porte d'entrée alors que Tony s'arrêta en dérapant. Rhodey était en train d'émerger du canapé, les yeux troubles et l'air inquiet. « Qu'est-ce que vous avez trouvé ? demanda Tony.
— Connaissez-vous M. et Mme Pointreaux ? » l'interrogea Donovan, le regard attentif.
Tony haussa les épaules à la question sans rapport. « Un peu, ouais, pourquoi ? ». Les Pointreaux étaient un couple aisé qui vivait de l'autre côté de la ville ; le mari était une génération plus vieux que Tony, il l'avait rencontré de temps à autre à des collectes de fonds, mais il n'avait jamais eu plus qu'une simple conversation cordiale avec eux, la plupart du temps à propos de don caritatif.
« M. Pointreaux dit qu'il doit vous voir immédiatement à propos de l'enlèvement de Mlle Potts »
Sous son apparence calme, pensa Tony, Donovan semblait perplexe. Mais Tony n'avait pas le temps de se poser de questions. « Alors, allons-y »
Il pivota et se dirigea vers la porte d'entrée. « Chez Pointreaux ? demanda-t-il.
— Oui... M. Stark, nous pouvons...
— Je vous retrouve là-bas ». Il ignora les tentatives de Donovan de l'appeler. « Rhodey, remène tes fesses ici ! »
Happy était juste derrière Tony. « Monsieur, je peux conduire...
— Pas assez rapidement ». En fait, Tony ne pensait pas Happy suffisamment en bonne condition pour conduire quoi que ce soit, mais il n'allait pas le dire, là maintenant. « Rhodey, tes clés »
Rhodes lui décocha un regard narquois alors qu'ils quittaient la maison. « Qu'est-ce qui te dit que tu vas conduire ma jeep?
— Aucune de mes caisses n'a trois places, et tu conduis comme une grand-mère. File-moi tes clés, ou je retourne prendre l'armure »
Rhodey leva les yeux, mais il lança à Tony les clés qu'il avait sorties de sa poche. Tony les attrapa et ouvrit le véhicule à distance. Il eut une pensée pour la grande utilité de cette menace ; elle semblait toujours fonctionner d'une certaine manière. Se hissant à la place de conducteur, il laissa à Rhodes et Happy à peine le temps de s'installer avant de démarrer.
Donnant un coup d'oeil dans le rétroviseur, Tony vit Donovan et deux de ses agents se diriger vers leur véhicule, mais il ne ralentit pas, libérant seulement une main pour allumer le GPS. « Jarvis, t'es avec moi ?
— Comme toujours, répondit l'Intelligence Artificielle avec la voix métallique de l'appareil. A l'instant où nous parlons, je suis en train de déterminer le chemin le plus efficace pour rejoindre la maison des Pointreaux.
— Bien ». Tony accéléra lorsqu'ils se rapprochèrent du portail, Jarivs l'ouvrant tout comme il l'avait espéré. De l'autre côté, la route était dégagée, les journalistes récalcitrants retenus par la sécurité de SI, et Tony passa sans ralentir.
La route planifiée par Jarvis était destinée à éviter les embouteillages ; ce n'était pas le chemin le plus court, mais le plus rapide. Tony se concentra sur sa conduite, dépassant les limitations de vitesse à chaque opportunité mais sans prendre de risques inconsidérés. Il n'avait pas le temps ou la patience d'être arrêté juste là.
C'est lorsqu'ils filaient sur la route côtière que Happy grogna sur le siège arrière : « C'est ici qu'ils nous ont eus, monsieur »
Tony se ralentit pas, mais il nota mentalement le lieu qui paraissait anodin avec la lumière de l'après-midi. A côté de lui, Rhodey fronça les sourcils. « J'ai comme un mauvais pressentiment.
— Vraiment ? J'ai un mauvais pressentiment depuis hier » répliqua Tony, sachant que Rhodes ne méritait pas sa mauvaise humeur, mais trop énervé pour se donner la peine de retenir sa langue. Rhodey grogna simplement.
Le trajet entre la demeure de Tony et celle des Pointreaux durait normalement presque une demi-heure ; avec Jarvis et Tony au volant, ils l'accomplirent en dix-sept minutes. Tony gara la jeep devant la grande maison – qui était aussi grande que la sienne, mais ostentatoire d'une manière plus conventionnelle – et sauta en dehors du véhicule.
A sa surprise, un coupé dernier modèle surgit derrière la jeep et s'arrêta, laissant apparaitre Donovan et Shaw. La petite femme, Cross, sorti de la place conducteur, un léger sourire sur ses lèvres, et Tony dut admettre qu'il était impressionné par ses capacités.
Il courut dans les escaliers jusqu'à la porte d'entrée, qui s'ouvrit lorsqu'il l'atteignit, révélant une femme de grande taille en uniforme noir, et Gerard Pointreaux lui-même, l'air inquiet.
De taille moyenne, en bonne forme et proche de la soixantaine, Pointeaux leur fit signe d'entrer, devançant son majordome. « Je suis heureux que vous soyez là. Tony... je suis désolé pour Mlle Potts... »
Il tendit une main, et Tony la serra automatiquement. « Vous avez dit que vous aviez quelque chose pour nous ?
— Oui, venez par ici ». Il les guida à travers un hall au plafond immense, vers un grand bureau. « Est-ce que ce sont les personnes en charge de l'enquête ?
— Je suis l'agent spécial Frank Donovan ». L'agent serra la main de Pointreaux lui aussi. « Voici les agents Cross et Shaw »
Tony désigna d'un geste ses amis. « Jim Rhodes, Harold Hogan. Qu'est-ce que vous avez pour nous ? »
Pointreaux rejoignit la table cirée au centre de la pièce. « Cela a été livré il y a quelques heures ». Il désigna les objets au centre de la surface brillante : une enveloppe normale, un CD dans un boitier en plastique, et une boîte plate rectangulaire qui aurait pu contenir des bijoux. « J'ai visionné le disque, et j'ai dû faire quelques vérifications. Vous allez voir... laissez-moi le mettre »
Il allait prendre le CD mais Donovan attrapa son poignet. « Si je peux me permettre. Alex... »
L'agent Cross était déjà en train de sortir une paire de gants en latex. Dès qu'elle les eut enfilés, elle retira le CD de son boitier et se dirigea vers la chaîne hi-fi high-tech dans l'armoire ouverte de l'autre côté de la pièce. Alors qu'elle fermait le compartiment CD, Pointreaux s'empara de la télécommande, elle aussi sur la table, et appuya sur un bouton.
Le ronronnement familier du lecteur atteignit les oreilles de Tony, et puis une voix masculine et dure résonna. « M. Pointreaux. Je suis sûr que vous avez maintenant réalisé que votre femme a disparu. Ne vous inquiétez pas, elle va bien, et elle vous sera retournée saine et sauve dès que vous aurez déposé cinquante millions de dollars à l'adresse de retour inscrite sur cette enveloppe. Vous avez jusqu'à demain midi »
Perplexe, Tony ouvrit la bouche, mais la voix continua : « Juste pour que vous sachiez que l'on prend bien soin d'elle... »
Après une courte pause, ils entendirent une voix de femme, basse et légèrement tremblante. « Je... Je vais bien. Ils ne m'ont pas blessée »
Le coeur amélioré de Tony sembla s'arrêter.
Pepper.
« Je veux rentrer »
Il ne voyait plus rien. Un rideau d'étoiles envahit son champ de vision, et Tony avait l'impression que son implant, comme incandescent, essayait de se faire un trou plus grand dans son sternum. Il entendit l'homme parler de nouveau, sa voix paraissant lointaine. Vous avez entendu la dame. Faites le bon choix et vous la retrouverez saine et sauve"
Pepper.
« Tony. Tony ! ». Une main lui secoua le bras. « Tony, tu te sens bien ? »
Il cligna des yeux, et vit Rhodey le regarder fixement, inquiet. Tony se dégagea, et lui lança un regard furieux, réfléchissant à toute vitesse. « C'est quoi ce bordel ? »
Pointreaux fit un geste d'impuissance. « C'était ma question aussi. Sylvia est partie en voyage d'affaires hier matin. Il m'a fallu presque une heure pour la contacter lorsque j'ai reçu ceci. Mais elle est en sécurité à Bruxelles, et elle n'a aucune idée de ce qui se passe »
Donovan se frotta le menton, les yeux papillonnant en réfléchissant. « Aussi incroyable que cela semble, la mauvaise personne a été enlevée ». Il leva les yeux pour regarder de l'autre côté de la pièce, et ils se tournèrent tous dans cette direction. Au-dessus de la cheminée était suspendu un portrait à l'huile de Mme Pointreaux : une femme entre trente et quarante ans, auréolée d'une chevelure bouclée auburn bien coiffée.
Cela semblait incroyable en effet, mais Tony savait que la route côtière était le chemin le plus rapide entre la demeure des Pointreaux et l'organisme à but non lucratif où Sylvia était bénévole. Et le couple possédait une limousine d'un modèle presque similaire à la sienne.
« Qu'est-ce qu'il y a dans la boîte ? » demanda-t-il brusquement.
Pointreaux tressaillit. L'agent Cross la prit et souleva le couvercle avec précaution. Elle cligna des yeux devant le contenu et puis inclina la boîte pour qu'ils puissent tous le voir.
Une bobine de cheveux roux brillant, attachés à un bout par un élastique.
L'estomac de Tony se souleva. Il ne pouvait détacher ses yeux des longues mèches, lisses et familières, brillant sous la lumière tamisée du bureau. Les cheveux après l'élastique étaient coupés de manière irrégulière, et Tony remarqua que Pepper serait furieuse de voir sa coiffure toujours impeccable maintenant un désastre.
Les étoiles réapparurent. Tony pivota sur ses talons et se précipita vers la porte d'entrée, atteignant de justesse l'extérieur et les buissons sculptés près des escaliers, avant de perdre le peu qu'il avait dans l'estomac.
