Chapitre 3 : Une vie presque ordinaire
"Bon, tu arrêtes, là ?" en train de nous rafraîchir après une séance d'entraînement particulièrement intense.
"Que j'arrête quoi ?"
"De me regarder comme ça."
"Comme ça ? Comment ?"
"Comme un prédateur."
"Si je m'écoutais..."
"Arrête."
Et toujours ce petit jeu constant du regard. Ce truc qui me rend dingue !...
Il bascule souplement le haut du corps pour déposer son verre, m'effleurant sans en avoir l'air, toujours avec ce petit air qui me donne envie de le bouffer !...
"Espèce de..."
"Ah, si tu commences les amabilités, faudra pas venir te plaindre hein !..." joueur, visage proche du mien, à la vue de tous.
Des cousineries, quoi.
"Allez, on teste l'attaque sur des cibles mouvantes."
"Qu... quoi ?" hallucinée.
"Sur terrain plat, sans végétation, à quoi penses-tu attacher ton grappin, idiote ?"
"Hey !" le frappant derrière la tête.
"Ah, tu ne fais jamais ça en public ou je te cogne !..." index pointé.
"C'est ça. Si tu cognes aussi bien que tu baises..." regard explicite.
Là, tout de suite, son envie de moi vient de monter d'un net cran.
"Garde ton énergie pour ce soir."
"Et demain matin. Tôt."
Je caresse la belle tête qui vient de nicher au creux de mon épaule après l'amour, laissant mes doigts filer à travers les mèches sombres.
"Mon père a... collé le canon de sa propre arme sur la tempe de Kenny."
Au nom "Kenny", le Caporal chef frémit, serrant la mâchoire.
"Pourquoi n'a-t-il pas tiré ?"
"C'est une bonne question..."
"Un petit coup de mou ?"
"Kenny a... enfin, mon père a surpris un..."
Il lève ses yeux sur moi, commençant à saisir là où je souhaite en venir. Son poing se serre et ses sourcils froncent.
"Putain, dis moi que ce salopard a osé te toucher..."
"Papa est... arrivé à temps. Et ce jour-là il l'a foutu à la porte. J'ai vraiment cru qu'il allait tirer..."
"C'était un bien moindre mal. Il aurait dû le buter." ferme.
J'observe, du coin de l'œil, la façon dont Livaï serre les brides de sa tenue, ajustant sa chemise avant d'enfiler la veste courte.
Il finit par se placer devant moi, resserrant la bride du haut, celle qui court à la naissance de ma poitrine.
"Putain..." soufflé autant que la proximité immédiate le permet.
Le terme grossier le fait sourire.
"Tu pourras prétendre qu'il s'agit d'une simple vérification de routine."
"Mon cul !..."
Il serre un peu plus avant de boucler la bride, sourire terrible naissant sur ses lèvres.
"Ton cul aussi je compte m'en occuper. D'ailleurs... tourne toi."
"T'es fou !... Pas ici..."
"Tss ! Écoute ton chef, ma belle." me faisant pivoter en me tenant par les épaules.
Là, il ajuste les courroies en cuir à la pièce dorsale.
"Il y avait une torsade..." la remettant en place.
Je glisse une main en arrière, remontant le long des liens qui bardent des cuisses.
"Hey, hey. Pas maintenant, okay ?..."
Je me pince la lèvre.
"Repos, Livaï." dit Smith en se levant, se dirigeant vers la fenêtre pour observer distraitement l'activité qui règne dans la cour de la base. "J'ai une mission délicate à te confier..."
S'il n'avait pas été en présence de son supérieur, Livaï aurait soupiré. Bruyamment.
"... on m'a rapporté qu'un individu pourvu de notre équipement de combat tridimensionnel réglait ses propres comptes en ville."
"Laisse moi deviner... je dois le retrouver et le ramener pieds et poings liés ?"
"Exactement. Je le veux vivant pour lui soutirer des informations."
"Un air de déjà-vu, non ?"
"Tu t'en servais pour chaparder. Pas pour tuer. D'ailleurs, tu n'étais pas en possession de lames, à l'époque."
Livaï haussa les épaules. "Ce sera tout pour les instructions ?"
"Prends avec toi le soldat que tu veux ou agis seul, je m'en fiche. Mais reste discret."
"Je vois. Ça ne le ferait pas auprès de l'opinion publique d'apprendre que l'armée se soit faite voler un dispositif aussi coûteux. Les contribuables nous lyncheraient pour ça."
"Tu es notre meilleur élément, Livaï... voilà pourquoi je m'en remets entièrement à toi."
"Mon truc c'est le terrain. Pas la gestion des affaires internes." refermant la porte derrière lui.
"Fais chier, merde !" se laissant tomber, d'un seul tenant, sur le lit.
"Qu'est-ce qui se passe ?" m'installant à ses côtés.
"Erwin fait chier. Me demande d'aller enquêter en ville. Putain, il faut qu'il me demande ça à moi !..."
"Tu es le meilleur, Livaï. Normal qu'il te demande ce service."
"C'est ça ! Son service il peut se le foutre dans le cul, merde !... Mon truc c'est briser du titan, pas aller jouer les enquêteurs en ville. Et le gars, je dois le ramener entier au Q.G., en prime."
Il fulmine encore un moment avant de poser sa main sur ma cuisse.
"Le point positif dans l'histoire, c'est qu'il m'a permis d'emmener quelqu'un avec moi."
"Tiens !... Tu n'aurais pas pu commencer par là, non ?"
"Non."
Nous quittons la cour au petit trot, équipés comme si nous partions en campagne.
Le froid est piquant et rougit nos visages.
"Tu as une idée par où commencer ?"
"Ouais. Il sévit dans le quartier Nord. J'ai quelques indics là-bas."
Nous interrogeons les tenanciers de trois bars et deux hôtels.
Celui que nous recherchons a été vu par plusieurs témoins. Et il utilise effectivement l'équipement du bataillon à des fins personnelles.
Nous effectuons un tour d'ensemble, système nous propulsant de toit en toit, regard fouillant partout.
Nous regagnons le point de chute, à court de gaz.
"Nous devrions patrouiller le soir. J'imagine qu'il sort à la tombée de la nuit."
"Possible." dis-je.
"Nous irons ce soir."
"Okay."
La chambre louée est sommairement meublée et Livaï peste déjà en ne trouvant pas les lieux dans une hygiène irréprochable. Il inspecte la chambre de fond en comble, sous mon œil amusé. Je m'attends sérieusement à ce qu'il dégaine les plumeaux en lieu et place des lames d'usage !...
"Bon... ça ira pour une nuit. Mais putain, le patron va entendre parler du pays !"
"Retire ta chemise et installe toi, que je masse ce dos noué de tension." ouvrant les jambes pour lui faire une place.
Livaï déboutonna sa chemise et la quitta, venant se placer à l'endroit assigné.
Sitôt installé, je refermais mes jambes autour de ses hanches, ce qui provoqua un petit ricanement. Il ne put cependant s'empêcher de passer ses paumes sur mes cuisses.
Je parcours la belle nuque dégagée du revers, laissant un doigt descendre le long de la colonne. Il en siffle entre ses dents closes, boutons des seins s'érigeant en durcissant. "Si tu commences comme ça..." sonne en guise d'avertissement, menton levé haut.
Je remonte sur les omoplates, jouant des pouces pour décontracter la zone.
Ses paupières viennent de s'abaisser.
Je poursuis. "Tu penses que nous retrouverons ce gars ?..."
"J'ai plutôt intérêt !... Erwin m'a bien fait comprendre que revenir bredouille n'était pas une option."
Je viens en caresses sur ses épaules.
"Tu me plais, Livaï... ta taille... cette force qui émane de toi... cette agilité qu'est la tienne..."
Il entrouvre la bouche de délice, laissant sa tête partir en arrière pour terminer sur mon épaule et chercher le baiser. Ce qui suit n'a plus rien à voir avec les câlins formels...
Nos bouches... nos foutues bouches !... Qui n'ont de cesse de... s'offrir sensations sur sensations, se cherchant, dans et hors des cavités, appréciant les échanges de salive et les glissements voluptueux de nos langues. Nous en geignons de bonheur et il passe le bras sous mes reins pour me ramener sur lui. "Better."
Et là, c'est reparti pour du voluptueux non-stop, bassins bougeant de concert, corps enflammés de désir tout autant que de plaisir, nous cherchant, nous caressant, sexe contre sexe. Une fois de plus, il me cède la place du haut et je nous mène, dans un jeu haletant, jusqu'à l'orgasme que nous atteignons dans des plaisirs criés.
"Je n'ai jamais eu l'occasion de remercier ton père..." laissant son doigt sillonner ma peau. "... de m'avoir recueilli et traité comme son propre fils."
"Hmm... il l'a fait avec grand plaisir, tu sais."
Agile comme un félin, il se retourne sur le ventre pour me faire face.
"Et puis..." caressant son visage fin aux paupières tombantes "... j'ai beaucoup apprécié de t'avoir, ces quelques années, à la maison."
"Les conneries qu'on a pu faire !..." souriant. "Ton père a des nerfs d'acier."
"Puis tu es retourné dans la rue... j'étais fracassée lorsque tu es parti. Alors je... me suis engagée comme pirate. La suite, tu la connais."
"Ouais. J'étais fou lorsque tu as intégré la brigade." sourire doux. "On pensait pouvoir continuer comme avant... mais c'était foutu." cherchant dans mon cou.
"Ça a basculé lorsque nous avons perdu les pédales, acculés dans cette ruine... dès lors, ça ne pouvait plus être comme avant, cousin."
"Tu regrettes, cousine ?..." cherchant ma bouche pour me faire partager des baisers langoureux.
"Grands dieux, non !... Je pense que le feu aurait quand même fini par me prendre les reins."
"Personne ne s'en doute, pour nous. Et toi comme moi savons demeurer discrets."
J'observe, du coin de l'œil, Livaï s'arnacher avec des gestes sûrs.
C'est lui qui, à mon arrivée dans le bataillon d'exploration, m'a tout appris. Autant dire que j'ai été à très bonne école !...
"Aujourd'hui, nous l'aurons." ferme et décidé. "Il sait que nous sommes à ses trousses et il est bien assez dingue pour pointer le bout de son nez."
Je ris doucement. "Tu dois le ramener en un seul morceau, je te rappelle !..." connaissant le côté ultra-violent de Livaï. "Erwin ne s'attend pas à le recevoir en pièces détachées."
"Le message est passé, merci." sec.
"A ta droite !..."
"Vu !"
La poursuite dure maintenant depuis au moins dix bonnes minutes, intense !...
L'homme possède des rudiments mais a une connaissance parfaite du terrain, nous filant entre les doigts alors que nous pensons enfin nous saisir de lui !...
C'est en négociant un virage que Livaï parvient à lui attraper la cheville et à le jeter à terre, se ruant sur lui - l'homme est plutôt du genre baraque et le voir se faire littéralement tabasser par Livaï est presque jouissif !... Ce dernier est juché sur lui, l'assommant de coups de poings efficaces.
Puis il cesse, se redressant pour lui attacher les poignets, fermement.
Il le fera hisser en travers de la selle de sa monture et nous regagnerons la base à pieds.
"Une dernière fois : donne-nous le nom de celui qui t'a permis d'obtenir le matériel." tonna la voix d'Erwin.
L'homme, attaché à un poteau, fixa le Major, muet.
"Bien. Fais le parler, Livaï."
Le Caporal chef glissa devant Erwin, commençant par enfoncer le bout de sa botte dans la bouche de l'homme. "Désolé pour les dents. Tu ferais bien de parler tant que t'es encore foutu d'articuler." enfonçant le bout de botte un peu plus profondément dans le gosier récalcitrant.
Livaï retira sa botte - le gars y avait déjà laissé quatre dents, bouche sanguinolente.
L'homme cracha parterre.
"Vas... crever..."
Livaï soupira, contrarié, soulevant la tête de l'homme par les cheveux, doigts en pince sur la mâchoire déjà massacrée par le coup de botte.
"Tu crèveras sans doute avant moi. Balance le nom."
L'homme cracha son sang en plein visage du Caporal chef qui eut le réflexe de tourner la tête, s'en prenant uniquement sur la joue. Livaï essuya la tache avec un dégoût prononcé. "Tss ! On verra si tu résistes au craquement de chacun de tes os." passant derrière lui, clé de bras et premier craquement sourd au niveau du coude. "Ça, c'est pour m'obliger à réitérer ma question."
Erwin demeurait là, impassible.
"Balance le nom ou dit adieu à ton bras entier."
"C'est... Bitz... berger !" en trois hurlements.
Livaï chercha le regard d'Erwin. Ce dernier quitta alors le sous-sol, information en poche.
Une autre terrible épreuve attendait Livaï : les fêtes de fin d'année en grandes pompes.
Les années précédentes, Livaï, après la cérémonie de rigueur, avait filé en cuisine pour chaparder les meilleures parts du festin et s'enfermer à double tour dans sa chambre, au grand dam de ses hommes.
Je laisse mes lèvres remonter le long du cou jusqu'au lobe que j'attrape entre les dents. "Livaï..."
Voilà. J'ai, à présent, toute son attention.
"Tu m'accompagnes au banquet de fin d'année ?..."
Je le sens se raidir - et ce n'est pas de bonheur cette fois - tout entier.
"Quoi ? Tu ne vas pas me dire que c'est la salle de banquet qui te met dans cet état..."
"Shut the fuck up."
C'est dit sur un ton si tendre que ça ressemble presque à une demande de câlins.
"Allez, Livaï... je ne veux pas me coltiner Eren et les autres..."
"Tu te les coltineras de toute manière."
"Kiiiiiiaaaaa ! Livaï est un dieu !... Livaï est définitivement un dieu !..." s'extasie Hange en voyant le Caporal-chef à la manœuvre, sautillant littéralement sur place.
"Il te plaît, Hange ?..." d'un calme déconcertant.
"Quoi ? Mais... mais non !... J'admire juste ses talents de combattant !..." rosissant des joues.
Okay. Nous tenons un scoop.
"Vu qu'il s'agit de mon cousin, je pourrai lui glisser un mot en ta faveur..."
"Non !... Non, ne... arrête !... Tu me fais marcher, hein ? Jamais Livaï ne regardera quelqu'un comme moi !... D'ailleurs, Livaï ne regarde personne."
"Hmm mmm."
"Quoi, tu... penses que j'ai des chances ?... Non. Non, non, non ! Je ne dois pas... envisager les choses de cette façon."
"Le voilà. Je vais lui en toucher deux mots." alors que Livaï se pose non loin, vérifiant son matériel.
"Quoi ? Non, arrête !... Je ne veux pas... que nos rapports changent. Ce serait... trop difficile à gérer. Je... je suis la chef d'escouade. Il sait qu'il peut me faire confiance et ça me suffit."
"Sûre ?..."
"Oui, absolument."
"J'admire. Moi, tu vois, s'il n'était pas mon cousin, je crois que..."
"HEY ! Regardez comme Mikasa se débrouille bien !..." nous interrompt Jean.
Je me glisse derrière Livaï, torse nu, laissant mes mains se frayer un chemin caressant entre les bras pour rejoindre le torse, menton posé sur son épaule.
J'adore... sa peau que le soleil a matifiée, portée sur ce pantalon de toile épaisse immaculée.
Je détache le haut de mon corps pour aller lui mordiller le contour précis de chaque omoplate, lente et féroce à la fois.
Au son qui lui échappe, le traitement de faveur est fortement apprécié.
"Tu vas me foutre à la bourre..."
"Hmm mmm." laissant à présent ma langue courir sur la nuque rasée, nez perdu dans la masse de cheveux qui la surplombe.
"Tu vas me coller un blâme ?..."
"Toi ?... C'est la cour martiale qu'il te faut... adorable cousine..."
Sa tête dodeline et il commence à avoir du mal à joindre deux idées.
"Dire que... d'ordinaire je déteste être... touché..."
"Et là, tu aimes, à ce que je note..."
"Je présume que tout dépend des mains et des attentions..."
"Sans... doute..." cherchant l'air. "Vache, je dois... honorer ce putain de conseil avec Erwin..." serrant le poing, frustration à son comble.
Je lèche copieusement la nuque, remontant de chaque côté du cou.
"T'en fais pas, Caporal-chef... je m'assure simplement que tu me reviendras plus brûlant encore que lorsque nous nous quitterons..."
"Salope... rie..."
"C'est voulu, cette saccade dans le terme ?..."
"A ton avis ?" riant avant de se retourner. "Moi aussi, je veux m'assurer de certaines choses." me traînant jusqu'au lit, tirant une corde d'un tiroir en passant, pour m'y nouer les poignets à la tête de lit.
Évidemment, l'idée n'est pas de mon goût. "Alors là... même pas en rêve !..." commençant à me débattre.
"Hahahaha ! Mais si, absolument. J'abrègerai, t'inquiètes."
"Nooon !" tirant de mon côté.
"Ah, ne fais pas ta tête !..." rieur, m'abattant sur le lit, d'un pied passé sur la nuque, attrapant mes bras pour les faire passer devant. "Dis donc, t'as pas choisi la position la plus confortable !..." rajoute-t-il.
"Je t'interdis, Livaï !"
"Tss. Sois bonne joueuse, cousine."
Je me débats, finissant par avouer ma défaite, le fixant avec des yeux haineux.
Il rit. "Quoi encore ?" terminant de se préparer. "A toute !..."
"LIVAÏ !"
Ça traîne. Ça traîne !... Livaï est au bord de tapoter nerveusement la table en bois de ses doigts, dans un mouvement rythmé.
Erwin note que le jeune homme est à cran. Il l'intercepte justement au moment où il souhaitait prendre la poudre d'escampette.
"Livaï ? Tu as du lait sur le feu, ma parole ?"
Livaï se mordille la lèvre, corps au bord de l'implosion s'il se freine davantage !...
"En quelque sorte."
"Viens dans mon bureau, nous devons discuter de la stratégie à adopter."
"Je... ne suis pas en mesure d'élaborer quoi que ce soit ce soir, Erwin."
Le Major tique. "Tu... es très étrange ce soir, Livaï."
"Je préfère réfléchir de mon côté et en débattre demain matin."
"Bien, soit. Prends du repos, tu m'as l'air nerveusement à cran."
Livaï s'entend presque répondre : "Oh oui, je vais me prendre un repos bien mérité !..."
"Caporal-chef !"
Livaï voit arriver Hange, au bord de se frapper la tête aux murs !... La pétillante brune sautille d'impatience. "Je trouve la proposition géniale !... J'ai envie d'y passer la nuit pour élaborer la meilleure stratégie !..."
Livaï manque de soupirer fortement.
"Livaï propose que nous y réfléchissions pour en débattre demain."
Le Caporal-chef opine du chef, regard déterminé dans le sens de sa décision.
"Je vais passer une nuit mémorable !..." s'extasie Hange.
"OK. Rompez tous. A demain."
Livaï soupire de soulagement.
"Livaï... demain à l'aube."
Le Caporal chef camoufle une grimace puis se hâte de regagner sa chambre.
Là, surprise, les liens ont été desserrés et rien ne laisse supposer de ma présence dans la chambre.
Livaï se redresse après avoir inspecté les liens, paupières fermées, tentant de repérer la moindre variation dans l'air.
"Je sais que t'es encore dans cette pièce."
En effet, je suis encastrée entre deux poutres de plafond et me laisse tomber directement sur son dos. Il chancelle et nous échouons sur le lit.
"J'ai trouvé le temps très long."
"J'ai... eu quelques obstacles à surmonter avant de pouvoir me libérer." me laissant le chevaucher.
"Des obstacles, uh ? Toi, le Caporal-chef ?..."
"J'ai bien failli y passer la nuit, tu sais ?" souriant presque à la perspective.
Je lui fais lever les bras et m'empare de ses poignets pour les nouer à la tête de lit.
Vive, j'ouvre la chemise pour câliner ce torse formé par les exercices à répétition et la guerre contre les Titans de tout poil.
"Tu me laisses toujours la meilleure place." constatais-je. "Celle du haut."
"Tu ne sembles pas t'en plaindre. Jusqu'à aujourd'hui, en tout cas."
"J'aimerai quand même une fois te voir en action."
"Ça viendra. Et ce jour, tu regretteras peut-être ta proposition."
"L'obstacle en question mesurait près de deux mètres et était coiffé de blond ?" laissant mes mains courir sur le torse.
"Hahahaha ! C'est ça. C'est très exactement ça. Et il était doublé par une tornade brune à quatre yeux. Tu vois ?"
"Oooooh oui. Et t'es parvenu à te dégager ?..."
"Comme tu peux le constater."
Je me penche pour resserrer les liens d'un cran, ce qui le fait tiquer et l'excite davantage.
"Putain, j'ai cru imploser durant la séance..."
"Mmm... oui, des confessions. J'adore ça. Imploser, uh ?..."
"Ouais. Je crois que j'aurai été capable de tuer si ça s'était prolongé." avec un sourire qui en dit long.
J'envisage le renflement du revers, ce qui lui arrache un long sifflement entre les dents, mâchoire serrée.
"Imploser. Tuer. J'aime lorsque tu me parles d'amour, Ackermann."
"De sexe. Je te cause sexe."
"Ah oui, pardon, autant pour moi." ouvrant le pantalon des deux mains pour lui offrir du leste.
"Par contre... tu devrais prendre quelques leçons sur la façon de nouer..." se libérant d'un geste pour venir immédiatement contre moi, cherchant ma bouche pour y ancrer la sienne, langue exigeante.
Sa main l'extirpe ; beau et dressé. Je l'empoigne aussi sec.
"Donc notre relation se résume tout simplement aux coucheries ?..."
"Déconne pas. J'serai prêt à donner ma vie pour toi, bordel."
Je me mets à aller et venir, lui extirpant un panel d'expressions de ravissement intense.
"Tu la donnerais aussi pour ton bataillon. Et pourtant ce n'est pas d'amour dont il est question."
"Qu'est-ce que t'en sais ?" froncé avant de relâcher.
"Tu es en train de me dire qu'amour et devoir sont liés ?..."
Sa tête dodeline. "Je dis que... bordel..." tête rejetée en arrière, menton levé haut.
Je retire mon bas de tenue et viens m'empaler, lui arrachant un long soupir vibrant. Ses yeux sont joliment voilés de plaisir. Ses seins pointent avec délice.
Je me mets à bouger, lentement, mains posés sur ses abdominaux.
Les siennes viennent derechef se saisir de mes hanches pour y imprimer les mouvements.
Il se laisse retomber en arrière, tête joliment enfoncée dans le blanc de l'oreiller, chevelure sombre en bataille, menton levé sur des sons d'un ravissement extrêmement, attisé par les sensations qui montent.
"Je... tuerai... pour ça..." divaguant.
Je me penche en avant pour mordiller le menton vaillant. "Inutile, Caporal-chef Livaï."
Il s'arque puis se cambre, à mesure, fou de tout.
Je sens une forte palpitation le traverser et il jouit là, secoué sous moi.
Je ne tarde pas non plus tant ce qu'il offre est beau.
Je sens que les nerfs de Livaï sont mis à rude épreuve durant la cérémonie. Aux soupirs répétés que j'entends, le fait ne laisse place à aucun doute. J'aimerai lui prendre la main pour le réconforter mais... il s'agit d'un acte interdit en public !...
Le discours qui suit est ronflant et Livaï manque de s'endormir... d'ailleurs, il s'endort, posant sa tête sur mon épaule, sous le regard attendri d'Hange.
"Personne ici ne le lui reprochera : notre Heichou s'accorde très peu d'heures de sommeil."
Comme par miracle, Livaï émerge lorsque les applaudissements se terminent.
"Vous... êtes encore là ?" s'étonne Jean, habitué à ce que leur chef file à l'anglaise - un comble pour un Allemand ! - lorsque l'armée se met à table.
"Mouais. On m'en a convaincu. Je voulais faire une exception cette année." m'adressant un regard aussi bref que complice.
J'aperçois cette chère Hange et m'en approche. "Hange ?"
"Oui, Rachel ?"
"Je voulais te dire : je suis vraiment ravie que tu comprennes si bien Livaï."
"Oh, tu sais, Rachel, notre Heichou a déjà fait ses preuves : rude mais juste. Moi, ça me va. Par contre, ça passe un peu moins bien avec d'autres. Mon but est d'arrondir les angles."
"Brave Hange !... En effet, avec Livaï on bascule rapidement dans la violence et le trash. Je suis contente que tu comprennes son fonctionnement."
"Han, t'es vachement sympa, Rachel !... Et tu pratiques apparemment Livaï depuis plus longtemps que moi."
"Oui mais je ne sais pas si je serai capable de traduire sa façon de raisonner auprès des troupes. Je trouve que tu accomplies parfaitement cette tâche."
"Oh mais c'est avec plaisir !..."
Je pose la main sur son épaule, souriante. "Installe toi à côté de nous pour le repas, Hange."
"Hey, hey ! Que vois-je ? Tu dévoies ma chef d'escouade ?" intervient Livaï, soulevant mon bras pour retirer ma main de l'épaule d'Hange.
"Heichou !..." amusée.
"Nous évoquions ton fonctionnement, cher cousin."
"J'ai déjà envie de me boucher les oreilles." grogne Livaï.
"See." à Hange.
"Ouais, nan, en fait ça l'intéresse." affirme Hange.
Livaï plisse les yeux. "Tu cherches la mise à pied, Hange ?"
"Ca me laissera du temps pour étudier mes deux Titans !..." exaltée.
Livaï soupire. "S'il n'en tient qu'à ça..."
"Tu étudies les Titans, Hange ?"
"Ouch !..." clapit Livaï, connaissant la passion exacerbée de sa chef d'escouade pour nos ennemis avérés.
"OUIIIIII !" sautillant sur place. "Ce sont des créatures passionnantes !"
"Je te le confirme, notamment le titan assaillant, en ce qui me concerne."
"Eren ? Oh oui, Eren est fabuleux en titan, kiiiiiiia !"
Livaï se cogne le front de la paume.
Nous voilà à table.
"Tu sais que c'est moi qui coupe les cheveux au Heichou ?..."
Livaï soupire. "Tu n'étais pas obligée de dévoiler ce pan-là de notre intimité, Hange."
"Ah si si si." intéressée par les informations distillées si précieusement par Hange.
Une main passe sur ma cuisse, sous la table. Je me raidis perceptiblement.
"Si tu le prends de cette façon." souffle Livaï, l'air de rien, suffisamment proche de mon oreille.
Hange attrape une cuisse de volaille par le pilon et mord à pleines dents dedans.
Je pivote jusqu'à son oreille : "Un mètre 60 d'agilité rien que pour moi... je ne crache pas dessus." attrapant une cuisse dans le plat, à l'aide d'une fourchette.
"Prends des forces." souffle Livaï, pupilles agrandies, signe que l'excitation est en train de le gagner, attrapant à son tour une cuisse par le pilon, mordant dedans façon Hange.
"Oh, Heichou, je pensais que vous prendriez des couverts !... En fait, vous êtes un sauvageon !..." régalée.
"Si tu savais, Hange, ce à quoi j'ai déjà assisté dans ma jeunesse..."
"Je veux tout savoir !" excitée comme une puce.
"Parle et je t'écharpe, cousine." attrapant le couteau cette fois.
"Mais oui, je vais parler, cher cousin. Hange a le droit de savoir."
Sa main crispe sur ma cuisse. "A tes risques et périls."
Je suis parfaitement consciente que s'il venait à y placer toute sa force, ma pauvre cuisse n'y résisterait pas.
"Notre cher Heichou aimait se foutre à poil pour tremper son joli corps dans la rivière voisine."
Hange manque de recracher tout ce qu'elle a en bouche.
La prise sur ma cuisse se raffermit considérablement. "Je n'étais pas le seul à l'époque. Rappelle t'en."
"Donc... minute... si j'ai bien compris, vous... vous mettiez nus pour... Haha ! Hahahaha ! Oh, j'y crois pas !..."
"Tu devrais." la fixe Livaï.
Tiens, tiens. On commence à apprécier ce jeu.
"Et... comment qu'il est foutu, ma chère Rachel ?"
"Oh... un mètre 60 parfaitement balancé et équilibré." lâchais-je, explicite.
"Vaaaaache !" secouant la main.
Livaï se lève, placé dans mon dos, attrapant ma main, couteau dans l'autre. "Comme promis, tu as droit à une punition."
Il pose ma main à plat sur la table, écartant les doigts de sa lame, glissant l'autre bras devant mon visage, pointe du couteau vers le bas.
Hange observe, amusée. "S'il te loupe, c'est un doigt en moins."
"Il ne loupera pas. C'est assuré."
"Je n'en serai pas si certain à ta place." un brin sadique.
"Tu seras le premier à t'en plaindre, cousin." assurée.
"Je vais te faire ravaler ton orgueil."
Ça commence, lentement d'abord, pointe du couteau se plantant entre mes doigts. Puis la vitesse s'accélère jusqu'à ne plus distinguer la lame !...
Hange siffle d'admiration. "Y a pas, vous êtes bien le plus rapide du bataillon."
"Shhh ! Ne déconcentre pas le Heichou." dis-je.
Il cesse, notant que toute la tablée nous observe. "Oui, merde, ce sont les fêtes et chacun a le droit de s'amuser à sa façon !..." lâche Livaï, regagnant sa place.
"C'est lui qui t'a appris ça ?..." curieuse.
"Oh, bordel, ne rapplique pas avec ce connard !"
"C'est qui, lui ?" questionne Hange, curieuse.
"Une référence personnelle."
"Tu parles d'une référence !..." grogne Livaï.
