Je remercie Sir Arthur Conan Doyle d'avoir eu l'idée incroyablement superbe de faire naître Sherlock Holmes et consort. Je remercie aussi Moffat et Gatiss de nous laisser utiliser leurs propres versions des personnages utilisés ci-dessous. Lara, Benedict et Martin sont des acteurs géniaux.

Je remercie ceux et celels qui prennent leur temps pour mire à chaque chapitre, voir que plusieurs personnes lisent me fait plaisir. Vraiment. Et merci pour les reviews qui m'aident encore mieux à comprendre pourquoi les gens aiment ma fanfiction.

Avertissements : Rien de particulier. Angst peut-être?


Se reconstruire


Plusieurs jours après l'accouchement, Irène reprit ses quartiers au 221B Baker Street, son fils Nero dans les bras en compagnie d'un Sherlock plus éveillé que jamais. Il tenait à sa vie privée, à la vie de ses proches et depuis qu'il avait appris que son fils viendrait chez lui une semaine après sa naissance, ses sens s'étaient plus aiguisés que jamais, surpassant même Mycroft dans certaines déductions. Sa tension était telle que parfois, il se réveillait en sursaut en pleine nuit, cherchant la présence devenue si familière d'Irène, pour un peu, Sherlock devenait aussi peu confiant que lors de son dernier duel face à Moriarty.

Les nerfs de John furent mis à rude épreuve et il semblait que seule Mrs Hudson comprenait ce que Sherlock pouvait ressentir, ayant déjà eu des enfants, elle savait que la vie de son fils comptait beaucoup. Lestrade n'avait jamais vu Sherlock aussi froid que maintenant, il avait déjà perdu cette chaleur et ce charisme qui l'avaient habité le jour de la venue au monde de Nero. D'un côté, Lestrade regrettait que cet enfant soit venu parce que Sherlock devenait insupportable, plus que d'habitude, et pourtant, pour la première fois depuis qu'il le connaissait, il voyait son aspect humain.

- Sherlock, tout ira bien, John est là, Mycroft sera là et je suis là. De plus, qui attaquerait ton fils ?

Les mots de Lestrade ne calmèrent pas Sherlock et John observa patiemment son meilleur ami d'un œil attentif : il se souvenait du moment quand Sherlock l'avait envoyé balader au Dartmoor. Ainsi, il vit le regard énervé du détective se pencher sur son ami du Scotland Yard, ami pour lequel il avait sacrifié sa réputation, tout. Les mains tremblantes et les yeux humides de rage, il sortit de la pièce où était allongée le corps. Lestrade n'avait vu Sherlock dans un tel état que lorsqu'il avait été en cure de désintoxication, sur un lit d'hôpital, qu'on avait attaché avec des lanières de cuir.

- Tu n'aurais pas du dire ça.

Lestrade avait fixé John avec commisération et compassion, John avait-il déjà subi les foudres de Sherlock ? Il pensait que oui au vu de la lueur particulière dans le regard du médecin militaire et la façon dont il avait positionné ses épaules. Mais il préféra ne pas savoir quand John avait eu à subir les foudres du détective consultant, il ne voulait pas retourner le couteau dans la plaie. Aussi, se tut-il pour avoir la paix et laissa John faire toutes les observations imaginables sur le corps de la victime.

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Sherlock se retrouva seul dans son salon en compagnie de son violon, jouant et rejouant sans cesse le thème de sa compagne avec des variantes qui évoquaient son inquiétude, sa nervosité ou alors une note plus joyeuse, plus aimante. Mais parfois les cordes émettaient des sons discordants et Mrs Hudson réalisa que Sherlock perdait peu à peu pied, il n'avait jamais été habitué à être père et cette perspective devait le terrifier.

Il avait certainement été curieux de voir à quoi ressemblerait son fils, or il n'était pas habitué à exprimer ses sentiments, ses émotions. Il avait fait des efforts pour le jour de la naissance de Nero mais là, son excitation avait baissé et il avait enfin ouvert les yeux sur ses nouvelles responsabilités. Il ne connaissait de figure paternelle et même maternelle que Mycroft, son frère qui avait pris soin de lui depuis la mort non-élucidée de leur père et la dépression de leur mère.

Tu parles d'une enfance.

Mais au lieu de demander conseil, il se murait dans son inquiétude et dans un silence à rendre fou même le plus patient des hommes, John avait refusé d'agir cette fois-ci. Pourtant, une seule personne parvenait à percer l'armure de Sherlock, Mary, qui avait une expérience similaire à celle de Sherlock, son père ayant disparu des années plus tôt au cours d'une chasse au trésor. Elle avait su cibler en partie ses craintes et avait pu dans une certaine mesure le calmer au cours de la semaine précédent le retour d'Irène et de l'enfant. La jeune pédiatre avait aussi promis à Sherlock qu'elle aiderait Irène autant que possible, qu'elle était pédiatre et que l'enfant serait entre de bonnes mains. Sherlock avait reposé l'archet qu'il tenait entre ses mains tremblantes sur ses genoux.

Puis, grâce aux discussions avec la jeune femme au visage angélique, Sherlock avait retrouvé son calme et une bonne partie de sa suffisance habituelle. L'inspecteur de Scotland Yard avait apprécié ce retour à la normale même s'il ne l'avoua pas ouvertement au principal intéressé et pour une fois John aima l'attitude présomptueuse de son ami. Il préférait de loin un Sherlock Holmes fort qu'un Holmes contrôlé par ses émotions, ce n'était pas beau à voir du tout pour un ami.

- Certaines choses ne devraient pas changer du tout.

C'est donc dans une atmosphère plutôt conviviale qu'Irène s'assit dans le fauteuil de Sherlock avec son fils dans les bras, elle aussi avait subi certaines transformations. Cet instinct maternel la rendait plus attirante et d'autant plus dangereuse, elle captait le regard de tous les hommes qui passaient dans la rue et elle souriait malicieusement quand elle sentait les yeux des hommes se poser sur elle. Elle avait en un sens toujours aimé être sous le feu des projecteurs et même l'arrivée de son fils n'avait rien changé. Mais elle se jura de ne pas utiliser Nero peu importe la nature de ses projets, il était l'objet de sa fierté, de son triomphe sur Sherlock.

Etrangement, la nature de leur relation avait changé depuis leur rencontre, d'adversaires à amants, leur histoire avait été tumultueuse et diablement sexy. Quand elle l'avait eu dans son lit à Karachi lors de cette nuit mouvementée, elle avait ressenti la victoire mais, quand elle avait appris qu'elle était enceinte, le triomphe l'avait gagnée. Elle pouvait prouver au monde entier qu'elle avait mis à ses pieds non seulement l'Angleterre, mais également le détective consultant qui vivait une existence solitaire loin de toute forme de relation.

Et pourtant, le fait d'être enceinte l'avait privée peu à peu de ses mouvements, de sa liberté cependant ce sentiment de triomphe, mêlé de joie venait rehausser ce manque d'activité. Son agent avait tenté de savoir qui était l'heureux élu, en tant qu'assistant de chanteuse d'opéra, il se devait de savoir mais Irène se contentait de sourire. Mystérieusement.

- Oh tu m'agaces !

Cette expression agaçait son agent, jaloux de l'homme qui régnait sur le cœur de la cantatrice, la cantatrice à la voix d'or qui pouvait chanter sur toutes les notes qu'elles soient graves ou aigues. Elle était si rare, elle pouvait remplacer une soprano ou une alto quand elle le voulait ou tout simplement prendre le rôle de la Reine de la Nuit de Mozart ou bien Carmen, la voluptueuse.

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Sherlock, quant à lui, haussait des épaules quand il s'apercevait que celle qui partageait sa vie accaparait toute l'attention des journalistes quant à l'identité du père de son enfant, ils ne possédaient aucune logique. Mais au fond, il souhaitait que ça reste ainsi, que personne ne sache que l'enfant vienne de lui, plus personne ne le laisserait en paix et il pensait avec amertume que toutes les femmes envieuses enverraient des menaces de mort à Irène. Et il n'était pas sûr de vouloir qu'une telle situation s'installe.

Plutôt mourir

Il aimait sa tranquillité à Baker Street, son semblant d'anonymat, les enquêtes qu'il menait pour le compte de Scotland Yard, de Mycroft, pour des particuliers. C'était une vie qu'il chérissait et avec l'apparition de personnes comme Moriarty ou Irène, sa vie s'était pimentée et avait pris une toute autre ampleur, chose qu'il avait avidement recherchée pendant des années.

Même si Londres était devenue morose sans le criminel consultant, il était revenu pour John, Lestrade, Mrs Hudson… Voir comment chacun avait évolué, voir que tous allaient bien et qu'ils vivaient une existence paisible. Il lui avait fallu cependant se séparer un temps d'Irène et cette séparation lui avait presque déchiré le cœur mais tous deux avaient compris, avaient assumé qu'ils risquaient de ne plus se voir pendant longtemps.

Mais Nero était arrivé et ça avait changé la donne, bien entendu, Irène continuerait ses tournées à travers l'Europe et même le monde si elle gagnait suffisamment de notoriété. Irène recherchait toujours à plaire, à séduire et séduire le monde entier était un défi intéressant à relever. Un jour Mycroft avait osé dire qu'Irène avait une voix extraordinaire et Sherlock avait ri doucement, trouvant incroyable que son propre frère approuve le talent de sa compagne. Il l'avait dit uniquement à John mais Sherlock était rentré inopinément à ce moment-là, faisant sursauter Mycroft sur son siège.

- Ravi que tu l'approuves très cher frère.

Sherlock abaissa le rideau de sa chambre, regardant encore une fois Nero dormir dans son berceau, c'était un bébé paisible selon Mrs Hudson et si charmant. Sherlock et Irène avaient eu la chance d'avoir un bébé potelé, le genre qui faisait toujours sensation et qui ravissait toutes les femmes alentour. Sherlock avait ainsi eu l'occasion de mieux observer les réactions humaines des autres, l'aidant dans ses enquêtes, c'était comme si son propre fils l'aidait à résoudre certaines enquêtes.

Il posa une main délicate sur le ventre de l'enfant qui vibrait au rythme de sa respiration et qui soupira presque quand il sentit la main de son père sur lui. Nero attrapa les doigts de Sherlock et joua un peu avec jusqu'à ce que Sherlock se détache de son enfant pour rejoindre sn lit vide sans Irène. Il était père au foyer comme Lestrade avait une fois affirmé en riant, quel retournement de situation au XXIè siècle ! Avant c'étaient les femmes qui s'occupaient des enfants, pas l'inverse. Sherlock avait levé les yeux au ciel face à tant de cliché !

- La société change, Lestrade.

Pour le coup, il avait abandonné le Greg qui s'était installé avec le temps. Ce qui avait encore accentué l'hilarité de l'inspecteur de police et provoqué l'exaspération du détective privé. John avait eu du mal à contenir son fou-rire aussi mais Sherlock ne doutait pas un seul instant que son ami avait du raconter l'affaire à Mary et avait du s'écrouler de rire sur la table. Mais une chose était sure : il remerciait John de ne pas dire quoique ce soit sur Nero sur son blog, Irène n'aurait pas apprécié et lui non plus. Et tous les journalistes à la ronde, des journalistes version Kitty Riley seraient accourus au 221B. Et il ne croyait pas avoir la patience de répondre à leurs questions futiles, inutiles et aberrantes de bêtise.

Mrs Holmes avait été mise au courant grâce à Mycroft et n'avait pas ébruité la grossesse d'Irène, respectant le silence de son fils, ses amies de la cour royale n'auraient pas manqué de le raconter à leurs maris et amies. Et du coup, on aurait usé de l'enfant pour faire tomber les deux Holmes d'un coup.

Peu de gens savaient que Mycroft et Sherlock étaient frères mais cette révélation aurait fait le rapprochement, Sherlock regrettait que ce genre d'événements éveille la curiosité et l'intellect des hommes normaux. Comme si le fait de savoir qui couche avec qui avait autant d'importance. Il se souvenait de ces filles qui regardaient avidement les magazines à sensations, pour savoir si telle ou telle star rompait parce qu'elle avait appris que la personne qui partageait sa vie avait partagé le lit avec quelqu'un d'autre.

Mais ils sont d'un ennui à vouloir mettre tout le monde avec tout le monde!

Sur ces pensées, il s'endormit dans le lit, une musique lui trottant dans la tête lui évoquant la naissance, l'enfance te le renouveau. Une ode à la vie et à la vie partagée avec un être cher. Une musique évoquant la tension et la peur, une musique rappelant les joies de la chasse et de la furtivité. Telle était sa vision de sa nouvelle vie avec Nero, une vie riche ne rebondissements et surprises. Voir grandir son fils pendant plus de vingt ans serait très intéressant à son sens.

Mrs Hudson lui avait parlé de ses propres enfants partis aux Etat-Unis, sa propre sœur vivant au Nord de l'Angleterre… Une famille éclatée et ruinée par son mari… Une vie de famille qu'elle ne souhaitait pas à Sherlock du tout. Et il espérait que cette situation ne se reproduise pas avec Nero du tout, mais le contraire arrivait, tout le monde formait une meilleure équipe, un meilleur groupe grâce à Nero. C'était juste incroyable.


Une fois de plus, je remercie ceux qui lisent.

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