TITRE: CAPITAINES

FANDOM: Gundam Wing

COUPLE: 1x2 et diverses romances secondaires.

LABEL: PG-13 pour le chapitre NC-17 pour la fic.

GENRE: AU, Aventures, Historique, Romance

ATTENTION: yaoi, crossdressing

DISCLAIMER: Gundam Wing et ses personnages ne m'appartiennent pas mais cette histoire est à moi.

RESUME: Les Caraïbes au temps des Boucaniers. Duo Maxwell est un célèbre Capitaine Pirate lassé des conquêtes faciles. Sa vie va devenir bien plus intéressante quand il rencontre le sombre Capitaine Lowe dans des circonstances pour le moins inhabituelles.

Chapitre 4 : L'Espion Amical.

Lorsque le Capitaine Lowe regagna ses quartiers, remerciant silencieusement sa bonne fortune de lui avoir épargné la compagnie de sa fiancée, son expression était impassible comme à l'ordinaire. Pourtant, une personne le connaissant, si telle personne avait existé, aurait noté que ses yeux étaient inhabituellement rêveurs. Il n'arrivait pas à chasser Miss Winner de son esprit. C'était la première fois qu'une femme, ou qui que ce soit en fait, lui faisait un tel effet. Il y avait une inexplicable aura de mystère autour d'elle et il éprouvait un violent désir de le percer à jour. Il ne s'était, de sa vie, jamais senti aussi curieux et attiré. Il se faisait l'effet d'un papillon poussé vers une flamme, convaincu sans savoir pourquoi qu'il allait se brûler. Dans sa vie bien rangée, de telles pensées étaient inacceptables et sachant qu'il serait bientôt prisonnier d'un mariage sans amour, les étranges sentiments que la jeune femme aux yeux violets avaient éveillés tombaient on ne peut plus mal. Pourtant malgré toutes les excellentes raisons qu'il avait de vouloir oublier l'incident il ne parvenait pas à trouver la volonté nécessaire. Il voulait, non, il devait la revoir, à n'importe quel prix. Il était soudain convaincu qu'elle allait changer sa vie et il se demandait si sa santé mentale était toujours intacte, tellement ce comportement d'incorrigible romantique était aussi éloigné que possible de sa personnalité habituelle.

C'est probablement parce qu'il était trop occupé à échafauder un plan pour retrouver la jeune femme qui occupait toutes ses pensées qu'il ne remarqua pas de suite la présence d'un intrus dans ses appartements. Reconnaissons à son crédit, que l'évènement était suffisamment improbable pour qu'il ne lui ait pas traversé l'esprit. Quoi qu'il en soit, la voix de la silhouette qui s'appuyait nonchalamment contre l'un des murs du salon le frappa comme la foudre, le faisant sursauter.

« Yuy. Savais-tu qu'à la seule mention de ton nom la majeure partie de ce régiment est prise de bégaiements tandis que l'autre semble au bord des larmes ? Je trouve ça inquiétant de penser que ce sont ces gens qui défendent nos Colonies et je ne peux qu'en déduire que ta personnalité ne va pas en s'arrangeant. »

« Barton. Un plaisir de te voir. Pour répondre à ta question, je n'y peux rien si les gens me trouvent généralement effrayant et pour ton information s'ils t'ont laissé pénétrer dans mes quartiers sans mon expresse autorisation, c'est que tu ne leur as pas non plus fait très bonne impression. »

« Ah mais tu te trompes ! Pour ton information, les plus courageux m'ont ouvertement déconseillé d'envahir ton intimité, ils semblaient sincèrement inquiets de mon bien-être. Mais maintenant que tu m'y fais penser je crois que j'ai du perdre leur affection quand j'ai mentionné que j'étais un de tes amis. »

« Mon ami ? Oui, j'imagine que c'est une manière de voir les choses. »

« Que d'enthousiasme ! J'imagine que je devrais me sentir flatté vu que c'est probablement la chose la plus aimable que tu ais jamais dite à un autre être humain en quoi, vingt-cinq ans d'existence ? »

« Vingt-sept en fait mais tu te trompes ; mon plus aimable moment remonte à lorsque je t'ai remercié d'avoir pris soin de moi il y a cinq ans. »

« Ah oui bien sûr mais je mets personnellement cette fois-là sur le compte de la morphine et du coma prolongé. Je ne t'ai jamais connu aussi accommodant depuis. »

« Personne n'est parfait. »

« Ne t'appelle-t-on pas « le soldat parfait » pourtant ? »

« Je peux t'offrir quelque chose à boire ? »

Notant la diversion pour ce qu'elle était, Trowa Barton décida de ne pas insister sur le sujet et accepta de bonne grâce un scotch, avant de s'asseoir aux côtés de son « ami » dans le confortable sofa. Tout naturellement la conversation dévia sur les fiançailles de Heero que Trowa avait apprises avec étonnement. Quelques mots du Capitaine suffirent pour convaincre le jeune homme que là encore le sujet était douloureux. Devant l'apathie de son ami, il n'avait que la solution de s'indigner à sa place au risque de briser son habituel stoïcisme.

« Tu l'as dit toi-même bon sang tu as vingt-sept ans, tu n'es plus un enfant pour l'amour du ciel ! Je ne vois pas pourquoi tu continues à obéir aveuglément à ce bâtard. C'est peut-être ton grand-père mais il n'en a que le titre. Ca fait des années qu'il te traite comme un moins que rien. Cette fois-là c'est à cause de lui que tu as failli mourir et il ne s'est même pas préoccupé de ta santé jusqu'à ce qu'il ait été sûr que tu allais survivre et que tu pouvais encore lui être utile. »

« Arrête Trowa, ça ne sert à rien. Je suis parfaitement satisfait de cette situation. Je ne serai pas le premier homme à conclure un mariage de raison. Et puis ma fiancée est une jolie jeune femme après tout. Pas bien maline mais ce n'est pas vraiment ce qu'on lui demande. Je ne peux pas reculer maintenant, je perdrai tout ce que j'ai mis si longtemps à obtenir. Je suis un officier respecté, j'ai de l'argent et un avenir glorieux devant moi qu'est-ce que je peux vouloir de plus ? »

« Et dis-moi est-ce que c'est satisfaisant d'être le Capitaine Lowe ? Même pour Heero Yuy ? Est-ce que tu es heureux ? »

Le silence qui suivit et l'expression pensive de Heero étaient suffisamment éloquents mais Trowa savait qu'il ne pouvait rien faire pour son ami. Il n'était pas facile de sauver quelqu'un qui ne manifestait pas la moindre intention de se sauver lui-même. Le jeune homme ne supportait pas de voir cette apathie qui semblait s'être emparée de son ami. Il avait l'impression d'être arrivé trop tard, d'avoir laissé tomber Heero au moment ou il avait eu besoin de lui. Bien sûr le vieux Colonel n'était pas immortel mais il craignait qu'au jour de sa mort le mal ne soit déjà irréparable, que son emprise sur son petit-fils n'ait déjà fait plus de dommages à sa personnalité que possiblement réparables.

Les deux jeunes hommes restèrent silencieux de longues minutes, chacun perdu dans ses pensées, toutes peu réjouissantes. Heero fut le premier à revenir à la réalité. Après tout il était l'hôte et même si son invité s'était en quelque sorte imposé, il se devait de faire preuve de quelques manières. Pour être honnête, malgré la conversation gênante qu'ils venaient d'avoir, il était plutôt heureux de revoir Trowa. La dernière fois devait remonter à une demie année quelque part sur le continent et il n'avait pas de plus proche relation que ce dernier.

Ils s'étaient rencontrés cinq ans auparavant alors que Trowa était mercenaire, vendant ses services à la nation la plus offrante, créant ou étouffant des conflits selon la volonté des gens au pouvoir. Trowa avait ramassé Heero sur un champ de bataille, dans un avant poste de l'armée de Sank que les indiens avaient attaqués en représailles d'un massacre d'un de leurs villages. Le jeune homme avait été laissé pour mort et l'aurait probablement été sans l'intervention de Trowa. Le mois suivant, Barton avait pris soin du jeune soldat inconnu, le ramenant peu à peu sur le chemin de la santé. Ce n'est que lorsque Heero s'était finalement réveillé que Trowa avait appris toute l'histoire. L'armée savait que l'avant-poste allait être attaqué mais sous l'influence du Colonel Jay Lowe les renforts avaient été envoyés ailleurs. Le vieil homme semblait à cette époque désireux de se débarrasser de son encombrant petit-fils qui s'était rebellé une fois de trop, au besoin en sacrifiant également la vie de trente autres soldats. Cela dit lorsque le Colonel avait appris la miraculeuse survie de Heero il avait semble-t-il changé d'avis et décidé de faire de son petit-fils un héros, faisant par la même briller sa propre réputation. C'est quelques temps plus tard que Heero avait été muté de l'Infanterie à la Marine dans les Caraïbes mais il n'avait jamais perdu le contact avec Trowa. Au contraire profitant de sa toute nouvelle notoriété et de la vitesse à laquelle il gravissait les échelons, il avait fait profiter son sauveur de ses contacts, faisant de lui un consultant de l'armée et moins officiellement un espion puisque là était le domaine d'expertise de Trowa Barton. Nul ne savait comme lui s'infiltrer en territoire ennemi et ramener des informations capitales à l'armée de Sank.

« Dis-moi Trowa, toute politesse mise à part, puis-je savoir ce qui t'amène sur notre île ? Je doute que ma compagnie t'ait manquée au point qu'il ne s'agisse que d'une visite de courtoisie. »

« Ah Yuy, toujours aussi confiant. On jurerait que tu n'es pas content de me voir, mais comme d'habitude tu as raison. Il semblerait que les hauts fonctionnaires de Sank aient pensé qu'actuellement je serais plus utile dans les îles que sur le continent. Ils ont quelques problèmes de piraterie et j'ai été invité à les régler. Je ne peux malheureusement pas t'en dire beaucoup plus mais j'aurais besoin de ton aide pour une visite en règle du port. »

Le port, voilà une idée qui semblait engageante. Heero se souvenait nettement avoir entendu la ravissante Miss Winner demander au conducteur du fiacre à se rendre au port. Elle n'avait pas donné d'adresse précise mais s'il devait se rendre là-bas afin d'aider Trowa de toutes manières, rien ne l'empêchait de poser quelques questions ici et là. Après tout quelqu'un avait forcément remarqué la jeune femme. Vu la quantité de marins n'ayant pas touché terre depuis des mois, une femme et qui plus est, séduisante ne peut guère passer inaperçue. Il était certes un peu tard pour déjeuner, mais Heero n'avait pas encore pris le temps de manger et après une courte investigation, il découvrit que c'était également le cas de son ami. Il lui proposa donc de se rendre dans une auberge du port où il savait qu'ils seraient bien reçus.

« Est-ce que ça ne va pas ruiner ta couverture d'être vu avec un officier de marine et de plus, un qui n'est pas spécialement apprécié des ruffians ? » …ni de ses camarades ajouta-t-il silencieusement notant avec chagrin que Trowa, perspicace, semblait entendre le non-dit.

« Au contraire en fait, je m'intéresse moins aux ruffians qu'à certains rats qui semblent avoir envahi notre si noble Marine. Cela ne peut que jouer en ma faveur si j'ai l'air d'avoir un doigt dans chaque pot de confiture. Avec le temps j'ai appris que les rats ont tendance à chercher leurs semblables. »

L'insinuation était plus que claire pour le Capitaine, Trowa partait à la chasse aux traîtres et il y en avait beaucoup en ces temps ou nombres de prétendus corsaires étaient souvent plus viles que les pirates et ou même les plus distingués officiers se laisser séduire par l'appât du gain facile de la contrebande. Heero avait lui-même eut l'occasion de constater plusieurs irrégularités, mais à son poste de commandement, il ne devait se préoccuper que de la sécurité de ses navires et régler leur compte aux pirates. Tout ce qui concernait les corsaires était trop sujet à controverse politique pour qu'on prenne le risque de le confier à de simples militaires. Sank, comme tout autre pays craignait trop de provoquer une guerre ouverte avec l'un de leurs puissants ennemis pour risquer d'impliquer l'artillerie lourde. Lorsque Heero se retrouverait impliqué, il saurait pour sûr que la situation était désespérée. L'annonce de Trowa ne venait cependant pas comme une surprise, ce qui l'étonnait en revanche c'est que le jeune homme lui en révèle autant. Par le passé, il lui avait semblé plus circonspect. Il se dit alors que peut-être Trowa avait raison et que les deux jeunes gens étaient vraiment amis, quelle autre raison Barton aurait-il de lui faire à ce point confiance ?

Quelques vingt minutes plus tard, les deux hommes entraient au Marin Chaloupé, une auberge proprette, probablement la plus respectable du port où Heero savait que l'on dînait bien. Il n'avait cependant pas choisit l'établissement juste pour sa cuisine mais aussi parce qu'il estimait que si une dame devait trouver un logement provisoire dans le port c'était l'endroit le plus probable.

Lorsque la serveuse vint prendre leur commande, c'est donc avec espoir que Heero prit le parti de l'interroger.

« Pourriez-vous me dire Miss si vous avez parmi les clients de l'auberge une Miss

Helen Winner, s'il vous plaît ? »

Heero n'avait pas spécialement eu l'impression d'user de son charme, en admettant qu'il eut conscience d'en posséder, pourtant la mâtine était là, rougissante, à bégayer tant qu'elle pouvait et le Capitaine mit ce comportement sur le compte de son uniforme. Trowa ne put que dissimuler un rictus, comme toujours amusé de la naïveté de Heero dans certaines situations. Pendant ce temps et après plusieurs essais timides, le brun avait finalement eu sa réponse. Il était plus que déçu qu'elle soit négative d'autant que la jeune fille avait l'air sûre d'elle, affirmant qu'elle s'occupait du maintien des chambres et connaissait donc tous les clients. Pensant que peut-être, pour une raison inconnue, la mystérieuse Helen s'était inscrite sous un autre nom il entreprit de la décrire, mais là aussi il fit chou blanc. Le jeune homme se sentait plus que désappointé et passa sa commande avec dépit.

Ce que Heero n'avait pas noté, c'est l'intérêt que son ami portait soudain à cette enquête. Il faut dire que Trowa n'avait pas l'habitude de voir son compagnon aussi dépité. Il ne pouvait qu'être intrigué par une jeune femme qui semblait avoir attiré, et retenu l'attention de Heero. Il doutait qu'une telle chose soit arrivée avant ce jour et à la lumière de leur discussion précédente sur les fiançailles de son ami à une jeune personne qui ne s'appelait définitivement pas Helen, la curiosité de Trowa était sérieusement piquée.

« Helen Winner ? Puis-je demander qui est cette jeune personne que tu sembles chercher ? »

A la stupéfaction et l'amusement de Trowa, Heero sembla prendre une expression rêveuse. Oh oui il y avait décidément là, matière à une bonne histoire. Le Capitaine avait beau être un ami, les vieilles habitudes ont la vie dure et Trowa aimait toujours connaître les secrets des gens qu'il côtoyait. Il savait que tôt ou tard cela pourrait s'avérer utile. Il s'attendait plus ou moins à ce que Heero refuse de révéler quoi que ce soit et fut surpris de voir que son ami semblait au contraire prendre plaisir à parler de la jeune femme sans même apparemment se rendre compte de ce qu'il faisait. De plus en plus intrigant…

« C'est une jeune personne que j'ai rencontré ce matin dans les couloirs du Palais. Helen Winner, une amie d'enfance de Relena apparemment. A ce que j'ai compris, en visite d'un pays lointain. Ravissante, avec un air de mystère, les yeux les plus extraordinaires que j'ai jamais vus. Je ne sais pas pourquoi mais je sais que je dois la revoir, elle était… »

Heero parut alors sortir d'une espèce de transe et sembla soudain embarrassé de sa confession, encore plus en notant que leur déjeuner leur avait été servi sans même qu'il en prenne note. Trowa quant à lui, était perdu dans ses pensées, cherchant ce qui, dans les propos de son ami avait semble-t-il réveillé un vieux souvenir. Il eut soudain une illumination.

« C'est peut-être une coïncidence mais je me souviens d'avoir rencontrer un Winner il y a longtemps, en Orient. Quatre Winner l'unique fils d'un Pacha. »

« Elle s'est présenté comme Miss et ne peut donc être mariée et s'il est fils unique… »

« Non, non je voulais dire qu'il était le seul garçon, il avait vingt-neuf sœurs, je m'en souviens bien parce que cela m'avait beaucoup amusé à l'époque, lui semblait en être désespéré. D'autant plus que cela faisait de lui l'héritier du royaume et qu'il n'avait que peut d'intérêt pour la politique. C'était il y a dix ans en même temps, les gens changent. »

« Ce n'est pas pour te contredire, mais le monde est vaste et j'imagine que le nom

Winner est assez courant. De plus Helen n'avait pas l'air orientale. »

« Ah mais c'est là que tu te trompes, le clan Winner vivaient comme des orientaux, en parti du moins, mais ils avaient des origines européennes. Je ne sais comment ils en étaient venus à être à la tête d'un pays tel que Sandrock, mais ils y régnaient en maîtres et sans contestataires. Bref, ce que je veux dire c'est que Quatre avait la peau pâle, les cheveux blonds et les yeux très clairs, bleus ou verts je ne sais plus. Ce n'est peut-être rien mais c'est une piste que je suivrais si j'étais toi. J'ai l'impression que tu n'en as pas tellement d'autres et si tu veux vraiment revoir la demoiselle… »

Heero n'était pas stupide, il savait donc que le conseil de son ami ne devait pas être ignoré et il était aussi parfaitement conscient que sa pathétique histoire amusait terriblement Trowa. Mais honnêtement, il se sentait prêt à presque tout pour arriver à ses fins et ne craignait pas de se ridiculiser devant son compagnon au besoin. Avant de faire des recherches sur ce que venait de lui raconter son vis-à-vis, il prit cependant le parti d'interroger quelques marins sur le port. Il restait en effet convaincu que la belle n'avait pu passer inaperçue dans un tel endroit. Le pire venant au pire, il pourrait toujours se renseigner auprès de Relena. Sa fiancée était suffisamment stupide pour n'y voir que du feu.