Salut à tous ! Merci pour toutes vos reviews pour le chapitre précédent, j'ai été heureuse de voir qu'il vous a plu ! Et merci à celles (ceux?) qui m'ont laissé des nouveaux mots ! Je ferai de mon mieux pour essayer d'écrire une fic pour chacune de vos propositions.
L'heureuse (ou pas) élue de cette fois-ci, est Evangelysta, qui a eu la gentillesse de me laisser ces mots siii faciles à utiliser dans une conversation normale !!! Les voici :
-paradigme
-postulat
-anarchique(s)
-entonnoir
-pipistrelle
- bague
-geyser
-fluorescence
-tectonique
-malachite
-geek
-ballet
Bon, comme vous pouvez vous en douter, le challenge était de taille, et je ne suis pas bien sûre d'avoir réussi (et même plutôt tout l'inverse). Je les ai tous utilisés, mais quant à savoir si c'est d'une façon vraiment naturelle, là, je ne peux rien vous promettre. ^^''' Quoi qu'il en soit, j'ai fait ce que j'ai pu, et comme mon avis sur ce texte est très mitigé, n'hésitez pas à me faire part de vos impressions. ^^
Titre : La revanche sur l'Opéra
Disclaimer : Fye et Kurogane appartiennent à Clamp, exploités par moi, Pelléas et Mélisande appartiennent à Maeterlinck, exploités par Fauré, Debussy, Schoenberg... (comme quoi, ces gens là aussi avaient des âmes de fanficqueurs, sauf que c'étaient des fanficqueurs version musique...)
Encore une fois, j'ai pas pu résister à écrire un truc sur la musique, donc j'espère que j'ai été assez claire sur les définitions de termes employés... Si pas, faites le moi savoir.
Voilà voilà, bonne lecture !
La revanche sur l'Opéra.
Est-ce que vous aimez les études ?
Moi, laissez-moi vous dire que ça m'a toujours gonflé. Les maths et ces imbéciles de fractions, ces sinus et cosinus et j'en passe, l'histoire, ses rois, ses révolutions, la géographie et ses plaques tectoniques, la biologie et ses dissections, très peu pour moi.
Alors, il n'a pas fallu longtemps avant que je décide de me reconvertir dans un autre domaine : la musique. Et là, vous dites, la musique ? Classique ? Mais c'est ringard !! Enfin, non, vous évitez de le dire, parce que sinon vous vous mangez mon poing dans la tronche. Mais vous le pensez très fort, je le sais, je le vois.
Pour information, la musique classique, c'est loin d'être ringard, et moi, j'ai la chance de jouer du plus bel instrument au monde, le violoncelle. Ça a été comme un coup de foudre, quand j'ai entendu pour la première fois le son qui pouvait sortir d'une boîte aussi bizarre que celle-là. En moins de temps qu'il n'en faut pour le dire, j'étais devenu un fervent passionné. Conservatoire et tout le tralala, s'il vous plaît, et c'est là que j'y ai fait la connaissance (contraint et forcé par ma prof, mais rétrospectivement, je lui en suis plutôt reconnaissant) de mon actuel colocataire, un blond aux yeux bleus qui a des fées dans les doigts.
Le blond en question est actuellement assis à la table du salon, les doigts enfouis dans ses cheveux, et les yeux fixés sur ses feuilles de papier et ses partitions, l'air concentré, un crayon à la bouche. Parce qu'il y a un truc avec la musique, c'est qu'il ne suffit pas simplement d'en jouer. Il faut aussi la connaître, et ça passe par la théorie, et pas seulement par la pratique, malheureusement.
Visiblement, Fye est en train de le regretter, si j'en crois ses soupirs qui montrent une motivation frisant le zéro absolu.
- Qu'est-ce que tu fais ?
Les yeux se lèvent vers moi, d'un air étonné – il ne m'avait sans doute pas entendu. Il répond d'une voix un peu fatiguée :
- Oh... je fais une analyse paradigmatique.
- ... Une quoi ?
- Une analyse paradigmatique. Du mot paradigme. T'as jamais fait ?
- Non. C'est quoi ?
- Bah, c'est une sorte de tableau où tu superposes les différents thèmes qui apparaissent dans le morceaux, pour voir lequel revient à quel moment... C'est un peu long, mais bon...
Au conservatoire, à notre niveau, on doit choisir entre analyse ou écriture. L'analyse, c'est décortiquer un morceau jusqu'à ce que chaque motif mélodique trouve son sens dans un schéma à plus grande échelle. L'écriture, c'est un texte qu'on vous donne – une mélodie, ou une basse – et il faut composer l'accompagnement de ce texte, tout en suivant des règles pré-établies, bien évidemment. Fye a choisi l'analyse ; moi, j'ai préféré prendre l'écriture. Et quand je vois la montagne de boulot qu'il ramène du cours à chaque fois, je m'estime content d'avoir choisi écriture. Bon soit, le résultat de mes compositions est le plus souvent anarchique, mais c'est vachement marrant, en fait. Beaucoup plus drôle que cette... analyse paradigmatique.
- Tu fais sur quoi ?
- Mmh... Pelléas et Mélisande.
- Euh... le ballet de Debussy ?
- T'as tout faux, Kuro-chan, c'est un opéra.
- J'étais pas loin, je grogne, et arrête de m'appeler Kuro-chan.
- Bon, de toute façon, c'est pas le Pelléas et Mélisande de Debussy que je suis en train d'analyser, c'est celui de Schoenberg. Dommage, ajoute-t-il d'une voix plus basse.
- Pourquoi ?
- Ben... tu sais, moi, la musique contemporaine... je préfère les oeuvres de la période de Debussy, début XXème siècle... C'est pas facile à analyser, la musique contemporaine.
Ça, je veux bien le croire. Quoi qu'il en soit, je lui demande :
- C'est quoi déjà, l'histoire de Pelléas et Mélisande ?
Je le vois lever les yeux vers moi et sourire d'un air moqueur :
- Kuro-pon, rappelle-moi, tu prends vraiment des cours d'histoire de la musique ?
- Oh, ça va hein... J'ai oublié, ça arrive à tout le monde.
Il sourit, mais décide de ne pas relever, et continue :
- Eh bien, c'est l'histoire de Golaud, fils du roi Arkel, qui trouve une jeune fille dans la forêt, Mélisande. Il la ramène chez lui et l'épouse, mais voilà que Pelléas, son demi-frère, arrive, et il tombe amoureux de la jeune fille – et c'est réciproque. Donc Golaud est très jaloux – enfin, c'est un euphémisme – et décide de se venger, et il tue Pelléas et blesse Mélisande, qui finit par mettre au monde un enfant avant de mourir.
- Encore une histoire d'amour et de mort...
- C'est souvent le cas, dit-il avec une sorte de mélancolie dans son regard bleu.
Je n'aime pas quand ses iris se teintent de tristesse, donc je me dépêche d'enchaîner :
- Et toi, tu analyses quel passage ?
- Celui ou Mélisande fait tomber sa bague dans le puits...
- Sa bague ?
- Oui, la bague que lui a donnée Golaud. Elle est en train de parler avec Pelléas et elle fait tomber sa bague dans le puits. Alors quand Golaud lui demande ce qu'elle en a fait, elle répond qu'elle l'a perdue dans une grotte, et Golaud l'y envoie la chercher avec Pelléas.
- Je vois...
- Oui, une belle bague en pierre de malachite et tout, si c'est pas malheureux...
- ... C'est vrai, ça ?
- Non, j'invente, avoue-t-il, mais c'est plus drôle comme ça... Tu peux pas savoir ce que c'est chiant de faire une analyse paradigmatique là dessus. Alors du coup je réécris un peu le scénario dans ma tête, dit-il avec un sourire mutin. Par exemple, Mélisande était une allumée qui se promenait partout avec un entonnoir sur la tête. Mais même si elle était un peu fofolle, elle avait une grosse poitrine, donc quand Pelléas la voyait, un geyser de sang coulait de son nez.
J'écoute avec attention la version retransformée de l'opéra, en me disant que s'il y en a un d'allumé là-dedans, c'est surtout lui, mais sa vision des choses est amusante, au fond....
- Quant à Golaud, c'était un geek de la pire espèce, toujours à se promener avec son portable et à les espionner avec des webcams, un vrai pervers en plus de ça, encore plus que Pelléas. Tellement bizarre d'ailleurs qu'il a appelé son cheval Pipistrelle.
- Ça veut dire quoi ?
- Je sais pas trop, souffle-t-il, mais j'ai lu le mot sur Wikipédia l'autre jour et je l'ai trouvé marrant. Et puis, n'oublions pas Arkel, le roi cinglé. Lui, tout ce qui l'intéresse, ce sont ses expériences sur la fluorescence. D'ailleurs, il était fasciné par les cheveux de Mélisande – tu sais qu'elle avait de très longs cheveux, comme Raiponce, dans le conte...
Je ne vois pas de quel conte il veut parler, mais il est tout à sa délirante invention, alors je ne l'interromps pas.
- Et il était fasciné parce que ses cheveux étaient blonds, et ils brillaient dans le noir – c'était comme ça que les gens qui se perdaient se repéraient, la nuit. Il suffisait que Mélisande soit à sa fenêtre et c'était comme la lumière d'un phare, ça les guidait tout de suite.
Il marque une pause, perdu dans ses pensées, puis se tourne vers moi avec un sourire lumineux :
- Qu'est-ce que tu penses de ma version ?
- Tu vas en parler dans ton analyse ?
- Eh bien, ça me ferait bien rire, mais je doute que mon postulat là dessus soit accepté.
- ... Effectivement.
- Alors je me contente juste de faire cette imbécile d'analyse paradigmatique... Tu veux pas le faire à ma place ?
- Fallait prendre écriture, je me moque.
- C'est pas juste, boude-t-il avant de se remettre à travailler.
Il passe à nouveau ses doigts dans ses cheveux et je me demande si les siens aussi brillent dans l'obscurité, comme ceux de Mélisande.
- Et puis, c'est vrai que c'est triste, dit-il d'un air songeur. C'est toujours une histoire de mort. Pelléas et Mélisande, Tristan et Iseult, La Traviata...
- On n'a qu'à réécrire tout ça d'une autre façon, je propose en me penchant sur la table, assez proche de lui pour pouvoir capter les effluves de son shampooing. Faire en sorte que personne ne meure.
- Et que tout le monde s'aime.
- Et que personne ne soit jaloux.
- Et qu'il n'y ait pas de malentendus.
- Et que les bagues ne tombent pas dans les puits...
- C'est tentant, admet-il avec un sourire.
Il lève la tête vers moi, et ses lèvres sont dangereusement proches des miennes.
- Tu sais, dit-il d'un air mi-amusé, mi- songeur, si on veut écrire une fin heureuse, ça serait peut-être plus logique qu'on commence par notre histoire à nous.
- Tu veux une fin heureuse ? je souris, un peu moqueur.
Ses lèvres sont si proches...
- Eh bien, imagine, je serais un pianiste, et toi un violoncelliste, et on jouerait ensemble, mais j'aurais fini par mourir parce qu'une maladie génétique m'aurait vicieusement condamné... ça serait trop triste, tu ne trouves pas ?
- Si, je trouve. On va réécrire ça. Les fins heureuses, ça ne fait pas de mal.
Il sourit, et je l'embrasse. Ses mains se glissent dans mes cheveux, me caressent la joue, et quand je me détache à regret de ses lèvres, il murmure :
- Opération réécriture enclenchée. Je compte sur toi pour notre revanche sur l'Opéra.
- Message reçu.
La fin de la pièce est entre nos mains.
.oOo. FIN .oOo.
Bon, comme vous pouvez le voir, c'est court, et c'est plutôt décousu (à mon avis), et pas très inspiré non plus xD *mais pourquoi je le publie, alors?*
N'hésitez pas à me proposer de nouveaux mots !
A la prochaine !
Sana.
