Jenifael n'arrive pas à comprendre ce que McGonagall veut dire. Elle essai tout de même.
- Voulez-vous dire que, cette personne, ce sorcier malfaisant, a pu devenir ce qu'il a été par la disparition des magiciens?
- Tout à fait.
- Mais...comment?
- Justement, je vais en venir. Tout d'abord, débutons par une définition que nous autres, sorciers, nous donnons au magicien.
La jeune femme se redresse, prête à tout mémoriser. Ce geste fait sourire la professeur.
- Un magicien, est un être doté de faculté magique très spéciale. En effet, celui-ci peut faire appel à la magie qui dort en lui sans l'intermédiaire d'objet matériel. Comprends-tu?
- Pas trop. C'est difficile de comparer sorciers et magiciens.
- Je vais te donner un exemple. Nous autres sorciers avons besoin d'une baguette pour utiliser notre magie. Mais sans elle, nous sommes démunis. Par conséquent, on peut penser que les sorciers acquièrent leur magie que par la baguette. Mais c'est faux. Il faut qu'il y ait tout de même un peu de magie, d'origine naturelle comme les magiciens, pour pouvoir exprimer et faire fonctionner les sorts. Les magiciens, eux, peuvent faire appel à leur magie sans objet. Leurs mains sont même surnommés « la baguette d'un sorcier ». Cependant, la quantité de magie utilisée dépend de l'individu. Retiens bien cela, la magie d'un magicien est fonction de son degré d'ouverture à la nature.
- Vous voulez dire que le magicien est une sorte d'être capable de se fondre complètement en elle?
- Oui. Plus un magicien est proche de la nature, plus celui-ci peut utiliser sa force sans faiblir.
- J'ai compris.
- À présent, tu crois comprendre ce qui anime un sorcier et un magicien.
- Oui, une rivalité.
- C'est cela. Mais une bonne rivalité. Le sorcier veut devenir plus fort que le magicien en essayant d'utiliser son mental pour formuler ses sorts, alors que le magicien veut devenir plus fort que le sorcier en essayant de s'ouvrir autant à la nature qu'un sorcier à sa baguette.
- Ok! Mais vous, que ressentez-vous envers moi?
- Juste une intense affection. Tes yeux. Les magiciens ont toujours ce genre d'yeux. Mais avec différentes nuances. Soit bleu-or comme la magicienne que j'ai connu, soit émeraude-or comme les tiens.
- Mais, mes yeux étaient ainsi depuis ma naissance. L'esprit a juste étiré ma partie jaune c'est tout.
- Bien, continuons. Les magiciens ont également des dons très différents les uns avec les autres. Certains contrôlent mieux l'air que les autres et ainsi de suite avec les quatre autres éléments de la nature. Mais aucun d'eux n'a appris à maîtriser un don très rare même chez les sorciers. La guérison.
Jeni baisse tristement la tête. C'est justement ce pouvoir qu'elle souhaite.
- Tu souhaite soigner quelqu'un qui t'es proche?
- Oui professeur.
- Il y a tout de même de l'espoir. Qui dit que personne ne peut la maîtriser. Aie confiance. Et puis, celui-dont-on-ne-doit-pas-prononcer-le-nom n'a jamais réussi à te trouver.
- Justement, je veux savoir pour ça.
- Et bien, ce sorcier a eu vent de quelques magiciens encore vivant de part le monde, il a donc mis en place un système de quête anti-magicien afin de les repérer et de les tuer pour accroitre ces propres dons car, pour lui, tuer un magicien permet d'acquérir une force incommensurable durant un certain laps de temps. Mais il n'a jamais pu acquérir la force de tuer.
- Et votre amie?
- Elle est morte de ces mains. Tous les magiciens sont morts ainsi. Sauf toi, la seule qui ai pu réchapper à ce système car.
- Car je ne les avais pas durant ma jeunesse.
- Voilà, as-tu d'autres questions?
- Oui, pensez-vous que j'arriverai à déclencher rapidement mes dons?
- Cela, je l'ignore. Nous avons bien appris les sujets d'étude des magiciens et nous avons pu te concocter un apprentissage de sept ans comme les étudiants sorciers. En général, il fallait le double de temps pour qu'un magicien soit totalement prêt à servir le monde magique et humain.
- Qua...quatorze années contre sept! Vous avez drôlement confiance.
- Pas moi, mais le directeur affirme que tu en es capable.
- Et bien, c'est vraiment angoissant. J'ai peur de vous décevoir.
- Mais non voyons. Bien, je vais te laisser repartir. Tu peux aller voir Hagrid mais ne va pas dans la forêt qui borde sa maison. Des êtres sombres y résident.
- D'accord. Merci pour ces réponses professeur.
- C'est mon rôle.
La jeune femme quitte alors le bureau de McGonagall, quand le directeur fait son apparition.
- Vous auriez pu entrer et venir nous écouter Albus.
- Non, je pense que cela aurait gêné la jeune femme.
- Alors?
- Et bien, je pense que pour le moment elle est en paix. Mais je ne suis pas venue pour cela. Jenifael a vu une aura de ténèbres autour du professeur Quirell.
- Quoi, mais elle a du se tromper. Il ne ferait pas de mal à une mouche.
- Je vous dis cela pour vous méfier.
- Bon très bien.
Dans la maison de Hagrid
La jeune femme ne s'attend pas à ça dès qu'elle entre dans la maison du garde-chasse. Un bazars pas possible règne dans cette pièce. Mais elle change vite d'avis dès qu'elle voit le gros chien.
- Oh, t'es qui?
- C'est mon chien, Crockdur.
- Drôle de nom.
- Mais il le mérite. Par contre, c'est un trouillard ambulant.
- Ah bon, bonjour Crockdur.
Le chien aboie à qui mieumieux pour montrer son attachement immédiat à la magicienne.
- Et bien, lui qui est d'habitude timide comme pas deux, il te fait la fête.
- Les animaux sont toujours ainsi avec moi. Sauvage ou non.
- Vraiment! Mais ça tombe bien ça, j'ai justement besoin d'un calmant pour pouvoir soigner une licorne.
- U...une li...licorne, vrai de vrai!
- Oui, tu veux bien?
- Bien sûr, où est-elle?
- Dans la forêt.
- Interdite?
- Oui, pourquoi, oh le règlement.
- Oui, et j'ai promis à McGonagall. Mais tant pis. Il fait jour non? Et quel beau temps pour se balader en forêt!
- C'est vrai. Mais je suis responsable aussi de toi alors pas de bêtise.
- Et, j'ai 24 ans tout de même.
Pour toute réponse, Hagrid prend son fusil et le chien. L'entrée dans la forêt se fait dans le bonheur le plus complet.
- Tu aimes les bois non?
- Oui c'est vrai Hagrid. Et puis chez moi il y a un petit bois où je me sens en sécurité.
Hagrid prend les devants et le duo s'enfonce de plus en plus vers le coeur de la forêt quand tout à coup un bruit de sabot se fait entendre.
- Ils sont là non? J'entends des sabots de chevaux.
- Non, là ceux sont les centaures.
- Vraiment? Ça existe?
- Regarde.
Un centaure apparut alors en sautant un immense tronc d'arbre. Ces sabots sont brillants comme du cristal et ses bras humains musclés comme un athlète. Le centaure parle alors à Hagrid.
- Bonjour Hagrid.
- Bonjour Firenze.
- Qui est cette humaine?
- Je te présente Jenifael Loquaz, nouvelle étudiante de Poudlard.
- N'est-elle pas trop vieille pour l'être? Et je ne sens pas le sorcier en elle. Ni l'humaine, pas complètement.
- C'est une magicienne.
- Alors, la rumeur est fondée. Enchantée miss.
- Moi de même. Vous semblez très à l'aise?
- Comme vous je crois. Même heureuse.
- Oui, je suis dans la forêt et cela me suffit.
- Comme ceux de votre espèce. Oui, les magiciens aiment les bois. Que faites-vous là Hagrid?
- Tu te souviens de la licorne?
- Oh oui, elle est très énervée.
- Je crois que cette femme va pouvoir la calmer. Elle apaise toutes les créatures de la forêt.
- Oui, je la ressens aussi, son aura positive. Je vous laisse.
Et sur cet échange, le centaure part dans l'autre sens.
- Qu'entends Firenze par là?
- Que tu dégage beaucoup d'amour.
Jenifael rougit d'un coup et cela fait rire Hagrid.
- Ah, nous y voici. Regarde et sois prudente.
Le duo ralenti donc le pas et voit enfin apparaître une magnifique jument blanche comme neige avec une immense corne sur le front. La magicienne est comme hypnotisée par la beauté de cet animal de légende. Hagrid la secoue et la prend avec elle.
- Tout doux ma belle.
Mais la jument se cabre, dévoilant alors l'autre côté de son corps, une couleur beige. Le coeur de Jeni se serre de peur. Non pas pour elle mais pour la licorne. Elle se met alors à parler tout en avançant sous les yeux protecteurs d'Hagrid.
- Tout doux, je suis ton amie, je ne te veux aucun mal. Juste te comprendre. Et toi, le veux-tu?
La jument se calme d'un coup, surprenant totalement Hagrid qui suit Jeni.
- Laisse-nous voir ce que tu as. Couche-toi s'il te plait.
La jument, sous le charme du pouvoir de Jenifael, qui elle ignore totalement que ceux sont ces dons qui s'expriment, se couche. Hagrid prend place du côté de la blessure et soigne tant bien que mal la licorne tandis que Jeni parle tout doucement, rassurant l'âme de la créature. Puis, une fois les soins terminés, le duo part, une fois la licorne de nouveau dans son troupeau. Hagrid ne sourit pourtant pas, surprenant Jenifael. Mais elle ne dit rien. Une fois chez Hagrid, celui-ci ouvre son coeur, déchirant celui de Jeni.
- Elle ne passera pas la nuit.
- Mais pourquoi!
- Elle a perdu tout son sang. Et ce n'est pas la première. Ces temps-ci les licornes meurent par une chose qui boit le sang de licorne.
- Cette texture beige.
- Oui. Quand quelqu'un fait ce geste, c'est qu'il doit être très faible, sur le point de mourir mais ce sang-là empêche la mort et permet de survivre. Mais il y a un revers, la personne qui fait cela est maudite.
- Je veux faire quelquechose!
- Tu ne peux pas. Pas encore, tu n'as pas éveillé tes dons. À part celui de la compassion.
La jeune femme rentre donc chez elle, le coeur en pièce. « Je ne veux pas la compassion mais la guérison! Sinon, comme cette licorne mon père va mourir à force de faire ces hémorragies! »
La jeune femme va sa coucher, en espérant tout simplement de ne pas faire ce cauchemar car le lendemain, c'est la rentrée.
