Merci à Guest pour la correction du titre. Sans il/elle, il aurait été faux et moche jusqu'à la fin de l'histoire. x)


— Debout, morveux !

Tu grommelles à l'entente de ce surnom que ton paternel traîne depuis que tu es capable de grogner ta mauvaise humeur. Soit, très tôt. D'autant plus qu'il sait pertinemment que tu détestes qu'il t'appelle ainsi, mais y prend tout de même plaisir le faire, mettant tes grimaces sur le compte de la crise d'adolescence. Tu as largement dépassé la vingtaine d'année, mais ce n'est pas bien grave. Tu sais ton géniteur être un parfait incapable en dehors de tout ce qui ne touche pas aux véhicules en tout genre. C'est censé être une véritable passion dans la famille Solo, mais tu lèves plus les yeux au ciel et enchaîne ton travail par dépit que par envie. Te rappelant finalement que vous êtes mercredi, tu décides de prendre tout ton temps afin d'emmerder le plus possible ton père. Tu t'autorises à t'étudier dans la glace, hésitant à te laisser pousser la moustache ainsi qu'un genre de bouc. Ouais. Cela pourrait te rendre pas mal et, qui sait, paraître plus attrayant aux de Hux. Satisfait de cette décision, tu reposes finalement ta rasoir pour finalement aller enfiler ta "tenue de combat". Cet habit qui garde des traces de cambouis même après être passé plusieurs fois au lavage. C'est également sans entrain que tu prends ton petit-déjeuner, seul dans cette pièce beaucoup trop silencieuse.

Demeure qui n'a absolument plus rien de familiale.

Il y avait des rires, autrefois, dans cette simple maison de bourgade. Mais le temps est passé et tous les bons souvenirs ne sont plus que des ombres planantes. Nostalgie et mélancolie. On les regrette comme on les déteste. Si seulement tu gagnais plus d'argent ; tu serais parti d'ici depuis belle lurette pour ne jamais y revenir. Tu es fils unique et, pourtant, tu ne t'es jamais senti bien dans cette famille. Père aimant trop son travail, préférant toucher à la mécanique avec son meilleur ami plutôt que de rester avec sa femme. Épouse avec quelques ambitions et ayant un poste important. Si le couple se voyait tous les soirs dans le temps, tout s'est considérablement espacé. A l'heure actuelle, cela fait maintenant six mois que ta mère n'est pas revenu de son lieu de travail, dormant sûrement à l'hôtel. Tu ne sais ce qu'il s'est passé entre eux pour que tout se dégrade ainsi. On n'a jamais voulu te répondre. Du coup, tu ne prends plus la peine de poser de question, préférant les laisser s'embourber. Tu ne t'es jamais réellement entendu avec eux de toute façon.

Finalement, tu finis par sortir à l'extérieur rejoigne le garagiste fulminant contre une pièce récalcitrante qu'il peine à installer. A peine t'entend-il arriver qu'il te balance l'objet, t'obligeant à l'attraper au vol et s'en va grogner son malheur à son meilleur ami, Joey. Que tout le monde appelle Chewie juste pour l'emmerder à cause de son style total bûcheron. Tu te penches sur le moteur du quatre roues et comprend immédiatement le problème. Avec des gestes précautionneux et concentrés que ton géniteur n'a plus depuis des années, tu parviens à régler le problème et tourne la clé du quatre roue. Ce dernier ronronne, preuve ultime que tu as réussi là où les deux autres hommes ont visiblement échoué. On te félicite, clamant que tu feras des merveilles lorsque sera le temps venu pour toi reprendre boutique.

— 'Manque plus que la femme et les gosses, clame Joey en levant une bière dont tu n'auras évidemment pas droit.

Tu ne t'occupes pas d'eux, préférant gagner le salaire misérable que te gratifie Han. Et encore, il a fallut que tu uses longtemps de tes vocalises pour qu'il accepte de ne pas te faire bosser gratuitement. Tu gagnes donc moins qu'un smicard mais, selon lui, tu dois tout de même t'estimer heureux. Tu gagnes de quoi écumer les bars et les filles de joie. Comme si c'était deux choses qui t'intéressaient. Tu pousses un juron, te retrouvant face à un casse-tête. L'engin est vieux, abîmé et très mal entretenu. Poussiéreux, par dessus le marché. Tu t'échines donc à réparer ce vieux taudis tandis que les deux plus âgés discutent de tout et de rien, se rappelant le bon vieux temps. Vraiment. Tu détestes cet endroit. Même le café dans lequel tu travailles est bien plus agréable. Il t'a permis de faire de belle rencontre comme Phasma et, surtout, Hux. Hux que tu espères revoir demain et peut-être pouvoir aller lui parler. Après tout, ses jours où il vient à ton lieu de travail n'a jamais changé depuis que tu l'as remarqué. Lundi, mardi, jeudi, vendredi.

— Bonjour, messieurs.

Tu ne relèves pas le nez de ton moteur, estimant que les deux vieux ne sont pas incapables d'ignorer un éventuel client. Mais un toussotement forcé te fait comprendre que tu va devoir t'occuper de lui. Un coup d'oeil et tu découvres que ton père et ton oncle sont aux abonnés absents. Les enfoirés ! Ils sont partis se barrés dans la maison, sûrement pour regarder un putain match de foot ou de catch. Tu retiens in extremis ton soupir et ton juron pour te relever totalement et te tourner vers l'homme qui semble s'impatienter. Ton visage ne marque pas la surprise, mais tu ne sais comment prendre la venue de cet individu, celui qui s'est attablé avec le traducteur, l'hypnotisant presque de ses paroles. Il est habillé simplement, les cheveux noirs, bouclé et quelque peu en bataille. Un effet coiffé décoiffé parfaitement maîtrisé. L'inconnu fait une tête de moins que toi, mais cela ne l'empêche pas de garder son regard pétillant, empli d'une bonne humeur semblant être à toute épreuve. Tu t'essuies donc les mains sur ton chiffon de travail et t'approches de lui, nonobstant les phrases de bienvenus totalement délibérément. Tu ne voulais pas le voir. Voir le visage agréable de ce sale type qui t'a volé l'attention de Hux.

— Vous êtes bien monsieur Solo senior ?

— Je suis monsieur Solo junior. Le senior n'est visiblement pas parvenu à quitter son fauteuil et sa bière, répliques-tu avec humeur.

L'homme rit en face de toi et tu ne sais pas si cela te détend ou si cela t'agace un peu plus. Tu préfères choisir la seconde option.

Juste pour le principe.

— Je suis Poe Dameron, monsieur Solo Senior m'a contacté pour me prévenir que ma voiture avait été réparée et que je pouvais immédiatement venir la récupérer. Vous êtes vraiment efficace, rajoute-t-il avec un grand sourire. Il m'avait prévenu que les réparations pouvaient prendre une semaine.

— Et combien de temps avez-vous patientez ? demandes-tu malgré toi.

— Une journée. Je l'ai déposé dans votre garage hier en fin de matinée.

Tu opines du chef et tu lui proposes de faire le tour de son véhicule afin qu'il s'assure que rien n'a été abîmé entre temps, mais il préfère te faire entièrement confiance et s'en aller le plus rapidement possible. Que tu ne le prennes pas mal, mais il préfère profiter du beau temps pour emmener sa moitié en balade. Il ne te cache pas que cela fait longtemps qu'ils n'ont pas passé une journée ensemble et qu'il veut tout faire pour que leur couple ne batte pas de l'aile. Tu ne dis rien, refuses de comprendre, annonces le montant et affirme que tu acceptes chèque et carte bleue. Une fois le paiement effectué, tu lui rends ses clés de voiture et attend avec impatience qu'il se tire d'ici. Tu ne veux plus jamais le revoir. Cependant, il te lance une phrase à laquelle tu ne t'y attendais pas du tout. Cela n'a aucun sens, mais cela restera dans ton crâne toute la journée sans que tu puisses t'en débarrasser.

— Au fait, son prénom est Armitage.

Le départ se fait avec un clin d'oeil et un sourire coquin.