Titre : Property of The Half-Blood Prince

Chapitre 4 : Frustrations

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Auteure : Thesewarmstars

Traductrice : Forêt Interdite

Rating : M

Résumé : Traduction d'une fiction de Thesewarmstars. Au cours de sa sixième année, Harry devient très attaché au mystérieux ancien propriétaire de son livre de potions, mais que va-t-il se passer lorsqu'il découvrira qui il est réellement ? SS/HP, spoilers Tome 6.

Déclaration solennelle : Je ne touche pas d'argent sur cette histoire. L'univers de Harry Potter appartient à J. K. Rowling.

Avertissement: Slash SS/HP, mentions de viol et de torture.

Note de l'auteure : Un grand nombre d'événements du tome six ont toujours lieu, même si certains ont été modifiés, et j'ai un peu joué avec les chronologies pour les adapter à mes besoins.

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Property of The Half-Blood Prince

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Chapitre 4 – Frustrations

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1er octobre 1996 : Harry

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Rogue s'empêcha de grogner quand Malefoy claqua la porte derrière lui. L'entière discussion avait été un désastre absolu. Il se pinça l'arête du nez entre le pouce et l'index et, lentement, expira, réprimant l'envie de réduire son bureau en pièces.

Pourquoi le sale gamin arrogant ne pourrait-il pas l'écouter pour une fois ? Ou bien, au moins lui parler. Voilà que lui, Rogue, était lié par un Serment Inviolable (1) à aider le garçon sous peine de mort, et le misérable roquet refusait de révéler même une vague idée de son plan visant à réaliser sa mission. Après l'incident de Pré-au-Lard avec le projet mal conçu du collier, les assurances de Malefoy qu'il avait la situation bien en main ne faisaient rien pour rassurer Rogue.

Il avait été chargé de découvrir la mission du garçon, de « l'aider » suffisamment dans sa tâche pour que le Serment n'essaye pas de le tuer, et finalement de la contrecarrer. À ce point, il ne pouvait pas dire qu'il était tout à fait mécontent de rester dans l'obscurité. Après tout, une fois qu'il aurait dévié Malefoy de sa tâche…

Non, il n'allait pas y penser. Réfléchir à cela ne changerait rien, et il tremblait déjà d'avoir suivi cette ligne de pensée.

Au lieu de cela, il se força à se concentrer sur d'autres choses, comme la colère qui bouillait à la surface. Colère dirigée contre le directeur pour exiger de telles choses de lui, colère contre le Seigneur des Ténèbres pour le fait qu'il existe et contre ses Mangemorts pour avoir succombé si joyeusement à ses sirènes, mais surtout colère contre lui-même.

Il claqua son poing sur la table. Il détestait ça ! Il détestait se sentir si impuissant. Il détestait Lucius Malefoy pour n'avoir jamais vraiment donné à son fils la chance de bien tourner. Il haïssait le fait qu'Albus place une si grande confiance en lui, confiance différente de tout ce qu'il lui avait jamais été donné de recevoir, allant bien au-delà de ce qu'il méritait. Il haïssait la haute pile d'essais posée sur son bureau, attendant d'être corrigés. Il détestait cette pièce, avec son bureau sombre et rayé, et ses coins d'ombre, et le défilé constant d'élèves morveux à sa porte, réclamant son attention. Par l'enfer, en ce moment, il détestait tout.

Il avait besoin de sortir, désespérément, ne serait-ce que pour quelques heures. Peut-être ce week-end.

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5 octobre 1996 : Harry

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Il était samedi avant que Harry ait eu une chance de satisfaire sa curiosité. Il attendait son heure, pas tout à fait patiemment, et enfin, vers huit heures samedi soir, Hermione demanda à Ron de la rejoindre pour une quelconque étude dans la bibliothèque. Elle ne chercha même pas à demander à Harry de venir.

Étude. Bibliothèque. Hou ! Hou !

Pendant ce temps, il avait été occupé avec les marges de son manuel de potions, essayant de comprendre la signification d'une phrase qu'il n'arrivait pas à déchiffrer. L'annotation disait « Même si je sais que je me suis moi-même placé dans cette situation, je ne sais pas ce qui m'a été fait – Sahashii sissah shiissii ? » À côté de la phrase, qui avait été écrite avec des tremblements peu caractéristiques, ce que Harry espérait trouver n'était vraiment pas quelques gouttes de sang du Prince. Mais il savait ce que c'était, et l'idée que quelqu'un fasse quelque chose pour blesser son Prince lui fit son estomac se soulever.

Ainsi, même si il avait été invité, Harry se serait probablement fait excusé de toute façon. Il sauta sur l'occasion qui se présentait.

Dès qu'ils furent partis, il saisit sa cape d'invisibilité et s'enfuit vers le portrait du serpent, suivant les instructions qu'il s'était récité constamment les jours derniers.

« Salut, Roscoff ! » appela-t-il quand il arriva, le souffle encore court dû à sa marche précipitée.

« Bonjour, jeune Harry ! » répondit le portrait.

Harry se sentit soudain nerveux. Le serpent avait dit que tout ce qu'il avait à faire était de demander à passer l'entrée et que cela lui serait accordé, mais est-ce que ça pouvait être vraiment aussi facile ? Cela valait au moins la peine d'essayer, pensa-t-il.

« Euh, je me demandais, s'il te plaît, pourrais-je entrer dans le tunnel ?

– Je t'en prie, parleur. » Le portrait immédiatement bascula en avant pour révéler un sombre tunnel de pierre, dégageant une odeur de moisi. Il lança Lumos et s'avança dedans.

Le tunnel était étroit et tortueux, mais au moins le sol était régulier et il ne trébucha seulement que deux fois. Il essaya de garder en tête la direction où il allait – n'y avait-il pas un sortilège pour cela ? Il ne pouvait pas, même si sa vie était en péril, se rappeler de l'incantation – mais cela lui fut beaucoup plus difficile que prévu. Au moment où il atteignit la porte basse en bois à l'autre bout du tunnel, il n'avait pas la moindre idée de l'endroit où il pourrait être. Il hésita un moment, mais il n'y avait rien d'autre à faire que d'ouvrir la porte pour le savoir. Après tout, il était en sécurité caché par sa cape.

Même ainsi, il prit soin d'ouvrir et de fermer la porte très lentement et silencieusement – il se félicita de n'avoir pas oublié de lancer Muffliato, un don du Prince, afin de couvrir le grincement des gonds inusités depuis longtemps.

La première chose qu'il remarqua était l'air frais autour de lui : il était dehors. Une inspection attentive mais rapide de son entourage lui révéla qu'il se trouvait dans une allée entre deux rues commerciales de Pré-au-Lard. Elle était bordée sur deux côtés par l'arrière des boutiques, et la porte en bois elle-même se fondait dans la paroi du mur se trouvant derrière La Tête de Sanglier.

Et puis il l'entendit – un faible gémissement, venant de l'autre côté de l'allée à peu près à six mètres à la droite de Harry. Il se rapprocha, et dans la pénombre, il distingua deux silhouettes contre le mur. Il semblait que l'un maintenait l'autre avec son corps (au moins Harry pensait que c'était un homme, les deux avaient des formes masculines) son visage appuyé contre le mur. Étaient-ils en train de se battre ?

Harry entendit de nouveau le gémissement. Il semblait venir de l'homme qui était coincé, et ce n'était certainement pas parce qu'il souffrait. L'échange qui suivit confirma de plus en plus les soupçons de Harry.

Celui qui n'était pas contre le mur, se pencha vers l'autre homme, qui était légèrement plus court, et demanda d'une voix rauque « Tu veux être pris fort ? » Harry presque crut reconnaître la voix, mais elle avait un timbre qu'il n'avait jamais entendu auparavant et il ne pouvait se la rappeler.

Son compagnon gémit de nouveau avant de répondre : « Oh, Merlin oui. »

Le plus grand souleva le menton de l'autre jusqu'à ce qu'ils aient un contact visuel. « Dis-moi si je vais trop loin. » dit-il sérieusement.

L'autre acquiesça sans rien dire et l'atmosphère changea subitement. Leurs mouvements devinrent frénétiques et leur respiration monta irrégulière et forte. Le pantalon de l'homme appuyé au mur tomba à terre autour de ses chevilles.

S'il n'y avait pas pensé plus tôt, Harry savait qu'il était temps pour lui de détourner le regard, mais il ne pouvait forcer ses yeux à se conformer à sa conscience – il était sidéré.

Il avait entendu dire que le sexe entre deux hommes pouvait être pénible, mais que, avec une bonne préparation et une certaine maîtrise, ça n'était pas si mal, alors il fut choqué de voir l'homme le plus grand pénétrer l'autre, sans préliminaire aucun. Son compagnon poussa un cri incohérent et Harry grimaça en sympathie, mais il pilonna l'homme impitoyablement avec un furieux abandon. C'était presque comme s'il punissait quelqu'un, mais Harry ne pouvait dire s'il s'agissait de son partenaire ou de lui-même.

Les deux hommes faisaient, de l'avis de Harry, les sons les plus merveilleux et, alors qu'il ne s'était jamais considéré lui-même comme étant gay, ils lui procuraient un effet intéressant dans la région de l'aine. Harry se demanda si quelqu'un pourrait jamais émettre de tels sons pour lui.

Quelques grognements plus tard, le couple se calma et s'affala contre le mur. Quand ils eurent retrouvé leur respiration normale, ils ajustèrent silencieusement leurs vêtements et le plus grand fit à son compagnon un hochement de tête en guise d'adieu, puis se retourna et commença à marcher vers Harry.

Au moment où il passait, Harry entrevit clairement de son visage et en eut le souffle coupé. L'homme se tourna vers lui, scrutant la zone le front plissé, mais apparemment il ne trouva rien de suspect et, au grand soulagement de Harry, repris sa marche dans la ruelle.

L'esprit de Harry chancelait. Il trébucha en arrière dans le tunnel et d'une manière ou d'une autre réussi à fermer la porte derrière lui et à allumer le bout de sa baguette, mais il était à peine cohérent.

Rogue ? Cela avait été Rogue tout ce temps ? Il avait bandé en regardant Rogue s'envoyer en l'air ? Pas étonnant qu'il ait été si brutal et sans considération pour son partenaire – c'était bien le genre de Rogue de ne pas se préoccuper d'un iota de son partenaire. Mais Harry ne pouvait oublier qu'il s'était interrompu pour demander à l'autre ce qu'il voulait et de le prévenir s'il allait trop loin. C'était bien de l'attention, chose que Harry n'aurait jamais attendu de Rogue.

Quelque chose n'allait vraiment pas. Il avait dû avoir mal vu. Mais on ne pouvait pas se méprendre : les fins cheveux couleur charbon, la peau cireuse, le nez légèrement crochu, les yeux pas vraiment noirs qui brillaient et semblaient presque sans fond, cette présence. Cela n'aurait pu être personne d'autre.

Quand il revint au dortoir, il constata qu'il n'était pas aussi tard qu'il l'avait craint – Ron et Hermione n'étaient même pas encore revenus de « l'étude ». Il était plus tôt que l'heure à laquelle il devrait aller se coucher un samedi soir, mais sa tête était toujours en train de travailler aussi rampa-t-il sous les couvertures et tira les rideaux. Ce n'était pas comme s'il aurait été en mesure de faire autre chose maintenant.

C'est à ce moment-là qu'il se rendit compte que l'excitation qu'il avait ressenti dans la ruelle s'était développée en une érection totale, presque douloureuse, tandis qu'il n'y prêtait pas attention. Il aperçut le manuel du Prince au bout de son lit et sa queue envoya une saccade prometteuse. Il décida d'utiliser la méthode évidente pour que son esprit se libère de Rogue et des sons qu'il avait produits quand il avait joui, et il entoura sa main droite sur son érection. Il commença à pomper, rapprocha son livre de potions avec sa main libre, et inhala dedans profondément, imaginant que l'odeur du prince y flottait encore.

Il n'avait jamais fait ça avant – se branler en pensant au Prince – mais son engouement n'avait cessé de croître plus fort et il n'était pas état de le dénier en ce moment.

Il évoqua une silhouette indistincte dans son esprit qui répondait à ses attentions avec de délicieux sons de supplication. Comme il était proche de la jouissance, sa concentration sur son vague fantasme d'amant était déjà quelque peu fanée, mais au moment de son orgasme, le visage devint plus précis et il put voir une peau pâle, de longs cheveux noirs descendant jusqu'aux épaules, et des yeux pénétrants et sombres.

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À suivre…

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Note de la traductrice :

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(1) Harry Potter et le Prince de Sang-Mêlé, chapitre 2 (L'impasse du Tisseur), page 28, Éditions Gallimard, 2005.

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