Bonjour tout le monde
Les enfants m'ont levée tôt ce matin, alors je me suis dit que j'allais publier le chapitre de la journée.
Je vous jure que ce texte a une vie propre, il refuse de faire ce que je lui demande. Enfin je devrais avoir l'habitude, Steve et Bucky n'en font qu'à leur tête, comme toujours.
Un grand merci à Emilie, Nagron et Julindy (j'espère que ce chapitre va apaiser tes craintes) pour leurs reviews.
Bonne lecture
Cette fois, ce ne fut pas un cauchemar qui le réveilla mais des coups sur la porte de sa chambre. Ce ne fut que lorsque sa main atteignit les draps froids de l'autre côté du lit qu'il se rappela que Bucky ne s'était pas couché avec lui. Qu'il ne se coucherait plus jamais avec lui. Il ne voulait pas penser à ça, ne le pouvait pas, alors il ravala la boule qui envahissait sa gorge.
Un rapide coup d'oeil au réveil posé sur la commode lui apprit qu'il était à peine plus de deux heures du matin, il avait dormi trois bonnes heures. C'était peu, mais il pouvait fonctionner avec moins.
Quiconque était venu le réveiller jugea qu'il avait assez patienté et les coups reprirent contre sa porte. Steve se leva en grognant, le manque de sommeil allait bientôt le rattraper mais il avait encore quelques réserves.
Il s'approcha de la porte et fut surpris d'y trouver Clint, tout habillé et armé. Ce dernier l'observa des pieds à la tête, puis leva un sourcil :
"Tu as une gueule de déterré. On devrait peut-être te laisser dormir. On arrivera à gérer sans toi"."
Cela piqua sa curiosité et il se redressa :
"Non, ca va aller. Qu'est ce qui se passe ?"
"HYDRA, ou ce qu'il en reste, n'aura pas mis longtemps à agir. Un coup d'état est en cours au Brésil. Nous sommes attendu sur place par un contact de Nat, c'est lui qui nous a appelé pour nous demander de l'aide."
"Qui en est ? "
"Toi, Nat, Thor et moi-même. Stark et Banner sont enfermés dans un labo depuis hier soir, ils font des recherches sur les pierres de l'âme et sur le moyen de trouver Thanos."
"Laisse moi dix minutes, je vous rejoins."
Clint sembla hésiter et il se balança d'un pied sur l'autre.
"On peut faire sans toi, tu devrais te reposer. Nat m'a dit ce qui s'est passé. Tu devrais prendre un peu de temps pour toi pendant que tu le peux."
Sauf qu'il ne voulait pas prendre de temps pour lui. Il sentait ses émotions prêtes à le submerger à l'instant même où il s'octroyait une seule seconde d'inactivité, une seule seconde pour y penser. Il ne pouvait pas craquer, le monde avait besoin de lui. Il. ne. pouvait. pas. craquer.
Il savait exactement ce qui l'attendait s'il laissait ses sentiments prendre le pas, il était déjà passé par là. Il était capable de tout supporter, de tout surmonter, la guerre, l'échec, la douleur, être un fugitif, mais il ne pouvait pas vivre sans Bucky. S'il s'arrêtait, il ne repartirait plus.
Il répondit donc à Clint de sa voix la plus assurée :
"Tout va bien. Dix minutes et je suis à vous."
Il referma la porte sans laisser le temps à l'archer de répondre.
Il passa très rapidement dans la salle de bain, se lava et enfila son costume. Il s'approcha de sa table de chevet où il posait ses effets personnels et attrapa sa montre. Il l'attacha à son poignet et la glissa avec prudence sous son gant de cuir. C'était un cadeau de Bucky, il ne voulait pas l'abîmer.
Sa main se serra compulsivement contre l'objet, et brusquement, il n'y arriva plus. Un violent sanglot sortit de sa gorge et ses yeux se remplirent de larmes. Steve avait trouvé la montre chez un marchand lors d'une de leur rare permission à Londres. Elle coûtait une petite fortune et il s'était éloigné à contre-coeur. Mais Bucky l'avait remarqué et il était ressorti l'acheter plus tard dans la journée. Il lui avait offert le soir même, pendant qu'ils fumaient sur le balcon de leur hôtel. Le reste des commandos hurlants faisait la fête dans la série de pièces qui leur servaient de quartiers pendant ces quelques jours. Steve l'avait remercié d'un baiser passionné, prenant garde à rester caché dans les ombres formées par le mur derrière eux et l'auvent au dessus des fenêtres.
Quelques jours après, ils retournaient sur le continent. Ils se rendirent dans les Alpes et Steve y perdit Bucky pour la première fois.
La paume posée contre le verre froid de la montre, Steve laissa les larmes couler. Il l'avait perdu tant de fois, il ne pouvait plus le supporter.
Le souffle court il se laissa tomber sur le sol, le dos contre son lit. Comment allait-il faire ? Pourquoi est ce que ce n'était pas lui qui était parti ? Bucky était tellement plus fort que lui, il aurait tenu. Il aurait ravalé sa peine et sa souffrance et il aurait tenu. Mais lui n'avait jamais été fort que lorsque Bucky était à ses côtés, quand il pouvait voir la fierté et l'amour dans les yeux de son petit ami. Sans ça, il n'était plus rien. Une coquille vide. Il ne pouvait pas continuer. Il ne voulait pas continuer.
Il haletait. Il plaça sa tête entre ses genoux relevés et tenta de calmer ses sanglots. Il n'entendit pas la porte de sa chambre s'ouvrir et sursauta quand Thor s'assit à quelques centimètres de lui, le touchant presque.
Il hoqueta plusieurs fois, incapable de former un mot ou même de calmer sa respiration. Thor, malgré son exubérance naturelle et sa présence tonitruante, savait se faire discret. Il apportait le plus solide des soutiens juste en restant silencieusement à vos côtés, un roc inamovible dans n'importe quelle tempête.
Quand la respiration de Steve fut enfin sous contrôle, l'asgardien parla d'une voix douce qui contrastait avec son ton habituel :
"J'ai perdu ma mère. Puis mon père. Ma terre, mon peuple et enfin mon frère, mais les dieux m'ont épargné la douleur de perdre ma Jane. Elle est en train de travailler, quelque part sur cette planète. Je sais que je suis bien loin de la peine qui est la tienne, mon ami, et je m'en veux de te demander cela en cette période, mais m'aideras tu à protéger le monde de ma Jane ?"
Personne n'ignorait que la jeune scientifique avait rompu leur relation avant même que les Avengers n'explosent. Et pourtant Thor continuait à l'aimer et à vouloir la protéger. Steve pouvait comprendre ça. Bucky l'avait quitté quand il était parti en Europe - cet idiot lui avait dit qu'il voulait le libérer de toute promesse au cas où il ne reviendrait pas - et ça ne l'avait pas empêché d'accourir à son secours lorsqu'il avait appris qu'il était retenu à Azzano.
Steve releva la tête et essuya ses yeux et ses joues sur son avant-bras. S'il ne pouvait pas continuer pour lui, s'il n'avait plus rien, ce n'était pas le cas de tout le monde. Il tourna le regard vers Thor et attendit que ce dernier fasse de même avant de parler :
"Je peux faire ça pour un ami."
La tape de Thor sur son épaule le fit grimacer, même pour lui, la force du dieu était écrasante.
"Je suis heureux de l'entendre. Je vais prévenir nos compagnons que tu as besoin de dix minutes de plus."
Thor se releva et quitta la pièce sans un mot, refermant la porte doucement derrière lui. Steve laissa sa tête tomber en arrière, sur le matelas et observa le plafond quelques instants. Il ne pouvait pas continuer. Ni pour lui, ni pour le monde, ces inconnus pour lesquels il avait déjà tant donné. Mais il pouvait le faire pour ses amis, afin qu'ils n'aient jamais à vivre ce qu'il traversait.
Il se leva, passa un peu d'eau fraîche sur son visage et se dirigea vers l'helipad. Tout le monde était déjà installé dans le Quinjet et il laissa ses mèches les plus longues obscurcir son visage. Son coeur battait la chamade, sa poitrine était compressée par un étau et sa gorge se serrait, l'empêchant de respirer. Mais il allait tenir. Il ferma les yeux et se plongea dans ses souvenirs.
Quand il descendit de l'appareil, il vit Bucky se tenir devant un mur blanchi par le soleil. Il semblait en pleine conversation avec quelqu'un que Steve ne voyait pas. Natasaha lui parla en le contournant et quand il releva les yeux vers l'endroit où son petit ami se tenait quelques instants plus tôt, il avait disparu. Sa fatigue et des restes de souvenirs avaient dû provoquer cette vision et il secoua la tête. Il rejoignit le contact de Nat qui les attendaient dans un vieil entrepôt pas très loin. Ils avaient un coup d'état à empêcher.
Ce matin là, il émergea à New York, les bras autour de Steve. Ce dernier était déjà réveillé et était en train de déposer des baisers dans le creux de son cou, son épaule et le long de sa clavicule.
Malgré la chaleur étouffante, ils étaient collés l'un à l'autre dans leur minuscule lit et la sueur recouvrait déjà en grande partie leur peau nue. Cette journée allait être insoutenable. Il décolla sa main de sa position sur la hanche de son petit ami et la laissa glisser le long de son dos. Arrivé à sa nuque, il l'attira vers lui et déposa un rapide baiser sur ses lèvres.
Steve grogna immédiatement et l'enjamba. Il s'assit sur ses hanches avant de se pencher vers lui et de l'embrasser avec passion. Il était déjà totalement dur et il ne lui fallut que quelques roulements de bassin pour que Bucky soit dans le même état.
Très rapidement, la sueur recouvrit chaque endroit où ils étaient en contact, facilitant le glissement de leurs deux érections l'une contre l'autre. Leurs mouvements prirent de l'ampleur et leur respiration s'accélérera. Bucky se retint d'agripper trop fort les hanches fines de son petit ami. Il pouvait pratiquement faire le tour de sa taille et joindre ses doigts. Le métal de sa main contrastait sur sa peau blanche et il fixa se point quelques instants : elle ne ressortait pas autant d'habitude.
Steve releva la tête juste assez pour murmurer contre sa bouche :
"Buck … je ne suis pas en sucre. Tu sais que je déteste ça quand tu fais trop attention."
Il le savait. Son petit ami était solide, bien plus que lui. Pourtant ses os étaient si fragiles, il aurait suffit à Bucky de presser un peu trop fort pour les briser. Il devait se maîtriser, l'avait toujours fait, mais l'époque où il s'abandonnait totalement à sa passion lui manquait. Il aimait pouvoir agripper son amant, laisser des marques sur sa peau qui auraient disparues le lendemain matin.
Steve se redressa complètement et prit appui de ses deux mains sur la poitrine du brun. Il utilisa sa nouvelle position pour accélérer et approfondir ses mouvements. Bucky l'aida du mieux qu'il put, guidant les ondulations de son bassin à l'aide de ses mains autour de ses hanches.
Rapidement, bien trop rapidement, au point qu'il crut avoir dix-huit ans à nouveau, le frottement du sexe du blond contre le sien le fit jouir. Seul les réflexes de son petit ami permirent d'étouffer le cri rauque qui s'échappa de sa gorge et Steve jeta un œil inquiet à leur fenêtre ouverte. Il suffisait à leur voisine d'en face de se pencher à son balcon pour avoir une vue dégagée sur leur chambre. Bucky avait oublié ce qu'ils risquaient s'ils se faisaient prendre dans cette position.
La main de Steve quitta sa bouche pour agripper sa propre érection et il jouit à son tour, avant même que le brun ne soit capable de bouger. Il s'écroula ensuite sur lui, le souffle court et le corps couvert de sueur. Bucky l'entoura de ses bras et déposa un baiser sur ses cheveux, déjà aux bords de l'endormissement.
Un pincement sur ses côtes le fit sursauter :
"Aie. A quoi tu joues Stevie, je m'endormais."
"C'est bien le problème, tu es censé bosser dans quarante minutes chez le vieux Tobbias."
"Ho merde. "
Le rire de Steve l'accompagna pendant qu'il passait un linge humide sur son ventre, s'habillait, puis sortait de leur appartement, un toast à moitié mangé dans la main.
ooOoo
T'Challa l'attendait devant la boutique du vieux Tobbias. Il avait les bras croisés sur la poitrine et le visage fermé. Bucky soupira en s'arrêtant devant lui - sa journée avait si bien commencé, il aurait voulu en profiter encore un peu avant que la réalité ne le rattrape :
"Les nouvelles ne sont pas bonnes ?"
"Rien de plus par rapport à hier. Je suis incapable de savoir ce qui est un souvenir, une hallucination ou la réalité. En toute logique, je ne devrais pas être là, je n'étais pas né à cette époque. Mais pourtant, tout parait si réel."
La tentation était grande de laisser le monarque ici, d'enchaîner ses deux boulots, puis de rentrer auprès de son petit ami. Mais il ne pourrait jamais rejoindre Steve s'il restait ici. Sans un mot supplémentaire, il emboîta le pas de T'Challa et retrouva Sam au centre de la salle du trône.
Ils restèrent dans l'immense pièce tout le reste de la journée, testant les limites de leur réalité.
Ils virent plusieurs de leurs amis et famille, des souvenir, des gens comme eux et Bucky aperçu une fois Steve du coin de l'oeil alors qu'il était en train de discuter avec Sam et T'Challa de leurs futures tentatives. Ils ne découvrirent rien de concret et Bucky alla se coucher frustré d'être séparé de son petit ami.
