Euh... Salut ?
(Je tiens à rappeler que tuer l'auteure parce qu'elle est infoutue de respecter ses propres délais ne sert à rien. )
Je suis pas morte, au final !
(Si, c'est une bonne nouvelle. )
Et je suis totalement et absolument désolée de ne pas avoir pu poster !
(Syndrome de la page blanche, mon amie...)
Voilà, c'est tout...
Du coup je vous dis à dans deux jours !
(J'espace les publications parce que sinon...
Ben ça donne ce qui vient de se passer. )
Bonne lecture !
Est-ce que je suis folle ?
C'est un comportement de folle de parler aux morts, et c'est bien ce que je fais avec ces lettres. Certes, je ne parle pas, j'écris, mais au final ça revient au même. C'est un comportement de folle de parler aux morts.
Alors, est-ce que je suis folle ?
Ou alors, est-ce que ce sont les autres qui le sont?
J'ai de plus en plus l'impression de vivre enterrée sous terre. Une force, un poids invisible semble me peser sur les épaules. J'étouffe dans notre salle commune, je ne mets plus les pieds dans notre dortoir, Abby. De toute façon, je n'y plus jamais mis les pieds depuis ta mort. Cet endroit me rappelait trop de souvenirs, trop d'échos d'une période qui me semble si lointaine maintenant… Disputes, rires, pleurs et confidences y résonnent et m'hantent dès que je pose les yeux sur ce qui a été l'emplacement de ton lit. Ils l'ont enlevé, ton lit, et ça fait un grand vide au milieu de la chambre. Ta malle a été emportée par ta famille, l'endroit où tu t'asseyais en cours a été occupé par quelqu'un d'autre… Plus personne n'ose parler de toi, j'ai l'impression qu'on essaie de t'effacer. Si je n'avais pas tes cadeaux, tes lettres, il ne resterait rien de toi. Tu comprends que je n'ai pu rester dans le dortoir, non ?
Je ne savais pas où dormir, lorsque je l'ai quitté. Aller dans le parc était impossible –s'il pleuvait, j'aurais eu l'air intelligente-, rester dans les couloirs était trop risqué – les profs font des rondes, et je refusais de tomber sur les Carrow !-, et rester dans la salle commune n'était pas envisageable – qu'aurais-je pu répondre si on m'avait demandé ce que je faisais là ? -. En désespoir de cause, cette nuit-là, je me suis endormie dans une classe vide.
J'y suis resté, depuis le temps. J'ai métamorphosé les tables en lit, table de chevet et étagères, les chaises en une armoire. C'est devenu tout à fait confortable !
J'essaye de m'en persuader, en tout cas.
Mais tant de choses manquent, Abby. Il manque les rires des garçons quand on s'assoie à notre table ; il manque l'étincelle amusée dans l'œil des profs quand ils nous demandent de se taire en cours ; il manque les défis idiots qu'on se lançait quand on discutait dans la salle commune ; il manque nos lectures au coin de la cheminée ; il manque les chansons que Rachel chantaient tout le temps auparavant ; il manque tout ça et tant encore…
Je ne reconnais plus Poudlard, tu sais. Le château est semblable à une maison hantée par des dizaines de fantômes impassibles. Personne ne parle dans les couloirs, personne ne coure et personne ne se plaint plus de son cours suivant. C'est horrible.
Les cours d'Etude de Moldus sont devenus une propagande anti-moldus, la DCFM nous apprends plus à vénérer les forces du mal qu'à nous en défendre, les Potions sont soudainement toute devenues innofensives,et ainsi de suit . En Runes, par contre, rien n'a changé, si ce n'est que l'air détendu du professeur a été remplacé par une mine perpétuellement inquiète. Et c'est pareil en Métamorphose, en Sortilège et en Botanique.
Mais les retenues sont certainement le plus effroyable. Nous devons nous entraîner à lancer le Doloris sur les élèves ! Le Doloris ! Est-ce que tu imagine ce que c'est de devoir lancer un Impardonnable sur des gamins de onze ans dont le seul tort est d'être trop silencieux, trop rebelle, pas assez "pur" ou trop honnête ?
Non, bien sûr que tu n'imagines pas. Après tout, tu es morte.
...
Eh, tu sais quoi ?
Peut-être bien que je suis folle au fond.
Peut-être que je suis folle.
Et encore un chapitre suuuuuuper joyeux !
Ne me remerciez pas.
J'espère que ça vous aura plu et vous prie de me pardonner pour cette absence impromptue !
Amazaria
