Bonjour tout le monde !!!! Ça faisait longtemps que j'avais pas mis à jour cette fic… Mais bon maintenant j'ai un ordi qui marche, donc les mises à jour seront plus régulières. ^^ Donc voici pour vous la suite des « malheurs de Deidara »…. Ben oui Sakura lui mène la vie dure quand même. =3 bonne lecture.
Chapitre quatre : D pour Diatribe
Deidara paniquait.
Quelqu'un avait tort ; quelque chose n'allait définitivement pas, parce que ça n'aurait pas dû faire aussi mal après autant de temps.
Il essaya de s'asseoir, roulant hors du berceau de racines d'arbres noueuses dans lesquelles il avait dormi, mais son bas-ventre entier protesta tout de suite violemment. Un gémissement de douleur involontaire le força à se ré-allonger dans l'herbe.
Kisame, qui était réveillé depuis l'aube, ce cinglé, se dressa au-dessus de la silhouette affalée de Deidara. Il se gratta distraitement le menton, et des gouttes d'eau tombèrent par terre. « Qu'est-ce tu as ? » marmonna-t-il.
Deidara lui jeta un regard mauvais. « C'est à cause de la fille », gémit-il, posant une paume sur sa cuisse pour appuyer ses propos.
Kisame sourit d'un air diabolique. « Elle te plaît, maintenant ? » Il jeta un coup d'œil vers l'endroit où Sakura était étendue, endormie et encore attachée par des cordes résistantes au chakra.
« Pas ça, mmh », siffla Deidara. « Quand elle m'a frappé. C'est toujours douloureux. »
Kisame haussa les épaules. « Demande-lui de te soigner. C'est pour ça que nous l'avons emmenée, non ? »
Deidara posa les yeux sur Sakura, essayant simultanément d'ignorer la douleur et la possibilité qu'elle lui inflige encore plus de dégâts rien qu'en y faisant allusion. « Je ne pense pas qu'elle le fera, mmh. »
« Alors ne lui donne pas le choix. » Kisame secoua une main quand il marcha vers la fille, la tirant hors de son sommeil. « Force-la. C'est toi le méchant, non ? »
Il renifla. « Je n'aime pas le terme « méchant ». Je préfère « antihéros ». »
« Ça ne marche pas », signala tranquillement Kisame quand il commença à défaire les cordes d'une Sakura à demi-réveillée. « Tu as déjà joué le rôle du héros de temps en temps. »
Deidara regarda les mains puissantes de Sakura – des mains capables de lui démolir les parties d'un seul geste – quand elle les posa sur Kisame pour le repousser, même si elle n'y avait ajouté aucun chakra. « Quand est-ce que j'ai sauvé quelqu'un , mmh ? »
« Une fois tu as sauvé un chaton. »
« Oh, mais c'était une fois, et c'était juste parce que je me sentais anormalement généreux ce jour-là ! »
« Le fait demeure », le réprimanda joyeusement Kisame, déposant Sakura à côté de Deidara.
Deidara recula en grimaçant. « Non, vraiment, Kisame. Je ne veux pas. »
« Si tu ne te fais pas soigner convenablement, ça ne remarchera plus jamais comme il faut. »
« Et si elle me démolit complètement, ça ne marchera plus du tout. »
« Qu'est-ce qui se passe ? » cria Sakura, fusillant respectivement du regard Deidara et Kisame. Elle frotta les marques rouges que les cordes avaient imprimés sur ses poignets.
« Quand tu as donné un coup de pied à Deidara », marmonna Kisame, posant ses mains sur ses hanches, « tu as endommagé quelque chose. »
Deidara s'assit et commença à reculer, fronçant les sourcils à cause de la douleur sourde provoquée par ses mouvements. « Non, non, ça va. Je peux le supporter, mmh. »
« Conduis-toi comme un homme », dit Kisame, touchant le bras de Deidara du bout de sa sandale. Il se tourna de nouveau vers Sakura, qui avait l'air horrifiée. « Soigne-le. »
« Et où, exactement, » demanda-t-elle, plissant le visage de dégout, « suis-je supposée le soigner ? »
« A l'endroit où tu l'as frappé », dit simplement Kisame, comme si c'était la chose la plus facile à accepter du monde.
Deidara gémit un peu. « Ce n'est pas nécessaire, Sakura », supplia-t-il, secouant la tête vers sa prisonnière. « Je vais bien, mmh ! »
« Eh bien, je l'espère pour toi ! » Elle croisa les bras. « Parce que je ne te toucherai pas ! »
« Tu n'es pas du tout obligée de le toucher », dit Kisame, enroulant lentement et délibérément une main autour de la nuque de Sakura. « Mais tu dois le soigner. » Il se pencha, la bouche à côté de son oreille, et il resserra sa main. « Répare les dommages, ou tu vas te retrouver dans la même situation. »
« Kisame, ne fais pas ça. »
« Deidara, ferme-la. » Kisame relâcha brutalement Sakura et rattrapa Deidara qui était sur le point de se lever et de partir en courant. Il l'attrapa par le derrière de la cape. « Tu parles trop. »
« Mais ce n'est pas n'importe quelle partie du corps ! » protesta Deidara, même quand Kisame le poussa au sol. « C'est ma b – »
« Tu n'es pas sérieux », marmonna Sakura. « C'est répugnant. »
« Ne le fais pas, mmh, » dit Deidara quand Kisame s'assit, jambes croisées, et le plaqua au sol avec une poigne de fer sur le torse. « Je vais te buter quand je me serais relevé. Je te jure – je vais tous nous faire exploser. Je – »
« Tu n'es pas sérieux », répéta encore Sakura, avançant lentement vers Deidara.
Deidara sursauta. « N – non ! Bande d'enculés ! »
« Mais oui, bien sûr. Je ne m'approcherais pas de cette chose ! »
« Comme-ci ça allait bondir et te mordre ! » lui rétorqua Kisame, et Deidara lutta sous son étreinte.
Sakura s'étrangla d'horreur.
Deidara voulut mourir quand il regarda la fille, nerveuse et tremblante comme une feuille, penchée sur lui.
Elle leva les yeux vers Kisame pour voir si tout ça n'était rien qu'une blague, mais le visage de Kisame était glacial et sérieux. Donc elle prit une profonde inspiration, ferma les yeux, puis se mit à travailler.
Il se mordit la lèvre.
Elle marmonna quelque chose puis tendit une main pour agripper la fermeture de sa cape sale, la baissant pendant ce qui semblait des heures. Son autre main resta tranquillement sur la hanche de Deidara.
Oh mon Dieu.
Chaque côté de la cape fût poussé de côté, et les bruits du rire étouffé de Kisame furent assourdis par le bruit du cœur de Deidara lui battant aux oreilles. Il y avait deux raisons pour lesquelles il était aussi nerveux. Deux très, très bonnes raisons.
Il lui sembla alors que la fille était rentrée dans une espèce de mode-médical, car elle marmonnait des choses, plissant le front et lui touchant un peu les flancs, qui étaient assez chatouilleux.
Il sursauta un peu.
Elle releva immédiatement la tête, avec une lueur dans les yeux qui fit supposer à Deidara que les yeux des médics ne brillaient comme ça que dans le contexte de leur travail. « Ça fait mal ? »
Il secoua la tête.
Elle retourna à son examen, et Kisame se mit à rire.
« Chatouilleux, Mr. Antihéros ? »
Deidara choisit d'ignorer sa remarque pour regarder attentivement Sakura tâter et examiner ses cuisses internes et externes. Et cela aurait probablement empiré la raison numéro deux de sa nervosité si la douleur ne s'était pas soudain réveillée.
Il grimaça, et elle s'arrêta instantanément. « Ça fait mal ? »
« Ouais. »
Elle ne dit rien de plus, continuant juste son processus médical qu'elle semblait être la seule à comprendre. Elle lui remonta son tee-shirt en résille, puis le haut gris qui était dessous, et lui déboutonna son pantalon.
Il se crispa. « Qu'est-ce que tu fais ? »
Sa bouche bougea à peine quand elle parla. « Tu auras de meilleurs résultats si je te soigne directement à la source. »
Kisame ne pût retenir un rugissement de rire quand la fille ridiculement sérieuse tira le reste des vêtements de Deidara en dessous de ses hanches.
Une vague de peur traversa Deidara, et il essaya, sans succès, de s'éloigner encore une fois, mais l'étreinte de Kisame lui donnait presque des bleus. Il en était même à un stade où il se demandait si oui ou non l'homme-requin était en réalité en train de s'amuser.
Puis Sakura le toucha.
….. D'accord, en réalité, elle ne le touchait pas vraiment. Sa peau n'entra jamais en contact avec la sienne, et il en était infinitésimalement content. Mais son chakra, frais et de couleur vert menthe, le toucha certainement. Elle n'avait pas l'air gênée du tout quand il regarda son visage. Elle resta juste stoïque et tranquille, finissant le travail d'un air absent.
Et en quelques secondes, il se sentait déjà mieux. Il se détendit.
« Les dommages ne sont pas trop étendus », dit Sakura, comme si ça n'avait pas été elle qui avait infligé la blessure à l'origine. « Juste quelques bleus et un minuscule gonflement. »
Kisame hurla encore de rire. « Minuscule », se moqua-t-il, fermant ses yeux gris.
Deidara grinça des dents. « Elle a dit que le gonflement de la blessure était minuscule, mm – qu'est-ce que tu fais ? »
Sakura ne tiqua pas. « J'examine les zones voisines pour voir s'il y a d'autres dommages. »
Il lui jeta un regard horrifié. « Arrête-ça ! »
« Arrêter quoi ? »
« Arrêter de me reluquer et de me caresser ! »
« Je ne te reluque pas, et je ne te caresse certainement pas », rétorqua-t-elle. Un de ses doigts rebondit contre quelque chose de particulièrement sensible, et Deidara agrippa l'herbe sous lui.
« Je n'ai pas demandé de visite médicale, mmh ! », lança-t-il, surveillant de près les mouvements des mains de la médic-nin .
« Eh bien tu devrais ! Depuis quand tu n'en as plus eu ? »
« C'est pas tes affaires ! »
« Bien sûr que c'est pas mes affaires, putain ! » cria Sakura, serrant les poings après, heureusement, s'être éloignée de son « patient ». « Vous m'avez tout les deux kidnappée – »
« – enlevée », corrigea Kisame.
« Peu importe ! Vous m'avez tout les deux emmenée avec vous pour devenir votre petite infirmière personnelle, non ? »
Kisame acquiesça et Deidara grogna.
« Et j'ai accepté », continua-t-elle, posant une main sur sa poitrine pour appuyer ses propos, « de juste devoir attendre que ça passe. Parce que vous n'allez jamais me laisser m'éloigner, et que quand j'essaie de m'échapper, tout ce que vous faites, c'est me mettre K.O et m'emmener ailleurs. »
Un léger sourire agita les lèvres de Kisame. « Eh bien, au moins tu t'es résignée. »
Sakura fit un soupir las. « Ouais ». Elle se remit à soigner Deidara, et cette fois son chakra n'était pas frais et relaxant, mais incroyablement chaud.
Deidara gigota, mal à l'aise. « C'est fini, mmh ? »
Elle lui lança un regard noir qui aurait même pu faire geler l'enfer.
« Apparemment pas », dit Kisame.
Après quelques secondes supplémentaires où il essaya de retenir ses hormones, Deidara fût très, très content de voir Sakura lui remettre ses habits pour le couvrir. Elle se leva.
Kisame l'imita, lâchant Deidara pendant l'opération. « Où tu vas, gamine ? » lança-t-il.
« Me laver les mains dans la source ! » rétorqua-t-elle. « Je me sens soudain très sale. »
Deidara se leva, gigotant pour remettre son pantalon à sa place originelle. Après avoir rajusté ses tee-shirts, il referma sa cape, puis s'épousseta comme si rien ne s'était passé.
Et c'était la vérité, se rappela-t-il. Rien ne s'était passé. Elle avait juste réparé quelque chose qu'elle avait endommagé en premier lieu – et ça avait été horriblement agréable, s'il devait se l'avouer – et c'était tout.
Il s'assit sur un arbre abattu et regarda la fille, agenouillée en face de la source et se frottant les mains comme si elle les avait plongées dans du poison.
Kisame s'assit à côté de Deidara, ricanant dans sa barbe. Il se pencha un peu vers lui. « Elle ne t'aime vraiment pas. »
Deidara lui tourna le dos. « J'en ai rien à faire, mmh. »
Ils regardèrent tous les deux Sakura retirer ses mains de l'eau, les fixer un moment avec un regard mauvais, puis les replonger dedans encore une fois.
Deidara croisa les bras en grognant. « Ce n'est pas si terrible que ça ! » lui cria-t-il.
Elle lui jeta un regard noir par-dessus son épaule.
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« Il y a une ville au nord », fût tout ce que Deidara eut à dire pour rendre Sakura impatiente.
C'était la deuxième nuit où ils étaient forcés de dormir dans les zones sauvages de la côte Est, essayant de trouver un endroit sec. La plus grande partie du paysage était marécageuse et possédait un feuillage tellement dense que personne n'aurait pu s'y installer même en le voulant, mais ils avaient quand même trouvé quelques îles.
Cette île-là était une étendue de terre à moitié inondée.
Elle soupira et essaya de réfléchir à des situations où son sort aurait pu être pire.
Eh bien, elle aurait pu se faire capturer par Itachi et Kisame à la place de Deidara et Kisame. Itachi était encore plus sans-cœur et encore plus con que Deidara.
Et ce n'était pas pour dire que Deidara n'était pas un salopard. Oh, non, il était aussi con que le reste des Akatsuki.
Il était juste….. un peu moins pire.
Ou, réfléchit-elle, continuant ses lamentations silencieuses, l'homme bleu aurait pu la tuer à la place de juste la mettre K.O.
Non, peu importe. C'était pareil.
Elle soupira et se retourna, se retrouvant face à face avec l'ennemi. L'ennemi étant Deidara.
Il dormait, bien sûr, mais ça ne l'empêchait pas de se sentir horriblement nerveuse, et elle prit une profonde inspiration.
Une couverture en lambeaux pour s'allonger. Trois corps – quatre, en réalité, vu que Kisame était suffisamment massif pour deux. Une couverture de trois mètres de haut, deux de large. Si elle se couchait sur le dos, elle se retrouverait serrée inconfortablement entre un homme-requin de deux mètres dix de haut et un homme blond nettement plus petit.
Ah, oui. Est-ce qu'elle avait mentionné que ledit blond avait des bouches sur les mains ? Des bouches qu'il aimait exhiber en sa présence, apparemment, parce qu'à chaque fois qu'elle leur jetait un coup d'œil, il lui semblait qu'elles se léchaient les dents, lui tiraient la langue, ou lui souriait simplement. C'était suffisant pour lui retourner l'estomac.
Et elle ne pouvait pas oublier Kisame. C'était un cas exceptionnel. Bon sang, il était bleu. Il avait des ouïes, des yeux vraiment minuscules, et probablement une petite nageoire dorsale sous cette touffe de cheveux bleus marine, si jamais elle avait l'occasion de vérifier.
Mais….. ils n'étaient pas moches, au final. Elle n'avait jamais vu personne avec un plus beau corps que Kisame depuis qu'elle l'avait vu torse nu – d'accord, il était entièrement nu, mais elle n'allait pas le crier sur tout les toits – et le visage de Deidara éclipsait de loin la beauté efféminée de Sasuke, et réussissait à garder sa masculinité intacte.
Putain, si tous les Akatsuki avaient des corps et des visages comme ça, et autant de grâce, bien que guindée, que ces deux-là, elle n'aurait rien eu contre leur proximité. Et si elle avait été suffisamment soûle, elle aurait même pu envisager de rejoindre l'Akatsuki, ne serait-ce que pour regarder la beauté unique de chaque bataille pour la domination au sein du groupe.
Du coin de l'œil, elle jeta un regard à Deidara, toujours paisiblement endormi. Vu que les cheveux recouvrant habituellement son œil gauche avaient glissé, ils révélaient son microscope, et elle fût suffisamment intriguée pour le fixer pendant un bon moment. Elle était peut-être attachée, mais il était quand même sans défense. Profondément endormi, sans arme à portée de main. Il aurait pu tout aussi bien être nu.
Mais bon, elle n'aurait pas pu faire grand-chose. A chaque fois qu'elle faisait à peine un bâillement, elle entendait la respiration de Kisame s'arrêter, puis sentait ses épaules se crisper. Deidara n'était peut-être pas complètement opérationnel, mais Kisame avait définitivement les choses bien en main. Si elle essayait de s'échapper, il la maitriserait à la vitesse de l'éclair.
Elle pouvait même l'imaginer : elle se lèverait silencieusement, essaierait de bondir loin d'eux, puis des doigts puissants s'enrouleraient autour de ses chevilles, la faisant tomber au sol.
« Tu vas où, gamine ? » demanderait-il – non, grognerait-il – puis il la trainerait jusqu'à sa place d'origine.
Deidara se réveillerai alors, la regardant avec dédain, un œil fermé paresseusement pendant que l'autre l'examinerait attentivement avec le microscope. « Tu as besoin de travailler ta furtivité, mmh », marmonnerait-il, avant de croiser les bras derrière la tête et de faire semblant de s'endormir à nouveau. Mais en réalité, aucun des deux ne dormirait, car ils étaient légèrement plus méfiants que les shinobis moyens – et pour de bonnes raisons.
Elle essaya, sans succès, de se dégager des liens autour de ses pieds et de ses mains. Avec juste sa propre force de brute, elle ne pourrait jamais les casser. Si seulement ils n'étaient pas résistants au chakra…. Dès qu'elle reviendrait à Konoha, elle devrait demander à Tsunade s'il existait un jutsu pour détruire toutes ces merdes.
Son cœur battit douloureusement à la pensée de son maitre et de son pays natal. Tsunade…. Konoha…. Est-ce qu'elle les reverrait un jour ? Et s'ils perdaient la guerre ? Et si le Sable et le Son s'étaient ligués contre eux ? Et ses amis ? Un bon nombre d'entre eux avait déjà péri, mais il lui en restait toujours pas mal quand elle avait été séparée de son équipe. Naruto, Ino, Shikamaru, Hinata, Yamato, Saï, et plein d'autres encore. Il lui semblait que cette liste était sans fin.
Quelqu'un – elle suspectait que c'était Deidara – grogna quelque chose qui ressemblait vaguement à « Tobi », et bougea légèrement, essayant de s'enrouler dans la couverture et échouant.
Elle lui faisait toujours face, donc elle fronça les sourcils et ferma finalement les yeux.
Elle devait admettre qu'elle se sentait un peu coupable. Deidara et Kisame avait perdu des amis, eux aussi, et probablement bien plus qu'elle. Pour avoir rejoint l'Akatsuki…. eh bien, quelque chose de tragique avait dû se passer dans leur vie.
La chaleur corporelle des deux déserteurs lui tenait suffisamment chaud, et après un moment, elle tomba dans un sommeil sans rêves, ce dont elle était reconnaissante.
Elle ne remarqua pas la paire d'yeux gris, à moitié ouverts à cause de la fatigue, regardant son dos s'élever puis retomber quand elle respirait.
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Quand Sakura se réveilla, elle souhaita le contraire.
Quelque chose – quelqu'un – touchait l'os de sa hanche. Et ce n'était pas juste un amical « Réveille-toi, on va être en retard ! » ou une sorte de « Sors ton cul du lit avant que je t'enfonce la tronche dedans ! ». C'était un « Je t'aime ma chérie, donc autorise-moi à tracer des cercles autour de ton nombril, horriblement près d'un endroit très intime qui ne devrait pas du tout être touché, et réveille-toi vite ».
Et elle détestait ça.
Presque effrayée par l'identité de la main qu'elle trouverait en bas – une grande bleue ou une plus pâle, mais avec une bouche sur la paume – elle baissa les yeux, à moitié horrifiée.
Génial. C'était celle de Deidara. Et son tee-shirt s'était relevé, donc la peau qu'il touchait était nue.
Quand elle regarda son visage, qui était tourné vers elle, il dormait toujours. Ses cheveux étaient désespérément en bataille, sa bouche était à moitié ouverte, et il avait l'air complètement innocent….. mais il l'avait quand même probablement tripotée pendant son sommeil.
Respire, Sakura. D'accord. Si elle se levait et s'enfuyait en courant, enfin, en sautillant, Kisame la balancerait par les chevilles comme un katana. Si elle criait, ils seraient furieux contre elle, et diraient probablement quelque chose du genre « Ta gueule salope ! ». Ce ne serait pas si horrible que ça, mais elle était tellement près de gagner leur confiance…. pour enfin vite s'échapper. Elle ne voulait pas briser tout ce qui s'était construit.
Donc, réfléchit-elle avec ironie, tout ce qu'il lui restait à faire pour gagner leur confiance en son comportement de « gentille fille », c'était de laisser Deidara la tripot –
Une langue sortit de la paume de l'homme et lécha sa hanche.
Tant pis. Elle hurla.
Comme prévu, Kisame agrippa immédiatement Sakura, se leva, la poussa derrière lui, accroupi en une position défensive et scannant frénétiquement les alentours. Deidara le suivit rapidement, une main agrippant le coude de Sakura, même si elle était derrière le mur de briques aussi connu sous le nom de Kisame, et il glissa l'autre main dans son sac d'argile.
Pendant environ trente secondes, il y eu un grand silence. Puis une grenouille coassa quelque part.
« Euh… », grimaça Sakura, se sentant encore plus petite qu'une souris. « C'était… désolée. »
Deidara lui jeta un regard de côté. « De quoi, mmh ? ». Il avait l'air sérieux comme la mort, son œil visible dur et calculateur.
Kisame ne bougea et ne parla même pas, ce qui était quelque part encore plus intimidant.
Elle avala difficilement sa salive. « D'avoir…. crié. Il n'y a rien qui attaquait. »
Deidara expira longuement et se détendit, replaçant le sac dans un compartiment inconnu de sa cape. « Pourquoi tu as crié, alors ? »
Elle fronça les sourcils, toujours cachée derrière Kisame, même si Deidara avait retiré sa main de son bras. « Tu me caressais ! »
C'était un rougissement ? Est-ce que Deidara rougissait ?
« C'est pas une excuse ! » hurla-t-il, et Sakura se tapit encore plus derrière Kisame. Rouge de colère. C'était plutôt ça.
« Tu – ta – la langue me léchait ! »
« Ses lèvres étaient sûrement sèches ! »
« Elle n'as même pas de lèvres ! »
« C'est toi qui le dit ! »
« Fermez-la ! » beugla Kisame, et il tendit une main pour frapper l'épaule de Deidara tellement fort que le blond partit en avant. « Il y a quelqu'un. »
Ayant apparemment mis sa colère de côté, la main de Deidara prit encore le chemin du sac d'argile, en ramenant cette fois-ci une poignée de la substance dans ses paumes. Sakura le regarda avec horreur quand il referma la main, la petite bouche de sa paume attirant lentement l'argile avec sa langue, qui commença à modeler.
Un grognement sourd, menaçant, et presque animal s'élevait jusqu'à un niveau sonore décent dans la gorge de Kisame, qui avait les poings serrés contre ses flancs. Presque instantanément, il jeta un coup d'œil à Deidara. « Détache la fille. »
« Et si elle s'enfuit, mmh ? »
« Nos vies sont plus importantes que sa capture. Fais-le. »
Il semblait être d'accord, car il s'agenouilla immédiatement derrière elle et commença à défaire prudemment les nœuds. Enfin, les cordes se relâchèrent autour de ses poignets et chevilles, et elle se mit instinctivement en position.
Deidara rangea les cordes dans son sac. « Ils viennent du sud-ouest ? »
Kisame acquiesça. « Ils bougent lentement. »
« Ils n'ont pas l'air trop menaçants, mmh. »
« On n'en est pas sûrs. »
Un homme apparut dans les broussailles, pataugeant dans la boue. Il portait des vêtements banals, avec de grandes bottes en caoutchouc. Ses cheveux, tirés en queue de cheval, étaient d'un noir d'encre. Il les fixa tout les trois, tenant un sac jeté sur son épaule ; ce sac était bosselé et remplie à ras bord d'une substance inconnue.
A une certaine distance, même Sakura pût détecter la soif de sang dans ses yeux, marron foncé et pleins de méchanceté.
Il se voûta un peu, sourit d'un air mauvais, les trois shinobis frémirent…
Et il secoua une main amicale. « C-o-o-o-u-u-u-cou ! », cria-t-il, sautillant joyeusement.
Qu'est-ce qu'elle venait de dire à propos de la soif de sang ?
Tout ce qu'elle savait, c'était qu'il courait vers eux, et que deux mains de plus la poussait avec insistance derrière deux « boucliers » Akatsuki.
Elle souffla. C'était maintenant le moment parfait pour s'échapper…
« Eh bien, bonjour ! » dit l'homme entre deux halètements, essuyant la boue de son visage. « C'est rare de voir des voyageurs dans un endroit si reculé ! »
Personne ne la regardait. Les deux garçons avaient l'intention de ne pas le laisser découvrir qu'ils étaient, bien entendu, des déserteurs. Tout serait fini si l'homme reconnaissait la cape maintenant à l'endroit de Deidara. Elle ne pouvait qu'imaginer la manière dont Kisame la réduirait en pièces après.
« Ah », commença nerveusement Deidara, et Sakura regarda sa nuque quand il parla, légèrement amusée par la manière dont sa queue de cheval sautillait. Et il était…. pas mal grand.
« Eh bien, nous aimons un peu voir du pays, en quelque sorte, mmh. »
L'identité du négociateur du groupe était évidente. Kisame était les muscles, Deidara le cerveau, et Sakura était…
Sakura était sur le point de se débarrasser de ces deux pestes pour le restant de ses jours, avec un peu de chance, si elle arrivait à se retourner pour courir.
L'homme ria. « 'Y a pas grand-chose à voir dans le coin ! » .Il se balança, regardant par-dessus son épaule. « Juste le port. Beaucoup de marchandises passent par chez nous. » Un air ravi s'installa sur son visage, et il leur fit un grand sourire. « Vous devriez venir et passer la nuit ici ! »
Sakura fit un pas hésitant en arrière, le regard toujours fixé sur une touffe de cheveux bleus. Elle regardait toujours Deidara du coin de l'œil, mais c'était Kisame dont elle devait s'inquiéter. Il était toujours trop alerte, trop attentif à elle et à chaque mouvement qu'elle faisait. Ça aurait même pu être flatteur si cela n'avait pas nui à sa liberté.
Elle fit encore un pas en arrière, et aucun des deux shinobis ne frémit. C'était bon. C'était le moment de faire sa grande évasion. Et tout ce qu'il lui restait à accomplir était de faire un grand saut, prendre un départ stable, puis bondir dans ces marais touffus.
Le bout de sa botte s'enfonça dans le sol quand elle se prépara à filer. Et juste au moment où les muscles de ses mollets se raidirent et se contractèrent pour courir, Kisame l'agrippa par la taille et la tira devant lui.
« Génial ! » dit-il, souriant largement. L'homme ne semblait pas du tout déconcerté par ses dents pointues ou par ses autres caractéristiques physiques. « Laissez-moi vous présentez ma – »
« Ta sœur », dit doucement Deidara, prenant Sakura à Kisame, qui la relâcha à contrecœur. Il la tenait maintenant à côté de lui, un bras posé nonchalamment – mais fermement, quand même – autour de ses épaules. « Et ma femme. Je m'appelle Makoto Oonishi. Je viens juste de me marier avec ma Keiko, mmh. »
Le sourire de l'homme s'élargit encore plus, si c'était possible, et il s'inclina devant Sakura –Keiko. « C'est un plaisir, ma dame. J'imagine que c'est incroyablement merveilleux de porter le nom de Oonishi. »
Le bras de Deidara s'alourdit autour de son cou, la serrant jusqu'à légèrement l'étouffer, et elle avala difficilement sa salive. « Oui. C'est formidable. Bien plus que je n'aurais pu l'imaginer. »
A ce moment-là, la main de Deidara agrippa la sienne, et son cœur sursauta de surprise. « Ma femme et moi sommes très heureux, mmh », dit-il.
Kisame renifla d'un air sceptique.
« Et lui », dit Deidara, avec un mouvement de tête vers Kisame, « c'est mon beau-frère, Toshiba – »
« Yoshida. »
« Kenji Yoshida, mmh. »
« Formidable ! » L'homme frappa dans es mains et se retourna. « Très bien, suivez-moi alors ! La ville n'est pas très loin. » Après ces paroles, il se remit en route, sautant de rocher en rocher à travers l'eau brune et boueuse.
Kisame partit le premier, la mâchoire serrée, et Sakura regarda son dos, essayant simultanément de secouer sa main pour l'enlever de celle de Deidara. Le souvenir qu'il avait une bouche sur sa paume la poussait à résister à la pression que ses doigts infligeaient à sa main.
Il commença lui aussi à avancer, la trainant quasiment derrière lui. Ils marchèrent sur les traces de Kisame, qui suivait apparemment L'Homme–Qui–A–L'air–Dangereux–Mais–Qui–Ne–L'est–Pas, alias Mwldbi.
« Lâche-moi », siffla-t-elle, essayant de lui arracher sa main.
Il se tourna légèrement pour lui jeter un regard mauvais. « Tu penses que ça m'amuse, mmh ? » demanda-t-il, secouant leurs mains jointes pour la faire trébucher. « Mettons les choses au clair. Je te méprise. »
« C'est réciproque. »
« Alors j'en suis content. » Il sourit brièvement quand Mwldbi se tourna pour les regarder et secoua une main. Quand il se retourna, son sourire était devenu méprisant. « Mais pour l'instant, tu vas juste devoir prétendre être folle amoureuse de moi. » Il fit une pause. « Et je vais devoir faire pareil. »
« Alors pourquoi je n'ai pas pu prétendre être la nouvelle femme de Kisame ? »
Les pas de Deidara s'arrêtèrent pendant une seconde, et Sakura en ressentit une satisfaction bizarre. Mais il ne fit rien d'autre pour indiquer si le commentaire l'avait affecté. Il ne fit que la ramener plus près de lui, et il continua le chemin vers la ville portuaire.
Pendant qu'ils marchaient, Sakura fixa encore une fois le dos de Kisame. Grand. Il était très grand. Putain, ils étaient tous les deux grands, mais Kisame était presque monstrueusement grand.
Elle se demanda ce qu'il était arrivé à sa cape. Pourquoi est-ce qu'il portait des haillons ? Et il n'avait pas l'habitude de trimballer normalement une énorme épée ?
Donc elle demanda.
« Qu'est-ce qu'il est arrivé à la cape de Kisame ? Pourquoi est-ce qu'il porte des haillons ? Et il n'avait pas l'habitude de trimballer normalement une énorme épée ? » Sakura n'avait jamais été quelqu'un de subtil.
Deidara ne prit même pas la peine de la regarder. « Pourquoi tu ne lui demandes pas toi-même ? »
Elle jeta un regard noir à la moitié de visage qu'elle pouvait voir, ce qui, honnêtement, n'était pas grand-chose, vu que ses cheveux en cachaient la plus grande partie. « Je le ferai si tu me lâche. »
Il ne broncha même pas. « Non. »
Sa main, étroitement enroulée autour de la sienne, mais pas suffisamment pour lui faire mal, était comme un avertissement des choses à venir. Et franchement, elle commençait à avoir peur de ce que ça pouvait être, donc elle appela timidement Mwldbi. « Nous sommes bientôt arrivés ? »
Il acquiesça, mais ne se retourna pas. « Vous pouvez voir les contreforts d'ici ! »
Et évidemment, les contreforts se dressaient bien dans toute leur gloire, toujours ouverts et accueillants.
Deidara et Sakura rattrapèrent Kisame, qui s'était arrêté devant les portes et regardait Mwldbi. Ledit homme remettait en place le sac sur son épaule et souriait de nouveau.
« Elle a explosé, mmh », murmura doucement Deidara pour que seule Sakura puisse l'entendre.
Elle se tourna pour le regarder, sa main se serrant instinctivement autour de celle de l'homme, même s'il finit par l'enlever. « De quoi ? »
« Son – »
Un bruit sonore et grondant comme une cloche géante résonna depuis les confins de la cité. Sakura réalisa que c'était les cloches qu'ils utilisaient sur les bateaux. Elle avait déjà lu quelque chose là-dessus avant.
Leur hôte se mit à rire. « Bienvenue », dit-il, jetant les bras en l'air de toutes ses forces, « à Sakanamura ! »
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Enfin fini ! ^^ Je suis contente de voir grâce aux commentaires que vous laissez, que cette fic vous plait. Le Deisaku, c'est pas la chose la plus courante dans le fandom français. =3 Bon ben la suite, ce sera dans un ou deux mois. =$ Je vais essayer de me dépêcher, mais je vous garantis rien. Au fait, pour vous faire patienter, sachez qu'il va y avoir du changement dans la relation entre Deidara et Sakura dans le prochain chapitre.=D Bisous et bonne continuation.
