Coucou ! me revoilà avec une songfic, sur Endo et Goenji cette fois. J'aime toujours faire le parallèle entre l'histoire du couple Kido x Fudo et l'histoire du EnGo. Si je pouvais faire une métaphore, je dirai que le premier passe son temps à calmer la tempête et le deuxième à tempêter le calme. Il faut avouer que Endo et Goenji sont vraiment du genre à se compliquer la vie... Surtout Endo je trouve ! :)
Enfin, je vous laisse juger par vous-même ;)
Une petite review sera la bienvenue, vous me direz si vous approuvez ou non ma vision de ce couple :)
Le Cerf-Volant
Cerf-volant
Volant au vent
Ne t´arrête pas
Goenji était presque sûr que ça ne finirait jamais. Il l'aimait tellement qu'il était certain que ça devait être écrit quelque part. Endo Mamoru, son homme.
Il se colla un peu plus au torse nu et chaud de son compagnon et commença à dessiner dessus avec son index. Il était comme un enfant avec une nouvelle boîte de crayons, il traçait des banalités, des absurdités, mais qui avec ce support semblaient terriblement sensés. Une maison, une maison avec un jardin, un chien dans le jardin. Une balle pour le chien, des maîtres pour la lancer, des maîtres qui se tenaient la main. Quel âge avait-il ? De 20 ans il était passé à 4, il faisait des bonhommes ridiculement mal proportionnés, presque aussi grands que leur maison. Il termina par un soleil qui brillait et posa sa main à plat sur le torse. Il sentait le battement régulier de son coeur.
Le blond ressentait à travers ce coeur son dessin prendre vie. Il se mit à rêver d'une maison, d'un gros chien blanc, de la plage près de la maison, de l'océan, des vagues, et là-haut, qui volait vers l'horizon, un cerf-volant. Ses doigts suivirent sa pensée, traçant sur le torse calmement animé de son compagnon, des vagues. Il entendit soudain un rire et leva ses yeux noirs vers les yeux chocolats de Endo. Si ils n'avaient pas été si beau, Goenji les aurait mangé depuis longtemps. Eux et tout le reste.
«Tu t'amuses ?» demanda le jeune homme au bandeau d'un air rieur.
«Je dessine.» répondit le blond en souriant tendrement.
«Tu dessines quoi ?»
«Notre maison.»
«On a un chien ?»
«Oui, un gros chien blanc.»
Le blond continua son dessin, il fit un cerf-volant en losange. Ce cerf-volant, c'était leur amour. Il volait, partout, enveloppait le monde, et volait dans les airs, comme le signe de leur éternité.
«On a un jardin... Tout près de la mer.»
«On se baigne ?»
«On fait du cerf-volant.»
Il y eut un petit silence durant lequel Endo soupira de bien-être et resserrait son bras autour des épaules de son chéri. Sa chaleur et celle du soleil qui passait par la fenêtre de leur chambre lui donnait envie de se rendormir.
«Et il y a des enfants ?»
Soudain, Goenji cessa de dessiner. Endo se rendit compte de ce qu'il avait dit et se maudit: ça lui avait échappé.
«Je plaisante.»
Endo fit son petit rire léger qui fait tout oublier et le blond reprit son dessin, perdu dans ses pensées. Il repassa sur le cerf-volant plusieurs fois. Il sentait bien que la question de son compagnon n'était pas une blague, que s'il l'avait dit, c'est que plus encore que le chien, que le jardin et la plage, il voulait entendre des rires d'enfants dans sa maison. Sa poitrine se serra alors qu'il comprenait: le coeur du brun ne lui appartenait pas.
Dans son dessin, un enfant jouait avec le cerf-volant.
Vers la mer
Haut dans les airs
Un enfant te voit
«Bien joué, Goenji !»
Le blond lança un sourire tout fier à son capitaine. Depuis quelques temps, il avait remarqué qu'il ne jouait plus au foot pour lui tout seul. Il jouait aussi pour Endo. Il se surprenait souvent à sentir le regard du gardien dans son dos alors qu'il courait vers les buts adverses, à avoir envie de tout faire pour que ce regard ne le quitte jamais. Il imaginait aussi, parfois, dans le calme de sa chambre, Endo qui fixait son dos dans une toute autre situation, ou parfois, qu'il le regardait en face, essouflé sans avoir couru.
«Dis, tu es pressé ?» lui demanda Endo, le tirant de ses pensées.
«Non pourquoi ?»
«Aide-moi à ranger le matériel.»
L'attaquant hocha la tête et suivit son capitaine pour récupérer les ballons sur le terrain. Il vit du coin de l'oeil que son ami le regardait sans cesse et se sentit rougir. Il se pencha pour ramasser les plots tandis que l'autre s'occupait des ballons, et il l'entendit dire:
«Tu sais ce qu'il se passe entre Kido et Fudo ?»
«Pas vraiment... Je me demande si ils sont déjà ensemble. En fait, vu le mauvais caractère de Fudo et le sérieux de Kido, c'est dur de savoir vraiment ce qui se passe entre eux.»
«Et tu sais ce qui se passe entre nous ?»
Le blond lança un regard interrogatif à son capitaine.
«Ça fait longtemps qu'on a pas été que tous les deux... Tu passes ton temps à travailler en ce moment.»
La moue boudeuse de Endo fit sourire affectueusement l'attaquant, qui haussa les épaules. Bien sûr qu'il lui manquait aussi, que ça lui manquait aussi. Mais il devait avoir de bonnes notes s'il voulait continuer le foot en club. Il croisa le regard insistant du gardien et comprit pourquoi il lui avait demandé s'il était pressé.
«S'il te plaît Shuuya... Tu me manques.» fit le garçon, parfaitement conscient de son effet sur le joueur.
Le blond déglutit. Il était gentil lui, de lui faire ce genre de proposition... Il se mordit la lèvre alors que son petit ami lui prenait le poignet et l'entraînait dans les vestiaires. Normalement, il ne devrait y avoir plus personne. A l'abri derrière un mur, Endo lui lécha les lèvres avant de les embrasser avec légèreté et passion à la fois. Un petit rire échappa à l'attaquant, qui suivit à nouveau son compagnon vers les vestiaires. Devant la porte, le gardien entrelaça ses doigts aux siens avant de plonger son regard brûlant dans ses yeux, juste heureux.
«Dis, tu m'aimes ?»
Le blond sentit un soupir amusé monter dans sa gorge. Il adorait quand son capitaine lui posait ce genre de question, ces questions d'enfant qui veut se rassurer. En fait, peu importe le nombre de fois où le garçon lui demanderait, sa réponse ne changerait pas:
«Oui.»
Il vit son compagnon faire ce sourire rayonnant bien connu. Endo ouvrit la porte et entra en tirant le blond vers lui lorsqu'il se stoppa. Goenji leva à son tours les yeux vers ce que regardait son capitaine et se figea, partagé entre l'embarras et l'éclat de rire. Pas tous les jours qu'on voyait les deux types les plus opposés de l'équipe (peut-être même du pays) se séparer d'un câlin en espérant que personne ne les avait vu. C'est Endo qui réagit en premier:
«Je le savais !»
Et il se précipita sur son meilleur ami pour le féliciter à coup de grandes tapes dans le dos, sous le regard attendri de l'attaquant et... Un tantinet jaloux du dossard huit.
«Il faut fêter ça Kido !» lança le gardien en gratifiant son stratège en titre d'une énième tape dans le dos.
«Fêter quoi ?» demanda Fudo, sans vraiment comprendre la soudaine effervescence dans la salle.
«Ça fait des mois que Kido ne nous parle que de toi !» s'exclama le capitaine en ouvrant de grands yeux brillants.
Kido essaya de cacher ses joues rouges derrières sa main tandis que le brun lui lançait un regard tendre et moqueur.
«Endo..!» fit le châtain, embarrassé.
«Quoi ?» répondit le concerné, qui n'avait pas compris pourquoi son ami était gêné.
Fudo ne put s'empêcher plus longtemps et partit dans un grand rire clair, rien qu'un soupçon moqueur. Goenji ne l'avait jamais vu comme ça. Kido rougit de plus belle en voyant le huit se moquer gentiment de lui, et Endo regardait les deux stratèges sans capter ce qu'il se passait. Le blond pouffa de rire lui aussi, attendri.
Cette vie, qu'est-ce qu'il l'aimait !
Voyage insolent
Troubles enivrants
Amours innocentes
Suivent ta voie
Suivent ta voie
En volant
«Dégage !»
Endo se figea un court instant avant de devoir esquiver le coup de poing du blond. Il reprit possession de son corps et stoppa son vis-à-vis en plein mouvement, alors que celui-ci s'apprêtait à le frapper à nouveau. Il voulu tenter de le raisonner mais le regard de l'ancien attaquant l'en interdit. Il lui tenait fermement les poignets, l'empêchant et de le frapper ou de fuir, et se contenta de fixer ce visage si familier.
«Pourquoi ?» murmura-t-il à l'attention de Goenji.
Celui-ci continua de fixer le sol, refusant de répondre à une question dont Endo connaissait parfaitement la réponse. Il retenait ses larmes, refusant de pleurer devant lui, les poings fermés à s'en déchirer la peau.
«Je comprends pas... Kido vient... Même Fudo a accepté.» poursuivit l'ex-capitaine en cherchant le regard de son interlocuteur.
Goenji ne dit rien, il leva les yeux vers son ancien capitaine et souffla, incapable d'en faire plus:
«Lâche-moi.»
Le concerné tenta un instant de croiser son regard mais s'aperçut que ce n'était pas la peine. Le blond l'évitait délibérément. Il lui lâcha doucement les poignets, et laissa les bras halés de son vis-à-vis retomber le long de son corps. Il hésita un instant à le prendre contre lui, pour le consoler, mais il comprit qu'il ne fallait pas. Il lâcha un soupir discret et tourna les talons. Il ouvrit la porte de l'appartement et resta un instant à s'imprégner de cet endroit si familier. Il finit par se tourner légèrement vers son ancien équipier et lui lança un regard désolé:
«Si jamais tu changeais d'avis... Tu seras toujours le bienvenu.» murmura-t-il.
Il vit que Goenji ne répondrait pas et sortit, refermant la porte derrière lui. Le blond resta quelques secondes de plus à fixer le sol. Il renifla et s'essuya les yeux comme s'il n'avait jamais pleuré et se dirigea fermement vers sa cuisine ouverte. Tout ça n'était qu'une mauvaise blague. Qu'une affreuse mauvaise blague. Il ouvrit son placard et fixa un instant la bouteille de vin américain qu'il s'était fait offrir quelques semaines plus tôt. Apparemment, pour un vin du nouveau monde, il était plutôt bon, et même s'il n'égalait pas les cépages européens, il avait un certain charme. C'est ce que son père lui avait dit en lui donnant la bouteille. Goenji grimaça; il n'allait pas se noyer dans un bon vin quand même... Ce serait du gâchis. L'expression du «je comprends pas» de Endo osa s'imprimer sur sa rétine et le blond ferma les yeux.
Tant pis pour le bon vin. Il saisit la bouteille, un tire-bouchon ainsi qu'un verre dans le placard du haut et alla se laisser tomber sur son canapé. Il posa son verre sur la table et grimaça. Où avait-il mit les verres à pieds ? Boire du bon vin dans un verre pareil, un vrai verre à bière, juste pour boire et non pour savourer... Goenji voyait d'ici son père faire une syncope. Cette pensée le fit sourire cyniquement. Il déboucha la bouteille avec le tire-bouchon tout neuf et regarda liquide bordeaux remplir progressivement le verre. C'est vrai, il avait une jolie couleur. Il reposa la bouteille. Il faisait nuit dehors, mais rien ne pouvait être plus noir que son coeur à l'instant. Il but une gorgée et plissa les lèvres. Trop amer. Mais pas encore autant que sa propre amertume. Il reposa doucement le verre, la main tremblante et suivit le chemin que voulait prendre son regard. Il fixa la petite enveloppe blanche d'un air mélancolique et sentit à nouveau les larmes lui monter aux yeux et le chagrin dévorer son coeur. Mais quel connard. Il n'avait pas le droit...
Il ramena ses jambes près de son torse, son corps secoué de faibles sanglots.
Est-ce qu'au moins Endo se rendait compte qu'il lui faisait du mal ?
Ça semblait pourtant évident... Il n'irait pas à son mariage. Il déglutit, amer. Endo allait devoir trouver un autre témoin.
Cerf-volant
Volant au vent
Ne t´arrête pas
Endo releva les yeux, incapable d'exprimer ce qu'il ressentait. Il se tenait au cadre de la porte, comme écrasé par le poids de tout ce qui l'envahissait: il avait l'impression de passer au tribunal. Il tenta de plonger dans ces yeux sombres qui le fixaient, se heurtant pourtant à leur air hermétique.
«Tu as trop bu, rentre chez toi.» ordonna fermement Goenji.
Il se tenait droit, dans toute sa fierté, le regard froid et impitoyable. L'ancien gardien sentit les larmes lui monter aux yeux, la pression de ses sentiments qui bouillonnait en lui. Il se sentait comme une bouteille de champagne effervescente dont on bouchait ardemment le goulot pour éviter les dégâts. Parce que c'était exactement ça que ça allait faire; des dégâts, des gros. Endo déglutit, soutenant le regard impénétrable du blond.
«Shuuya...»
Il vit quelque chose comme de la douleur passer rapidement dans les prunelles du concerné, avant de s'évanouir dans les ténèbres. L'ex capitaine ne trouvait rien d'autre à dire. Ce mot, ce si doux nom, devait à lui seul parfaitement exprimer ce qu'il se passait. Endo était en train de tout gâcher. A moins qu'il ne soit en train de réparer ses erreurs ? Pourtant, il avait une petite vie bien rangée à présent, une femme et peut-être un enfant bientôt. Il avait une maison, et un chien; tout ce qu'il avait toujours rêvé d'avoir, il pouvait l'obtenir. Alors pourquoi était-il là, à 2h du matin, dans un appartement de couple sans enfant, à fixer un homme avec autant d'émotions ? Parce que cet homme n'était pas un homme, et cet appartement pas un appartement. C'était son homme, son appartement. Il s'autorisa à mettre un pied de l'autre côté du seuil de la porte, faisant reculer le blond.
«Qu'est-ce que tu fais ?» demanda l'ancien attaquant en tentant de ne pas fléchir.
«Shuuya, laisse-moi entrer.»
«Rentre chez toi Endo...»
Ce qu'avait dit Goenji avait d'avantage ressemblé à une supplication qu'à un ordre. Et le châtain savait que ça l'était. Comme pour valider ses pensées, des larmes trop salées se mirent à rouler sur les joues du blond. Il le savait, Goenji ne pouvait pas tenir. Malgré tout ce qu'il avait fait, l'abandonner, puis l'inviter à son mariage en tant que témoin, malgré tout ça Goenji ne pouvait pas l'ignorer. L'ex-gardien se pencha sur le beau blond, fébrile, et essuya de ses doigts les larmes qui dévalaient son visage. Il le savait bien, Endo, que son ex méritait mieux que lui, et qu'il devait le délivrer. Mais il était amoureux, et l'amour, ça rend égoïste. Il voulait que Goenji continue de lui appartenir, qu'il continue de l'aimer au moins autant que lui.
«Arrête...» murmura l'ancien attaquant en essayant de faire reculer son ex.
«Shuuya, tu en meurs d'envie, laisse-moi entrer...»
«Tu as trop bu.»
«Je n'ai jamais été aussi lucide.»
Les deux étaient dans le vrai. C'est dans ces moments que le châtain s'apercevait de sa douleur. De sa souffrance à vivre loin de celui qu'il aimait.
«J'ai dit non... Rentre chez toi Endo.»
«Mais c'est ici, chez moi.»
A ces mots, le blond lâcha un lourd sanglot. N'avait-il pas assez souffert ? Le quitter n'avait donc pas suffit au châtain, il revenait le hanter ? Il vacillait, comme une tour vacillante soufflée par le vent. Les mains consolantes et trop familières de Endo le firent frissonner, et il trouva la force de dire, entre deux pleurs:
«Tu ne peux pas tout avoir Endo.»
Son ton lourd de reproches, peut-être aussi d'un fond de colère tomba sur le coeur de l'ex capitaine comme un coup de massue. Tout, c'est pourtant ce qu'il voulait, et il ne comprenait pas pourquoi il devait choisir. Il aimait Goenji... Mais voulait un enfant. Et en voulant jouer sur tous les tableaux, il savait qu'il perdait les êtres qui lui étaient chers. Il perdait même les valeurs qu'il défendait ardemment plus jeune, la loyauté, la sincérité, la gentillesse. Pitié, comment les choses étaient-elles devenues si compliquées ?
«S'il te plaît Shuu, laisse-moi essayer.»
Essayer de tout avoir.
«On est plus des enfants, Endo... Il faut faire des choix.»
«Je ne peux pas.»
Ce fut au tour du marié de sentir les larmes couler de ses yeux.
«On ne devrait pas choisir entre les gens qu'on aime.»
Il ne devrait pas devoir choisir entre l'amour de sa vie et son bébé. Sa voix se brisa.
«Je veux pas être le plan cul, Mamoru...»
Le blond acheva sa phrase par un sanglot étouffé. Son vis-à-vis leva vers lui un regard larmoyant, avant de le serrer contre lui, cédant à la tentation.
«Je t'aime Shuuya... Je veux pas te perdre... Je t'aime trop...»
Ce n'était pas juste. Quelque chose clochait dans l'histoire. Il aimait pourtant l'ex attaquant à la folie. Pourquoi était-ce avec une femme qu'il s'était marié, avec une femme qu'il vivait et qu'il couchait ? Il releva le visage de Goenji vers lui, croisa son regard plein de douleur. Il s'approcha, plaqua ses lèvres sur les siennes de ce geste trop habitué. Il sentit les lèvres impitoyablement closes du blond trembler et ses sanglots se mêler aux siens. Il colla son front contre celui de son interlocuteur et murmura, la voix vibrante de douleur:
«...Mais ne me demande pas de choisir...»
Puis comme Goenji pleurait encore, il ajouta:
«Je t'aime.»
Vers la mer
Haut dans les airs
Un enfant te voit
«Tu as fait la vaisselle ?»
«Mince, la vaisselle, c'est ça que j'ai oublié !»
Le blond soupira. C'est dingue ce qu'Endo pouvait être tête en l'air.
«Tu n'aurais pas vu ma veste grise ? Elle était là il y a encore dix minutes.» poursuivit l'homme, qui continuait de s'agiter dans tous les sens.
«Tu l'as pas emmenée dans la chambre ?»
«La chambre...»
Le coach se dirigea vers la chambre d'un pas pressé tandis que Goenji finissait de verser le café dans les bols du petit-déjeuner.
«Mais pourquoi tu t'agites autant ? Si tu as oublié quelque chose tu n'auras qu'à rentrer le chercher.» lança le blond en plaçant ses mains autour de son bol.
«Ne me tente pas !» répondit le châtain depuis leur chambre.
L'ex attaquant sourit, amusé. Il balaya l'appartement du regard. Petit à petit, les pièces se vidaient de toutes traces de vie commune. La deuxième brosse à dent avait disparu, les chaussures dans l'entrée ne tarderaient pas à faire de même. Et là, sagement patiente à côté du canapé, la valise. Le regard mordoré de l'homme se perdit dans le ciel bleu dehors, au travers de la baie vitrée, alors que ses lèvres goûtaient le café trop chaud du matin. Il se concentra un instant sur les bruit de sa maison, et en bas, de la rue qui s'emplissait en bas. Il avala la gorgée et soupira d'aise. Il fixa tranquillement la pendule dans la salle à manger et se rendit soudain compte d'une chose:
«Mais tu vas être en avance si tu pars maintenant.» fit-il simplement.
«Qui te dis que je pars maintenant ?»
Endo sortit enfin de la chambre, sa veste et son bandeau à la main. L'ancien attaquant ne put réprimer un sourire intéressé en voyant son homme s'avancer, la chemise blanche rentrée dans le pantalon. C'était rare de voir le châtain en costume; et il devait se sentir mal-à l'aise car il avisa sa tenu en faisant la moue.
«Explique-moi pourquoi je ne peux pas aller à ce congrès en joggo. Tout le monde sait que je ne m'habille jamais comme ça.»
«Ça fait vraiment plus classe comme ça.» se contenta de dire le blond en buvant son café.
«Tu trouves ?»
Endo tourna sur lui même pour voir sa tenue dans l'ensemble et marmonna un "si tu le dis" peu convaincu. Il s'approcha ensuite du bar de la cuisine ouverte où déjeunait son amoureux et s'assit en face de lui. Il saisit son bol de café et commença à boire. Goenji resta un instant en contemplation, avant que le châtain ne croise son regard et lance d'un air amusé:
«Je te plais comme ça ?»
«Plutôt oui...» répondit le blond, un sourire penseur aux lèvres. «Tu es sûr de devoir partir ?»
«Je me suis levé plus tôt rien que pour manger avec toi ce matin ! Mais je reste obligé d'y aller.»
Goenji fit la moue, avant de rire devant le regard espiègle de son vis à vis. Bien sûr qu'il devait y aller, mais il ne le voyait pas souvent. Il voulait juste profiter de lui au maximum.
«Qu'est-ce que tu as dit à ta femme ?» demanda-t-il curieux.
«Que j'allais au congrès national de foot.»
«Elle croit vraiment que le congrès dure une semaine ?»
«Va savoir.»
Puis Endo soupira:
«Je vais devoir y aller.»
Goenji leva un regard brillant vers l'homme. C'était trop triste de devoir se séparer à chaque fois. Son coeur se serra alors qu'il se souvenait de ce qu'il était: l'amant. Il avait sa place dans le coeur de Endo, mais certainement pas dans sa vie. Il oubliait parfois qu'il n'était qu'au second plan, quand il se réveillait dans les bras de son chéri au petit matin. Il oubliait que la nuit les avaient enveloppés dans le secret le plus complet, que le coach disait «je t'aime» à beaucoup de trop de personnes pour que lui se sente unique. Il fit pourtant bonne figure, sourit gentiment.
«Tu n'oublies pas de revenir hein ?» fit Goenji sur le ton de la plaisanterie.
Mais ça faisait mal. Endo sourit aussi, tendrement, passa sa main sur la joue de l'amant.
«On oublie jamais de rentrer chez soi, Shuuya.»
Si seulement...
Endo posa doucement ses lèvres sur celles du blond. Il plongea encore une fois son regard dans le sien, et l'observa s'éloigner. Le châtain se leva, prit sa valise et mit ses chaussures neuves. Simplement. Pourquoi même cette scène lui semblait habituelle ? Cela sonnait comme un générique de fin, une parenthèse fermée qui mettait pause à son quotidien l'espace de quelques temps. Il se mordit la lèvre alors que l'homme ouvrait la porte et s'engouffrait dans le couloir sombre. Goenji se pinça les lèvres; pleurer ne servait à rien. Il resserra ses mains autour de son bol, en fixant celui que son amant n'avait pas prit la peine de débarrasser. Il se contenterai de ça, pourvu qu'il soit avec cet homme qu'il aimait trop. Pourvu que Endo rentre à la maison.
Et dans la tourmente
Tes ailes triomphantes
N´oublie pas de revenir
Vers moi
Alors, un commentaire ? ;)
Rose : Merci pour la review :D De toutes façon, Kido est le meilleure xD J'espère que ce chapitre t'aura plu si tu le lis (bah oui, sinon tu verras pas la réponse x) !
