Note de l'auteur: Voila enfin le chapitre 4! En écrivant ce chapitre, je me suis rendue compte qu'il était mieux que je divise encore l'histoire^^ Donc ce que j'avais prévu à la fin de ce chapitre sera dans le chapitre 5. Je ne voulais pas que ce chapitre soit trop long donc j'espère que vous me pardonnerez avec le suspens^^ Malheureusement, le rebondissement de cette fic n'est pas encore là mais j'espère que vous apprécierez quand même ce chapitre riche en émotions. Pour ma part, je l'aime beaucoup même si j'ai l'impression d'aller un peu vite dans l'histoire mais c'est par soucis de cohérence avec la suite.

rosela: Merci pour ta review. Je suis contente que tu aimes ma fic^^ Voila le chapitre 4 que tu attendais tant!

Chapitre 4 :

Pendant la semaine qui avait suivit, Ciel avait tout fait pour éviter Sebastian. Il ne permettait sa présence que pour qu'il puisse accomplir son travail de majordome, exception faite du soir où Ciel insistait pour rester seul.

A l'heure du bain, Ciel se débrouillait donc seul pour se laver après que Sebastian eut fait couler de l'eau chaude dans la baignoire. Cela ne fut pas facile au début mais le comte était un enfant intelligent et il s'était vite adapté, bien qu'il avait honte de ne pas avoir su se laver seul jusqu'à maintenant.

Durant ces moments où il se retrouvait seul dans la salle de bain, Ciel réfléchissait. Il ne pouvait pas se sortir de la tête le moment où il avait fait sa déclaration à Sebastian. Il le regrettait d'une certaine façon car il ne pouvait plus regarder le démon dans les yeux. Leur relation ne changeait pas dans le sens qu'il souhaitait. Il voulait que les sentiments de Sebastian furent réciproques mais il savait cela impossible. Le majordome était un démon après tout. Ciel faisait donc la seule chose dont il était capable au vu de la situation : il s'éloignait de Sebastian de son propre gré. Il souffrait de cette décision difficile mais il savait qu'il allait sûrement finir par oublier avec le temps et que ses sentiments pour Sebastian allaient finir par disparaître eux aussi. C'était du moins ce qu'il pensait mais il ne pouvait s'empêcher d'être inquiet pour le futur proche. Il était dur d'éviter le démon car celui-ci était habituellement à ses côtés à l'assister.

Le soir précédant la fête de Lizzie, Ciel resta longtemps dans la baignoire à regarder dans le vide et il ne remarqua que trop tard que l'eau s'était considérablement refroidie. Un grand frisson le parcourut à ce contact glacé et il se dépêcha de sortir de la baignoire tout en faisant attention de ne pas glisser. Il attrapa la serviette non loin de là et il s'essuya vigoureusement pour se réchauffer. Il enfila ensuite sa chemise de nuit et ouvrit la porte pour sortir mais il se cogna contre la personne qu'il ne voulait absolument pas voir à ce moment-là, Sebastian.

Ciel leva les yeux et il croisa le regard de son majordome. Celui-ci avait l'air étrangement inquiet et cela se ressentait aussi dans sa voix.

- « Jeune Maître, j'ai cru qu'il vous était arrivé quelque chose car vous ne sembliez pas sortir donc je suis venu voir si tout allait bien. Je m'excuse d'avoir de vous avoir désobéi. » déclara-t-il en s'inclinant légèrement avant que Ciel ait pu dire quoi que ce soit.

Il n'avait pas bougé pour s'écarter du comte et leurs deux corps étaient vraiment proches. Ciel sentait la chaleur émaner du corps de son majordome et il commença à paniquer intérieurement. Il était complètement paralysé et n'arrivait donc pas à faire le moindre pas pour s'éloigner de Sebastian. Il avait plutôt envie de faire le contraire. Il voulait serrer Sebastian contre lui et s'imprégner de son odeur mais il ne pouvait se résoudre à faire cela.

- « Jeune Maître ? » appela Sebastian, inquiet du manque de réaction du comte.

- « Je vais parfaitement bien ! » répondit Ciel sur un ton colérique qu'il n'avait pu contrôler. « Tu peux disposer ! »

Sebastian s'était attendu à une telle réaction de la part du comte. Depuis ce qui s'était passé il y avait une semaine de cela, l'enfant ne contrôlait plus du tout ses émotions et il finissait toujours par crier sur Sebastian, même si celui-ci n'avait rien fait. Le démon avait remarqué que Ciel ne souhaitait plus sa présence aussi souvent qu'avant. Il n'arrivait pas à comprendre la raison de ce comportement. Ciel avait déclaré avoir des sentiments pour lui, donc il pensait que celui-ci aurait voulu qu'ils se rapprochent, qu'ils soient plus intimes. Cela ne dérangeait en rien Sebastian qui désirait aussi cela bien qu'il ne savait pas vraiment pourquoi. Le problème était de savoir pourquoi Ciel faisait le contraire de ce qu'il souhaitait. Pourquoi n'insistait-il pas ? Le comte Phantomhive était connu pour obtenir tout ce qu'il voulait et aussi pour faire tout pour l'obtenir, alors pourquoi semblait-il avoir abandonné ? Le démon ne comprenait pas et il se sentait désemparé. Que devait-il faire ? Devait-il lui demander ce qu'il lui arrivait ou devait-il le laisser tranquille ? Sebastian n'aimait pas vraiment la deuxième option, car la situation ne manquerait sûrement pas d'empirer s'il ignorait ce qu'il se passait. Il décida donc d'être franc et de poser la question.

- « Jeune Maître, Que vous arrive-t-il ? Pourquoi m'évitez-vous ? » demanda-t-il en rapprochant son visage vers celui de Ciel.

Surpris de ce geste, Ciel recula brusquement et il glissa sur une flaque d'eau au sol. Il laissa échapper un cri étranglé alors qu'il tombait en arrière. Heureusement pour lui, Sebastian le rattrapa avant que son corps ne fit contact avec le sol.

Tandis que Ciel tentait de retrouver sa respiration, Sebastian le redressa pour qu'il se retrouve en position assise mais il le tenait toujours fermement dans ses bras par peur qu'il ne lui arrive encore autre chose. Par peur, oui, car Sebastian, sûrement la première fois depuis le début de son existence, avait ressenti de la peur ou au moins quelque chose qui s'en rapprochait, en voyant le comte tomber en arrière. Il était lui-même surpris de l'horreur qu'il avait ressenti. Pourtant, Ciel avait connu des dangers plus grands et Sebastian était resté de marbre devant l'état souvent sanglant dans lequel il le sauvait mais là, une simple chute avait suffi au majordome pour être pris de panique.

Sebastian se rendit compte de quelque chose dont il n'avait pas fait attention. Il n'y avait pas que le comte qui agissait bizarrement. Son comportement à lui aussi avait changé. Jamais auparavant il ne se serait inquiété de cette façon pour un humain, mais là, Ciel avait une étrange influence sur lui. Son maître l'intriguait et il appréciait vraiment être en sa compagnie. Il pouvait même avouer qu'il avait une certaine affection pour le comte.

Il ricana à cette idée, car le sentiment d'affection était tellement inconnu pour lui.

Cependant, son rire n'échappa pas aux oreilles de Ciel qui lui envoya un regard noir, pensant que le démon se moquait de sa chute. L'enfant vit ensuite la situation embarrassante dans laquelle il se trouvait et tenta de se dégager des bras de Sebastian mais celui-ci ne voulait pas le lâcher.

- « Lâche-moi, Sebastian ! » ordonna-t-il en se débattant de toutes ses forces.

- « Je ne crois pas, Monsieur. Bien que je vous ai rattrapé, je dois vous examiner pour être sûr que vous ne vous êtes pas blessé. »

- « Cela n'est pas nécessaire. Je t'ordonne de me laisser partir... ! » dit Ciel en révélant l'œil sur lequel on pouvait voir le symbole du contrat qui les liait tous les deux.

Ce geste obligea Sebastian à desserrer son étreinte afin que Ciel puisse se relever. Bien qu'il n'avait pas voulu lâcher son fardeau, il n'avait eu pas le choix car l'enfant avait utilisé un ordre direct. Il soupira et se releva lui aussi.

Il s'apprêtait à rajouter quelque chose mais Ciel sortait déjà de la pièce sans un regard derrière lui, laissant le majordome seul à ses pensées.


Quelques minutes plus tard, Sebastian se trouvait devant la chambre de son maître, décidé à mettre au clair les choses entre eux. Il frappa à la porte et attendit que le comte l'autorise à entrer, mais aucune réponse ne vint. Peut-être Ciel ne l'avait-il pas entendu ? Il frappa de nouveau mais cette fois, avec un peu plus de force. La seule réponse fut le silence.

Sebastian se prépara donc à entrer dans la chambre sans l'accord de son maître Il entrouvrit doucement la porte et perçut un bruit qu'il n'avait pas entendu quand la porte était encore fermée. Il s'introduisit alors dans la chambre, s'attendant à voir Ciel assis sur le lit, mais ce n'était pas le cas car la pièce semblait vide de présence humaine.

Sebastian écoutait les sanglots étouffés de son jeune maître. Il eut alors une drôle de sensation. Il se sentait soudainement triste, comme s'il était en empathie avec Ciel, qui était recroquevillé par terre, de l'autre côté du lit. Sebastian fit le tour du lit et s'approcha de l'enfant, mais la vision de son maître qui semblait pleurer toutes les larmes de son corps, le fit s'arrêter et porter sa main droite devant sa bouche.

Il ressentait toutes les émotions de Ciel, à ce moment même, et il se sentait déborder par ce flot de tristesse et de désespoir. Avait-il causé cela ? Était-ce de sa faute si Ciel semblait tellement angoissé ? Sebastian ne pouvait s'empêcher de penser que cela ne pouvait être que vrai car Ciel l'aimait, lui, un démon, et celui-ci était sans aucun doute désespéré de ne pas pouvoir recevoir de l'amour en retour.

Sebastian sentit la colère monter en lui. Ciel Phantomhive ne devait pas se comporter comme cela. Il devait être fort et écraser ses ennemis quelques qu'ils soient. Les pleurs et les larmes ne lui allaient pas du tout, mais pourtant, il était en train de pleurer, pleurer pour un amour qu'il ne pensait pas réciproque.

Sebastian ne supportait pas de voir Ciel pleurer, surtout sachant que cela était de sa faute. Il voulait le conforter et lui dire qu'il serait toujours à ses côtés quoi qu'il arrive. Il voulait tout faire pour que ces larmes s'arrêtent. Il voulait l'aimer mais en était-il capable ? Il n'avait jamais aimé auparavant mais, dans le cas de Ciel, il n'arrivait pas à se contrôler. Il voulait être plus qu'un majordome pour Ciel et rien que le fait de repenser à sa déclaration lui donna de l'espoir. Il y avait donc bien une solution à la tristesse de Ciel et au désarroi de Sebastian.

Sebastian s'agenouilla alors devant son maître et le prit dans ses bras. Il vit la tête de Ciel se relever pour le regarder. Celui-ci avait les yeux rouges à force d'avoir trop pleuré et il semblait surpris de voir Sebastian ainsi que de son geste.

« S-Sebastian ? » demanda-t-il entre deux sanglots.

- « Ne pleure plus, Ciel. Je suis là et je ne partirai pas... » répondit doucement le démon en essuyant quelques larmes sur le visage du comte qui avait écarquillé les yeux au son de son nom prononcé par l'homme qu'il aimait.

Ciel voulait rétorquer et crier sur Sebastian pour l'avoir dérangé mais il n'en trouva pas la force. Il se sentait tellement bien dans les bras de son majordome. Celui-ci dégageait une chaleur apaisante et Ciel sentit Sebastian resserrer son étreinte jusqu'à que sa tête se retrouve contre le torse du majordome.

Ils restèrent ainsi plusieurs minutes le temps que Ciel cesse de pleurer, mais quand Sebastian voulut s'écarter pour le laisser respirer, Ciel le retint en entourant ses bras autour de lui. Le démon fut surpris mais le laissa faire. Ciel se mit ensuite à parler faiblement, mais Sebastian l'entendit malgré tout.

- « Sebastian...Merci... »

- « Il n'y a pas besoin de me remercier. Je ne supporte pas de te voir pleurer... J'ai ressenti quelque chose que je pensais ne pouvoir jamais ressentir : de la tristesse. Et je dois avouer que c'est tout aussi douloureux que plaisant. »

- « Sebastian, tu ressens de la tristesse ? Mais comment cela est-il possible ? Tu es un démon et les démons... »

- « ...ne peuvent pas ressentir ce genre d'émotion humaine. » continua Sebastian puis il rajouta avec un sourire : « Il faut croire que je suis une exception à la règle et c'est grâce à toi, je pense, Ciel. »

Ciel regarda son majordome avec étonnement. Il semblait si honnête à ce moment-là que Ciel retrouva de l'espoir.

- « Cela veut-il dire que tu peux aussi aimer ? » demanda-t-il franchement tout en regardant Sebastian droit dans les yeux.

- « Sûrement, mais comme cela ne n'est jamais arrivé, je ne sais pas ce que l'on peut ressentir. Ciel, je ne sais pas ce qu'est l'amour. Mais j'avoue que j'aimerais bien savoir ce que cela fait. » répondit Sebastian.

Cette réponse suffit à Ciel pour reprendre confiance en lui. Tout n'était pas perdu après tout.

- « Moi-même je ne sais pas trop ce qu'est l'amour mais je suis sûr d'une chose, c'est que je t'aime ! Comment pourrais-je le décrire autrement ? Tout ce que je ressens quand tu es près de moi ou même quand je pense à toi... » Il s'arrêta brusquement de parler en se rendant compte qu'il en avait trop dit.

- « Ciel, je ne sais pas pourquoi mais je ne peux m'empêcher de t'être reconnaissant de me donner autant : ton âme, et surtout ton amour. Je ne le mérite sûrement pas, mais, ce qui est sûr, c'est que j'ai envie de t'aimer. »

- « Sebastian... »

- « Ciel, que dirais-tu que l'on découvre ensemble ce qu'est vraiment l'amour ? »

- « Tu veux dire que tu veux... ? »

- « Oui, et je suis sûr que, toi aussi, tu veux que notre relation évolue dans ce sens-là, non ? » affirma Sebastian en embrassant le front de Ciel.

Ciel hocha la tête lentement et rougit. Il n'arrivait toujours pas à croire les paroles de son majordome. Non, Sebastian n'était plus seulement son majordome, il était aussi son « amant », maintenant. Petit à petit, il ressentit un bonheur incommensurable au fond de lui et il ne put s'empêcher de sourire. Et, cette fois-ci, c'était un sourire véritable qui illuminait le visage de Ciel.

Sebastian s'étonna en voyant ce sourire qu'il n'avait jamais vu avant sur le visage de l'enfant, et il voulait que Ciel sourit encore comme cela dans le futur mais, cela, il allait s'en assurer.

Tout les deux restèrent longtemps dans les bras l'un de l'autre, ne voulant pas se lâcher par peur que tout cela fut un rêve.