Titre : Objective Data

Auteur : walkandtalk

Résumé : Un jeune vulcain décide de trouver un partenaire pour son tuteur, Spock. Après de minutieux calculs, Cadet Kirk se révèle être, évidemment, le meilleur choix.

Disclaimer : Rien ne m'appartient, l'histoire est celle de walkandtalk. Quand à l'univers de Star Trek, nous n'en sommes pas propriétaires

Bêta-reader : L'adorable Onyr Sappho Wilde:)


Chapitre 4 :

Tester les hypothèses

« Cadet Kirk, il est 0600 heures. » L'appela une voix, se glissant brusquement au sein du rêve de Jim. Il ouvrit les yeux sur une pièce inconnue à demi éclairée. Il était allongé sur un canapé, une couverture légère drapée autour de son corps. Il tira dessus, conscient qu'il portait encore ses vêtements, à l'exception de ses chaussures.

« Avez-vous obtenu une quantité suffisante de repos ? » Continua Senik.

Jim baissa les yeux pour voir le garçon, vêtu de ses habits habituels, debout près de ses pieds. Il se redressa sur ses coudes pour regarder autour de lui. Les souvenirs de la veille étaient encore flous. Jim essaya de se rappeler. Après la simulation, il avait escorté Senik chez lui, le garçon l'avait convaincu d'essayer une tasse de thé vulcain, et il s'était écroulé, endormi. Il avait rêvé de la simulation, de Spock exigeant que Jim le laisse mourir, d'avoir été physiquement poussé vers la sortie, à défaut de pouvoir saisir le Vulcain dans une tentative désespérée de changer son destin.

Ce fut particulièrement choquant quand il vit le vrai Spock debout dans la cuisine, habillé de façon décontractée dans une tunique verte. Il remplissait quelque chose dans l'évier, ignorant Jim encore sur le canapé.

« Ouais. » Dit Jim, la voix encore chancelante. « Je suis désolé de m'être effondré sur ton canapé, gamin. »

Senik cligna des yeux comme un hibou. « En l'absence de dommages du mobilier, les excuses ne sont pas nécessaires. Mon cousin a convenu hier qu'il était inefficace et illogique de vous réveiller. »

Jim jeta un coup d'œil vers Spock, dont l'attention était encore fixée sur son lavabo. Est-ce qu'il évitait de regarder Jim, ou était-il toujours aussi concentré dans chacune de ses actions ? Ou les deux ?

« Eh bien, merci alors. » Dit-il. Senik acquiesça et Spock ne répondit pas. Jim attendit un battement avant d'ajouter : « Je ferais mieux d'y aller, ou je vais être en retard en classe. » Il rejeta la couverture, et commença à se lever. Il jeta à nouveau un éphémère coup d'œil vers Spock, mais le Vulcain lui tournait le dos, portant ce qui ressemblait à une étrange théière vers la table.

« Vous pouvez utiliser nos installations pour vous préparer pour la journée. » Déclara Senik, ses yeux passant de Jim à son cousin, et inversement. « La nourriture pour rompre votre jeûne sera également fournie. » Avant que Jim puisse objecter, Senik ajouta : « Si vous ne le faites pas, j'ai calculé que vous aurez 82,4% de chance d'arriver en retard en classe, ce qui provoquera une perturbation dans l'enseignement de nos camarades et dans le votre. »

Jim évalua le garçon d'un regard sceptique. « Comment sais-tu ça ? Tu ne peux pas calculer les probabilités. »

« Ses statistiques sont solides. » Dit Spock de l'autre côté de la pièce, plaçant la théière sur une chose qui ressemblait à un brûleur Bunsen ornant la table à manger.

Jim regarda le Commander et haussa les épaules.

« Eh bien, je vous remercie de votre hospitalité. Encore une fois. »

Spock acquiesça, son attention maintenant absorbée par le brûleur Bunsen.

Senik se mit en marche, conduisant Jim dans un petit couloir vers une salle de bain pour invités contenant une pile de serviettes et une brosse à dents.

« Je vais vous trouver des vêtements appropriés. » Lui assura le garçon. Jim sourit faiblement et, mentalement, se raidit à l'idée de se promener dans la salle de classe en portant des robes vulcaines.

Dès que Senik fût parti, Jim sauta dans la douche, surpris de découvrir un mécanisme à ondes soniques, comme sur un vaisseau, et non une douche à eau humaine standard. Jim supposa qu'il s'agissait, comme la température de la maison, d'une différence culturelle simple. Il prit une douche rapide, se brossa les dents, avec un dentifrice bizarrement aromatisé (sable et noix ?) et essayait d'apprivoiser ses cheveux quand Senik frappa doucement à la porte. Il saisit deux des nombreuses serviettes, et en noua une autour de sa taille et l'autre sur ses épaules.

Quand il ouvrit la porte, il fut surpris de voir Spock debout à l'extérieur avec un tas de vêtements. Leurs yeux se rencontrèrent et Jim sentit un bourdonnement d'énergie courir délicieusement sous sa peau. Oui, pensa Jim. Il l'avait senti au restaurant, et plus fort dans le laboratoire, comme un champ magnétique qui le tirait vers l'autre homme.

« Senik souhaite savoir si vous avez des allergies ou des restrictions alimentaires. »

Jim ricana. « Vous voulez dire qu'il ne les a pas encore toutes déduites ? »

« Il a indiqué que vous en aviez plusieurs. » Répondit Spock. Ses lèvres se serrèrent et ses yeux s'adoucirent, ce qui donnait l'impression presque imperceptible d'une expression amusée. «On lui a interdit l'accès à votre dossier médical, alors je collecte les informations d'une manière plus conventionnelle. »

« J'apprécie l'effort. » Dit Jim, souriant. « Eh bien, je suis surtout allergique aux crustacés, aux fraises, au soja, aux légumes et racines de Talos, et aux arachides. Ça devrait suffire. »

Spock hocha la tête et se tourna à demi pour prendre congé, avant de se retourner vers Jim, comme s'il se souvenait tardivement de ce qui était dans sa main, et de tendre maladroitement l'uniforme des cadets à l'humain.

« Ce n'est sans doute pas la bonne taille. » Dit-il avant que Jim ne puisse parler. « Mais ça devrait être acceptable. »

Jim accepta les vêtements, faisant attention à ne pas toucher les mains de l'autre homme, et hocha la tête avec reconnaissance. Spock resta figé une demi-minute de plus, puis tourna les talons et retourna dans la cuisine.

Jim ferma la porte et regarda le vieil uniforme que Spock venait de lui donner, méditant sur l'échange avec un petit sourire.

Qui se serait douté que les Vulcains étaient si adorables ?

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En fait, l'uniforme n'était pas vraiment acceptable. Légèrement trop long, mais il se boutonnait correctement. Quand il revint dans la cuisine, Spock était debout devant la cuisinière, penché sur une poêle. Senik se tenait sur le côté, observent attentivement la technique du Vulcain.

« Vos vêtements vous conviennent-ils ? » Demanda Spock avant de lever les yeux pour inspecter Jim. L'humain sentit une rougeur lui monter aux joues, rougeur qui n'avait probablement rien à voir avec la température de la maison.

« Oui. » Répondit-il. « Merci encore. »

Spock hocha la tête sans commentaire.

« Puis-je aider ? » Interrogea le Cadet.

« Tout a été abordé de façon appropriée, à l'exception des œufs, comme vous le voyez. Je les ai répliqués, ignorant que les humains ne les consomment habituellement que sous leur forme brute. » L'informa Spock.

« Vous n'aviez pas besoin de faire ça. » Fit Jim.

Spock lui lança un regard qui était poliment dédaigneux, un haussement d'épaules Vulcain pour ainsi dire, et transféra la moitié des œufs dans l'assiette de Jim avec des mouvements précis et efficace. Il déposa ensuite le reste dans sa propre assiette et porta le tout à la table. Jim suivi les deux Vulcains et prit place entre eux. Il fut heureux de trouver du café à la place du thé, pas vraiment surpris de voir tout ce qu'il appréciait sur la table. Il devait admettre que, cette fois-ci, la diligence de Senik envers la science était enfin à son avantage.

Ils commencèrent le petit-déjeuner, Spock et Jim avec leurs œufs brouillés et leurs fruits, et Sneik avec un bol de bouillon clair. Après quelques minutes silencieuses, Senik se tourna vers Jim.

« Avez-vous besoin d'un semblant de conversation ? » Demanda-il.

Jim regarda ouvertement le garçon. « Euh, non. Mais merci. »

« Je me suis efforcé d'en lire plus sur les normes et pratiques sociales humaines. » Déclara Senik. « Les humaines veulent constamment converser sur des questions triviales telles que la météo, l'actualité ou les plans quotidiens. »

« Eh bien, je ne suis pas vraiment du matin. » Dit Jim, maladroitement. « Le silence, c'est bien. »

Senik acquiesça solennellement, mais Jim eut l'impression que ce n'était pas la réponse que le garçon attendait. « A moins que tu ne veuilles essayer la conversation terrienne avec moi ? » Ajouta-t-il avec hésitation.

Les sourcils de Senik se soulevèrent sous la surprise, puis il secoua la tête : « Peut-être que je ferais mieux d'observer. » Il regarda sérieusement Spock, qui se figea de surprise, la fourchette d'œufs planant au-dessus de son assiette.

Jim se doutait que l'idée ne plaisait pas à Spock, mais il ne connaissait pas de moyens de refuser poliment sans que le Vulcain ne croie qu'il n'était pas intéressé. Parce que Jim l'était. Intéressé. Intéressé à l'idée d'en savoir plus sur Spock.

Etonnamment, Spock parla en premier. « Avez-vous une journée remplie aujourd'hui, Cadet ? »

Jim hocha la tête, tentant d'arborer une expression polie sous l'examen de Senik. « C'est vendredi, donc je dois aller à tous mes cours de la matinée, puis aller travailler à la bibliothèque. »

« Vous ne trouvez pas votre travail à la bibliothèque attrayant ? » Demanda Spock.

Jim remarqua que Senik était absolument immobile, adoptant la même posture et la même expression qu'il avait pendant leur cours partagé.

« Ça paye les factures. » Dit-il. « Je peux étudier pendant mon temps de travail, ce qui m'a permis d'accélérer tous mes cours à l'Académie. Je passe mon diplôme dans quelques mois. »

« Certains ne partagent pas votre diligence ou votre efficacité. » Fit remarquer Spock.

« Eh bien, je suis convaincu que mon destin est là-bas, dans les étoiles. Attendre et passer plus de temps ici me semble juste … illogique. »

Spock pencha la tête sur le côté, réfléchissant. « Votre performance pendant la simulation suggère que vous êtes prêt pour le service à bord d'un vaisseau spatial. »

Jim sourit à cela. « Vous ne pensez pas que j'ai pris des risques inutiles ? »

« Je ne le nierais pas, mais ça ne remet pas en cause le fait que vous soyez prêt. » Dit Spock, faisant rire Jim.

« Et vous, qu'enseignez-vous ? »

« Phonologie avancée. » Jim était curieux de savoir ce qu'un professeur de linguistique faisait dans le laboratoire de simulation zéro gravité la veille, mais Spock continua. « Je prendrai ma commission en tant que Premier Officier à bord de l'Enterprise quand mon travail arrivera à son terme. »

Jim se ragaillardit à cela, très impressionné. L'Enterprise. Ayant grandi dans son ombre à Riverside, le vaisseau représentait son avenir lorsqu'il tentait de l'imaginer. « C'est un navire fantastique. » Dit-il, non sans un peu d'envie. Avant qu'il puisse en demander d'avantage, Senik l'interrompit.

« Cadet Kirk, il nous fait écarter les deux prochaines minutes si nous voulons être ponctuel. » Déclara le garçon, déjà debout.

Jim prit sa tasse et son plateau, lui emboita le pas, puis se tourna vers Spock qui n'avait pas encore terminé ses œufs

« Merci pour l'aimable hospitalité de votre maison. » Dit Jim à la manière vulcaine.

Spock leva les yeux de son repas, son regard inébranlable. « Veling. » Répondit-il. « De rien. »

Jim sourit et suivit Senik vers la porte et sur le chemin d'accès au transport public du campus. Quand ils entrèrent dans la salle de conférence, Jim déménagea à quelques sièges en-dessous de sa place habituelle et fit geste au garçon de s'asseoir, tout en lui laissant un peu d'espace personnel.

« Je veux t'observer m'observant. » Expliqua Jim. Senik ne commenta ou n'objecta pas.

Alors qu'il se préparait pour le cours à venir, son esprit vagabonda vers le lieutenant Commander Spock. Il y avait une certaine chimie entre eux, mais Jim n'était pas certain de comprendre le Vulcain. Peu importe, il était déjà en train de comploter silencieusement pour pouvoir à nouveau le revoir. Il devait lui rendre l'uniforme, après tout.

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Jim fut confronté à son colocataire dès qu'il passa la porte de la chambre ce soir-là.

« Quel rusé, » Dit Bones, le frappant au bras. « Je ne t'ai même pas vu quitter le bar, avec qui es-tu parti ? »

« L'ennuyeux enfant Vulcain. » Répondit Jim, souriant sous le regard du médecin. « J'ai juste ramené le gamin chez lui en toute sécurité et je me suis écrasé sur son canapé. » Expliqua-t-il, ne voulant pas s'attarder sur tous les détails : qu'il s'était endormi comme un enfant, qu'il portait maintenant le vieil uniforme d'un professeur Vulcain, que celui-ci sentait comme lui, et qu'il appréciait cela.

Bones plissa les yeux, mais ne posa pas d'autres questions.

« Alors, Christine ? » Demanda Jim, heureux quand le regard du médecin devint vague et distrait.

« Oui, elle est géniale. » Dit Bones. « Elle est dans l'équipe de garde ce soir à l'hôpital, alors je vais lui apporter son petit-déjeuner demain. »

Jim cligna des yeux, et fit sa meilleure moue. « Oh, Leonard, pourquoi tu ne me fais jamais le petit-déjeuner à moi ? »

« Le petit-déjeuner, c'est pour les gens que tu aimes, imbécile. » Grommela Bones sur la défensive.

Jim pensa alors à une certaine assiette d'œufs brouillés, une expression douce sur le visage, sous le regard d'ennui sans fin du médecin.

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Lundi arriva et Jim retrouva sa place habituelle dans la cafétéria avec Bones.

« Ne te retourne pas. » Murmura Bones, couvrant discrètement sa bouche avec une serviette. « Vulcain à tribord. »

Jim soupira. Senik ne savait vraiment pas se montrer discret.

« Il te regarde toujours. » Commenta Bones.

Jim leva les yeux et se retourna, prêt à reprendre Senik sur son comportement. Il était à demi levé quand il rencontra le regard intense de Spock. Son estomac fit un drôle de soubresaut quand le Vulcain désigna le siège vide à sa table, s'attendant apparemment à ce que Jim se joigne à lui. Spock voulait lui parler. Pourquoi, il ne savait pas, mais il allait le découvrir.

Jim se retourna vers son colocataire, qui portait sur lui un regard incrédule. « Tu as les amis les plus étranges. »

Jim haussa les épaules, et se leva pour rejoindre Spock. « C'est une personnalité tellement géniale. » Bones leva les yeux au ciel, se leva et partit pour prendre son quart de travail à l'établissement médical.

Jim approcha de la table de Spock, l'énergie bourdonnant sous sa peau. « Cadet Kirk. » Dit le Vulcain en guise de salutation.

« Commander Spock. » Répondit formellement Jim, avant de poser son sac et de prendre place sur le siège face à lui.

« C'est agréable de vous voir. » Déclara le Vulcain.

« Vous n'avez pas besoin de vous forcer, nous ne sommes pas surveillés. » Assura Jim, un petit sourire aux lèvres qu'il fut certain que Spock lui retourna, avec ses yeux.

« Je ne disais pas cela pour converser comme un humain. » Répondit Spock avec honnêteté. Jim sourit un peu plus, fixant le Vulcain avec un regard chaleureux. Il savait qu'il devait paraître ridicule, mais il n'en avait rien à faire.

« Eh bien, c'est agréable de vous voir aussi. » Réussit finalement à dire Jim. « J'ai votre uniforme pour vous, je n'étais pas sûr de la manière dont vous vouliez que je vous le rende. »

C'était un mensonge. Jim avait l'uniforme depuis deux jours entiers, nettoyé, plié et rangé dans son placard. Il essayait encore de déterminer la meilleure façon de rendre le vêtement à Spock, tout en veillant à ce que ledit échange se change en quelque chose de plus qu'un simple dépôt.

« Je serais dans le bâtiment Cachrone demain, 1800 heures. » Suggéra Spock.

« Je peux l'amener là-bas. » Dit-il, un peu déçu. Il n'avait plus d'excuse pour lui rendre à nouveau visite à son domicile.

« Je participe à une conférence sur l'application informatique pour la théorie de la transdistorsion. » Ajouta le Vulcain.

« Celle du Dr Dwega, non ? » Demanda Jim. Spock hocha la tête et le blond dressa la tête. « Elle travaille sur des idées très intéressantes qui pourraient vraiment révolutionner l'ingénierie de Starfleet. »

Spock acquiesça. « Sur un vaisseau aussi vaste que l'Enterprise, ses théories pourraient améliorer l'efficacité du système de façon spectaculaire. J'ai pensé que vous voudriez y assister en tant que mon invité, compte tenu de votre intérêt pour l'Enterprise. »

Jim était flatté que Spock se souvienne de son intérêt pour ce vaisseau si particulier. « Ça serait génial. Merci, monsieur. »

Spock hésita, puis continua. « Il y a un restaurant près de la salle de conférence, si vous souhaitez vous joindre à moi pour un dîner ensuite. »

Jim considéra un moment ces mots. La dernière fois qu'il avait été invité à dîner par un Vulcain, il avait mal compris ce que cela impliquait. « Décrivez-vous ce dîner comme platonique ? »

Spock secoua la tête, observant le visage de Jim. « Si mes avances romantiques sont inopportunes, veuillez m'excuser, et je cesserai immédiatement. »

Jim avait envie de dire à Spock qu'il pouvait l'allonger ici-même sur la table de la cafétéria sans que cela ne le dérange, mais il savait que la sensibilité vulcaine de Spock n'apprécierait sans doute pas l'insinuation.

« Non, je veux dire oui. Oui, le dîner semble bien. » Dit Jim, en essayant de faire taire son enthousiasme. « Ça me semble génial. »

Les lèvres de Spock se serrèrent à nouveau, et, Jim en était maintenant certain, c'était un sourire.

À l'insu des deux hommes, un garçon Vulcain avec des jumelles numériques attendait derrière une station de recyclage, observant l'échange avec délectation.