Chapitre 4
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Un brouillard illuminé par la pleine lune couvrait le sol d'un cimetière abandonné, s'enroulant autour des pierres tombales craquelées aux noms depuis longtemps oubliés. Les têtes et membres d'anges de pierre, de figures démoniaques et d'image figées des morts jonchaient le sol, et la vermine se déplaçait librement entre les débris.
Ce cimetière était localisé à quelques kilomètres du comté de Pluckley, une petite ville moldue perchée au bord des Chutes du Nord, et connue pour être le village le plus hanté d'Angleterre. Il y avait peu d'habitants, et tous étaient fiers de leurs fantômes.
Une silhouette rondouillarde et enrobée traversait le brouillard, marchant sur les pierres tombées, avant de s'arrêter devant une petite tombe sans nom, qui n'avait qu'une plaque sans tête, et était même presque entièrement recouverte de terre.
Le sorcier sortit sa baguette et la pointa sur la tombe.
« Dissendium » souffla le sorcier.
La partie visible de la tombe s'abaissa légèrement avant de glisser sur la gauche, révélant un escalier. Le sorcier descendit dans les profondeurs obscures, les torches s'enflammant pour illuminer sa voie dès que la pierre se fût fermée derrière lui. Il suivit ensuite un couloir de pierre qui s'ouvrait sur une grande pièce circulaire. Sa peau se hérissa lorsqu'il passa au travers du sort de stase qui l'entourait.
Dans la pièce se trouvait un réfrigérateur, un poêle, une longue table mais une seule chaise, un lit double, une armoire, un pot de chambre autonettoyant, et au centre de la pièce, un piédestal sur lequel se trouvait un bécher en verre.
Il était plein de sang et couvert d'un écran maillé.
Une grande cruche était posée à côté, sur le sol, près du piédestal. Un quart était empli d'un liquide noir.
« Je suis là, Maître » annonça Peter Pettigrow au verre de sang, trottinant jusqu'à lui et retirant révéremment le tissu maillé.
Le sorcier pencha la jarre, fit sauter le couvercle et fit couler une seule goutte du liquide dans le sang, qui vira au noir et bouillonna un instant, avant de se calmer et de retrouver sa riche couleur rouge. Peter remis le haut en place et rangea le tout. Puis il remis en place l'écran.
« Votre repas est terminé, mon Lord, mais depuis la mort de Nagini le mois dernier, je ne peux plus concocter plus d'élixir. Quand cette jarre sera vide, ce sera fini, mon Lord. Si vous faites quelque chose, je vous suggère de le faire vite » dit le sorcier, fixant le verre sans réaction. « Je ne pourrais pas garder votre sang en vie plus longtemps. »
Il fixa longuement le verre, puis soupira. Toujours rien.
Quand Voldemort avait ressuscité en utilisant les os de son père, la main de Peter et le sang de Harry Potter, la première chose qu'il avait faite avait été de localiser ce cimetière délabré et de créer cette planque en sous-sol. Il avait emmené son loyal serviteur avec lui et rempli le verre de son sang, chargeant Peter de le garder en vie, quelles que soient les circonstances. Comme le Lord Noir, le sang nécessitait un élixir fait à partir du venin de Nagini pour rester viable. Un sort de stase était levé dans la pierre pour empêcher le sang d'être touché par le temps et de mourir comme il l'aurait fait sous un cycle normal. Une puissante barrière anti-transplanage était également présente, ainsi que d'autres protections. Personne ne pouvait transplaner dans cette pièce, pas même Peter. C'était ce sang qui était la source des Convocations Fantômes. Il contenait la signature magique du Seigneur des Ténèbres et parfois, lançait donc involontairement l'Appel. Cette occurrence contre-nature n'affectait pas tous les Mangemorts à l'identique. Certains souffraient des heures, d'autre n'avaient qu'un instant de douleur. Puis c'était fini.
Peter lui-même ne souffrait pas trop de ces invocations. Il n'avait qu'à entrer dans la chambre et l'appel s'interrompait car il était en présence du sang vivant du Seigneur des Ténèbres, ce qui était tout aussi efficace que d'être en présence du sorcier lui-même. L'animagus était donc épargné du tourment des autres anciens mangemorts.
Tout d'abord, lorsque les Aurors avaient découvert que les Mangemorts capturés étaient appelés, ils transplanaient avec les prisonniers, craignant que d'une manière ou d'une autre Voldemort ait pu revenir. Ce cimetière était celui où le Seigneur des Ténèbres avait ressuscité. Après avoir soigneusement recherché et subit d'autres 'fausses alarmes', le Ministère en conclut sur rapports que les tombes devaient contenir d'une manière ou d'une autre, un résidu de la signature de Voldemort, de part la puissante magie invoquée pour le raviver, et juste conclut que c'était une bizarrerie magique sans conséquence réelle. Le sorcier était à présent mort depuis six ans et son corps avait été précautionneusement détruit.
Peter se chargeait loyalement et peureusement du sang, à demi effrayé qu'une nuit il descendrait dans les profondeurs et découvrirait son Maître aux yeux rouges l'attendant, totalement restauré. Voldemort ne lui avait jamais dit à quoi le sang était destiné, mais Peter imaginait que c'était pour le maintenir relié au monde des vivants d'une façon ou d'une autre, et que peut-être cela pouvait advenir.
Le sang était bien moins de travail que ce que Peter avait dû faire la dernière fois qu'il avait ressuscité Voldemort. Le Seigneur des Ténèbres avait un petit corps rudimentaire au début, un corps noueux et sinistre se rapprochant de celui d'un bébé, qu'il s'était efforcé de former en lui faisant constamment absorber du sang de licorne. Mais le sang de licorne ne pouvait aller plus loin, et Peter avait donc reçu l'ordre de suivre un rituel pour que Voldemort obtienne sa forme de semi-homme.J'ai eu la même réaction ! Le Seigneur des Ténèbres n'avait pourtant laissé aucune instruction sur ce qu'il devait faire avec son sang en dehors de le maintenir en vie.
Mais la pièce fournissait au sorcier un endroit où rester. La plupart le croyaient mort, conséquence de la bataille finale. Mais Peter Pettigrow était un couard et à la première occasion, il avait pris sa forme d'animagus de rat et trottiné dans un recoin sûr, puis avait transplané au cimetière, où il était resté. Et c'était le cas depuis lors.
Vivre dans le patelin le plus hanté d'Angleterre avait certains avantages. Quand Peter avait besoin de nourriture, il n'avait qu'à lancer un Accio en désignant ce qui lui faisait envie et cela apparaissait quelques instants plus tard, volant directement vers ses bras ouverts. Quand la nourriture, les journaux ou tout autre objet venait s'écraser contre les fenêtres ou volaient au loin, les villageois moldus prenaient l'évènement comme une autre manifestation de leurs fantômes locaux et la plupart laissaient leurs fenêtres ouvertes afin qu'elles soient intactes si de la nourriture ou d'autres choses voulaient partir pendant la nuit. Ils n'avaient pas la moindre idée de pourquoi des fantômes voulaient de leurs sandwichs et journaux, mais le fonctionnement du monde était un mystère et ils aimaient leurs fantômes et ne leur refusait rien. D'un autre côté, les résidents du village y étaient à présent habitués. Cela durait depuis des années. Donc, Peter était plutôt bien loti.
Sa tâche nocturne accomplie, le sorcier se fit un sandwich au jambon et s'installa dans son lit, prenant le dernier exemplaire de Playwizard, qu'il avait obtenu d'un accio la veille. Peter se cala contre la tête du lit, baissa son boxer, sortit son petit membre épais et commença à profiter interactivement du magazine.
C'était, de son point de vue, une excellente manière de passer le temps.
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Hermione se réveilla tôt le vendredi matin, se doucha et courut au petit-déjeuner. Il n'était que six heures. Elle avait encore quatre heures avant son rendez-vous, mais elle était trop excitée pour rester plus longtemps au lit. Elle pensa à essayer de se rendre plus présentable, mais s'y refusa. C'était le travail de M. Sweetmeat.
Severus était déjà présent à cette heure matinale et se renfrogna sombrement lorsqu'Hermione entra dans la Grande Salle, amenant avec elle le rappel de son service à venir. La sorcière passa à côté de lui sans exécuter ses habituelles tentatives de salutations. Le sorcier se pencha sur sons petit-déjeuner, accélérant son rythme d'absorption. Avec eux seuls étant présents, la sorcière risquait de lancer une conversation, et il n'était pas intéressé.
Mais ce n'était pas l'entière vérité. Malgré la haine qu'il avait pour la situation à venir, à servir de niffleur humain pour Hermione, il était relativement curieux de voir ce qu'elle avait trouvé sur la Marque. Elle la tourmentait réellement, après tout, peut-être avait-elle de meilleures explications que le 'bizarrerie magique' lâché par le Ministère.
Severus jeta un coup d'œil à la jeune femme. Elle mangeait une saucisse qui avait l'air particulièrement huileuse, sauçant toute la graisse avec un gros morceau de pain.Severus retourna à sa propre assiette. Il saurait bien assez tôt ce qu'elle savait. Il finit et sortit de la Grande Salle, se dirigeant à grands pas au bas du couloir, dans le grand Hall puis le long du couloir principal des cachots.
Dès qu'il disparut, Sybil Trelawney apparut sur les escaliers coulissants. Elle s'était décidée à prendre son repas très tôt. Peut-être aurait-elle une chance de flirter avec le Maître des Potions, qui mangeait toujours aux aurores.
L'idée que se faisait Sybil sur le flirt avec Severus consistait à fixer le sorcier jusqu'à ce qu'il se sente très mal à l'aide et se retienne à grand peine de lui jeter des sorts. Severus avait fait l'erreur, plusieurs années auparavant, de coucher avec elle après une soirée entre collègues qui s'était tenue aux Trois Balais.Il avait consommé une sacré quantité d'alcool et les détails étaient plus que flous, mais il suffisait d'en dire qu'il avait été horrifié en se réveillant, le lendemain matin, pour trouver un bras maigre et décharné au travers de son torse, et Sybil profondément endormie à ses côtés, nue.
Il repoussa les draps et se leva, roulant hors du lit et courant à la salle de bain. Il essaya de piger. Sybil Trelawney avait l'air d'une fervente anorexique. Ses seins étaient petits et évidés, son corps émacié sur presque toutes les zones visibles. Par tous les dieux, il avait dû être vraiment bourré pour l'avoir ramené dans ses appartements.Il se regarda dans le miroir et faillit crier en découvrant la culotte du Professeur de Divination perchée sur sa tête.
Il fit rapidement lever et se rhabiller Sybil, disant à la sorcière à gueule de bois que la nuit précédente avait été une erreur, qu'il n'en avait aucun souvenir, et n'en voulait aucun. Et qu'il ne voulait pas non plus qu'elle revienne. Sybil était convaincue que Severus voulait réellement qu'elle revienne, mais qu'il était dans le déni. Quel genre de sorcier pouvait prendre une femme ainsi sans rien ressentir ?
Severus était ce type de sorcier.
Espérant raviver l'ardeur du sorcier, Sybil avait envoyé au sorcier une pensine qui commençait à l'instant où ils étaient entrés dans ses appartements. Il avait trouvé la pensine enroulée dans un parchemin devant la porte de son bureau et l'avait amenée à l'intérieur. La note y étant attachée n'indiquait que 'Pour le Professeur Snape'.
Il avait déballé la pensine, y avait plongé un doigt et après en avoir vu dix atroces secondes, il l'avait jetée contre le mur où elle avait éclaté en morceaux. Puis il retourna à ses appartements et se doucha. Il se sentait totalement crasseux.
Sybil entra dans la Grande Salle par l'entrée des élèves, se dandinant jusqu'au centre de l'aile. Elle fut déçue de voir que Severus n'était pas là. Peut-être était-il en retard. Elle releva les yeux sur Hermione et ses yeux s'étrécirent un peu.
« Hermione, avez-vous vu le Professeur Snape ce matin? » lui demanda-t-elle alors qu'elle s'avançait le long du rang pour rejoindre son fauteuil.
Hermione cligna un peu des yeux, puis elle regarda le siège vide du Professeur.
« Oui, il était là avant que j'arrive. J'imagine qu'il a fini son petit-déjeuner et est parti » répondit-elle.
Sybil commanda un œuf dur et un toast, puis regarda suspicieusement Hermione. Elle vivait dans les donjons, là où le Professeur résidait. Hermione était vraiment moche, mais elle était quand même plus jeune qu'elle.
« Que faites-vous ici si tôt ? » demanda Sybil à Hermione alors qu'elle tapotait son œuf avec une cuillère et repoussait en arrière la coquille brisée. Elle saupoudra un peu de sel et de poivre sur son contenu. « Vous ne suivez pas le Professeur Snape, n'est-ce pas? Il ne perdrait pas même une seconde à vous regarder, vous savez. »
Hermione regarda Sybil, son mono sourcil s'élevant d'incrédulité, s'arquant comme un arc-en-ciel brun au-dessus de ses yeux. Le Professeur Snape n'aurait pas pris une seconde pour regarder qui que ce soit. Pas qu'elle puisse vouloir qu'il la regarde. En fait, ce n'était pas complètement vrai. Elle voulait être une sorcière que n'importe quel sorcier pourrait regarder une seconde fois. Donc, techniquement, Snape tombait dans la catégorie 'regarde-moi'. Elle jeta un regard noir à Sybil.
« Non, je ne 'suis pas' le Professeur Snape. J'ai beaucoup à faire ce matin et j'ai donc pris le petit-déjeuner tôt. Franchement, Sybil, vous avez du culot pour suggérer une chose pareille » dit Hermione.
« Vous devez être désespérée » dit Sybil. « Au cas où vous auriez des vues sur lui, je vous préviens simplement qu'il est hors de votre portée. Lui et moi avons… Quelque chose entre nous. »
Hermione grimaça. Sybil pouvait bien avoir tout ce qu'elle voulait avec lui. Elle ne voulait pas imaginer ça. Intérieurement, elle se dit tout de même que Sybil se faisait des illusions. Elle doutait sérieusement que Severus Snape pourrait s'intéresser à quelqu'un d'aussi frivole et irrégulier qu'une Professeur de Divination aux talents aussi discutables que Sybil. Hermione était toujours persuadée qu'elle était une vieille menteuse, qui pensait qu'une voix d'outre-tombe et faire brûler de grosses quantités d'encens remplaçaient efficacement le Vrai Don. L'idée de ces deux-là en couple était presque risible.En fait, Hermione gloussa sans le réaliser.
« Qu'est-ce qui vous fait rire » demanda Sybil, ses yeux s'étrécissant méchamment. « Au moins, moi, je peux dire sans mentir que j'ai été intime avec un homme. Est-ce que vous pouvez dire ça à propos de qui que ce soit ? Non. Vous ne pouvez pas. »
Beurk. Sybil et le Professeur, intimes ? Comme dans 'ils baisent'? Oh, c'était trop fort. Hermione se leva.
« Passez une bonne journée, Sybil » lâcha-t-elle, sortant à toute vitesse de la Grande Salle.
Hermione aurait vraiment pu vivre une longue vie heureuse sans avoir cette information. Elle doutait du fait que la sorcière ait pu sortir de telles choses sur le Professeur s'il n'y avait pas un fond de vérité là-dedans. Elle frissonna.
« Beurk, beurk, beurk » souffla-t-elle alors qu'elle prenait le couloir des cachots. Alors qu'elle approchait de ses appartements, elle vit Severus, apparemment de retour des dortoirs Serpentard, s'arrêter devant son propre bureau pour y entrer. Il releva le regard vers elle, les yeux plissés.
La sorcière frémit visiblement et accéléra le pas, claquant la porte derrière elle.
« C'était quoi, ça ? » se demanda vaguement le sorcier, avant d'entrer dans son bureau. Qui s'en souciait, après tout ?
Il s'installa à son bureau et jeta un coup d'œil à quelques parchemins, attendant pour son premier cours.
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Dix minutes avant dix heures, Hermione se tenait nerveusement devant le salon de beauté 'l'amour a des crocs'. Les fenêtres étaient très teintées. Elle pensa avoir vu un mouvement à l'intérieur mais personne n'ouvrit la porte. Elle continuait donc à attendre, anxieuse.
Adam transplana au point d'apparition publique le plus proche et trottina tranquillement vers sa boutique. Adam était une reine vampire et pouvait se déplacer en toute liberté dans la lumière du soleil, le seul prix qu'il en paie étant la perte momentanée de ses pouvoirs vampiriques. Dans les temps anciens, les chasseurs de vampire amenaient les Reines dans la lumière du jour pour les tuer, puisque la perte de sa force et de ses capacités en faisaient une humaine mortelle normale. Mais personne ne chassait Adam. Lui et les siens ne chassaient pas les humains, se contentant de steak cru et de sang d'animaux. En plus de Victor, Adam dirigeait une centaine de sous-fifres. C'étaient des vampires moins puissants, de ceux qui s'étaient instantanément convertis en vampires, en une seule morsure. Mais la transformation était si rapide que ça leur avait en grande partie grillé le cerveau, et qu'ils étaient sous-humains. On pouvait en dire qu'ils étaient vampires par le simple fait de voir leurs traits. Ils étaient connectés à la Reine plus comme des toutous fidèles que comme des individus.
Adam avait hérité de ses sous-fifres de l'ancienne reine, Vashti, qu'il avait tuée après avoir été mordu par Victor, qui tentait d'en faire un sous-fifre après avoir bu son sang. Mais visiblement, Adam était plus femme intérieurement que ce qu'il s'était imaginé. Au lieu de devenir sous-fifre, il était devenu Reine. Chez ce type de vampire en particulier, il s'agissait de femmes humaines mortes d'avoir été mordues par un sous-fifre, mais qui devenaient Reine si elles l'étaient par un Sentient. Les sentients étaient des vampires intelligents qui devenaient lentement vampires après être mordus par une Reine, ce qui maintenait leur esprit et forme physique. Le changement était complété lorsque l'individu imprégné rejoignait la Reine pour un rapport. Les Sentients n'avaient pas l'autorisation de voir des femmes humaines, devant se consacrer à leur Reine.
Le faire était un acte de trahison, étant donné que cela pouvait finir par créer une rivale. Adam était un accident. Mais il avait quand même éliminé l'ancienne Reine et régné à sa place. Il était une bonne reine vampire, remettant en étant les catacombes, traitant les sous-fifres avec gentillesse, écartant totalement les humains du menu et laissant Victor pourri-gâté. Victor n'avait tout d'abord pas franchement été ravi d'être le consort d'une Reine masculine, mais c'était ça ou la mort, et Adam l'appréciait. Il était une Reine très affectueuse et traitait Victor avec respect, le consultant avant de prendre des décisions importantes, l'habillant bien, et se comportant en compagnon agréable en dehors de l'intimité. Vashti ne s'était jamais souciée de ce qu'il pensait ou de ce dont il avait l'air. Elle lui donnait des ordres comme à un esclave. Adam était bien mieux, et le beau consort avait un grand sens de protection envers sa Reine.
Adam Sweetmeats tourna dans la rue et accéléra le pas jusqu'à l'allée qui accueillait son salon de beauté. Il vit immédiatement Hermione. Elle avait exactement la même allure qu'en photo. Adam claqua la langue et se dandina jusqu'à elle, qui le regarda, surprise, alors qu'il lui offrait sa main au poignet mou.
« Adam Sweetmeats, mon poussin. Appelle-moi Adam » dit la Reine.
Hermione ne prit pas sa main, le regardant d'un air bizarre.
« Vous êtes un vampire » dit-elle d'une petite voix.
« Tout à fait, ma chérie. Et tu es une sorcière qui a besoin d'une aide venue d'outre-tombe » répliqua Adam en attrapant sa main. Hermione frissonna. La main du vampire était glacée.
« Comment… Comment pouvez-vous être au soleil? Ca devrait vous tuer » demanda-t-elle à Adam.
« Chérie, il faudrait plus qu'un peu de soleil pour tuer une Reine » dit-il, lui souriant, montrant ses crocs acérés. Bien sûr, ils étaient rétractés.
Hermione le fixa. Un Reine ? Eh bien, le fait que le sorcier-vampire soit gay était évident, mais elle était sûre que la désignation de Reine signifiait plus que cela. Soudainement, la porte du salon de beauté s'ouvrit et Victor apparut, se tenant légèrement en retrait de la lumière du soleil qui s'était avancée lorsqu'il avait ouvert. Hermione releva les yeux vers le grand, pâle et très beau vampire, qui lui rendit un regard sobre, sans dire quoi que ce soit.
« C'est Victor. Mon consort. C'est aussi un vampire sentient. Magnifique, n'est-ce pas ? » roucoula Adam alors que Victor affichait un petit sourire. « Dommage que le soleil puisse le transformer en tas de cendres. Il doit rester dans la boutique toute la journée. »
Hermione arqua son mono sourcil, ce qui créa un effet intéressant.
« Comment des vampires peuvent avoir leur salon de beauté sur le Chemin de Traverse? » demanda-t-elle, à présent fascinée.
« Eh bien, choupine, nous ne sommes pas chassés. J'ai envoyé une pétition au Ministère et ils ont envoyé des observateurs pour vérifier, et après un an Victor et moi avons obtenu le droit de nous charger de toi. Par contre les sous-fifres n'ont pas le droit, ce qui est sans doute préférable. Ils ne sont pas très malins. J'ai toujours voulu avoir un salon de beauté, et quand j'ai hérité de la meute, j'ai aussi eu le magot avec. Je suis écœurement riche. Et donc j'ai une autorisation de travail et j'ai ouvert 'l'amour a des crocs'. Les affaires se portent très bien. Mes crocs auraient été arrachés par toutes ces sorcières si je ne les avais pas prévenues à l'avance que je fermais aujourd'hui. Hier a été une pure folie… Mais pour les trois prochains jours, ma boutique est ta boutique. J'ai pris quelques arrangements pour toi aussi. Quand tu partiras d'ici, tu auras l'air et te sentiras comme une femme nouvelle… Mais tu ne le seras pas. Tu seras toujours la même femme, même si les autres te clameront que tu es différente. Ce que tu vas faire, c'est changer ton aspect extérieur mais garder ta beauté intérieure. C'est important, que tu fasses ça, poussin, pour ne pas devenir superficielle » dit le vampire.
Hermione commençait à apprécier le vampire. Il semblait avoir bon cœur et être de bon conseil. Elle acquiesça.
« Bien » dit Adam en se frottant les mains. « Maintenant, on y va. »
Hermione commença à entrer. Adam attrapa son bras.
« Oh, non, ma chérie, on commence par le commencement. Nous allons devoir régler ces dents. Je ne pourrais pas me concentrer sur quoi que ce soit avec ça pointant vers moi… Et je suis vraiment habitué aux grandes dents, je peux te l'assurer » conclut Adam en prenant son bras, envoyant un baiser à Victor, qui l'attrapa, et traîna la sorcière réticente au bas de la rue.
Ses dents ? Par tous les dieux, ses parents allaient faire une syncope si ses dents étaient magiquement arrangées.
« Ta lettre a failli me mettre en larmes, Hermione » reprit Adam, utilisant familièrement son prénom. Ca ne posa pas de problème à Hermione. « Je sais ce que tu traverses. J'étais gros, homo, coincé et totalement sous les ordres de ma mère. Elle orchestrait presque toute mon existence et m'a toujours rabaissé, me disant que je menais mal ma vie. Mais bon, elle essayait quand même de la diriger. Il m'a fallu des années pour prendre mes propres décisions. Je devais avoir vingt-huis ans quand je me suis enfin permis de lui dire stop. Merlin, c'était bon.
Hermione écouta, pensant à sa propre mère, à sa propre situation.
Les yeux bleus d'Adam se tournèrent vers elle.
« Et je sais ce que c'est de se sentir seul et mal vu. Je n'étais pas un mec avec un beau corps et une belle gueule. J'étais un petit nounours rondouillard, un que les autres sorciers utilisaient et jetaient comme un mouchoir. Je ne pouvais trouver personne juste pour moi. J'ai tenté deux fois de me suicider. J'aurais probablement fini par réussir si Victor ne m'avait pas mordu. Maintenant, la vie est belle… Enfin, ma demi-vie est belle. Je n'ai jamais été plus heureux. Et je vais te rendre plus heureuse toi aussi. Nous sommes comme deux sœurs » gloussa la Reine vampire en serrant le bras d'Hermione. « Et des sœurs prennent soin l'une de l'autre. Nous allons montrer aux sorciers du monde entier ce qu'ils ont manqué. Et te montrer comment le leur montrer toujours. »
Hermione se sentait vraiment pleine d'espoir et d'empathie pour la Reine vampire. Il semblait vraiment comprendre ce qu'elle ressentait, et sa vie, d'une certaine manière, suivait la sienne. Soudainement, ils s'arrêtèrent devant un bâtiment. Hermione releva les yeux sur l'enseigne suspendue à une barre au-dessus de sa tête.
Elle affichait 'Al Dente, Denti-Mage'.
« Entrons » la poussa Adam. « Al t'attend. Je l'adore. Il reste ouvert tard le soir pour s'occuper de Victor et des sous-fifres. Il est excellent.
Hermione hésita, puis entra dans le bureau d'accueil.
Il était temps de changer.
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Note de Ms-Figg : Ooh. Un peu de noirceur, de mystère et de danger ajoutés au tout. Peter et le sang bouillonnant de LV. Oh yeah. Et Adam est un amour. Hermione chez le dentiste… Bravo pour elle… Et un grand, grand EUUUURK pour Severus et Sybil. Lol. Quoiqu'il en soit, s'il vous plaît, des reviews.
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Note de Sockscranberries : J'adoooore Adam ! Vraiment, je le trouve trop chou ! Et s'occuper des dents d'Hermione c'est vraiment une super idée. Même si j'ai hâte qu'on passe au reste de la transformation !
Et on a une bonne explication sur pourquoi les Mangemorts souffrent autant de la Marque… Quand est-ce qu'il va vraiment mourir celui-là ? On ne l'a pas déjà assez vu comme ça ? ^^
Bref, tout ça ajoute du suspense à l'histoire et j'adore ça ! Vivement la suite et merci Aë pour ton travail de traduction !
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Aë : Merci ^^ J'aime beaucoup cette fic, il va se passer tellement de choses ^^
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Note de Sevy4eveR : Ah, bonne idée cet ajout d'une intrigue, d'ailleurs, je me demande ce que mijotent Peter et Voldemort...
Les choses sérieuses commencent enfin pour Hermione ! J'ai hâte de voir à quel point elle sera métamorphosée ^^
J'aime toujours beaucoup cette fic ( un peu moins Sybil ) et c'est toujours un plaisir de la lire et de la bêtaiser... bon boulot ^^
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Aësälys : Merci ^^ A bientôt ^^
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Les têtes et membres d'anges de pierre, de figures démoniaques et d'image figées des morts jonchaient le sol, et la vermine se déplaçait librement entre les débris. (Sympa comme ambiance ^^) Aë : Ouais, hein ? Idéal pour tes prochaines vacances ^^
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Certains souffraient des heures, d'autre n'avaient qu'un instant de douleur. Puis c'était fini. (Ceci explique cela)
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Mais le sang de licorne ne pouvait aller plus loin, et Peter avait donc reçu l'ordre de suivre un rituel pour que Voldemort obtienne sa forme de semi-homme. (M'enfin... qu'est que les hobbits viennent faire ici ? XD)Aë : Désolée mais en vo c'est pareil XD
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Peter se cala contre la tête du lit, baissa son boxer, sortit son petit membre épais et commença à profiter interactivement du magazine. (Oh non pitié pas ça ! Et personnellement j'aurai plutôt vu Peter avec un slip kangourou, mais cela ne regarde que moi ^^)
C'était, de son point de vue, une excellente manière de passer le temps. (Si tu l'dis ^^)
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Severus jeta un coup d'œil à la jeune femme. Elle mangeait une saucisse qui avait l'air particulièrement huileuse, sauçant toute la graisse avec un gros morceau de pain. (Appétissant…)(Mmmmh, miam ^^ He, j'déconne, hein, en fait c'est dégeu XD)
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Peut-être aurait-elle une chance de flirter avec le Maître des Potions, qui mangeait toujours aux aurores. (Mdrrr Trelawney et Severus ^^ Elle a de l'espoir…)
L'idée que se faisait Sybil sur le flirt avec Severus consistait à fixer le sorcier jusqu'à ce qu'il se sente très mal à l'aide et se retienne à grand peine de lui jeter des sorts. Severus avait fait l'erreur, plusieurs années auparavant, de coucher avec elle après une soirée entre collègues qui s'était tenue aux Trois Balais. (OMG !)(Mais qu'est-ce qui a bien pu lui passer par la tête... tssss, Sev, tu me déçois beaucoup beaucoup... ^^) Il avait consommé une sacré quantité d'alcool (Ah oui ça je veux bien le croire !)
le lendemain matin, pour trouver un bras maigre et décharné au travers de son torse, et Sybil profondément endormie à ses côtés, nue. (En effet, c'est pas le réveil idéal, même après une cuite ^^)
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Ses seins étaient petits et évidés, son corps émacié sur presque toutes les zones visibles. (Sympa la description) Par tous les dieux, il avait dû être vraiment bourré pour l'avoir ramené dans ses appartements. (Même plus que ça ^^)
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Quel genre de sorcier pouvait prendre une femme ainsi sans rien ressentir ? (Eh bien tu as ta réponse : Severus Snape est cet homme ^^)
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La note y étant attachée n'indiquait que 'Pour le Professeur Snape'. (Quelle fabuleuse idée ^^)
Il avait déballé la pensine, y avait plongé un doigt et après en avoir vu dix atroces secondes, il l'avait jetée contre le mur où elle avait éclaté en morceaux. Puis il retourna à ses appartements et se doucha. Il se sentait totalement crasseux. (Ah ça mon pote... boire ou savoir avec qui on s'envoie en l'air, il faut choisir ^^) Aë : Efffffffectivement ^^
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Hermione était vraiment moche, mais elle était quand même plus jeune qu'elle. (Ne me dites pas que Hermione est plus moche que Sybil Trelawney parce que ça, j'aurai vraiment du mal à le croire !)
« Que faites-vous ici si tôt ? » demanda Sybil à Hermione (Pardon, avons-nous élever des hippogriffes ensemble ? Qu'elle est curieuse celle-là alors…)
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Il ne perdrait pas même une seconde à vous regarder, vous savez. » (Nom mais ?! C'est quand la dernière fois qu'elle s'est regardée dans un miroir, elle ? ) Aë : Pour l'instant, elle est moins moche que Mione, hein…(Genre…)
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Lui et moi avons… Quelque chose entre nous. » (Ouais... le plus de kilomètres possibles XD) Aë : Magnifique ! Je t'adore ^^(Oui, du vide !)
Hermione grimaça. Sybil pouvait bien avoir tout ce qu'elle voulait avec lui. Elle ne voulait pas imaginer ça. (Personne ne veut imaginer ça mon chou)
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L'idée de ces deux-là en couple était presque risible. (Non, c'est tout à fait risible tu veux dire
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Est-ce que vous pouvez dire ça à propos de qui que ce soit ? Non. Vous ne pouvez pas. » (Wow... sympa la vieille ^^)(Oui, mais tu peux aussi dire qu'il ne s'en souvient pas, et mieux, qu'il ne veut absolument pas s'en souvenir. Je pense que c'est pire ^^)
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Ses dents ? Par tous les dieux, ses parents allaient faire une syncope si ses dents étaient magiquement arrangées. (Franchement, ses parents sont bien bêtes s'ils ne veulent pas qu'elle arrange ses dents avec de la magie…) Aë : C'est déjà le cas chez JKR ^^ Hermione le fait contre leur avis, elle leur avait dit que c'était possible mais ils ne voulaient pas ^^
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J'étais gros, homo, coincé et totalement sous les ordres de ma mère. (Ah oui, quand même ^^)
