Merci beaucoup d'avoir attendu.
Merci aussi à ceux qui mettent cette histoire en alerte, j'espère que vous commenterez.
Aux commentateurs anonymes : enregistrez-vous, je pourrai répondre par ce biais.
Je prends le parti de ne pas répondre cette fois, pour vous poster directement ce quatrième chapitre !
Pour l'énigme de l'espion, il faut effectivement chercher dans les tous premiers mots de l'échange Drago/Severus, dès que Rogue voit le parchemin. Bravo aux espions ;)
J'espère que cette suite va vous plaire !
IV°] Quatrefeuilles
Les doux soirs d'été de juin laissèrent place à la chaleur écrasante de juillet. Mais encore plus écrasant que la chaleur, c'était l'humeur d'Harry Potter. Le jeune homme s'était entièrement renfermé sur lui-même, ne prononçant pas plus de quelques mots par jour. Chacun de ses gestes était emprunt d'une rage mal contenue et Tonks avait été officieusement bannie du Square Grimmauld le temps que la tempête passe, sa maladresse causant des crises de colère terribles. Ses amis avaient bien essayé d'en savoir plus mais ils s'étaient tous fait renvoyer manu-militari sans une once d'explication. Molly avait également voulu s'y frotter mais les trésors de tendresse et de réconfort qu'elle déploya ne suffirent pas à attendrir suffisamment le Survivant.
Au fur et à mesure, les habitants du QG et les membres de passage avaient appris à ne pas contrarier le garçon plus que de raison. Ils avaient émis l'hypothèse que le conflit lui pesait sur les épaules, et n'importe qui aurait pu comprendre cela. Les attaques de Voldemort étaient chaque semaine plus nombreuses, plus meurtrières et le Ministère ne répondait toujours pas à leurs appels à l'aide. De plus, avec sa connexion spéciale par sa cicatrice, Harry avait déjà vu bien plus d'horreurs que nombre d'Aurors aguerris. Seul un homme devinait la véritable raison de ce comportement si différent de celui imputable au « Garçon qui a survécu ». Conformément à sa promesse, il n'en avait rien dit à personne. Il ne savait lui-même pas quoi faire de l'information, tant ses implications étaient multiples et d'une dangerosité extrême.
Le trente et un juillet, Harry avait mobilisé toute l'équipe de l'Ordre du Phénix. Il savait que Voldemort voudrait marquer la journée d'une action spéciale. Il ne pouvait s'empêcher de faire dans la provocation, et quoi de mieux qu'un massacre le jour de l'anniversaire de son pire ennemi ? Ils avaient attendu toute la matinée, fébriles, patrouillant dans les lieux de grande fréquentation ; le Chemin de Traverse, Pré-au-Lard, et même le Ministère étaient quadrillés par des équipes de deux ou trois, sans aucun signe d'activité du Lord.
Harry jouait nerveusement avec sa baguette dans le hall du Ministère. Il était sûr que quelque chose allait arriver. Il le sentait. Mais où ? Son impuissance à déterminer la future attaque l'insupportait et sa baguette émit des étincelles menaçantes. Sur le banc d'à côté, Tonks sous l'apparence d'une vieille sorcière lui fit les gros yeux. Ils ne devaient pas se faire remarquer. Grognant, Harry sortit la flasque qui contenait le Polynectar et l'observa avec dégoût en pensant qu'il allait bientôt devoir en prendre une nouvelle rasade. Extrait de clochard n'était décidément pas sa boisson préférée. Il rabattit son large chapeau sur le haut de son crâne et se remit à scruter les allées et venues, cherchant un comportement suspect. Ça devait être son jour de chance, car quelques minutes plus tard il vit Lucius Malefoy se faufiler discrètement dans un ascenseur à quelques mètres d'eux. Il fit un signe à Tonks et ils se dépêchèrent de lui emboiter le pas. L'homme blond renifla lorsqu'ils se placèrent à côté de lui dans la cabine exiguë mais n'émit aucun commentaire.
Deux étages plus haut, ils ressortaient à l'air libre. Malefoy fit à peine un pas avant de transplanner ; immédiatement Harry lança un sort de traçage pour tenter de déterminer le point d'arrivée du Mangemort. Il ne maîtrisait pas bien le sort mais Tonks lui avait avoué être encore plus mauvaise que lui. Il s'énerva.
« Je n'ai rien. Rien du tout ! Putain ! »
De rage, il shoota dans un carton à proximité, dérangeant une colonie de rats. Il s'acharna à viser les rongeurs de sortilèges, espérant plus que tout mettre la main sur Pettigrow. Après observation, aucun n'était affublé d'une patte en argent et il abandonna. Son médaillon brûla soudainement et il se retourna vers Tonks. Elle sortit un miroir de son sac à main gigantesque ; le visage de Shacklebot apparut succinctement « Centre-ville moldu ! Des mangemorts et peut-être des Détraqueurs. Tout le monde à Londres ! »
En un éclair, Tonks et Harry sortirent de la ruelle. Ils aperçurent une fumée noire qui commençait à s'élever au loin. Des explosions. Tonks sortit un balai de son sac sans fond pendant que Harry déployait sa cape d'invisibilité. Ils montèrent à deux sur l'engin de course et jetèrent des sortilèges de Désillusion avant de décoller. Il ne leur fallut que quelques minutes pour être sur place et se poser sur le toit d'un magasin. Tonks se débarrassa de ses vêtements encombrants et reprit une apparence normale. Harry lui se contenta d'ôter son long pardessus éliminé, laissant apparaître sa tenue de combat. Il sauta du toit et se réceptionna souplement trois mètres en contrebas.
La bataille faisait rage et déjà, on pouvait remarquer des corps allongés sur le côté. Certains étaient si raides qu'ils ne pouvaient être que stupéfixiés. En revanche, les gémissements d'autres ne laissaient pas de doute sur leur état physique. Ils risquaient de ne pas survivre à cette bataille.
Harry, baguette au poing, se jeta dans les combats. L'Ordre était en infériorité numérique et la poussière des décombres combinée à la panique des Moldus n'aidait pas leurs actions. Ils ne pouvaient pas se permettre de tuer des dizaines d'innocents sous prétexte de sauver la dizaine d'à côté. En revanche, les Mangemorts en face n'étaient en rien limités. L'écran de poussière des explosions, s'ajoutant aux fumées noires des premiers incendies volontaires, les servaient à merveille. Certains sorts rendaient en effet le feu insensible à l'eau et les moyens d'action moldus devenaient complètement inutiles. C'était alors aux Aurors de trouver la formule efficace pour venir à bout des flammes magiques, obligés de délaisser les combats pour tenter d'endiguer l'incendie.
Cette tactique portait ses fruits. Concentrés sur les multiples foyers résistants, les Aurors se dispersaient, se rendaient plus vulnérables aux attaques. Progressivement Harry voyait ses alliés tomber. Ils avaient du mal à répliquer dans cette purée de poix mais se faisaient tirer comme des lapins. Harry plongea derrière une statue brisée pour se protéger d'un sort et souffler un peu. D'autres combattants se reposaient également derrière cet abri de fortune, mais les mines étaient sombres. Quelque chose clochait. Un membre de l'Ordre se fraya soudainement un chemin jusqu'à eux, le visage noirci par la suie. Il vit tout de suite Harry et empoigna sa robe.
« C'est une diversion ! La vraie attaque est à Quatrefeuilles ! Voldemort est là bas ! »
Quatrefeuilles était le village sorcier qui avait succédé à Pré-au-Lard après que celui-ci ait été détruit. Il était protégé par de multiples boucliers et surtout par un Fidelitas que seul le maire pouvait briser. De nombreuses familles en danger s'y étaient réfugiées. Et Voldemort venait d'y pénétrer.
Harry se dégagea et transplanna immédiatement, prenant juste le temps d'ordonner que tout le monde l'imite. Voldemort était certes toujours trop puissant pour lui, mais il pouvait quand même le blesser sérieusement. Surtout depuis qu'il s'était mis à la magie noire lui aussi. Ron et Hermione avaient tenté de l'en dissuader mais n'y étaient pas parvenus. Il les trouvait sots. Pourquoi se priver d'une telle puissance offensive ?
Harry arriva à quelques dizaines de mètres du village. Il aurait normalement dû ne voir qu'une ancienne scierie désaffectée et ses hangars vides. À la place, des maisons noircies d'impacts de sorts étaient éclairées par la lueur morbide de la marque des Ténèbres. Un frisson glacé lui parcourut l'échine. Il avait personnellement amené ici plusieurs familles complètes au tout début de la guerre, des hommes, des femmes, des enfants. Des gens qui avaient défié Voldemort ou ses lieutenants et qui risquaient leur vie en sortant faire leurs courses. Il aurait dû savoir que l'envie de vengeance de son ennemi ne serait jamais rassasiée. Mais pourquoi n'avaient-ils rien su de cette attaque ? D'habitude, ils savaient au moins à l'avance où le Lord allait frapper. D'habitude … Malefoy leur transmettait l'information.
Lorsque l'image du blond arriva dans son esprit, une bouffée de rage le prit. Ils ne s'étaient pas revus depuis le mariage de Malefoy. Sa niaise et insipide sangsue ne le lâchait pas d'une semelle lors des réceptions mondaines. Elle avait même eu l'audace de le suivre jusqu'à la porte des toilettes, prétextant une faiblesse momentanée. Faiblesse momentanée ! Elle était enceinte, Malefoy le lui avait confirmé d'un signe de tête. Au moins il ne la touchait plus. Mais cette absence de contact le rendait fou. Il avait besoin de Malefoy, et ce petit connard prétentieux ne faisait rien ! Mais là, il serait sûrement présent. Voldemort fut soudainement complètement occulté de son esprit. Plus rien n'existait à part Malefoy. Harry se mit à courir vers le village, omettant toute notion de tactique ou de stratégie, focalisé sur des cheveux blonds et des yeux gris uniques.
Un rassemblement attira son regard. Un rapide sortilège de métamorphose plus tard, il portait les mêmes vêtements que les mangemorts. Le reste de l'Ordre n'était pas arrivé, les combats n'avaient pas encore commencés. Il parcourut en courant les rues du village, refusant de s'arrêter devant les maisons éventrées. Il dut toutefois se retenir de vomir lorsqu'en arrivant sur la place principale il tomba nez à nez avec un immense charnier. Voldemort avait rassemblé ses troupes tout près, dans le hall de la mairie du village. Harry se demandait comment les Mangemorts faisaient pour supporter l'odeur terrible qui en émanait.
Quelques pas supplémentaires après un enchantement de cache-odeur le menèrent au milieu de la réunion. De très nombreux individus étaient massés là et chacun de ses muscles était tendu au maximum, prêt à bondir à la moindre alerte. Il louvoya entre les Mangemorts en ne les regardant jamais directement, ne voulant pas prendre de risque. Accessoirement, il cherchait des yeux Malefoy, mais aucune chevelure dorée ne se profilait à l'horizon.
Progressivement, il sentait l'ambiance se tendre d'excitation mais aussi d'anxiété et l'angoisse lui étreignit le cœur. Quelque chose allait se passer. Quelque chose de vraiment horrible allait arriver.
Des vivats interrompirent sa réflexion. Les cris résonnaient dans le hall et Harry résista à l'envie de se boucher les oreilles. Quoi que ce soit, si cela enchantait les Mangemorts, ce n'était que mauvais. Où était l'Ordre ?
Harry aperçut soudain une chevelure rousse ballotée dans la foule. Ron ? Il tenta de jouer des coudes pour se rapprocher, mais il semblait que tous voulaient voir le spectacle et il n'avait que peu de possibilités de bouger. Non, Ron était bien plus grand. Charlie peut-être. Le dresseur de dragons était beaucoup plus trapu. Sa cicatrice explosa de douleur en même temps qu'un cri féminin retentit, mettant fin à ses interrogations. Ce n'était pas Charlie. Mais il n'était pas si loin.
Poussé par l'adrénaline, Harry se propulsa jusque dans les premiers rangs du cercle. Il était toutefois exilé sur les côtés, à demi-caché par des colonnes de pierre. De là, il pouvait apercevoir deux mangemorts, Voldemort … et Ginny. Elle n'avait cependant plus rien à voir avec la jeune fille volontaire et parfois hargneuse qu'il connaissait. Il la voyait désespérée et suppliante, bien qu'elle gardait la tête haute et droite. Voldemort fit signe à ses mangemorts qui apportèrent un paquet près du Lord. Harry vit Ginny se tendre et il devina la lionne cachée derrière les traits angoissés. Ginny n'avait pas dit son dernier mot. Voldemort n'y porta aucune attention et se tourna vers la foule qui l'acclamait.
« Mes chers Mangemorts, je vous félicite ! Notre diversion a été une grande réussite, et cette opération encore plus. Vous avez su m'apporter ce que je voulais, vous serez récompensés à la hauteur de ma satisfaction. »
Il fit un signe de main et Ginny fut poussée sur le devant de la scène pendant que Voldemort attrapait le paquet. Elle se débattit violemment dès qu'il fit mine de le toucher et cela fit rire la moitié de l'assemblée.
« Allons voyons très chère, une lady comme vous devrait savoir quand le combat est terminé. Je suis déjà très contrarié par le fait que vous ayez mis Avery et Goyle dans un tel état, n'en rajoutez pas.
- Sinon quoi ? Vous êtes déjà au sommet de l'horreur Voldemort ! Vous ne me faîtes pas peur.
- Vous m'offensez. De plus, vous mentez très mal. Vous tremblez comme un agneau séparé de sa mère que l'on va égorger. »
Tout en susurrant ces mots, Voldemort écarta les replis de tissus du paquet et un hurlement en jaillit. Ginny sursauta et se démena si vivement qu'elle parvint à faire lâcher prise aux deux hommes qui l'encadraient.
« Lâchez mon fils ! »
Harry se figea, totalement sous le choc. Ginny ne venait-elle pas de dire … mon fils ? SON fils ? Une pierre lui tomba au fond de l'estomac et il remarqua à peine que Voldemort avait renvoyé Ginny dans les bras de ses gardiens d'un simple mouvement du poignet. Une seconde plus tard, le bruit assourdissant d'une explosion retentissait, suivi des gravats et de la poussière habituelle. La cavalerie arrivait.
Les idées remises en place, Harry sortit sa baguette et tenta de se faufiler jusqu'à Ginny. S'il pouvait seulement l'atteindre, il transplanerait avec elle. Tant pis pour les mangemorts et Voldemort. Alors qu'il était juste à quelques mètres de la jeune femme, il la vit se dégager brusquement de la poigne d'un des mangemorts, une baguette dans ses mains liées. Deux secondes plus tard, elle lançait un sort vers ses gardiens, les statufiant. Harry accéléra le pas et espéra pouvoir l'attraper avant que les sbires de Voldemort n'aient l'idée de répondre.
Ils n'eurent pas à se donner cette peine. Voldemort en personne sortit sa baguette et lança un faisceau de sorts plus mortels les uns que les autres en direction de la rouquine. Deux d'entre eux l'atteignirent et elle se tordait sur le sol, du sang s'écoulant de ses yeux et sa bouche, avant qu'Harry n'ait pu esquisser le moindre geste. Interdit, le brun regarda son ennemi disparaître du champ de bataille, le bébé dans les bras. Son fils. Il fixa de nouveau son attention sur Ginny qui battait des bras inutilement sur le carrelage de la mairie. Comme un poisson hors de l'eau.
A cet instant, Harry perdit toute notion de la réalité et par là, tout contrôle sur sa magie. L'image du charnier à l'extérieur se superposa à celle de tous les morts qu'il avait croisés jusque là, et la vision des derniers instants de la fille qui comptait le plus pour lui acheva le tableau. Une vague sourde et imposante monta en lui. Sa vue se troubla et les sons cessèrent de lui parvenir. Comme mû par une force extérieure, il se vit lever les bras et mettre le feu à toutes les tentures. Il fit ensuite volte-face et frappa le sol de toutes ses forces. La terre trembla puis se fissura. Une faille s'ouvrait sous ses pieds et engloutissait les mangemorts encore présents. La panique envahit les esprits.
Harry fut soudainement violemment propulsé sur le côté et sa tête heurta un banc en pierre, l'étourdissant légèrement. Il sentit ensuite la sensation d'écartèlement provoquée par un transplanage d'escorte. Il atterrit lourdement sur le dos, le choc lui coupant le souffle. Un corps était superposé au sien. Il n'eut pas à ouvrir les yeux pour le reconnaître. Dès que l'oxygène revint dans ses poumons, il le saisit par les épaules et échangea leurs positions.
« Qu'est-ce que tu fous bordel ?
- T'es complètement malade Potter ! T'allais tous nous tuer !
- C'était le but connard ! »
Le poing de Harry s'écrasa directement dans la mâchoire de Malefoy, sans préavis. Le Gryffondor ne contrôlait plus rien. Ginny était morte. Voldemort avait enlevé un fils qu'il n'avait jamais vu. Tout le monde mourrait autour de lui. Et ça faisait trois longs mois que ce fils de pute de Drago Malefoy l'évitait. Le blond évita le second coup de poing et frappa la trachée du brun, lui coupant la respiration pour la seconde fois. Harry recula et chercha à reprendre son souffle. Malefoy en profita pour sortir sa baguette magique et se relever.
« Tu allais tuer tout le monde Potter ! L'Ordre avec ! Qu'est-ce que tu crois faire ?
- Et toi ? Tu fais quoi ? T'es avec qui putain ? Cracha, avec du mal, Harry.
- Je ne suis avec personne. Il n'y a que ma victoire personnelle qui m'intéresse.
- Alors pourquoi tu m'as empêché de …
- Parce que. C'est comme ça.
- Non ce n'est pas comme ça ! »
Surprenant de vivacité, Harry bondit sur Malefoy et le plaqua contre le mur de la maison dans laquelle ils avaient atterrit. Rapide comme l'éclair, il fit lâcher sa baguette au Serpentard.
« J'en ai marre Malefoy. Je veux des réponses maintenant. Je ne veux plus juste obéir gentiment.
- Tu m'as pris pour quoi, une encyclopédie ?
- Fais pas ton malin avec moi. Je suis juste à ça … d'encastrer ta sale petite tête de fouine dans ce mur derrière toi. »
Menaçant, Harry s'était rapproché du visage du blond et mimait une distance infime entre son pouce et son index. Malefoy évalua le danger à sa juste valeur, percevant la folie dans les yeux voilés du Survivant.
« Ok, tu veux des réponses. Je t'ai empêché parce que tu n'aurais pas supporté d'être responsable de la mort de tous ces gens.
- On est en guerre, les gens meurent.
- Pas ceux qu'on peut protéger.
- Je n'ai pas pu les protéger eux. Je n'ai pas pu la protéger. Et maintenant … Maintenant ... »
Pour la plus grande horreur de Drago, les yeux du Survivant se remplirent de larmes. Le blond savait gérer la colère, la haine, les joutes verbales, les baisers furieux, les corps à corps, les coups de poings et les morsures … Mais jamais encore il n'avait eu à faire face à un tel chagrin venant du brun. Il sentit le corps d'Harry s'affaisser contre le sien et eut juste le temps de glisser ses mains sous les aisselles du Survivant pour l'empêcher de chuter, les entraînant tout de même à genoux. Directement, Harry enfouit sa tête dans le col de la robe noire et Drago sentit de gros sanglots traverser le corps de son ennemi de toujours. Il le soutenait toujours et perçut les poings du brun se resserrer spasmodiquement sur le tissu au dessus de son torse.
Drago était totalement immobile, paralysé par la surprise et l'incongruité de la situation. Jamais il n'avait eu à consoler qui que ce soit. Jamais lui-même n'avait osé aller pleurnicher auprès de ses parents, ne voulant pas recevoir une correction pour ne pas avoir su bien se tenir. Et voilà qu'il se retrouvait avec le Survivant en larmes dans ses bras, lui le fidèle Mangemort.
Harry sanglotait toujours, sa respiration parfois hachée par un sanglot plus fort que les autres, mais le flot se calmait peu à peu. Il ne lâcha pas pour autant la robe du blond, s'en rapprocha même. Puis le Serpentard sentit les lèvres chaudes du jeune homme frôler son cou. Il se tendit. Cet acte de tendresse … ne ressemblait absolument à ses rapports normaux avec Harry Potter. Tout ceci prenait une tournure qu'il ne maîtrisait pas, et il n'aimait pas du tout. Il repoussa fermement le brun afin de pouvoir le regarder dans les yeux et lui sortir une tirade cinglante qui les remettrait sur le droit chemin. Seulement, Harry le prit de court, les yeux rougis.
« Pars avec moi.
- Pardon ?
- Viens avec moi. Partons d'ici.
- Aller où enfin ? Es-tu devenu complètement abruti Potter ?
- N'importe où Malefoy. Loin d'ici, où tu voudras.
- Le héros quitterait le pays comme ça, sans remords ?
- J'en ai assez de tout ça ... »
La voix du brun se cassa. En même temps Drago comprit pour la première fois le sens de l'expression que son adversaire arborait parfois. Le désespoir. Il sentit son cœur, cet organe qu'il pensait complètement atrophié chez lui, se serrer à la vue de cet oisillon tombé du nid, lâché dans une guerre avec un déguisement de sauveur bien trop grand pour lui.
« On ne peut pas faire ça Potter. Ni toi ni moi ne le pouvons. Nous sommes enchaînés ici. Jusqu'à la fin. Alors relève toi et fais ce que tu as toujours fait. Bats toi. Pour tous ces crétins et ces pouilleux trop faibles pour le faire eux-même.
- Tu sais toujours trouver les mots Malefoy.
- Tu sais que j'ai raison. »
Drago se remit debout, épousseta sa robe de la poussière qui s'y était accrochée et tendit une main gantée vers le brun encore à terre. Ce-dernier la saisit en s'en servit pour se relever à son tour. Il ne la relâcha pas cependant, préférant attirer à lui le Serpentard.
« J'ai encore une question.
- Je t'écoute.
- Pourquoi tu …
- Pourquoi je ?
- Pourquoi tu as disparu pendant tout ce temps ?
- J'étais surveillé Potter. Et Il menaçait de s'en prendre à mes parents ou à ma femme si jamais …
- Ta femme ! Rappelle toi de ce que je t'ai dis Malefoy, rappelle t'en bien. »
Le soudain accès de colère du brun surprit Malefoy, et il ne sut pas tout de suite de quoi il parlait. Puis il se souvint, du jour de son mariage, de la violence de Potter, de sa possessivité et de la menace mortellement sérieuse qu'il avait proféré. Seulement, dans l'état où il se trouvait, il n'y avait pas porté tout le crédit nécessaire.
Un craquement retentit près d'eux et ils eurent à peine le temps de se séparer pour regarder le nouvel arrivant les pointer de sa baguette.
« Et bien, qu'avons nous là ? Un petit Potter … Et un Malefoy. Intéressant. »
[ T.B.C ]
Comme d'habitude, un peu de sadisme ne vous fera pas de mal !
N'hésitez pas, reviews acceptées !
