Chapitre: 4 : Où les trois Potter se découvrent

Fic : Générations sans frontière

Auteur : Junon

Bêta : Tookuni et Bee

Chapitre 4 : Où les trois Potter se découvrent

L'indifférence… Quelle douce vengeance elle était capable d'engendrer. Cela serait donc de cette façon que Lily montrerait à son Pery sa colère d'avoir été contrainte d'endosser le costume de pudding à la menthe. Elle se doutait, à raison, qu'elle ne parviendrait pas à l'ignorer bien longtemps, il devait cependant apprendre à maîtriser ses excès de jalousie.

Son dernier courroux contre le garçon à la fierté malvenue avait eu lieu en octobre de sa cinquième année, alors que leur relation en était à ses débuts elle avait découvert que Scorpius avait avoué à Albus qu'il voyait une fille. Bien sûr, il n'avait pas donné son nom, mais Lily avait craint que son frère ne se rende compte qu'il s'agissait d'elle. Heureusement, pour certaines choses, Al' était aussi observateur que leur père.

Lily, assise sur le canapé face à la cheminée, semblait dormir, imitée par le chat noir roulé en boule sur une chaise dans un coin de la Salle Commune. La photo en première page de la Gazette, qu'un élève avait auparavant abandonnée sur la table qui se trouvait devant la jeune fille, constituait la seule source de mouvement dans la pièce. L'accueillant cocon rouge et or dégageait une telle sensation de chaleur et de bien-être que tout était plongé dans une torpeur enivrante, invitant quiconque à imiter son hôtesse à l'air absent.

« Hé, Luna, on peut te soutirer des informations ? »

Déconcertée, Lily se retourna pour se trouver face aux Maraudeurs au grand complet, qu'elle n'avait pas entendus s'approcher. La léthargie ambiante de la pièce avait été transformée en joie et bonne humeur grâce à la seule apparition des facétieux garçons. La jeune Potter se déplaça à l'extrême droite du sofa pour laisser James et Sirius s'y affaler tandis que Remus et Peter s'installaient sur les fauteuils.

« Bien sûr, les invitât-elle en souriant.

Il est comment, ton père ? commença par demander James.

Surprotecteur, pourquoi ? répondit-elle. »

L'éclat de rire qui agita ses amis la surpris. Encore plongée dans ses réflexions à propos de Scorpius, Lily se demanda ce qu'elle avait bien put dire de drôle. C'était le premier mot qui lui venait à l'esprit pour le décrire…

« Ce n'est pas exactement, ce qu'on voulait savoir Luna, mais c'est gentil de nous prévenir. Tu as entendu, Sirius, fais gaffe à toi, se moqua Remus. On se demandait plutôt quel genre de professeur il était, expliqua-t-il. »

La demoiselle du groupe se sentait assez gênée d'avoir répondu sans prendre le temps de penser à la question posée. Elle se frotta alors la nuque d'un geste nerveux qu'elle tenait de son père.

« C'est un bon prof. Il est sympa, mais n'essayez pas de le pousser à bout, les prévint-elle.

Mais ce n'est pas marrant, si on ne peut faire de blague ni au prof de Potions, ni au prof de DCFM ! s'exclama Sirius.

Rectification Sirius, vous ne devez faire de blague à aucun professeur, fut la phrase qui marqua l'arrivée de Lily.

Gna gna gna gna gna…grimaça le concerné en guise de réponse

Très mature Sirius, vraiment, le félicita Lily. »

Techniquement, son père aimait bien les bonnes blagues. Il était tout de même le fils de James Potter, le père de James Sirius Potter et un ami de George Weasley. Les farces étaient donc encrées dans ses gènes telle une marque indélébile. En revanche, il n'y avait aucune chance pour qu'elle leur divulgue un pareil détail. De plus, si sa mère avait vent de sa participation à une des célèbres espiègleries des Maraudeurs, elle allait le décapiter à mains nues. Le fait qu'en ce moment, il l'énervait, ne justifiait pas qu'elle dut le conduire à l'échafaud. Sa mère était connue pour ses violentes colères et Lily n'avait nul besoin de chercher qui partageait ce trait de caractère avec elle.

« Vous venez ? On va manger, proposa James. »

Ils se levèrent comme un seul homme et se dirigèrent vers la Grande Salle. Lily L prit soin de ne pas regarder Scorpius, elle alla même jusqu'à se mettre dos à lui.

Harry était perdu dans ses réflexions. Il ne savait même pas s'il était heureux que sa benjamine boude Scorpius. Il râlait toujours à propos de leur couple, mais surtout pour la forme, et parce que sa fille était mignonne lorsqu'elle le défendait. Il voyait bien à quel point elle rayonnait depuis qu'ils étaient ensemble et à quel point en être éloignée la faisait souffrir. Il allait être obligé de se trainer jusqu'aux cachots pour connaître la raison de sa froideur car jamais Lily ne lui expliquerait. Pour ne rien arranger, son premier cours avec les élèves de dernière année avait lieu ce matin-même. Ce qui signifiait qu'il allait être proche de ses jeunes parents. Il allait devoir prendre garde à ce qu'il allait dire et faire.

Il avait commis un impair en poussant le bouchon trop loin avec Sirius, Scorpius le savait. Mais comment aurait-il pu deviner que le chaudron allait exploser sur Lily ? Sauf qu'à cause de sa jalousie - il se croyait où, lui, pour draguer sa copine, aussi ? – elle était furieuse contre lui. Elle n'était pas venue au rendez-vous de l'avant-veille et il était presque sûr que la flamme qu'il avait aperçue à la table des Gryffondor avait pour origine la lettre qu'il lui avait envoyée et qu'elle avait brulée. Il n'avait plus qu'à trouver un moyen de se faire pardonner, et ce, sans s'excuser, car il était tout de même un Malfoy. Et les Malfoy ne se justifient pas.

S'il y avait bien un endroit dans tout Poudlard qui changeait beaucoup, à part la Salle sur Demande, c'était celle de classe de Défense Contre les Forces du Mal. Chaque professeur y apportait sa touche personnelle. C'était ce qui expliquait que Lily L avait du mal à la reconnaître. D'autant plus qu'elle semblait très vide, sans réel apport de la part d'Harry.

« Bien, bonjour à tous, je suis le professeur Rytt. Vous commencez votre dernière année et il est de mon devoir de vous préparer à ce qui va suivre, commença Harry. »

Il était clair dans l'esprit de tous qu'il parlait de la guerre contre Celui-Dont-On-Ne-Doit-Pas-Prononcer-Le-Nom. Mais personne n'en dit rien. Une vague de culpabilité assaillit Lily L et elle baissa les yeux pour ne pas rencontrer le regard de son père. Elle avait été si occupée à s'énerver contre son bien aimé qu'elle en avait oublié la guerre. Une guerre qu'elle n'avait pas connue grâce à son père mais qui allait coûter la vie de toutes les personnes avec lesquelles elle avait sympathisé.

Harry présenta son cours mais Lily L n'écouta pas, trop absorbée par son observation de l'homme face à elle. Elle ne le reconnaissait que grâce à sa façon d'être, tout comme Scorpius, mais il dégageait quelque chose qu'elle n'avait que très rarement perçu chez lui. De la tension, mêlée à une assurance inédite. Il pouvait être lui-même sans que personne ne lui rappelle qu'il était Harry Potter, le Sauveur. Il pouvait juste être Harry, un professeur comme les autres. Il était adossé contre son bureau et leur parlait avec aise.

« L'une des créatures les plus sombres qui existent et dont il est difficile de se débarrasser est le Détraqueur. Qui peut me parler de cette créature ? Mademoiselle ?

Lily Evans, se présenta-t-elle.

Nous vous écoutons Mademoiselle Evans, l'encouragea Harry en se retenant de la prendre dans ses bras.

Les Détraqueurs se nourrissent des souvenirs heureux des hommes. Il leur est également possible d'aspirer leur âme grâce à leur baiser. Ce sont les gardiens de la prison d'Azkaban.

Très bien, dix points en plus pour Gryffondor. Nous n'allons pas vraiment étudier le Détraqueur. En fait, nous allons nous intéresser au sort qui permet de le repousser. Quelqu'un peut m'en parler ? »

La seule possibilité qui se présenta alors à Harry fut la main tendue de Lily L, sa fille, et il savait très bien ce qu'elle allait dire, il le lui avait appris lui-même.

« Mademoiselle Rytt ? finit-il par l'interroger.

Le sort se nomme un Patronus. C'est une projection qui résulte d'une pensée. Pour pouvoir exécuter ce sort il faut se laisser immerger dans un souvenir particulièrement heureux qui serait susceptible de chasser les ténèbres engendrées par le Détraqueur. La formule à réciter est Expeto Patronum.

Très bien, cinq points de plus pour Gryffondor, dit Harry, fier de sa fille. Il faut savoir que ce sortilège est très difficile. Il vous faudra chercher au plus profond de votre mémoire afin de trouver le bon souvenir. Il est également possible que vous ne soyez pas en mesure de l'utiliser. Il y a de puissants sorciers qui n'ont jamais été capables de le maitriser. »

Harry leur parla encore du charme puis décida que même s'il ne restait que quelques minutes de cours, ils allaient tous essayer de le lancer. Il appela donc ses élèves par ordre alphabétique.

Seuls James, Lily et Remus avaient été capable de faire apparaître un fin filet de lumière argentée. Et Lily L avait été la seule à invoquer un véritable Patronus.

Voir le Patronus de sa fille n'étonna en aucun cas Harry. Il le connaissait déjà. Cela faisait plusieurs années qu'elle maitrisait ce sort, et se retrouver face à un lion énorme lui paraissait désormais normal. Après tout, il avait été lui-même considéré comme le descendant de Godric Gryffondor, pourquoi sa fille ne serait-elle pas représentée par un tel animal ? En revanche, il s'attendait plus à voir une lionne.

« Je n'arrive pas à le croire, comment tu as fait ? demanda pour la énième fois Sirius.

Il ne t'est jamais venu à l'esprit que son père lui avait déjà appris ce sort ? s'enquit Lily.

Lily a raison. Ce n'était pas la première fois que je lançais ce sort. Je le maitrise depuis ma troisième année.

Qu'est-ce qui t'a poussé à l'apprendre si jeune ? l'interrogea Remus, interloqué.

Son père, peut-être…

Pas vraiment, en fait. S'il me l'a enseigné, c'est parce que je le lui ai demandé. Depuis toute petite j'ai décidé de me spécialiser dans les sorts de défense, d'où mon apprentissage du Patronus.

Pourquoi un lion?

Ah, enfin une bonne question Sirius. C'est parce que c'est l'animal qui me représente, visiblement, expliqua Lily L en riant. »

C'était Scorpius qui l'appelait régulièrement « ma Lionne », en référence à la fois à son Patronus mais aussi à sa chevelure si semblable à une crinière. Son cœur se serra en se rendant compte de ce qu'elle avait déclenché entre eux.

« J'espère y arriver aussi. Ça m'énerve de ne même pas savoir quel animal ça sera, se plaignit James.

Sûrement un cerf, non ? demanda Lily L avant de se rendre compte de son erreur.

Quoi ? Répète ! »

Les Maraudeurs s'étaient arrêtés et la regardaient étrangement alors que Lily était littéralement perdue.

« Sûrement un qui sert, tenta de se reprendre la jeune fille. »

Personne ne rajouta rien, mais ils n'en pensaient pas moins. Personne ne croyait à sa deuxième version. Lily L commençait à se sentir de plus en plus mal à l'aise. Ça faisait la deuxième bourde en trois jours de cours et elle n'avait pas parlé à Pery depuis qu'ils étaient arrivés. Elle devait le voir ce soir. Mais avant, elle connaissait un autre moyen de se changer les idées. Elle resta silencieuse une bonne partie de la journée puis elle profita qu'ils avaient l'après-midi de libre pour aller voir son futur grand-père.

« James ? Est-ce que tu as un instant ? lui demanda-t-elle, soudainement peu sûre d'elle.

Evidemment, lui répondit-il en souriant. »

Ils se reposaient dans la Salle Commune et elle était restée un peu à l'écart, aussi se leva-t-il pour la rejoindre. Il avait bien vu que ce qu'il s'était passé, lorsqu'elle avait mentionné le cerf, avait mis la jeune fille mal-à-l'aise et autant il voulait l'interroger, autant il préférait la laisser venir à lui.

« Est-ce que tu pourrais m'indiquer où se trouve le bureau de Madame Bibine, tu sais, pour les essais pour le Quidditch ? demanda-t-elle bien que connaissant parfaitement la réponse.

Bien sûr. Viens, je t'y amène.

Merci James !

Vous allez où ? s'enquit Sirius.

Voir Bibine, tu veux venir ?

Un peu que je viens ! Luna, tu vas essayer d'entrer dans l'équipe ?

Si c'est possible, oui. »

Finalement, tout le groupe, sauf Lily qui préférait aller à la bibliothèque, avait accompagné Lily L.

« Je peux vous aider ? demanda Madame Bibine en les voyant entrer dans son bureau.

Bonjour, je m'appelle Lily Rytt, je suis la nouvelle élève de dernière année et j'aimerai m'inscrire pour les essais afin d'entrer dans l'équipe de Quidditch de Gryffondor, expliqua Lily. »

Madame Bibine fit asseoir la jeune fille avant de mettre les garçons dehors pour qu'elles puissent parler un peu.

Le bureau du professeur de vol était plein de photos de joueurs de Quidditch en train d'exécuter des figures sur leurs balais. Lily n'en connaissait pas un seul, mais elle remarqua qu'ils étaient doués. Et ils l'auraient sûrement été davantage sur les balais de son époque. Dans un coin de la pièce, elle aperçut une malle qu'elle reconnut comme étant celle qui renfermait les balles.

« Avez-vous déjà joué au Quidditch, Mademoiselle ?

Oui, j'y joue depuis que je suis toute petite.

Etiez-vous dans une équipe dans votre ancienne école ? continua-t-elle.

En effet, répondit Lily sans vraiment savoir où Madame Bibine voulait en venir.

Comment vous sentez-vous dans votre Maison, Mademoiselle Rytt ?

Très bien, pourquoi ?

Parce qu'intégrer son équipe, ça signifie se battre pour elle. Vous serez comme un soldat au service d'une armée, prête à tout pour lui donner la victoire ! s'exclama-t-elle, le point levé comme pour mimer le combat.

Je n'attends que ça, Madame Bibine, je suis là pour ça. Je sais que je ne suis pas là depuis longtemps, mais je m'y sens chez moi. J'ai des amis à Gryffondor et ils sont comme ma famille. Je veux leur apporter la coupe sur un plateau !

Bien, pour quel poste souhaitez-vous passer les essais ?

Attrapeur. »

Madame Bibine, souriant face à la volonté de la candidate, ne rajouta rien et inscrit son nom à la liste des participants, lui permettant ainsi de voir que quatre autres personnes convoitaient le même poste qu'elle.

Le reste de la soirée se passa tranquillement, ainsi que le repas. Sirius avait décidé qu'il s'occuperait de l'animation et réussit à merveille, faisant rire aux éclats son audience. Une fois que tous furent couchés, Lily se releva, attrapa sa baguette et se lança un sort d'invisibilité qu'elle avait inventé quelques mois auparavant, après que ses frères aient refusé qu'elle hérite de la cape de leur père. Ils avaient prétexté qu'elle était trop sérieuse pour vouloir sortir la nuit dans le château. C'était Albus qui possédait la cape, James ayant récupéré la carte, et il l'avait gardée pendant toute sa scolarité. Or, comme Lily n'en avait pas éprouvé la nécessité jusque là, ce n'était pas maintenant que Scorpius avait achevé ses études à Poudlard qu'elle allait l'utiliser. Les deux frères avaient souvent formé une sorte d'alliance contre la jeune fille, par crainte qu'elle ne répète ce qu'ils manigançaient à leurs parents. C'était ce qu'il s'était produit le jour où ils avaient tenté de lui teindre les cheveux en vert. Cette fois encore, Lily était contre eux deux.

La demoiselle en situation irrégulière se glissa ensuite sur la pointe des pieds hors de son dortoir puis de la tour des Gryffondors. Marchant le plus doucement possible pour ne pas être repérée, elle se rendit au bureau de Scorpius. Le jeune homme ayant toujours travaillé jusque tard dans la nuit, elle était assurée de le trouver là.

La première réaction du jeune professeur lorsqu'il vit la porte s'ouvrir et se refermer, fut la surprise, puis il réalisa qu'il ne pouvait s'agir que d'une personne. Il se leva de la chaise où il était assis et fit le tour de son bureau. Il reçut aussitôt un corps contre le sien.

« Lily Puce, tu peux annuler ton sort maintenant, il n'y a personne ici, lui dit-il en resserrant son étreinte sur la jeune fille.

Je suis désolée, lui dit-elle alors qu'elle apparaissait dans ses bras. »

Voilà comment un Malfoy s'arrange pour ne pas présenter d'excuses, il pousse l'autre à le faire. A l'exception faite que cette fois-ci, Scorpius n'y était pour rien.

« Je n'avais pas prévu que le chaudron de Sirius allait exploser sur toi, expliqua-t-il quand même.

Je sais, soupira-t-elle. »

Le serrer dans ses bras, elle le voulait, en avait besoin. Le sentir près d'elle comme si les événements des derniers jours, des dernières heures n'avaient pas d'importance. Alors la jeune fille s'accrocha désespérément à l'homme de sa vie en agrippant le dos de sa chemise, calant son visage contre son torse et respirant son odeur à pleins poumons. Elle était enfin en sécurité, plus rien ne pouvait lui arriver.

« Tu me manques, dit-elle pour justifier son besoin de câlin.

Pourtant l'an dernier on ne s'est pas vu beaucoup pendant le temps où tu étais à Poudlard, remarqua-t-il.

C'était différent, je te savais loin et ça m'était pénible. Mais là, je te sais tout proche et je ne peux pas venir te parler, ni même te sourire quand je te vois. C'est encore plus frustrant.

Ça n'avait pas l'air de te gêner, ce matin, quand tu as brûlé ma lettre, s'amusa-t-il à rajouter.

J'espérais un peu que tu ne l'aurais pas vu, avoua-t-elle en baissant la tête. »

Mais il ne la laissa pas faire, prenant son menton dans sa main il la força à le regarder pour l'embrasser. Elle lui avait tant manqué. Cela allait être éprouvant de rester discret pendant leur séjour. Pourtant ils l'avaient déjà fait au début de leur relation, alors que personne ne savait. La différence résidait sûrement dans le fait qu'ils étaient, désormais, habitués à avoir l'autre près d'eux, ou du moins à savoir que rien ne les empêchait de se tenir la main.