Chapitre 4

Le lendemain, les filles avaient pu réfléchir. Elles n'en avaient pas parlé aux garçons décidant de garder pour le moment l'information. Elles voulaient attendre et observer ce qui aller se passer pendant quelque temps.

Léna reçu ce jour-là une nouvelle qui la chamboula. En effet, c'était une lettre de sa mère qui lui annonçait que la maladie de son frère s'aggravait de jour en jour et qu'il était hospitalisé. Elle lui disait aussi qu'elle lui enverra des nouvelles tout les jours et de ne pas s'inquiéter, que tout aller s'arranger.

Ses yeux la brûlait mais l'adolescente fit comme si de rien n'était. Chloé posa une question sur une leçon à laquelle Léna répondit pour penser à autre chose.

L'angoisse ne la quitta pas de la journée. Le ventre et la gorge noués, Léna inventa une excuse pour monter à la volière afin de répondre à sa mère. Elle fit donc une brève missive et envoya son hibou dans le ciel.

Sa mère et elle avait convenu d'un arrangement quant à leur correspondance. Une voisine sorcière prêtait son oiseau le temps que Léna était à Poudlard. Mais l'adolescente devait se servir de son hibou pour envoyer des lettres à sa mère. Celle-ci n'avait jamais voulu que sa fille lui achète un animal et surtout pas magique.

La jeune fille avait même pensé à l'utiliser pour parler à son père mais c'était risqué puisque l'oiseau pouvait se faire tuer et que les autres soldats n'étaient pas forcément au courant pour le monde de la sorcellerie.

Lorsque Léna se fut assuré que le hibou était loin, elle descendit les escaliers complètement envahi par ses pensées. Cependant, après quelques marches, son pied dérapa sur une marche et Léna dévala la moitié des escaliers.

Un peu sonnée, elle ne remarqua pas qu'une main était tendue pour lui venir en aide.

- « Est-ce que tu vas bien ? » Demanda un garçon.

La jeune fille surprise le détailla. Son visage lui disait quelque chose. Ses yeux bleus et ses cheveux ébène ne lui étaient pas inconnu. Mais où l'avait-elle aperçut ?

L'adolescente se reprit, s'excusa et accepta la main toujours tendu. Il lui sourit. En se relevant, Léna avait aperçut un insigne de préfet et les couleurs de sa maison. Apparemment il appartenait à la maison des Serpentard. En le regardant partir, elle se tapa le front et comprit enfin à qui elle avait eu honneur. C'était le préfet-en-chef. Elle l'avait vu avec son petit-ami, David, qui était lui-même préfet de Serpentard. Elles les avait déjà vus parler ensemble.

La maladie de son frère momentanément oubliée, elle se dirigea en compagnie du jeune homme en silence vers la Grande-Salle pour manger avec ses amies. Chloé et Liz l'attendaient. Elles avaient quelque chose de fort intéressant à lui dire.

En effet, Maddy avait fait une crise en plein milieu d'un couloir. Apparemment, elle était tombée d'un coup et s'était roulé au sol secouée de spasmes. Elle avait bien failli y passer. Ses yeux étaient devenus entièrement blancs. Lorsque sa crise fut terminée, elle avait craché du sang. Une nouvelle quelque peu glauque tout de même.

Les filles avaient décidés de lui rendre visite après le dîner qu'elles mangèrent rapidement pour avoir le temps d'aller à l'infirmerie. Lorsqu'elles arrivèrent, les rideaux étaient tirés autour de Madison. L'infirmière leurs accorda quelques minutes.

- « Madison ! Dit Chloé pour la réveiller.

- Hum ... répondit-elle la bouche pâteuse.

- Elle est sous calmant, déclara l'employée en uniforme blanc en s'en allant dans son bureau.

- On a appris ce qu'il s'est passé », lâcha Liz inquiète.

Voyant qu'elle ne répondait pas, les quatre filles se regardèrent. Puis Chloé s'avança et posa une main sur le front de Maddy ce qui eut pour effet de la réveiller. Elle cligna des yeux et regarda les adolescentes, en face d'elle, tour à tour.

- « On a appris ce qu'il s'est passé, répéta Liz.

- Oui, affirma Léna, tu vas mieux maintenant ? »

Madison tenta de se redresser mais en vain. Chloé releva ses oreillers pour l'aider.

- « Je crois, oui, murmura Maddy.

- Tiens ? Pourquoi as-tu un bandage autour du cou ? Demanda brusquement Carla.

- C'est le collier. Il m'a brûlé. L'infirmière a eu du mal à me l'enlever tellement il était collé, répondit-t-elle tout bas.

- Ah oui ? Eh bien ! Qui aurait-cru qu'il aurait pu faire ça ? S'étonna Léna en retenant une grimace de dégoût à cause de ce qu'elle venait d'entendre.

- […] a essayé ... voler.

- Qu'est-ce que tu dis ? Demanda Liz.

- Une fille a ... essayé de ... de me le voler »

Les filles se regardèrent étonnées.

- « Tu es sur ? Dit Chloé sur la défensive.

- Elle voulait ... le reprendre.

- Tu veux dire que c'est la propriétaire du collier qui est revenu le chercher ?

- En même temps, il fallait s'y attendre. Tu te pavanais avec ... marmonna Chloé ce qui lui valu un coup de coude.

- Il me semble, dit Madison puis après un instant de réflexion, elle ajouta : En fait ... j'en suis sûr.

- Mince ! Lâcha Carla.

- Il ne faut surtout pas qu'elle le récupère. C'est trop dangereux, murmura Maddy.

- Pourquoi ? Demandèrent les quatre filles en même temps.

- Il ne faut surtout pas, répéta-t-elle.

- Oui, ça, on avait compris ! Mais on voulait savoir pourquoi ! La brusqua Carla.

- Calme-toi, Carla. Ça ne sert à rien de s'énerver et puis tu vas alerter l'infirmière, tempéra Liz.

- Madison ? Ça va ? » S'inquiéta Léna.

L'adolescente était prise de convulsions. Chloé s'écarta pour laisser passer Léna qui s'approcha de Maddy. Celle-ci lui attrapa le bras et la tira vers elle de sorte que son oreille soit à la hauteur de sa bouche.

- « Magie noire ... une personne ... à l'intérieur ... » haleta-t-elle.

L'infirmière arriva à cet instant et Léna ne put en savoir plus. Le groupe des quatre filles fut alors mis dehors.

Elles restèrent dans un couloir et se mirent encore une fois à réfléchir. Carla se mit à faire les cent pas tandis que les autres se laissèrent tomber par terre.

- « Vas-y, répète encore une fois, Léna, demanda pour la énième fois, Chloé.

- Magie noire, une personne à l'intérieur, répondit-t-elle blasée.

- Une personne à l'intérieur du collier ? C'est impossible !

- Rien n'est impossible avec la magie, dit ironiquement Léna.

- Et si on demandait plus d'informations à Ayati ? Elles traînent tout le temps ensemble ! Demanda Carla.

- Oui, on pourrait lui poser la question sur ce qu'il s'est passé et si elle avait remarqué quelque chose d'anormal avec le collier. Et on pourrait aussi aller chercher à la bibliothèque des renseignements sur une personne à l'intérieur d'un objet, répondit Liz.

- Oh ! Toi et ta bibliothèque ! S'indigna Carla.

- Si c'est une bonne idée, défendit Léna. Tu ne crois pas, Chloé ?

- Oui, moi aussi je le pense » répondit la jeune fille qui n'avait pas dit un mot depuis un moment puisqu'elle réfléchissait sur un autre point qui lui semblait tout à fait essentiel.

Il y eu un instant de silence puis Chloé dit :

- « Maintenant je comprends mieux pourquoi je me suis emportée aussi facilement. J'étais sous l'influence du bijou. Et Maddy aussi.

- Oui, ce collier a une influence néfaste sur les gens. Il faut absolument qu'on résolve cette affaire.

- Tiens, tiens ! Mais voilà les petites enquêtrices en herbe ! S'exclama une voix.

- David ! Tu nous as fait peur ! s'écria Chloé.

- Désolé mais vous n'êtes pas sensé être ici à cette heure, mesdemoiselles. J'ai juste voulu me venger un peu.

- Et écouter notre conversation, oui ! Répondit Carla.

- Non, pas du tout. J'ai entendu vos voix mais je n'ai pas écouté une conversation de fille. Cela ne m'intéresse pas, sourit-il.

- À d'autres !

- Je ne mens pas.

- Dis, tu ne saurais pas quelque chose sur un objet dans lequel il y a ... commença Carla, passant du coq à l'âne.

- Carla ! S'indignèrent les autres filles.

Léna se leva et se mit à côté de David.

- « Oh ! Vous, vous me cachez quelque chose ! Je me trompe Léna ? »

Celle-ci le serra dans ses bras et l'embrassa langoureusement. Le jeune homme la regarda avec insistance pour lui faire cracher le morceau.

- « Tu me cache quelque chose ? Demanda-t-il plus sérieux.

- Je te le dirais peut être plus tard, répondit-elle avant de l'embrasser encore une fois.

- Oh ! J'y crois pas ! Léna soudoie un préfet ! Liz, il faut que tu le signales à la direction ! S'écria Carla morte de rire.

- Carla, ce n'est pas drôle. Et arrête de crier, tu vas faire ameuter tout le château, la rabroua Chloé. Allez viens, Léna. Ton amoureux va survivre sans toi » lui sourit-elle.

Carla, Léna et Chloé partirent vers leur salle commune respective laissant Liz et David faire leur travail de préfet, c'est-à-dire, leurs rondes.

๑๑๑

Le lendemain, le groupe des quatre filles retournèrent à l'infirmerie mais se virent refuser l'entrer. Madison était trop faible et ne pouvait plus recevoir de visites pour qu'elle se repose. Dans l'après-midi, elle devait être transférée à l'hôpital Saint-Mangouste pour une durée indéterminée.

Les filles étaient inquiètes. Le collier avait vraiment fait beaucoup de dégâts. Tellement qu'il avait fait hospitaliser une jeune fille.

Liz, Carla, Léna et Chloé étaient revenu dans la Grand-Salle. Carla et Léna partirent vers la table des Serpentard pendant que les deux autres rejoignaient la table des Serdaigle. Léna s'assit à côté de son petit ami qui lui adressa un immense sourire.

- « T'as l'air complètement débile, rit Carla.

- Toi, on t'a rien demandé, répondit David faussement en colère.

- Tu as quoi comme cours ce matin ? Demanda Léna.

- Potions et Histoire de la Magie.

- D'accord, sourit Léna sans savoir trop quoi répondre.

- Tu n'as pas l'air bien. Est-ce que ça va ?

- Oui oui, ne t'inquiète pas » répondit-elle en se levant pour rejoindre sa table.

Chose qu'elle n'aurait pas du faire. Son hibou l'attendait avec une lettre dans le bec. Une lettre de sa mère. Son frère avait du être transféré de l'hôpital de la ville vers un hôpital spécialisé loin de chez eux. Les médecins ne savaient toujours pas ce qu'il avait et comme son état s'aggravait, il était préférable de le confier à des spécialistes en pathologie respiratoire. En effet, le garçon ne vomissait plus mais avait une toux grasse qui lui faisait cracher du sang. Il pouvait s'agir de la tuberculose aggravée ou bien quelque chose d'autre. Cependant, aucun examen médical n'a détecté le moindre signe pouvant prouver la présence de la tuberculose.

Les larmes lui montèrent aux yeux. Sa respiration s'accéléra. Il fallait qu'elle se calme.

- « Léna ? Est-ce que ça va ? »

La jeune fille se leva brusquement ce qui fit sursauter les autres. Les yeux rivés au sol, elle sortit à pas précipités. Ses pas la menèrent dans un couloir du deuxième étage. Il n'y avait personne alors elle se laissa glisser contre le mur pour s'asseoir et mettre sa tête sur ses genoux.

La jeune fille put enfin pleurer à chaudes larmes, se laisser aller. Elle put penser librement à tous ses problèmes pour ensuite mieux les appréhender.

Quelques instants plus tard, elle entendit des pas. Des élèves passaient sans se préoccuper d'elle. Cependant, l'adolescente se leva et décida de sortir du château pour s'isoler. À peine fit-elle deux pas que sa tête rencontra l'épaule de quelqu'un. Ses yeux mirent du temps à reconnaître qui se tenait devant elle puisqu'un rideau de larmes lui brouillait la vue.

Le garçon lui toucha la joue. Puis Léna se jeta sur lui en déversant toute sa peine et ses angoisses. Son petit ami ne posa pas de questions et lui caressa la tête en la serrant contre lui. Ils restèrent comme ça pendant un moment jusqu'à ce que la cloche sonne. Le couple se sépara pour aller à leur cours respectif.

Léna essuya ses larmes rapidement, enfin les sillons qu'elles avaient creusé. Ses yeux avaient un peu dégonflé et avaient retrouvé leur couleur normale. Elle se força à retrouver son sourire et son visage habituel. Ses amies lui lancèrent un regard interrogatif mais ne posèrent pas non plus de questions.

À la fin de la journée, la jeune fille évita son petit ami en se dépêchant de rejoindre sa salle commune après le repas. Ses amies eurent du mal à la suivre mais elles arrêtèrent de leur course complètement essoufflées. Léna, non contente de les avoir semées, monta dans le dortoir et prévint les autres filles étonnées qu'elle allait prendre une douche. Sa deuxième douche de la journée.

Lorsqu'elle sortit de la salle-de-bain, la jeune fille se rendit compte que Chloé et Liz n'étaient toujours pas revenues. Léna s'assit sur son lit et fit ses devoirs. Elle rangea ses affaires puis prépara son sac pour le lendemain, tout en lançant de furtifs regards vers les lits vides de ses amies. Inquiète, l'adolescente demanda aux autres filles la raison de leur absence mais elles n'en savaient pas plus. Si Léna n'avait pas déjà enfilé son pyjama, elle n'aurait pas hésité à descendre dans la salle commune. Cependant, elle décida d'attendre un peu avant de s'affoler pour rien. Après tout que pouvait-il leur arriver ? Surtout à Poudlard ?

Léna s'installa dans son lit et prit un livre pour se détendre. Vingt minutes plus tard, les filles n'étaient toujours pas revenues. D'habitude, Léna, Chloé et Liz, après avoir mangé, montaient directement dans le dortoir. C'est ainsi que l'adolescente enfila un gilet par dessus son pyjama et alla dans la salle commune. Elle passa en revue les autres élèves qui la regardaient bizarrement. Aucune trace de ses amies alors que le couvre-feu venait de passer.

L'adolescente sortit en trombe de la pièce sous les protestations d'un élève. Soit disant, elle allait leur faire perdre des points pour la coupe des maisons. Léna s'en fichait royalement. Mais elle se retrouva devant ses amies qui allaient répondre à l'énigme pour entrer. Elles lui expliquèrent qu'elles avaient parlé à l'infirmière pour avoir des nouvelles de Madison. Cependant, elle ne savait rien.

Une heure plus tard, Léna était à l'infirmerie. À pas léger, elle s'introduisit dans le bureau de l'employée alors que celle-ci était dans la petite pièce à côté qui lui servait de chambre. (Invention de ma part, en fait je n'en sais rien du tout) La jeune fille jeta un sort d'insonorisation dans le bureau seulement au cas où elle ferait tomber quelque chose. Elle fouilla dans tous les tiroirs et trouva enfin son butin au bout du septième. L'adolescente leva le sort et sortit le plus vite qu'elle put sans faire de bruit. Les couloirs étaient déserts. La porte de l'infirmerie fermée, elle se mit à courir comme une dératée les pieds nus sur le sol de pierre froide. Grossière erreur puisqu'elle croisa Peeves, l'esprit frappeur. Léna dut s'arrêter net et lui proposer un deal pour qu'il se taise. Cependant, ce n'était pas son jour, puisque comme il était de 'bonne humeur', il refusa net. Il voulait s'amuser un peu. Alors l'esprit laissa tomber ce qu'il avait dans les mains, c'est-à-dire, deux casseroles qu'il avait volé de la cuisine.

Léna s'était figée, attendant la suite avec appréhension. Soudain, elle pensa à ce qu'elle avait dans les mains. La jeune fille le cacha discrètement mais Peeves le vit et se mit brusquement à crier : « Un élève, hors de son lit, a volé un collier ! ». À ce moment-là, un homme arriva en courant. Apollon Picott était le concierge de l'école. Il était connu pour ses punitions sévères. Le sang de Léna ne fit qu'un tour. Jamais elle ne s'était fait surprendre par lui pour une de ses bêtises. À chaque fois, c'était un préfet ou un professeur qui la prenait sur le fait.

L'homme, à qui son prénom n'allait pas du tout avec son physique, la prit par le bras. Il la traîna jusqu'à une porte en bois quelques pas plus loin. La salle des préfets. Il frappa. La porte s'ouvrit sur un élève que Léna reconnut que trop bien. Son petit ami lui faisait face. Tous les regards étaient tournés vers les deux intrus qui venaient d'entrer. La jeune fille avait honte.

Le concierge s'avança encore et se posta avec l'adolescente devant deux élèves qu'elle reconnut comme les préfets-en-chef.

- « J'ai pris cette élève sur le fait. Elle traînait dans les couloirs et faisait du boucan avec Peeves » déclara-t-il.

La jeune fille avait envie de protester. C'était faux. Elle serra le bijou dans sa main en espérant qu'il ne l'avait pas vu. Il allait l'enfoncer encore plus.

- « Je ne faisait pas du boucan avec Peeves.

- Menteuse en plus d'être voleuse ! Eh bien ! S'exclama l'homme.

- Comment ça ? Demanda David.

- Elle se promenait avec ceci alors qu'il était censé être confisqué à l'infirmerie » ajouta-t-il en arrachant le collier des mains à la jeune fille.