Chapitre 3 :

lamariedange:merci pour ta review :) Eh oui mais j'ai beaucoup aimé lire ce genre d'histoire, je trouve qu'il y quelque chose de vraiment touchant dans ce genre d'intrigue!Je suis contente que ça te plaise :)

Courtney Ackles : non Marcus ne bat pas Tobias, mais autre chose va les rapprocher ;) Je suis vraiment partie sur le "Et si Tris était maltraitée et pas Tobias?" Merci de ta review !

Le lendemain matin en me levant, je remarque que la voiture n'est plus dans l'allée ce qui est plutôt bon signe parce que ça veut dire qu'il est parti sans avoir le temps de déjeuner.

Je descends les escaliers prudemment, mes blessures me font encore souffrir, surtout les côtes.

En arrivant dans la cuisine je trouve sur la table un mot :

Je suis parti tôt, estime toi heureuse que je ne t'ai pas réveillée. Je t'ai laissée 50 $ pour que tu ailles t'acheter une robe, je ne veux pas que tu me fasses honte compris ? Alors choisi bien.

Argh je déteste les robes, elles montrent tellement de peau...

Je me prépare un petit déjeuner en prenant de petites quantités de tout pour qu'il ne se rende compte de rien. Je savoure la sensation de manger mais m'arrête vite pour ne pas être malade.

Je débarrasse, fais la vaisselle de la veille et ce matin et commence le mé jette les cadavres de bouteilles, passe l'aspirateur puis la serpillière. Je monte à l'étage, range sa chambre et mets au sale les vêtements qui traînent, je déteste cette partie parce qu'il suffit que j'en fasse trop ou pas assez à son goût pour qu'il trouve une raison de me faire du mal.

Je décide de détendre un peu mon corps endolori et de prendre un bain après avoir fini. Une fois dans la baignoire de la salle de bain où je n'ai normalement pas le droit d'aller je laisse couler l'eau chaude et ajoute du savon.

Une fois allongée dans l'eau, je ferme les yeux et comme à chaque fois, me mets à trop réfléchir. À ma mère. À ma vie, ce qu'elle vaut vraiment, ce qui m'empêche d'abandonner alors que j'y pense de plus en plus au fil des jours. Couper plus profond une fois et ça suffirait, personne ne me regrettera. Mais je suis tiraillée entre le fait de me dire que je n'ai pas le droit, pour elle. Et le fait que je devrais être égoïste pour une fois, et laisser ce monde où il ne se passe pas un instant sans que j'ai peur, peur de lui, peur de vivre.

Je marche dans le centre commerciale essayant de trouver un magasin qui n'ait pas l'air trop cher.

Au moment où je rentre dans la boutique une vendeuse toute joyeuse me saute dessus.

« Bienvenue mademoiselle ! Je peux vous aider ? Dites-moi tout ! »

Bon sang ! Ils sourient tous tout le temps dans cette ville ou quoi ?!

« Non merci, dis-je sèchement en me surprenant moi-même.

-Oh comme vous voulez. », dit-elle un peu décontenancée.

Je me sens un peu mal de lui avoir parler comme ça mais elle m'a énervée avec son trop plein de bonne humeur.

Je parcours les allées, en inspectant les portants rapidement espérant trouver vite quelque chose pour sortir enfin de ce temple de la féminité !

Je trouve une robe à manche longues, grise qui descends au genoux, je prends la plus petite taille et vais l'essayer. Elle me va c'est tout ce que je regarde et son prix plus que raisonnable. Je prend aussi un gilet noir et des collants, pour les chaussures j'ai des ballerines à la maison.

Et vers la caisse je vois qu'il y a un rayon maquillage, je prends une bouteille de fond de teint qui j'espère sera de bonne qualité malgré le fait que ce ne soit pas de la marque.

Je passe en caisse et la vendeuse de toute à l'heure me regarde d'un air bizarre et je me souviens que mon bleu est visible aux yeux de tous, mais pour une fois ça m'est égale, personne ne connaît mon nom. Elle bloque encore quelques secondes puis scanne mes articles en voyant mon air impatient.

« Ça vous fera 35,95 $ s'il vous plaît. »

Je lui tends l'argent et la salue un peu plus gentiment que toute à l'heure.

Il me reste donc un peu moins de 15 $, je vais m'acheter un yaourt glacé et décide de me faire un peu plaisir avec un coulis de chocolat en plus, je prends un petit pot pour ne pas être gavée.

Je passe aussi dans une librairie et m'achète un livre de poche.

À la fin de l'après-midi je me sens plutôt bien malgré le fait que je déteste le shopping, ces petits moments de liberté sont si rares que ça les rend incroyables.

Je rentre vers 17h et décide de reprendre une douche et de me laver les cheveux.

Je suis en train de les sécher quand la voiture se gare.

« Sois en bas à 18h55 et ne me fais pas attendre une minute de plus, c'est clair ? Rugit-il du bas des escaliers.

-Oui monsieur. », lancé-je sans crier mais assez fort pour qu'il m'entende.

Soudain je l'entends monter les marches, mon souffle se coupe mais je respire à nouveau quand je l'entends entrer dans sa chambre et refermer la porte, j'attends encore quelques secondes priant pour que le ménage lui convienne. Et ne l'entendant pas ressortir je continue à m'occuper de mes cheveux en prenant bien soin de mettre le séchoir sur la puissance minimum pour éviter de le déranger avec le bruit .

Je laisse mes cheveux tomber simplement sur mes épaules, enfile mes vêtements et mes chaussures.

Le silence est glaciale dans l'habitacle de la voiture pendant qu'il conduit jusque chez les Eaton.

De mon côté l'angoisse ne fait qu'augmenter. Qu'est ce qu'on attend de moi ? À quoi ce Marcus Eaton ressemblera ? Est-ce que Quatre est de sa famille ? Est-ce qu'on acceptera que je mange ? Le flux de mes pensées est stoppé net par sa voix menaçante.

« Ne me fait pas honte, ne me déçoit pas. »

Facile à dire, le simple fait de me sortir lui fait honte et mon existence le déçoit...

Mais j'acquiesce docilement et attends que ce soit lui qui commence à bouger pour sortir à mon tour.

Nous sommes devant la porte et mes mains tremblent, au moment où il toque je baisse la tête et admire mes chaussures. Je suis tellement absorbée que je n'entends même pas la porte s'ouvrir devant nous et par le regard qu'il me lance quand je relève enfin les yeux, je sais que je commence très très mal.

« Andrew ! Je suis très heureux de vous voir ! Oh et tu dois être Béatrice ! Je suis ravi de faire ta connaissance. »

Je ne réponds pas et le regarde avec de grands yeux, il n'est pas aussi intimidant que je le pensais, il aurait presque l'air chaleureux. Non, il doit vouloir paraître accueillant c'est tout. Je sens son regard sur le côté de ma tête et essaie de paraître le plus...normale possible.

« Bon...Bonjour monsieur Eaton, ravie de vous rencontrer. »

J'ai dit ça un peu vite mais ça à l'air de passer.

Il nous fait entrer dans une magnifique maison, de style très moderne et épuré mais qui garde une ambiance chaleureuse.

Dans le salon, nous attend une belle femme brune toute souriante.

« Vous voilà, quel plaisir de vous recevoir ! »

Elle s'approche pour serrer amicalement sa main et sans crier gare me serre brièvement dans ses bras.

« Béatrice, c'est ça ? Tu es une très belle jeune fille ! Je suis Evelyne.

-Je...euh merci ? »

Ça sort plus comme une question mais elle a la politesse de ne pas relever.

« Venez vous asseoir je vous en prie ! »

Elle nous guide tous les deux jusqu'au salon pendant que Marcus apporte un plateau rempli de petits amuses-bouches.

Ma peur que Quatre puisse vivre dans cette maison s'estompe en entendant Marcus appeler un certain Tobias et je manque de pousser un soupir de soulagement en entendant le prénom.

« Désolé je finissais de me préparer. »

Mais quelle idiote ! Quel genre de parents donneraient à leur fils un chiffre en guise de prénom.

Il faut que je me lève pour le saluer et tout mon corps se tend.

Son extrême politesse envers Andrew me fait grincer des dents, mais quand il se tourne vers moi j'essaie de le supplier du regard de ne surtout pas m'appeler...

« Tris ? Salut ! »

Il ne devait pas savoir, il va me faire du mal. Je le sens se tendre à côté de moi et un rictus apparaît sur ses lèvres, et à ce moment, entourée de cette famille soudée et unie j'ai envie de pleurer, de hurler à l'aide pour qu'on me sorte de tout ça mais je ne le fais pas. Je reste là et hoche la tête en guise de « Salut ! ».

« Chérie tu es sûre que ça va ? Tu es toute pâle, vient t'asseoir. »

Je ne m'écarte même pas quand je sens Evelyne m'enserrer l'épaule et me guider jusqu'à ma place sur le canapé. La douleur dans mon dos se réveille à son touché mais ça non plus je ne le sens pas. Je vois juste la scène à laquelle j'aurais droit en rentrant, et quelque chose dans son expression me dit que cette douleur là ne sera rien du tout comparer à sa colère qu'il déversera sur moi en rentrant à la maison.

« Tiens bois ça, cela te fera du bien. »

L'eau fraîche dans ma gorge me rappelle qu'il ne faut pas que la situation empire et me ressaisis tout d'un coup en m'écartant brusquement de ce bras maternel.

« Béatrice est un peu malade, elle avait de la fièvre ce matin. Excusez-la, il dit tout ça d'un ton calme et qui se veut doux mais n'hésite pas à me lancer un regard noir pendant que nos hôtes ne nous regardent pas.

-Oh je suis désolé Andrew, vous auriez dû me le dire, nous aurions pu repousser, lance Marcus d'un ton concerné. Et je suis désolé Béatrice que tu aies eu à venir en étant malade, chez de parfaits inconnus en plus, je tenais vraiment à vous accueillir dans la ville comme il se doit. »

Il à l'air tellement sincère que je m'en veux presque de me méfier de lui.

« Si tu veux te reposer je peux sans soucis te préparer une chambre, comme ça si ça ne va vraiment pas tu pourras au moins aller t'allonger, enchaîne Evelyne d'un ton doux.

-Non merci madame, j...je, ça va aller. », lui assuré-je et c'est vrai dans un sens tant qu'elle est là je me sens un peu plus en sécurité.

En revanche, Quatre/Tobias n'a pas dit un mot, il continue juste de me fixer d'un air inquiet.

L'apéritif se déroule sans autre incident mais en passant à table, il s'avère que ma place est juste à côté de Quatre et pendant tout le repas, bien trop copieux pour que je puisse manger plus de trois bouchées de chaque plat, je le vois lancer des regards en biais sur mon assiette en fronçant les sourcils ou en me lançant des regards gentils quand je le surprends.

Juste après l'énorme plateau de fromage, Evlyne nous annonce que le dessert n'est pas encore tout à fait près.

« Tobias, que dirais-tu de faire visiter la maison à Béatrice vous pourriez apprendre un peu à vous connaître pendant que ton père parle gouvernement, dit-elle un peu amusée.

-Euh oui d'accord. Hrmm, tu viens ? »

Il paraît un peu nerveux mais cela n'enlève rien à la panique qui s'empare de mon corps, mais sachant que refuser une offre de nos invités me porterait encore plus préjudice je le suis jusqu'aux escaliers. Sur le chemin j'entends malgré le bourdonnement incessant qui vrille mes tympans la voix inquiète d'Evelyne.

« Je m'en veux de vous avoir demander de la faire venir dans l'état où elle est, elle n'a presque rien mangé, pauvre petite !

-Elle s'en remettra, répond un peu sèchement Andrew. »

Cette fois je n'entends plus rien, à chaque marche j'ai l'impression que les battements de mon cœur augmentent dangereusement. Je suis tellement tétanisée que je ne comprends même pas ce que Quatre me dit, une fois que nous sommes en haut, quand je vois bouger ses lèvres. Il approche sa main de moi. Ça y est, ils avaient donc tout prévu ?

En l'esquivant je me rattrape sur le mur et me presse contre ce dernier.

Je vois son visage se décontenancer sous mes yeux écarquillés de peur.

« Tu...Tu as peur de moi ?

Il a l'air tellement préoccupé, tellement soucieux de ce que je pourrais ressentir qu'au lieu de partir en courant et lui échapper je baisse les yeux et secoue légèrement la tête sentant ma garde se rabaisser un peu sous son regard doux.

Mais sans que je ne me rende compte de rien la peur reprend le dessus et des tas d'images me traversent l'esprit, qu'est ce qu'il va me faire ?

« Je ne te ferais jamais, jamais de mal d'accord ? », demande-t-il doucement mais fermement.

Peu convaincue je hoche la tête espérant atténuer sa conviction, si il voit que j'ai peur ça l'amusera encore plus.

Mais dans le flot mélangé d'idées qui se déverse dans ma tête ressort sa dispute de la veille avec Peter et les propos qu'il a tenu, je peux lui faire confiance, malgré que ce soit un homme ? Non Tris ne soit pas aussi naïve.

« Bon, je me doute que tu ne veuilles pas visiter la maison en entier alors je me suis dit que je pourrais te montrer ma pièce préférée. », dit-il avec un petit sourire.

C'est ça, il m'emmène dans sa chambre, ça doit bien être ça sa pièce préférée non ?

Mais avant que j'ai pu dire quoi que ce soit je le vois ouvrir la porte non pas sur une chambre mais sur une immense bibliothèque avec des étagères montant jusqu'au plafond et des livres à n'en plus finir. Je reste bouche-bée, tant par la beauté des lieux mais aussi la tournure de la situation. Je suis tellement soulagée, pour l'instant, que je lui sort dans un profond soupir un :

« Merci. »

Je m'avance sans même attendre son autorisation et regarde autour de moi. Je sais que je joues à un jeu dangereux mais les bibliothèques me rendent tellement confiante. Même en le sachant juste derrière moi je me sens si sereine.

« Tu aimes ? »

J'acquiesce frénétiquement la tête ce qui le fait rire doucement. Je ne sait pas ce qui me prend, je suis en train de laisser un parfait inconnu près de moi.

Je tends le bras comme un zombie jusqu'à une très vielles collection de Jane Austen et choisis un des ouvrages.

Mais en tournant la tête vers lui je vois ses yeux fixés sur mon bras gauche, près de la main, au poignet. Ma manche est remontée. Oh non.

Il ramène ses yeux à moi et secoue la tête, abasourdi.

« Non, non pas toi. », murmure-t-il.

J'espère que ce chapitre vous aura plu ! Merci à DivergentPansycake46 pour la relecture.

Disclaimer :tous les personnages appartiennent à la talentueuse Veronica Roth

N'oubliez pas de me laisser vos avis je me fais un plaisir de les lire :)