PDV Jane :
Après que l'on est emmené de force à l'hôpital afin de faire des examens complémentaires qui n'étaient pas nécessaires, car selon sa perception personnelle, elle allait parfaitement bien. Néanmoins, elle parlait à du vent très obstiné, de même nature qu'elle.
Certes, la brunette ne pouvait nier qu'elle avait juste passé une partie de la nuit à barboter dans de l'eau…un peu froide, mais ce n'était rien de grave dans sa paisible vie. Elle avait vécu par le passé de pires moments, comme : se tirer elle-même dessus, elle avait eu des scalpels enfoncés dans les mains, elle a évité une explosion d'une voiture, elle est allée dans un parking qui s'effondrait sous ses pas, et elle en passait les moments d'actions à faire pâlir les sensations fortes des sports extrêmes. Son quotidien était un vrai mélodrame de danger et meurtre, et elle était encore là à se plaindre comme à son habitude.
La détective fut finalement libérée de sa prison qui sentait l'éther, et pour combler sa joie, elle avait en retour un chaperon attitré, qui la suivit comme un petit chien ennuyant ! Quelle joie ! Elle avait pu échapper à la morale de sa mère en prétextant vouloir se reposer, qu'elles allassent en parler plus tard... bien sûr, elle n'allait pas le faire, elle allait continuer son enquête et éviter sa mère le plus possible.
La protagoniste observa sur le côté le conducteur, Frankie semblait vouloir dire quelque chose, mais se retient avec obstination. Jane ne supportait plus de voir son air constipé. Cela le lui donnait mal à l'estomac, et sans compter la faim qui jouait mesquinement avec son estomac. Cependant, son appétit était en vrac, la cuisine de la cafétéria de l'hôpital ne l'attira point. L'Italienne ne savait pas si elle était capable d'ingérer quoi que ce soit, et cela concernait aussi sa boisson favorite qu'était le café.
« Qu'est-ce qu'il y a ? J'ai quelque chose sur le visage ? Un nez ? Des yeux, une bouche ? Waouh, c'est incroyable ! » La brune maugréa quand son frère l'observait du coin de l'œil et avec peu de discrétion, qu'elle se demandât s'il était réellement un détective.
« Quoi ? » Elle roula des yeux, quand il tourna rapidement le volant lorsqu'il perdit le contrôle de la direction. Heureusement qu'il conduisit doucement, sinon ils auraient déjà percuté une autre voiture, ou même un arbre. Au pire, un innocent passant. Cela ferait tache pour deux policiers de la criminelle.
« Frankie, regarde la route au lieu de m'épier depuis tout à l'heure, un : c'est lourd ; et de deux : je ne voudrais pas mourir dans un accident de voiture. J'ai évité une noyade. »
« Tu devrais arrêter ce genre d'humour, et plus particulièrement avec Maura et Ma. Contrairement à moi, elles le prennent très mal. » Le jeune homme commenta en secouant la tête de désapprobation, il avait été témoin de la déchéance des deux femmes. Alors il ne pouvait pas cautionner la désinvolture de sa grande sœur sur ce domaine qu'était sa santé ou sa vie, bien qu'il pût comprendre son comportement. En tant que policier, on devait renforcer à tout prix son esprit, sinon un accident pouvait arriver si l'on n'avait pas la tête froide. Et il serait possible que sa sœur ne soit pas là, aujourd'hui à bouder comme une enfant de cinq ans. Mais il fallait faire preuve de demi-mesure, surtout que c'était tout frais les incidents qui se sont déroulés. À peine deux heures.
« Je sais. Je sais. Mon humour est médiocre, il ne pourrait pas être écrit dans les blagues carambars. Mais que veux-tu que je te disse ? Je suis ainsi, je l'ai toujours été. Je ne vais pas changer du jour au lendemain pour faire plaisir aux autres. J'ai déjà vécu cette situation dans le passé, d'essayer de devenir quelqu'un d'autre, et je n'ai pas pu me mentir à moi-même. C'est de même aujourd'hui. J'ai besoin de me moquer de la mort, ou des malheurs qui se produisent par les mots, sinon je ne suis pas certaine de pouvoir m'en sortir en un seul morceau au quotidien, ou alors je vais tomber dans la dépression et je vais m'enfermer à jamais dans mon appartement. C'est mon moyen de survie bien que cela choque beaucoup certains se jettent dans l'alcool, les jeux d'argent, le sexe. Notre métier est complexe et difficile, tu le sais très bien. Et puis je ne vais pas me morfondre, car je vais bien, non ? »
« Tu n'as pas besoin d'être sur la défensive. Tu sais que je serai toujours de ton côté, je te comprends, notre métier est difficile. Je suis adepte du sexe. »
« ... merci Dom Juan... mais je ne voulais pas le savoir... en tout cas, tu es un vantard... je ne pense pas que tu sois si populaire, je l'aurais remarqué depuis bien longtemps. » Jane se mit à grimacer à la confession.
« Tu te trompes, je plais aux femme. Et pour revenir à notre sujet de conversation que tu essayes de détourner, tu dois prendre des pincettes sur des sujets précis avec certaines personnes, tu peux plaisanter avec Korsak ou moi. Mais un jour ou un autre, tout va t'exploser dessus sans que tu t'en rendes compte. Et je sais que cela ne sera pas beau à voir, surtout pour toi Jane. Et tu ne te rends pas compte que Maura était désemparée. Quand je l'ai trouvé sur le pont à te chercher. Elle n'a pas quitté un seul instant le lieu alors qu'il faisait froid et qu'il pleuvait, elle cherchait à te voir malgré l'obscurité, j'ai même cru qu'un moment elle s'est mise à prier avec Ma. Tu sais qu'elle n'est pas une grande croyante du tout puissant. Elle n'a fait que s'en vouloir de n'avoir pas pu te retenir, elle a pleuré tellement que j'ai eu de la peine de la voir ainsi. Elle s'est énervée contre les secouristes, elle a même insulté un officier. »
« Vraiment ? » Jane fut étonnée que sa meilleure amie puisse s'emporter ainsi contre quelqu'un ou qu'elle ait pu prier pour elle.
« Oui. Elle a dit à l'homme qui lui manquait des neurones. » La brunette fut choquée d'entendre tout cela, elle avait envie de rire, mais s'abstenait malgré ce sourire qu'elle entretenait. Elle se mit à soupirer. Ensuite, elle mit son coude contre la portière puis, elle posa sa tête contre la vitre glaciale, elle sentit les remous de la route qui tapait contre sa tempe, cela ne la dérangeait pas pour autant, ça la maintenait en éveille. La protagoniste observa fatiguée, sur le côté la route qui dévalait lentement sous son regard rétrécit par la fatigue. Oui, elle se sentait coupable d'avoir mis dans un tel état d'anxiété ses proches, toutefois, elle ne comprenait pas pourquoi elle devait se justifier, elle n'avait fait que son devoir, elle l'avait fait depuis de nombreuses années, et rien n'avait changé aujourd'hui. Et même, elle avait sauvé une vie, et elle allait bien. Alors pourquoi semblait-on la pointer du doigt comme si elle était la méchante ou une criminelle ?
« Frankie ? »
« Oui. »
« Tu pourrais m'emmener chez Maura ? J'irai ensuite parler à Ma. » Le brun se mit à sourire, il savait que son aînée était quelqu'un de bien, qui se fait toujours du souci pour les autres, bien qu'elle ne le montre pas ouvertement, elle avait un grand cœur, et pas seulement avec des victimes de crime. Mais aussi envers ses proches. Les gens ne s'en rendaient pas facilement compte avec son caractère sanguin.
« Il n'y a pas de soucis sœurette. »
« Finalement, je réalise que c'est super d'avoir un chauffeur. Et contrairement au taxi, c'est gratuit. Je pourrais m'y habituer. »
« Je ne le ferais pas tous les jours, c'est exceptionnel aujourd'hui. »
« Oh dommage, je m'imaginais bien mon petit frère m'emmener au travail et me ramener, comme Ma, tu te rappelles lorsqu'elle nous cherchait ? » Les deux frères et soeurs s'observent et dirent en synchro :
« Quelle horreur ! »
« Et Frankie ? »
« Oui ? »
« Comment suis-je ? Enfin…je suis…présentable ? Tu n'aurais pas un peigne par hasard ? » La détective demanda timidement alors qu'elle essaya de se voir dans le rétroviseur, elle passa ses doigts dans sa chevelure afin de les dompter un minimum. Le conducteur se mit à ricaner à cette image. C'était rare de voir Jane si soucieuse de son apparence, elle qui portait souvent des boxers et t-shirts à la maison, et en dehors, des pantalons et t-shirts…elle n'était pas mieux maintenant.
« Depuis quand cela te préoccupe autant ton apparence ? Et j'ai une tête à avoir un peigne dans ma voiture ? Tu veux peut-être du rouge à lèvres et une pince à cheveux ? » Jane observa avec dédain son frère.
« C'est vrai, tu n'es pas mieux que moins sur l'apparence physique ! »
« Hé ! Moi, je mets du gel à cheveux donc j'ai beaucoup moins de problèmes capillaires que les tiens. Mais si tu veux réellement savoir, comment tu es globalement parlant, tu es comme d'habitude, Maura ne va pas être surprise te voir aussi mal habillé, et sans maquillage, avec d'immenses cernes sous les yeux, et très mal coiffés. Donc finalement, cela ne sera pas un choc pour elle. Elle voit tous les jours des cadavres pires que toi. À la réflexion, je ne suis pas certain qu'ils soient pires que toi… »
« Et l'on dit que je suis la comique de la famille. On dirait qu'on se trompe de personne. Mais juste un petit conseil, si tu parles ainsi avec les femmes, ne t'étonne pas d'être toujours aussi célibataire. »
« Pourtant je ne vois pas de femme ici ? Aieuh ! Janie ! » L'Italienne avait tiré l'oreille de son frère qui se mit à hurler en penchant la tête sur le côté, déviant par la même occasion la route de son véhicule.
« Hé ! Et qui parlait d'avoir un accident il y a quelque temps ? »
« En fait, j'aimerais d'abord passer à la maison pour prendre une bonne douche bien chaude et me changer. Tu as raison, j'ai une tête horrible. Puis, j'aimerais aussi aller autre part avant d'aller chez Maura. » Frankie roula des yeux, mais obéissait aux ordres de son ainée, il savait qu'il n'avait guère le choix.
