J'aimerai juste vous remercier d'avoir bien accueillie cette fiction, ça m'a fait extrêmement plaisir :)
Et je précise au passage que oui, il y a eu une grosse ressemblance avec le ship '' Faberry '' car de base, c'est une fiction faberry :) Je l'ai écrite sous deux versions : Clexa et Faberry. Les deux sont disponibles sur mon compte ;) Voilà, voilà. Et Lexa et Roan, je confirme que ça fait vraiment, vraiment bizarre, mais je ne savais pas vraiment avec qui la caser...
- Happier, I Think, Partie IV :
Un pas après l'autre, un souffle erratique après l'autre, je me retrouvais dans la cuisine. Il n'y avait plus personne. La panique grimpa quelque seconde dans mon esprit avant qu'un sanglot ne vient me ramener à la raison. J'aurais dû y penser.
Alors, passant le long de la cuisine, je me permettais de mettre un pied sur la terrasse en bois. Je préférais refermer la baie vitrée derrière moi. Je n'avais pas vraiment envie d'être dérangée par de la musique ou encore par un mec du groupe complètement défoncé.
Le claquement de la vitre sembla me réveiller. Je venais de m'enfermer dehors en ta compagnie , en compagnie d'une Clarke Griffin hors d'elle qui venait de larguer l'amour de sa vie. Et tu étais sous l'emprise de l'alcool aussi. Je t'aperçus du coin de l'oeil, un joint à la main et t'enfilant quelques longues bien trop longues gorgées de rhum.
Je déglutis lentement. Comment avais-tu pu trouver de la beuh dans cette maison, dans ta maison ? Je ne te connaissais peut-être pas aussi bien que je le pensais.
Tu ne fumais jamais, ce n'était pas ton truc non plus. Enfin, normalement. Et là, je te voyais, les yeux fixaient sur la pelouse sombre, un joint à la main et une bouteille dans l'autre. Je ne savais pas que tu fumais autre chose que la clope à vrai dire.
« Clarke… » t'appelais-je doucement, de peur de te briser encore un peu plus.
Et tu tournas ton regard dans ma direction, précautionneusement, agrippant chaque partie de mon visage au passage. Tu étais totalement déchirée, détruite. Les sillons de tes larmes me blessait bien plus que ce que j'aurais pu croire.
Et je te contemplais. Avec effarement. Ton état me choquais, je ne t'avais jamais vu ainsi.
Tes joues rougies m'indiquaient que oui, tu avais beaucoup trop bu. Les veines éclatées dans le blanc de tes yeux m'indiquaient que oui, tu n'aurais pu dû fumer. Tes pupilles, si fines que je ne les percevaient presque pas. Tes yeux vitreux mais pourtant rendu gracieux grâce à la lumière qui émanait encore du salon. Tes sentiments étaient rendus indéchiffrables.
Je la remarquais cette fine trace de rhum qui dégoulinait du coin droit de ta bouche. Ta main, fine et tellement frêle, enserrait le goulot de la bouteille comme si il s'agissait d'une bouée, d'un échappatoire à tes tortures. Je pouvais voir ton corps petit et désirable qui se tenait à seulement deux mètres du mien.
Même assise tu vacillais par instant, seule sur cette terrasse qui m'était totalement inconnue. Et c'est en te voyant, détruite, que je compris, que je compris réellement.
Je n'avais pas arrêté de t'aimer d'un amour pure, sans faille, et cela depuis tellement longtemps. Peut-être une éternité maintenant. Je me souvenais alors des sentiments qui m'agitaient douloureusement à chaque fois que je te voyais, que j'entendais parler de toi. Ils n'avaient jamais voulu disparaître, ils s'étaient simplement recroquevillés dans un coin éteint de mon esprit. Ils étaient restés cachés au moment où j'avais, pour la première fois, embrassé Roan. Mais ils n'avaient pas disparu contrairement à ce que je pensais.
J'aimais tout chez toi, j'aimais la façon que tu avais de parfois enfantine, insouciante et parfois trop mature pour ton âge. J'aimais la façon dont tu embrassais mon ex. J'aimais la façon dont tu vivais pleinement ta vie, la façon que tu avais de paraître tellement émue, parfois pour rien. J'aimais la façon dont tes yeux pouvaient refléter aisément tes plus profonds sentiments. Je l'avais toujours fait, je t'avais toujours aimée.
Je t'aimais trop je suppose.
M'asseoir à coté de toi fut ma première erreur.
Puis, face à ton regard brûlant d'un quelque chose d'insondable, j'attrapais à la volée la dernière bouteilles de liqueur. Je supposais que c'était toi qui l'avait ramenée ici. En vérité, c'était du scotch.
J'avais de la haine en moi. Je ne pouvais empêcher mon coeur de te détester car tu n'avais pas le droit d'être malheureusement. Tu n'avais pas le droit de souffrir pour un pauvre imbécile que tu avais choisi d'aimer, tu n'avais pas le droit de pleurer sur tes choix. C'était les tiens. Alors non, tu n'avais pas le droit. Mon regard de colère non-caché me fit perdre l'esprit, et je retirais le bouchon d'un coup sec. Les effluves du liquide vinrent voleter quelques secondes. Elle ne m'était pas familière cette odeur, mais tant pis.
J'en avais plus rien à foutre de rester sobre.
Je bus trois longues gorgées. L'effet mis quelques minutes à agir. Et ensuite, je me sentis encore plus misérable.
Tu étais toujours assise à côté de moi, et je te voyais sourire de manière tordu, presque effrayante dans le noir. Toi, la futur star, madame Griffin-Collins, tu semblais véritablement blessée. Plus de masques dans la semi-obscurité, tu ne faisais plus semblant de rien. Et moi, Lexa Wood, futur agent immobilière à succès, je tentais d'arrêter imbécilement d'aimer celle qui pourtant, occupait mes pensées depuis le premier jour de lycée. Oh, et qui en plus, sortait avec mon premier amour. Mais qui venait de le larguer.
Premier amour en carton au passage. Car c'était bien toi mon premier amour.
« Tu veux… ? » dis-tu en me tendant le joint.
J'acceptais. Je tirais trois taffes. Je te le repassais. Et je serrais les poings.
Je ne pouvais que serrait les poings et refoulait mes envies de fondre en larmes. Je ne comprenais rien. Où était donc passée la joie d'avoir trouvé un gentil et beau garçon avec qui passer le reste de ma vie ? Où était passée la satisfaction d'avoir presque disparu de ton cercle d'amis, alors que tu ne garderais de moi que le souvenir d'une fille t'ayant tourmentée en première année ?
Je serais juste une ombre, une tâche d'un passé douloureux oublié avec succès.
Je regrettais, sincèrement.
Mais je ne pouvais m'en prendre qu'à moi-même. Stupide Lexa Wood, idiote au point de refouler son amour pour la plus belle femme du lycée. Idiote au point de se jeter sur le premier venu pour l'oublier. Idiote au point de vouloir t'oublier.
« Tu sais Lexa, dis-tu soudain me surprenant. Ta voix était devenue diablement sexy, elle était rauque à tuer mon coeur. Je ne comprend pas pourquoi tu t'es éloignée de moi cette année. Nous étions amies, pourtant. Enfin je veux dire… non, ça n'a jamais eu de sens pour moi. Finn et moi, c'était destiné à arriver, à se terminer aussi. Mais, quand je t'ai vu pour la première fois, alors que j'étais dans ses bras… je l'ai vu la jalousie, je ne suis pas idiote tu sais ? »
Je ne savais pas vraiment où tu voulais en venir mais je le savais, je le savais que tu n'étais pas idiote. Tu étais même l'une des plus intelligente du bahut. Mais j'avais peur, en cet instant, j'avais peur de ce que tu pouvais conclure, comprendre, installer ou détruire entre nous. Mais je ne dis rien. Je te laissais continuer débiter des paroles, tes yeux rivés sur mon visage brûlant.
« Mais je ne t'en veux pas. Qui ne rêve pas de sortir avec le beau et musclé Finn Collins ? Mais il m'avait choisie, moi, la nerd de première année. Moi l'imbécile dont tout le monde sans exception se moquait. Et je suis désolé, encore une fois, si je t'ai piquée l'amour de ta vie. »
Tu continuais, encore un peu plus triste, de me raconter comment notre histoire avait échouée. Et c'était ma faute à vrai dire. Je le savais. Mais ça me faisait peur de t'affronter, je ne voulais pas te blesser, pas encore en tout cas. Mais tu pensais encore que tu me l'avais piqué, mais c'était le contraire. Paradoxalement, il t'avait volé. Il m'avait volé l'amour d'une vie.
Et toi, tremblante presque, tu continuais, ne remarquant pas mon regard humide posé à présent sur toi.
« Mais j'ai vraiment cru que l'on pourrait être amie, voir meilleure-amie toute les deux. Je me suis faite de illusions comme toujours. Je pensais que Finn et moi c'était pour la vie. Illusion. Je pensais que toi et moi, nous serions amies pour toujours. Illusion. Mais pourquoi t'es tu éloignée ? Le voir lui et moi, c'était si blessant que ça ? Voir ton ex-petit-ami avec moi, c'était si dégoûtant que cela… ? »
Tu affichais une moue pensive qui était à croquer, et sans te mentir, je n'écoutais même plus ce que tu me racontais. Alors, tu pensais sincèrement que j'étais jalouse de toi ? Que j'étais jalouse de ta relation avec lui ? Tu étais tellement stupide actuellement.
Tu ne me voyais même pas, tu ne voyais pas comment je te fixais douloureusement. Je fixais la femme dont j'étais tombée amoureusement secrètement en première année. Maintenant, ça faisait trois ans. Je fixais la femme qui pensait que j'étais jalouse d'elle alors que non, j'étais juste jalouse de Finn.
Tu me déballais tout ce que tu n'avais jamais dit ou encore osé me dire. Et ça faisait mal, bien plus que prévu.
« L'année dernière, Will nous avez mise ensemble pour jouer le duo pour la pièce, tu t'en rappelle ? Je n'avais pas le courage de lui avouer que oui, je m'en rappelais avec une exactitude effrayante. J'avais vraiment cru que nous pourrions être amies. Mais tu t'es retranchée, plus-tard, et j'ai rapidement compris que c'était à cause de Finn. C'était toujours à cause de lui que tu t'étais éloignée. Mais je suppose qu'il y a bien longtemps que tu n'as plus de sentiments pour lui vu que tu sors avec Roan maintenant. »
Pour une fois, tu ne te trompais pas. Je n'avais plus, enfin, je n'avais jamais eu de réelles sentiments pour Finn, cet imbécile heureux.
« Et c'est de l'histoire ancienne entre nous deux n'est-ce pas ? Vous êtes beau ensemble, vous formez le couple parfait. Je vous envie un peu en ce moment et-
- Tu m'envies ? » Dis-je, te coupant.
Tu baissas les yeux, tirant une nouvelle taffe, recrachant lentement la fumée, évitant ainsi de me répondre. Tu m'énervais.
« Mais explique moi, pourquoi es-tu parti ? »
La question me surpris. Je ne pensais pas, je ne pensais à rien… Je ne l'y attendais pas, tout simplement. J'aurais dû m'en douter, tu avais toujours était pleine de surprise. C'était peut-être pour ça aussi que je t'aimais un peu plus chaque foutues minutes de ma misérable vie.
Pourquoi étais-je parti ? La question se fit une place de choix dans mon cerveau au bord de l'explosion.
Je me sentais à deux doigts de m'effondrer une nouvelle fois. Je voulais pleurer jusqu'à n'en plus pouvoir. Je voulais te le crier, je voulais tout t'expliquer, vraiment. Mais j'avais ratée tellement de chose dans ma vie. J'avais raté tellement de chose… Mais je crois bien que mon plus bel échec fut ma relation avec toi.
Qu'est-ce que j'espérais ? Tu n'aurais jamais pu m'aimer dans ce sens, alors à quoi bon souhaiter rester ton amie si ce n'était que pour souffrir encore un peu plus tout les jours ? Face à cette souffrance, je n'aurais rien pu faire, je le savais. Mon estomac se retournait dangereusement. Nous aurions pu être amies si j'avais été suffisamment forte pour faire abstraction de mes sentiments, au moins pour un an de plus. Après tu serais parti, très loin de Lima.
Mais c'était trop tard.
Ces années étaient passées tellement vite. J'en avais mal au crâne rien que d'y songer.
« Tu sais quoi ? Je suis contente que tout ça soit derrière moi… Je vais obtenir mon diplôme, je vais aller à New York, et réaliser mon rêve. Finn c'est du passé, tout comme notre relation, je pourrais enfin être moi-même là-bas, c'est fantastique non ? »
Je te voyais, sourire dans le vide. Tu paraissais réellement heureuse, et c'était atroce. C'était atroce que de savoir que je ne participerais jamais à ton bonheur. Que je ne serais jamais rien d'autre qu'une tâche compliquée à effacer mais que l'on fini par jeter, par oublier. Je n'étais rien. Et j'avais envie de te mettre une claque, de te crier dessus, de te demander si tu '' savais que le fait d'être amoureuse, réellement et sincèrement, t'étouffer, qu'être amoureuse te faisait perdre pied à chaque que tu entendais le nom de ta bien-aimée, que tu finissais par en être étouffée '' ? Mais je me taisais, enfermée dans mon mutisme, encore une fois.
Et c'est là, sous la lumière faiblarde que nous offrait la fenêtre et la lune, que je finis par craquer. Ton regard brûlant se posa une dernière fois sur moi.
Je posais la bouteille sur le sol. En effet, l'alcool agissait sur ma coordination. Et les vapeurs ainsi que le cannabis m'offraient des visions encore plus angélique de ton visage, je n'en pouvais plus de t'observer en silence. Je te voulais. Alors je me déplaçais un peu plus sur ma gauche, pour me rapprocher, tremblante d'impatience, le plus rapidement possible, ce qui semblait te faire rire. Tu ne devais pas comprendre ce que je faisais mais j'en avais rien à foutre. Je n'en pouvais plus. C'en était trop, c'était trop douloureux.
Je me stoppais à quelques centimètres de ton visage, fixant narquoisement ton expression soudainement surprise. Tu ne comprenais pas ce qu'il se passait, moi, j'en avais à peine conscience. Mais pour une fois, je laissais simplement mon coeur agir plutôt que mon cerveau, ce traître.
Alors, face à toi et tes yeux océan, mon corps légèrement penché sur le côté, je craquais.
J'attrapais ton visage brûlant entre mes mains. L'arôme du rhum montait jusqu'à moi, ton souffle me mordait les joues et me faisait tourner la tête. Et enfin, j'écrasais mes lèvres contre les tiennes. Je fermais douloureusement les paupières pour ne pas apercevoir ton expression stupéfaite, je n'en avais plus la force à présent.
Un tintement sonore résonna, je sus bien plus tard que c'était ta bouteille.
Mais sur l'instant, je n'avais rien perçus.
Mon coeur, c'était bien la seule chose que je pouvais encore percevoir en cet instant. Il s'affolait, il s'emballait. Je n'étais pas loin de la crise cardiaque. Le sang qui battait violemment contre mes tempes m'étourdissait encore un peu plus. Mon corps brûlait d'un désir si longtemps repoussé, j'avais l'impression d'être en feu. Tout ceci n'était qu'un pauvre rêve, ce n'était peut-être que quelques secondes, mais enfin, je me sentais moi. Je me sentais vivante comme jamais je ne l'avais été. Les baisers de Roan paraissaient tellement fade. La peau du brun m'avait toujours semblait piquante, contrairement à la tienne qui était douce et chaude. Je te sentais, contre mes doigts et ton haleine avinée qui soufflait dans ma bouche entre-ouverte et ton corps si proche du mien.
Et tandis que la peau couleur de fraise de tes lèvres s'amusait à teinter mon esprit d'espoir faiblard, une nouvelle sensation, lointaine, vint à moi. Imperceptiblement. Seule, que j'étais alors. C'était une sensation... sonore. D'abord, un grondement sourd, puis une pulsation lourde semblable à une batterie de tambour, dont le son s'enfla diaboliquement. Bloquant, triturant ma respiration décharnée qui venait frapper ta langue, tes lèvres, ton âme espérais-je aussi. Et sans prévenir, un nouveau battement résonna, plus près, toujours plus proche de mon esprit et du tien. Aucun des deux grondements n'écoutaient l'autre. L'un précipité, l'autre emballé, en extase. Ce deuxième palpitement, fabuleux, semblait envahir tous mes sens, grouillant dans mes lèvres, et dans mes doigts, dans la chair de mes tempes, dans mes veines.
Je me retenais de sombrer dans ce sentiment d'extase, car j'avais compris soudain, que le premier son précipité était le mien et que le second, emballé, était le tien.
Alors oui, je te possédais, pour quelques secondes ou minutes peut-être, mais tu étais là où j'avais toujours espérée te voir.
Enfin.
Je l'avais imaginé de nombreuses fois ton corps, de trop nombreuses fois pour rester mentalement constituée. Je l'avais tant de fois imaginé pressée contre-moi. Tout comme tes lèvres dont j'avais rêvé, trop souvent, de pouvoir en connaître le goût. J'avais même osé me mettre à la place de Finn, par moment. J'étais stupide, mais j'étais une rêveuse de base.
La pensée que tout cela n'était qu'éphémère vint brutalement frapper les parois de mon crâne. Cela acheva d'encrer en moi le désespoir que j'avais ressenti t'apercevant en compagnie du niai, te balader main dans la main au lycée, au détour d'un couloir. Ou encore, quand j'avais religieusement écouté tes paroles quelques minutes plutôt.
Mes yeux se mouillèrent et je me retrouvais bien vite à pleurer, minablement, couvrant mon visage et le tien de larmes salées, amères, et acides. Des larmes de perditions.
Tu ne bougeais pas. Mais tu ne me repoussais pas non plus. Il me sembla même, qu'à un instant, t'étais encore un peu plus penchée, maladroitement, pour rapprocher davantage nos deux visages, mais il m'était compliqué d'être certaine de quoi-que-ce-soit dans mon état. Et, en une seconde, ce fut au tour de mes épaules d'être secouées par des sanglots. Je n'avais jamais osé imaginer notre premier baiser ainsi. Je m'étais toujours fermement interdis dit penser d'ailleurs, je ne me rappelait tout les jours qu'il n'y en aurait jamais.
Mais il était là, ce fichu baiser dévastateur. Et c'était entièrement de ma faute, je le savais.
On était déchirées, l'une ravagée par une rupture impromptue, et l'autre par un amour impossible. Tu avais bien pris le temps de me raconter comment notre relation avait échouée. Et moi, comme une hypocrite amoureuse, je m'étais jetée sur toi sans réfléchir.
Je n'avais pu penser un jour que ce baiser puisse se réaliser, réellement. Alors dans un sens, et pour moi personnellement, c'était clairement le plus beau baiser que je n'avais jamais reçu. Mais c'était aussi le pire. Car en haut, il y avait Finn, et Roan. Je m'en fichais, après tout, cet idiot de quaterback t'avais piquée à moi inconsciemment et j'avais connaissance de l'amour secret que portait le blond à Ontari.
Je n'étais pas conne.
Alors, pressant encore un peu plus ton visage contre le mien, je souhaitais à tout prix pouvoir me souvenir de la sensation d'avoir nos deux visages pressés l'un contre l'autre, du goût de tes lèvres, des battements erratiques qui agitaient mon coeur alors que pour la toute première fois de ma vie, je te possédais, complètement.
Dans un nouveau sanglot, mes mains finirent par glisser de ton visage alors que je m'écartais en vitesse, prête à m'effondrer, incapable de contrôler mes pleurs. Mes doigts se languissaient déjà du contact presque brûlant et revigorant de tes joues, je voulais encore sentir cette bouche contre la mienne, et même si l'alcool et ce baiser m'avait laissés comme brûlante de fièvre, je me sentais frigorifiée sans ton corps.
Je me reculais légèrement pour m'effondrer, cachée derrière mes deux mains, recroquevillée minablement à l'autre bout du banc, ton regard près de moi, me couvant involontairement.
La sensation de me sentir de nouveau incomplète sans la personne que je n'aurai jamais me retourna douloureusement l'estomac. Je plaquais une mains tremblante sur ma bouche pour étouffer un gémissement. Je m'agrippais maladroitement au rebord du banc pour me relever. Essuyant les larmes qui m'obscurcissaient la vue d'un geste compulsif du poignet, je m'aperçus que tu n'avais toujours pas bougée, tu m'observais avec hébétude.
Ton visage était de nouveau à quelque centimètres du mien. Mon coeur, à cette vue, recommença son tintement incessant. Mon coeur allait finir par céder, si près de toi.
On se contempla un long moment sans mots dire. Moi, presque effondrée contre cette foutue barre en bois, et toi, me dévisageant ainsi d'en bas comme rarement dans ton existence. Et avant que je n'ai le temps de comprendre ce qui arrivait, tu me donnas la fin du joint, tu fis volte-face et me laissas là sans rien ajouter.
Une fois le flots de sanglots incontrôlables dont je venais d'être victime stoppés, je m'agrippais un peu plus au rebord du banc pour me déplacer, vacillante à la lueur de la lune. Mon regard tomba sur le sol, là où tu te trouvais quelques secondes plus tôt. Des morceaux de verres éclatés s'y étaient accumulés. Je pouvais humer la forte odeur de rhum qui empuantissait complètement l'endroit. Je fronçais les sourcils en pensant à tes parents qui découvriraient le carnage le lendemain matin. Le cul du joint que tu m'avais lâchement donné vint s'écraser contre la paroi du mur. Il y aurait une marque demain matin, à notre réveil.
Mais quelle importance cela avait-il de toute manière. Je venais d'embrasser la plus belle fille du bahut, celle dont j'étais amoureusement depuis près de trois ans : Clarke Griffin. Mais ce serait sûrement la seule fois de ma vie.
