Bonjour à tous ! Excusez-moi pour l'irrégularité de mes posts, j'essaierai d'arranger ça mais, comme vous le savez bien, on ne contrôle pas son inspiration... Mais rassurez-vous, dès le prochain chapitre, les pirates apparaitront !
Disclaimer: Les personnages appartiennent à Masashi Kishimoto
Anecdote: Je viens de commencer One Piece ! Souhaitez-moi bonne chance ! (rires) ... car il y a plus de 700 chapitres ! Argh ! Mais je suis contente car ma fiction ne lui ressemble pas du tout. Ouf !
Je remercie mes lecteurs et j'espère ne pas les décevoir tout au long de l'histoire !
Tiff'28: Merci beaucoup ! Ton enthousiasme me fait énormément plaisir ! et il me motive ! Et tu vas voir, Naruto est dragueur, super-dragueur comme on ne l'a jamais vu !
Haru Uchiwa: Merci ! Est-ce que je dois comprendre que tu aimes beaucoup Sasuke ? Car si c'est le cas, tu vas être servi(e) ! Et je suis désolée pour Sakura, mais c'est tellement plus facile car ils ont... la même couleur de cheveux... Désolée !
Pierre: Merci ! J'espère que tu continueras à la kiffer ! Pour Sakura, elle a déjà son caractère mais tu me diras ce que tu en penses quand tu la verras ^^
Si vous avez des questions, n'hésitez pas !
Bonne lecture !
Chapitre 3 : En pleine tempête.
- Voiles ?
- Levées !
- Amarres ?
- Largués !
- Hamburgers ?
- Hein ?!
Naruto s'esclaffa devant la tête ahurie de son frère, assis à la proue du voilier. Y avait-il plus amusant que se payer la tête de plus petit que soi, même si ce n'était que de quelques centimètres ? Centimètres que Naruto revendiquait haut et fort, il n'était pas l'ainé pour rien. Lorsqu'il comprit que son frère se moquait, encore une fois, Minato soupira, las et habitué, puis rangea quelques cordes qui trainaient sur le sol. Il jetait quelques fois des coups d'œil anxieux vers les nuages qui semblaient les suivre. Naruto avait décidé de les ignorer mais c'était au mieux, songea Minato, car si son frère avait laissé transparaître sa crainte, celle du cadet n'aurait qu'amplifiée.
Au bout de plusieurs minutes silencieuses, longues et apaisantes, Naruto lâcha la barre et laissa le courant de la mer les conduire où bon lui semblait. Il se cala confortablement contre la rambarde et ferma les yeux de délice. C'était si bon d'être en mer ! Le bateau tanguait gentiment au gré des vagues et un vent paisible soufflait au-dessus des nuages. Minato avait laissé sa main plongée dans l'eau et lorsqu'il la ressortit, elle était rouge et glacée. En l'essuyant, il se tourna vers son frère et dit, sur le ton de la conversation :
- J'ai revu Monsieur Jiraiya.
- Quoi ?
Naruto ne semblait pas surpris. En fait, il feignait tout simplement l'intérêt sur les paroles de son frère, comme d'habitude. Minato insista :
- Du moins, un type qui lui ressemblait trait pour trait. On aurait dit une copie. Tu crois qu'il avait un jumeau ?
- Monsieur Jiraiya ? Certainement pas, c'est à peine s'il avait une famille. C'est pour ça qu'on a hérité du voilier, hein ?
- Oui mais ce type lui ressemblait vachement.
Naruto se redressa et détailla son frère de ses yeux bleu azur, plus bleu que le ciel en cet instant, tant il était couvert de nuages menaçants. Il voulut dire quelque chose, s'arrêta, fronça les sourcils et chercha de meilleurs mots pour s'expliquer.
- Moi aussi, je l'ai vu.
- Qui ?
- Le type qui ressemblait salement à Monsieur Jiraiya.
- C'est vrai ? Quand ?!
- Aujourd'hui, un peu après que tu sois parti –et d'ailleurs c'était salaud ton truc ! J'ai vu un portrait tout ce qu'il y a de plus ressemblant du capitaine Uchiwa et j'avais pas un rond pour me le payer ! Par ta faute, il sera vendu à un ignorant qui le collera sur sa cheminée ! Tu imagines, Sasuke Uchiwa sur une cheminée ?
- Eh calme-toi, mec ! protesta le cadet, décontenancé, qu'est-ce que tu veux dire par juste après que je sois parti ?
- Ben, dans les dix minutes, quoi.
Sur ce point, Naruto improvisait. En réalité, il n'avait pas remarqué la disparition de son frère avant de vouloir lui soutirer quelques billets mais ça, jamais il ne l'avouerait, orgueil de grand frère ! Son frère fronça les sourcils, comme toujours quand il était confronté à un problème qui mettait à mal son esprit si brillant. Oui, Naruto osait le dire, son frère était brillant. Et ce n'était pas qu'une bonne chose.
- C'est bizarre, dit-il.
Durant les quinze années de leurs vies, Minato avait toujours été le plus intelligent, le plus malin, le plus impressionnant. Naruto ne comptait plus les professeurs, élèves, voisins, internés qui lui posaient telle question, tel problème, pour tester son intelligence et se trouvaient déçus lorsqu'il n'atteignait pas leurs attentes, comme Minato l'aurait fait. L'expression méprisante et supérieure dans leurs regards en disait long sur leurs pensées : Minato avait récolté toute la cellule grise, ne laissant à Naruto que quelques morceaux de savoir, à peine utiles. Non que Naruto se sentît inférieur à son frère -ça jamais !- mais il aurait aimé qu'on cessât de toujours les comparer.
- Tu m'écoutes, Naruto ? interrogea son frère.
- Hein ? sortit l'ainé de ses pensées.
- Je vois, fis simplement Minato, le regard sombre.
- De quoi ?
Il ne répondit pas, se contenant de fixer l'horizon obscurci. Sa silhouette se découpait du décor gris, ses cheveux blonds –aux racines noires- volaient, gonflés par un vent invisible, sa chemise à carreaux frémissait, comme vivante et frileuse, et sa main droite avait replongé dans l'eau mouvante. Naruto plissa les yeux, énervé.
- De. Quoi. Minato !
- Rien, tu n'écouterais pas.
- Là je t'écoute, vas-y !
Minato fit volte-face et plongea son regard ténébreux dans celui furibond de son frère. Si un passant les avait observé –à condition qu'il fût sur un bateau, ceci dit-, il n'aurait pu faire la différence entre les deux garçons qui s'affrontaient du regard, comme s'ils n'avaient été qu'un, qui se regarderait furieusement dans un miroir instable. Le voilier fit un écart, rompant ainsi le contact entre leurs quatre pupilles.
- Je disais que je l'avais rencontré à peu près au même moment, lâcha Minato, excédé. Voilà !
- Tout ça pour ça ! se plaignit l'ainé, franchement, pas besoin de me chercher des poux si c'est pour… attends, tu es en train de dire qu'il y en aurait un troisième ?
Cette fois non plus, Minato ne dit rien, bien trop énervé contre son frère pour concéder à lui répondre. Il devrait avoir l'habitude pourtant, s'être résigné, ne plus y faire attention, et pourtant, pourtant !, à chaque fois cela l'énervait, l'irritait, l'horripilait et toutes les variantes de ces mots. Naruto, contrarié que ce soit lui qu'on ignorât, attrapa la barre et la poussa à fond, faisant faire à la vieille coque un virage serré sur une vague haute. Vague qui s'écrasa sur le petit frère détrempé. Petit frère qui explosa.
- Mais t'es complètement malade ?! Pourquoi t'as fait ça ? J'suis trempé maintenant ! Et si j'attrapais la crève, ce serait de ta faute tiens ! Non mais quel boulet !
- Et calme-toi, vieux ! répliqua Naruto sur le même ton, j'ai pas fait exprès, ok ? Et puis fais pas ta chochotte, tu veux ? C'est que de l'eau !
- C'est que de l'eau ? Vraiment ? Ben tiens alors, bois !
Et sur ces mots, il envoya une gerbe d'eau à la figure de son frère qui n'eut le temps –ni la place- de se reculer pour l'éviter. Il jura en s'essuyant les yeux piquants et ruisselants d'eau de mer, puis il éclata en injures et menaces et se releva gauchement. Minato l'imita et le bateau tangua violemment.
- T'es malade ! Ca pique, cette…
- Ce n'est que de l'eau, le coupa narquoisement le cadet.
- Rah, va te noyer !
Un éclair lumineux zébra le ciel, figeant le regard noir de Minato. Les deux frères levèrent les yeux au ciel et ce qu'ils virent les pétrifia d'effroi. Le ciel n'était plus gris mais noir comme l'Enfer, et soudainement, accompagnées de tonnerre grondant, des trombes d'eaux, violentes, subites, lourdes et opaques, s'abattirent sur leur petite embarcation, douchant leur humeur, les trempant plus qu'ils ne l'avaient été.
Naruto, le visage dégoulinant, les yeux rouges, regarda autour de lui, cherchant la direction à prendre, ne voyant pas plus loin que la proue du voilier. Son appréhension, qu'il avait repoussée puis oubliée, revint, chargée d'une peur panique qui le figea sur place. Le vent se mit à souffler plus fort encore, transformant la drache en tempête monstrueuse. Les vagues se firent menaçantes, le ciel invisible, la terre encore moins.
- Tu pourrais m'aider, tu ne crois pas ?
Naruto vit son frère s'affairer à rabaisser les voiles auxiliaires, comptant sur la principale et le vent puissant pour les pousser vers la terre ferme. Si seulement le gouvernail était pointé dans la bonne direction.
- Je vois rien ! hurla l'ainé à plein poumon pour se faire entendre à travers les sifflements du vent, par où doit-on aller ?!
- A l'ouest ! répondit-il sur le même ton, le port est à l'ouest !
Naruto leva le pouce, bien que se doutant que son frère ne l'intercepterait pas, et entreprit de tourner la barre, munie d'une boussole, dans la direction du soleil couchant. Et, comble du malheur, le gouvernail refusa de bouger. Pas même d'un millimètre. Naruto retenta le tout, en poussant de toute ses forces, son corps, ses pieds, rien n'y faisait, la barre était bloquée par les courants marins.
Les vagues se firent plus mouvementées, plus hautes, le vent plus rapide. Il brûlait les oreilles de Naruto, incapable de voir et d'entendre dans cette mortelle tempête. La coque grinça et un frisson d'horreur parcourut la colonne du Namikaze. Si cela ne s'arrêtait pas bientôt, le voilier ne tiendrait pas ! Ils allaient couler ! Naruto se jeta sur la barre et, de toutes ses forces, poussa désespérément et vainement. Ils allaient couler. Naruto faillit appeler son frère à l'aide mais se ravisa. Non par orgueil –quoiqu'un tout petit peu-, mais surtout parce que Minato était nul en sport. Il n'avait rien dans les bras, rien dans les jambes, et ce n'était pas peu dire. Cela n'avancerait à rien qu'il tentât de pousser la barre alors qu'il pouvait mieux faire, en tenant la corde de la voile principale pour qu'elle ne s'envolât pas, par exemple.
Naruto sentit ses yeux piquer et cette fois, ce n'était pas à cause de l'eau de mer. Il allait mourir ! A quinze ans ! Au début des vacances, à l'aube de sa vie, il était fini ! A jamais Subaru serait le plus âgé, il ne le rattraperait pas, à jamais Goro serait le plus grand, à jamais Orihime la plus joyeuse, à jamais Leena la plus belle, il ne les reverrait plus !
Et ce tableau, ce magnifique tableau, gardé par ce vieil antiquaire antipathique serait vendu au premier venu qui l'accrocherait bêtement sur un mur, près de la cheminée en se disant que l'auteur était vraiment doué et qu'il devrait trouver d'autres de ses œuvres alors qu'elle était unique. Elle était unique ! et il l'avait laissé filer, comme il laissait sa vie le quitter en cet instant. Sasuke Uchiwa ne méritait certainement pas de finir ainsi vulgairement.
Déclic. Idée. Illumination même. Souvenir… Aiko la gouvernante lui avait un soir raconté un exploit du capitaine Uchiwa, qui lui avait sauvé la vie. Alors qu'il n'était qu'un matelot, il avait été emporté dans une tempête semblable à celle, où le vent sifflait, la mer faisait le gros dos et le tonnerre grondait. Pour sauver sa vie et celle de son équipage, faisait fi de la règle du capitaine ne pouvant abandonner son navire, il avait arraché une planche de bois à son bateau et tandis que la mer avalait ce qu'il lui restait de trésors, sa petite planche lui permit de rester à la surface. Quand l'orage –l'ouragan- se calma, il rejoignit la côte à coup de jambes, sans se séparer de ce bout de bois. Il avait été le seul survivant de ce naufrage et il était devenu le plus grand pirate des Grande Conquêtes.
- Minato ! Arrache une planche et sers-t-en comme bouée ! hurla le Namikaze dans le vent, en suivant sa propre recommandation.
Il lui était douloureux d'ainsi abimer l'héritage de Monsieur Jiraiya, de l'abandonner dans les flots tumultueux mais c'était son seul moyen de survie. Il sauta à l'eau. Elle était gelée, glaciale même, le courant le tira vers le fond, réduisant ses efforts pour garder la tête hors de l'eau. La planche lui échappa des mains. Il voulut la récupérer, il s'enfonça plus profond encore. La pression de la mer du Cachalot boucha ses oreilles, ses yeux ne virent qu'obscurité. Il agita les bras, les jambes, le bassin. Miraculeusement, il parvint à la surface, inspira, but la tasse, fut aspiré par la mer impitoyable.
La pression lui broyait les os, l'eau s'infiltrait par ses oreilles, son nez, ses yeux. Sa gorge le brûlait : il avait besoin d'air ! De l'oxygène, maintenant ! Vite ! Son corps empli d'adrénaline s'agitait avec de moins en moins de vivacité et bientôt, ses dernières réserves furent épuisées, les bulles carboniques remontèrent à la surface, loin, tellement loin au-dessus de lui. Tandis qu'il se laissait aller vers le fond marin, il vit la planche de bois remonter doucement à la surface, légère, ascendante, ballotée par les flux océaniques. Elle se dirigeait vers la lumière tamisée de la surface alors que Naruto, lui, s'enfonçait dans l'obscurité. Vers la mort.
